1.         Ville historique de Zabid (Yémen) (C 611)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2000-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Mesures correctives identifiées

Dans sa décision 31 COM 7A.19 (Christchurch, 2007), le Comité du patrimoine mondial a défini les mesures d’urgence à prendre afin d’inverser le déclin (http://whc.unesco.org/fr/decisions/1282). 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Comme indiqué dans la décision 31 COM 7A.19 : « Cadre juridique et institutionnel approprié établi en un an (2008) ; Dégradation matérielle immédiatement stoppée et inversée en l'espace de deux ans (soit 2009) ». Un calendrier révisé est proposé dans le projet de décision ci-après. 

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-2004)
Montant total approuvé : 159 167 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 10.000 dollars EU provenant du fonds en dépôt italien; 4.000 dollars EU provenant de l'Accord de coopération France-UNESCO 

Missions de suivi antérieures

2002 et 2003 : expertise internationale ; décembre 2004 : mission du Centre du patrimoine mondial ; janvier 2007: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; janvier 2009 : mission du Centre du patrimoine mondial ; janvier 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

L’Etat partie a soumis un rapport de suivi le 20 février 2011. Une mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien du 18 au 24 janvier 2011. Son rapport est disponible en ligne à l’adresse suivante : http://whc.unesco.org/en/sessions/35COM/. La mission a vérifié que la situation à Zabid a progressé favorablement dans les domaines suivants, que le rapport de l’Etat partie mentionne également :

a) Cadre institutionnel et juridique

i) Soutien et engagement politique

Globalement, l’Etat partie soutient que des progrès continuent d’être réalisés, grâce aux effort du projet SFD/GIZ (Fonds de développement social/organisme allemand de coopération internationnale), à l’amélioration de la coordination des parties prenantes, aux efforts du secteur public dirigés par la GOPHCY (Organisation générale pour la préservation des villes historiques) à Zabid et à l’engagement ininterrompu du SFD dans des projets civiques. Une commission interministérielle de haut niveau a été établie, tandis que la création d’une autre commission - constituée de membres qui appartiendraient à des groupes d’intérêt civique (résultant du processus d’audience du plan de conservation) - a été proposée.

ii) Achèvement et mise en œuvre du plan de conservation

Le plan de conservation de Zabid (une partie du plan global de développement de Zabid) a été formellement adopté en décembre 2010. Plusieurs séminaires ont été organisés avec des groupes sélectionnés de la ville afin d’obtenir leur soutien et les sensibiliser à l’importance du plan pour le développement futur de la ville.

La nouvelle Loi de conservation, qui doit fournir le cadre nécessaire aux programmes de restauration générale et de contrôle de la construction, devrait être présentée au Parlement après les élections d’avril 2011. Cela devrait permettre d’arrêter les violations constatées par la mission, telles que la construction sur des espaces publics ouverts,

b) Préparation et approbation d’un plan de gestion

La mission rapporte que la section de la GOPHCY à Zabid a établi un système de gestion de “premier ordre” avec du personnel bien formé, des protocoles de suivi réguliers et un processus d’octroi de permis de construire. L’application du contrôle des constructions est un problème constant mais des progrès ont été réalisés l’année dernière et la nouvelle loi sur la construction devrait permettre d’améliorer la situation. Le plan de gestion est actuellement en préparation et devrait être terminé en septembre 2011.

 

c) Projets de conservation

Les travaux sur le terrain ont progressé, et quelques 250 maisons (160 selon la mission) ont été réparées et/ou restaurées, de même que plusieurs mosquées et bâtiments publics. Il y a un arrêt notable des constructions en béton. Les projets de restauration des maisons dégradées de la GOPHCY ont été lancés, avec six bâtiments historiques restaurés et six autres prévus pour cette année. La formation et le renforcement des capacités ont été intégrés dans les projets de conservation, entraînant une amélioration de la qualification et de l’emploi du personnel local.

Un projet de pavage des rues a été lancé et quatre nouveaux tronçons pavés sont prévus d’ici 2012 (couvrant une superficie de 42 600 mètres carrés). Ce projet prévoit la rénovation des infrastructures, la réparation des murs adjacents et la stabilisation des empiètements sur les espaces publics ouverts. La mission a noté la nécessité d’envisager l’utilisation d’autres matériaux de pavage qui seraient fournis localement, soutiendraient l’industrie locale et éviteraient l’actuelle importation coûteuse de pierre. Elle a aussi noté que dans le cadre du projet de pavage, il est nécessaire d’étudier les effets potentiels des vibrations de la circulation, les impacts du nettoyage des rues et de la pluie sur les surfaces des murs anciens ainsi que la possibilité de recycler l’eau des routes.

Le projet de réhabilitation et de revitalisation du souk a concerné cinquante boutiques et prévoit la réhabilitation de dix boutiques supplémentaires ainsi que de deux mosquées sous l’égide du ministère des “Awqaf”. Un contrat a été émis pour le remplacement de 110 murs de ciment par des murs traditionnels en briques dans la ville historique. La capacité en matière de techniques de restauration et d’artisanat traditionnel a été renforcée, notamment par un programme de formation à l’échelle nationale financé par le Centre du patrimoine mondial grâce au fonds en dépôt des Pays-Bas et organisé par le CATS/GOPHCY (Centre pour la formation et les études architecturales) à Sanaa en juillet 2010.

