1.         Parc national de Los Katíos (Colombie) (N 711)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2009-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté, voir Décision https://whc.unesco.org/fr/decisions/4628  

Mesures correctives identifiées

Adoptées, voir page https://whc.unesco.org/fr/decisions/4628

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

En cours d'identification

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2009)
Montant total approuvé : 73 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN à Bogota plutôt qu’une visite sur le bien ; janvier 2015 : mission de suivi réactif UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/711/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2015

Une mission de suivi réactif de l’UICN a visité le bien en janvier 2015. Ultérieurement, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation le 9 février 2015. Les deux rapports sont disponibles sur https://whc.unesco.org/fr/list/711/documents. Le rapport de l’État partie détaille les progrès supplémentaires afin d’atteindre l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR), et spécialement :

Les mesures concrètes rapportées comprennent une lutte renforcée contre l’exploitation forestière illégale, la surpêche, y compris des crustacés, qui s’appuie sur une meilleure compréhension des enjeux et une présence accrue sur le terrain. Le dialogue avec la communauté Wounaan (Juin Phubuur) au sein du bien est constant après qu’un accord ait été signé. L’État partie réaffirme qu’il n’existe aucun grand projet officiel d’infrastructure au sein du bien. Néanmoins, l’impact possible d’un projet d’infrastructure de transport d’électricité qui pourrait être implanté près des limites du bien est pris en compte. Parques Nacionales Naturales de Colombia a pris contact avec le consortium binational impliqué et une société de conseil en charge de l’évaluation d’impact du projet. Alors qu’aucune conclusion ne peut être tirée à ce stade, l’État partie s’engage à pleinement prendre en compte le statut de patrimoine mondial du bien.

L’État partie indique que la situation sécuritaire a été considérablement améliorée, permettant également diverses activités aux environs du bien, y compris une communication et une coordination accrues avec les conseils communautaires au sein des zones qui font office, de facto, de zone tampon. Un des conseils communautaires pourrait être soutenu par une déclaration de catégorie de protection de district régional de gestion intégrée et des guides de gestion des ressources naturelles sont en cours d’actualisation dans plusieurs autres conseils communautaires.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les progrès supplémentaires importants dans la mise en œuvre des mesures correctives et en faveur de l’État de conservation souhaité sont évidents, et sont également confirmés par la mission. La présence gouvernementale accrue et les investissements impliquant diverses institutions gouvernementales et partenariats avec d’autres acteurs portent leurs fruits. L’usage illégal et précédemment incontrôlé des ressources est maintenant mieux suivi et pourrait être encore réduit. L’exploitation forestière illégale, même si elle n’est pas parfaitement maîtrisée, ne semble pas constituer un problème fondamental pour l’instant. Les communautés locales ont bien pris conscience des effets de la pêche dans les lagons et l’Atrato, et des accords ont été mis en place. Alors que cette mesure locale est appropriée, les résultats de la mission mettent en exergue les niveaux de pêche excessifs aux environs du bien. Des efforts menés à une bien plus grande échelle sont finalement nécessaires pour que les ressources soient gérées de manière durable.

S’appuyant sur un accord formel, le dialogue est continu avec les indigènes Wounaan qui vivent au sein du bien. Cet accord respecte les droits donnés aux peuples indigènes de Colombie et le statut de patrimoine mondial. L’équilibre entre les moyens de subsistance de la communauté et les objectifs de conservation est devenu partie intégrante de la gestion du bien. Des échanges directs avec les représentants indigènes pendant la mission laissent entendre que l’objectif final des Wounaan est d’acquérir le statut de « resguardo », c’est-à-dire un statut de propriété foncière communale compatible avec le statut d’aire protégée en Colombie. Ce processus en cours présente un intérêt conceptuel et pratique majeur pour la Convention du patrimoine mondial et mérite donc d’être étudié et analysé.

Il semble maintenant clair qu’aucun grand projet officiel d’infrastructure n’est prévu au sein du bien. Le projet de corridor de transport électrique entre la Colombie et Panama pourrait passer dans le voisinage immédiat du bien, ce qui pourrait avoir un impact indirect sur sa Valeur universelle exceptionnelle (VUE). Il est par conséquent nécessaire pour l’État partie de respecter son engagement à pleinement prendre en compte le statut de patrimoine mondial du bien lors de l’évaluation du projet.

