L’Etat partie a soumis un rapport de suivi le 20 février 2011. Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien du 18 au 24 janvier 2011. Son rapport est disponible en ligne à l’adresse suivante : http://whc.unesco.org/en/sessions/35COM/. La mission a vérifié que la situation à Zabid a progressé favorablement dans les domaines suivants, que le rapport de l’Etat partie mentionne également :
a) Cadre institutionnel et juridique
i) Soutien et engagement politique
Globalement, l’Etat partie soutient que des progrès continuent d’être réalisés, grâce aux effort du projet SFD/GIZ (Fonds de développement social/organisme allemand de coopération internationnale), à l’amélioration de la coordination des parties prenantes, aux efforts du secteur public dirigés par la GOPHCY (Organisation générale pour la préservation des villes historiques) à Zabid et à l’engagement ininterrompu du SFD dans des projets civiques. Une commission interministérielle de haut niveau a été établie, tandis que la création d’une autre commission - constituée de membres qui appartiendraient à des groupes d’intérêt civique (résultant du processus d’audience du plan de conservation) - a été proposée.
ii) Achèvement et mise en œuvre du plan de conservation
Le plan de conservation de Zabid (une partie du plan global de développement de Zabid) a été formellement adopté en décembre 2010. Plusieurs séminaires ont été organisés avec des groupes sélectionnés de la ville afin d’obtenir leur soutien et les sensibiliser à l’importance du plan pour le développement futur de la ville.
La nouvelle Loi de conservation, qui doit fournir le cadre nécessaire aux programmes de restauration générale et de contrôle de la construction, devrait être présentée au Parlement après les élections d’avril 2011. Cela devrait permettre d’arrêter les violations constatées par la mission, telles que la construction sur des espaces publics ouverts,
b) Préparation et approbation d’un plan de gestion
La mission rapporte que la section de la GOPHCY à Zabid a établi un système de gestion de “premier ordre” avec du personnel bien formé, des protocoles de suivi réguliers et un processus d’octroi de permis de construire. L’application du contrôle des constructions est un problème constant mais des progrès ont été réalisés l’année dernière et la nouvelle loi sur la construction devrait permettre d’améliorer la situation. Le plan de gestion est actuellement en préparation et devrait être terminé en septembre 2011.
c) Projets de conservation
Les travaux sur le terrain ont progressé, et quelques 250 maisons (160 selon la mission) ont été réparées et/ou restaurées, de même que plusieurs mosquées et bâtiments publics. Il y a un arrêt notable des constructions en béton. Les projets de restauration des maisons dégradées de la GOPHCY ont été lancés, avec six bâtiments historiques restaurés et six autres prévus pour cette année. La formation et le renforcement des capacités ont été intégrés dans les projets de conservation, entraînant une amélioration de la qualification et de l’emploi du personnel local.
Un projet de pavage des rues a été lancé et quatre nouveaux tronçons pavés sont prévus d’ici 2012 (couvrant une superficie de 42 600 mètres carrés). Ce projet prévoit la rénovation des infrastructures, la réparation des murs adjacents et la stabilisation des empiètements sur les espaces publics ouverts. La mission a noté la nécessité d’envisager l’utilisation d’autres matériaux de pavage qui seraient fournis localement, soutiendraient l’industrie locale et éviteraient l’actuelle importation coûteuse de pierre. Elle a aussi noté que dans le cadre du projet de pavage, il est nécessaire d’étudier les effets potentiels des vibrations de la circulation, les impacts du nettoyage des rues et de la pluie sur les surfaces des murs anciens ainsi que la possibilité de recycler l’eau des routes.
Le projet de réhabilitation et de revitalisation du souk a concerné cinquante boutiques et prévoit la réhabilitation de dix boutiques supplémentaires ainsi que de deux mosquées sous l’égide du ministère des “Awqaf”. Un contrat a été émis pour le remplacement de 110 murs de ciment par des murs traditionnels en briques dans la ville historique. La capacité en matière de techniques de restauration et d’artisanat traditionnel a été renforcée, notamment par un programme de formation à l’échelle nationale financé par le Centre du patrimoine mondial grâce au fonds en dépôt des Pays-Bas et organisé par le CATS/GOPHCY (Centre pour la formation et les études architecturales) à Sanaa en juillet 2010.
L’Etat partie et la mission reconnaissent tous deux l’existence de problèmes qui restent à traiter si l’on veut inverser complètement le processus de déclin général. Il s’agit notamment de définir clairement ce qui est autorisé et ce qui constitue une violation, d’attribuer des ressources adéquates permettant de finaliser la loi sur la protection du patrimoine, de définir une stratégie clairement financée et d’établir des règles pour les propriétaires des maisons et pour les habitants. La mission a également identifié les besoins suivants :
· Développement d’un plan économique viable avec les partenaires de l’économie locale.
· Lancement des initiatives du plan de gestion, notamment le plan de préparation aux risques ;
· Développement d’orientations, de codes de pratiques, de modèles de dessins et de normes de constructions pour le traitement architectural et pour des conditions de vie éco-énergétiques ;
· Entreprendre une ‘étude de points de vue’ pour influencer les nouveaux aménagements.
De plus, la mission recommande une assistance technique pour la recherche concernant les matériaux de construction, les méthodes de conservation et les besoins en ingénierie moderne. Cette recherche inclurait l’évaluation de la faisabilité et de la logistique de l’utilisation de briques traditionnelles (et non pas de produits en ciment) dans la construction. Le GIZ a lancé une expérience en introduisant des fours pour promouvoir l’utilisation de briques plutôt que l’utilisation, aujourd’hui courante, de parpaings en béton pour la construction.
Enfin, la mission a réévalué le calendrier d’application des mesures correctives en association avec l’Etat partie et défini une état souhaité de conservation afin de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.