L’Etat partie et la mission reconnaissent tous deux l’existence de problèmes qui restent à traiter si l’on veut inverser complètement le processus de déclin général. Il s’agit notamment de définir clairement ce qui est autorisé et ce qui constitue une violation, d’attribuer des ressources adéquates permettant de finaliser la loi sur la protection du patrimoine, de définir une stratégie clairement financée et d’établir des règles pour les propriétaires des maisons et pour les habitants. La mission a également identifié les besoins suivants :

· Développement d’un plan économique viable avec les partenaires de l’économie locale.

· Lancement des initiatives du plan de gestion, notamment le plan de préparation aux risques ;

· Développement d’orientations, de codes de pratiques, de modèles de dessins et de normes de constructions pour le traitement architectural et pour des conditions de vie éco-énergétiques ;

· Entreprendre une ‘étude de points de vue’ pour influencer les nouveaux aménagements.

 

De plus, la mission recommande une assistance technique pour la recherche concernant les matériaux de construction, les méthodes de conservation et les besoins en ingénierie moderne. Cette recherche inclurait l’évaluation de la faisabilité et de la logistique de l’utilisation de briques traditionnelles (et non pas de produits en ciment) dans la construction. Le GIZ a lancé une expérience en introduisant des fours pour promouvoir l’utilisation de briques plutôt que l’utilisation, aujourd’hui courante, de parpaings en béton pour la construction.

Enfin, la mission a réévalué le calendrier d’application des mesures correctives en association avec l’Etat partie et défini une état souhaité de conservation afin de retirer le bien de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que la mission a pu faire rapport de résultats positifs dans l’application de certaines mesures correctives qui interrompent le déclin qui semblait irréversible à l’époque où le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine en péril. La majorité des actions recommandées, proposées suite à la mission de 2007, sont appliquées, à divers degrés, selon leur priorité et en fonction des circonstances locales. Une seule des actions de haute priorité n’a pas été engagée - la production de textes et de dessins d’orientation pour les nouvelles constructions au cœur de la ville historique - tandis que certaines activités de ‘priorité moyenne’ sont toujours en attente de réalisation.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que le niveau d’engagement politique est aujourd’hui impressionnant et que, conjointement avec le soutien du GIZ, cela conduit à l’émergence de programmes dynamiques qui deviennent peu à peu durables.

Deux des questions urgentes et délicates qui restent à traiter sont : trouver des solutions adaptées aux problèmes de récentes violations, et créer un fonds de compensation financière pour corriger les irrégularités passées, comme la démolition de structures n’ayant pas reçu d’autorisation. Les solutions devront être soutenues par toutes les principales parties prenantes. 

Décision adoptée: 35 COM 7A.23

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7A,

2. Rappelant la décision 34 COM 7A.21, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Reconnaît les progrès continus qui ont été réalisés pour soutenir la conservation du bien, en particulier grâce à l'organisme allemand de coopération internationale (GIZ) et grâce au Fonds de développement social (SFD), et encourage l'Etat partie à soutenir au mieux la régénération et la conservation de Zabid;

4. Note l'achèvement et la mise en œuvre du plan de conservation et d'un plan de gestion ainsi que l'avancement des travaux de conservation et de pavage des rues;

5. Demande à l'Etat partie de mettre en œuvre la totalité des recommandations du rapport de la mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2011 ;

6. Adopte l'état de conservation souhaité suivant pour le retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril :

a) Achèvement du plan de gestion et 2 ans d'application effective,

b) 2 ans d'application effective du plan de conservation, comprenant les règles juridiques et les règlementations techniques pour la préservation du patrimoine culturel, du paysage du bien et de son environnement,

c) Adoption de la nouvelle Loi de conservation,

d) Adoption de réglementations pour les nouvelles constructions et l'infrastructure dans les limites du bien et de sa zone tampon,

e) Amélioration de la technique de fabrication des briques grâce à un programme de consultation, de recherche et d'experimentation,

f) Etat de conservation des bâtiments traditionnels et de leurs caractéristiques architecturales stabilisé et entretien nécessaire mis en oeuvre,

g) Réglementation efficace acceptée par la communauté et mise en place pour arrêter les violations;

h) Protection et amélioration des espaces publics ainsi que des espaces verts publics et privés,

i) Personnel professionnel et entrepreneurs ayant les compétences requises pour mener les travaux,

j) Etablissement d'une stratégie de gestion des risques;

7. Approuve l'extension du calendrier de la mise en œuvre des mesures correctives, telle que définie dans le rapport de mission, jusqu'en juillet 2014 ;

8. Demande également à l'Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2012, un rapport d'avancement sur ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012 ;

9. Décide de maintenir la Ville historique de Zabid (Yémen) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-11/35.COM/7A, WHC-11/35.COM/7A.Add, et WHC-11/35.COM/7A.Add.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :