1.         Les Sundarbans (Bangladesh) (N 798)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/798/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2008-2008)
Montant total approuvé : 75 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/798/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 32 590 dollars EU provenant de la Suisse, à la suite de l’Appel spécial lancé par le Secteur des Relations Extérieures de l’UNESCO

Missions de suivi antérieures

Décembre 2007 : mission du Centre du patrimoine mondial

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/798/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Le 13 janvier 2015, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation, qui est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/798/documents. Le rapport examine un certain nombre de problèmes de conservation soulevés par le Comité lors de ses précédentes sessions, comme suit :

L’État partie a également demandé au Centre du patrimoine mondial d’inviter une délégation du Bangladesh  pour discuter des questions environnementales et des mesures d’atténuation prises pour la centrale thermique « Maitree Super ».

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il convient de noter que même si l’État partie a soumis l’EIE pour le projet de dragage proposé de la rivière Passur (Pussur sic), adjacente au bien, qui doit s’entendre avec une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien, aucune évaluation de la sorte ne figure dans le document reçu par le Centre du patrimoine mondial et l’UICN. Il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de n’entamer aucune activité liée au projet jusqu’à ce que l’évaluation des impacts potentiels sur la VUE ait été soumise au Centre du patrimoine mondial et examinée par l’UICN.

L’État partie indique que la centrale thermique « Super Maitree » de 1320 MW, qui sera composée de deux unités produisant chacune 660 MW, sera située à 97 km du bien du patrimoine mondial. Toutefois, si l’on se réfère à l’EIE de juillet 2013, on note qu’il s’agit là de la distance entre la centrale et Hiron Point et que les distances entre la centrale et les trois réserves naturelles qui constituent le bien du patrimoine mondial sont de 65, 75 et 80 km. Il est signalé qu’une ESE pour évaluer les impacts indirects et cumulatifs des centrales n’a pas été menée, malgré la demande formulée dans la décision 38 COM 7B.64. Il est recommandé que le Comité réitère sa demande à l’État partie d’entreprendre une ESE complète, incluant une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la VUE du bien. Il est également recommandé de demander à l’État partie d’apporter des précisions sur les mesures d’atténuation prises pour le projet, en prenant les résultats complets de l’ESE en considération pour informer de ses plans.

Le rapport de suivi écologique couvrant la période de septembre à novembre 2014 pour le projet de centrale thermique a été présenté, mais pas pour le bien comme demandé par le Comité dans la décision 35 COM 7B.11. Il est recommandé que le Comité prie instamment l’État partie de donner sans tarder les résultats du programme de suivi écologique pour le bien du patrimoine mondial, en veillant à y inclure l’impact des changements climatiques sur la VUE, comme initialement requis dans la décision 33 COM 7B.12.

Suite à l’accident d’un pétrolier dans les Sundarbans le 9 décembre 2014, le Centre du patrimoine mondial a demandé un complément d’information dans sa lettre à l’État partie, datée du 15 décembre 2014. Une mission conjointe Programme des Nations Unies pour le développement/Gouvernement du Bangladesh a eu lieu entre les 23 et 27 décembre 2014 afin de renforcer les efforts de l’État partie pour contenir et nettoyer le déversement pétrolier, mais aussi apprécier la situation et mettre au point un plan d’action de rétablissement et d’intervention. La mission a observé de graves incidences limitées sur la faune et flore, mais elle a noté que les effets à long terme nécessitent de poursuivre les recherches. Elle a recommandé de continuer à surveiller l’effet du déversement pétrolier sur le milieu aquatique. On sait que le rapport de mission a souligné la nécessité de renforcer le degré de préparation et d’intervention pour lutter contre la pollution par les hydrocarbures à l’avenir et il est recommandé que le Comité demande à l’État partie de prendre des mesures pour éviter de tels accidents, en tirant les leçons de l’expérience. En notant la demande de l’État partie de tenir une réunion pour discuter des questions environnementales et des mesures d’atténuation prises pour la centrale thermique « Maitree Super », il est enfin recommandé que le Comité demande à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le terrain afin d’examiner l’état de conservation du bien et les impacts potentiels de l’installation d’une centrale thermique et du dragage de la rivière Passur.

Décision adoptée: 39 COM 7B.8

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7B.64, adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Note que l’Évaluation d’impact environnemental (EIE) réalisée pour le dragage de la rivière Passur, adjacente au bien, ne comprenait pas d’évaluation spécifique des impacts potentiels sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien et demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial une évaluation des impacts potentiels sur la VUE, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour toute évaluation d’impact environnemental appliquée au patrimoine mondial, et de veiller à ne mener aucune activité avant que l’EIE révisée ne soit soumise au Centre du patrimoine mondial et examinée par l’UICN ;
  4. Réitère sa demande à l’État partie d’entreprendre une Évaluation stratégique environnementale (ESE) complète afin de mesurer les impacts indirects et cumulatifs des centrales et d’autres aménagements à proximité du bien, y compris une évaluation spécifique des impacts potentiels sur sa VUE ;
  5. Demande également à l’État partie d’apporter des précisions sur les mesures d’atténuation prises pour le projet de centrale, qui devraient pleinement tenir compte des résultats de l’ESE ;
  6. Regrette que les données de suivi écologique du bien requises par le Comité dans la décision 35 COM 7B.11 n’aient pas été communiquées et prie instamment l’État partie de soumettre sans tarder les résultats du programme de suivi écologique du bien au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’UICN, en veillant à ce que l’impact du changement climatique sur la VUE soit documenté, comme initialement demandé dans la décision 33 COM 7B.12 ;
  7. Demande en outre à l’État partie de continuer à surveiller les effets du déversement pétrolier de décembre 2014 sur le milieu aquatique et de prendre des mesures pour éviter de tels accidents, en tirant les enseignements de l’expérience de manière à renforcer son niveau de préparation et sa capacité d’intervention en cas de marée noire, en particulier avec l’augmentation prévisible de la navigation fluviale liée aux aménagements de la centrale en amont ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie d’inviter une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/UICN de suivi réactif sur le terrain afin d’examiner l’état de conservation du bien et les impacts potentiels de l’aménagement de la centrale thermique et du dragage de la rivière Passur ;
  9. Demande de plus à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.