Alors que d’importantes difficultés subsistent, on peut considérer que l’État partie a respecté les indicateurs approuvés et définis pour le DSOCR. Il est par conséquent recommandé que le Comité retire le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril. Il est simultanément recommandé que le Comité demande à l’État partie de maintenir et de renforcer encore ses efforts. En particulier, l’État partie doit être encouragé à encore investir dans le plan d’occupation des sols et la gestion des ressources naturelles aux abords du bien, y compris en coordination et coopération avec Panama.

Décision adoptée: 39 COM 7A.19

Le Comité du patrimoine mondial,
  1. Ayant examiné le document WHC-15/39.COM/7A,
  2. Rappelant la décision 38 COM 7A.32 adoptée à sa 38e session (Doha, 2014),
  3. Félicite vivement l’État partie pour les efforts accomplis dans la mise en œuvre des mesures correctives et considère que l’État partie s’est mis en conformité avec les indicateurs définis pour l’État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril (DSOCR) ;
  4. Décide de retirer le parc national de Los Katíos (Colombie) de la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  5. Fait siennes les recommandations exprimées par la mission de suivi réactif ;
  6. Accueille favorablement le soutien important et la coopération d’autres États parties et d’organisations multilatérales et encourage le soutien et la coopération supplémentaires ;
  7. Note néanmoins que le bien continue d’être vulnérable, et prie instamment l’État partie de :
    1. Conforter encore les efforts visant à améliorer la situation sécuritaire et à garantir l’application de la loi au sein du bien,
    2. Conforter la communication et la coopération avec les communautés dépendantes des ressources au sein et autour du bien et envisager à cet effet l’augmentation des effectifs de personnel spécialisé,
    3. Conforter le suivi et la gestion participative des zones de pêche et des autres ressources en biodiversité d’eau douce au sein et au-delà du bien en s’appuyant sur les partenariats existants,
    4. Conforter encore l’intégration du bien dans une gestion paysagère et un plan d’occupation des sols plus larges, y compris l’analyse de plusieurs scénarios envisageables pour formaliser ou renforcer les zones tampons,
    5. S’engager clairement en faveur d’une sécurisation à long terme du financement approprié, des niveaux de gestion et de personnel afin de garantir une suite à donner adaptée au retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril ;
  8. Prend note des avancées s’agissant de la coordination avec les conseils communautaires dans les zones qui entourent le bien et invite l’État partie à finaliser la définition de la zone tampon du bien et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial en tant que modification mineure des limites selon les paragraphes 163-165 des Orientations;
  9. Réitère sa demande aux États parties de la Colombie et du Panama de garantir que l’étude d’impact environnemental et social (EIES) du corridor de transport électrique comprenne une évaluation spécifique des impacts potentiels sur la Valeur universelle exceptionnelle du parc national de Los Katíos (Colombie) et du parc national du Darién (Panama), conformément à la Note de conseil de l’UICN sur le patrimoine mondial, l’évaluation environnementale, et de soumettre les résultats de l’EIES au Centre du patrimoine mondial dès qu’ils seront disponibles, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  10. Encourage également l’État partie à :
    1. Supprimer la liaison artificielle entre les rivières Leon et Atrato via le système lagunaire d’eau douce au sein du bien,
    2. Étudier la faisabilité d’une extension du bien afin d’inclure la réserve forestière nationale protégée de la Serrania del Darién et d’autres zones potentielles,
    3. Conforter encore la coordination et la coopération avec l’État voisin du Panama avec l’objectif éventuel d’étudier la possible formalisation d’un bien transfrontalier du patrimoine mondial,
    4. Documenter et partager l’expérience de la communauté indigène au sein du bien en tant qu’étude de cas profitable ;
  11. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport actualisé, incluant un résumé analytique d’une page, sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 41e session en 2017.

Décision adoptée: 39 COM 8C.3

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné les rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-15/39.COM/7A et WHC-15/39.COM/7A.Add),
  2. Décide de retirer le bien suivant de la Liste du patrimoine mondial en péril :