1.         Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara (République-Unie de Tanzanie) (C 144)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2004-2014

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Détérioration et délabrement des matériaux ayant provoqué l’effondrement des structures historiques et archéologiques pour lesquelles le bien a été inscrit 

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Voir Décision 32 COM 7A.14 (Québec, 2008), http://whc.unesco.org/en/decisions/1586/

Mesures correctives identifiées

Les mesures correctives suivantes ont été adoptées par le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session (Québec, 2008) :

a) Mettre en œuvre des mesures d’urgence visant à stopper l’action des vagues ;

b) Inspecter et tracer les limites du bien, y compris son extension ;

c) Améliorer et mettre en œuvre des plans de gestion et de conservation du bien ;

d) Subvenir aux besoins du personnel de gestion présent sur le bien ;

e) Stopper la croissance de la végétation dans et autour des monuments ;

f) Stopper l’enlèvement illégal de pierres provenant des monuments et destinées à la construction d’édifices privés.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Voir Décision 32 COM 7A.14 (Québec, 2008), http://whc.unesco.org/en/decisions/1586

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1983-2009)
Montant total approuvé : 56 053 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : le fonds-en-dépôt norvégien a accordé une aide au projet de réhabilitation de l’UNESCO (201.390 dollars EU).

Missions de suivi antérieures

Février 2004 : mission de l’ICOMOS ; juin 2008 et mars 2009 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/144/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Le 2 février 2011, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, qui contient des réponses aux décisions prises par le Comité du patrimoine mondial à sa 34e session (Brasilia, 2010).

a) Mesures visant à stopper l’action des vagues

L’État partie rapporte qu’une digue, constituée de blocs de coraux noyés dans du mortier traditionnel et d’une longueur de 150 mètres, a été construite à 1,50 mètre de profondeur devant le front de mer de Malindi et qu’elle est considérée comme efficace. Il est prévu de construire prochainement une deuxième digue à l’angle sud-ouest du Palais Makutani.

b) Inspection et tracé des limites du bien, y compris son extension

L’État partie rapporte que des consultations sont en cours avec le service de topographie et de cartographie du ministère des Ressources naturelles et du Tourisme, dans le but de délimiter le périmètre du bien et la zone tampon et d’en établir la cartographie. Ce travail sera réalisé en avril 2011. Les limites ainsi définies seront soumises au Centre du patrimoine mondial en 2011 et le projet de zone tampon sera soumis au Comité du patrimoine mondial dans les delais afin de permettre son examen à la 36e session en 2012. Il n’est, cependant, fait aucune mention de la possibilité d’extension du bien, comme l’avait demandé le Comité du patrimoine mondial à sa 32e session.

c) Plans de gestion et de conservation

Le rapport indique qu’un plan stratégique triennal a été élaboré sur la base des mesures correctives suggérées par des experts de l’ICOMOS. L’État partie rend également compte d’une proposition qu’il a mise au point, en collaboration avec divers partenaires, concernant un projet global de conservation du bien et un plan détaillé de gestion pour Songo Mnara. L’État partie rapporte en outre qu’un atelier, intitulé « Réunion de planification pour l’élaboration d’un plan général de gestion pour Songo Mnara, Tanzanie ; Conservation, archéologie, tourisme et implication des communautés », s’est déroulé à Nairobi (Kenya) les 27 et 28 janvier 2011. L’État partie soumettra les résultats de cette réunion au Centre du patrimoine mondial. 

d) Personnel de gestion présent sur le bien

L’État partie rapporte qu’il poursuit ses efforts en vue d’améliorer la gestion du site et de renforcer les effectifs présents sur le bien. Il indique en particulier que deux volontaires japonais, compétents dans le domaine de l’architecture et des musées, seront affectés au bien à compter du mois d’août 2011.

e) Croissance de la végétation dans et autour des monuments

L’État partie rend compte des travaux d’enlèvement de végétation effectués à Malindi, à Gereza et au palais Makutani. Ils seront poursuivis aux abords du Palais Makutani, des tombes du Sultan et des monuments des 40 cheiks et devraient être achevés en juillet 2011. Le rapport reconnaît, toutefois, la nécessité de procéder, pour certains monuments, à des études de conservation plus soignées avant de nettoyer la végétation qui est incrustée dans leurs murs, pour éviter de risquer d’endommager les structures. L’État partie rapporte en outre qu’un groupe de jeunes villageois participe à une partie des opérations de désherbage. Il indique par ailleurs qu’il est prévu de dresser un inventaire des arbres présents sur le bien. 

f) Conservation des structures architecturales

L’État partie rend compte des travaux de conservation en cours pour plusieurs monuments présents sur le bien, parmi lesquels la Mosquée Malindi et le cimetière, ainsi que le fort de Gereza. Des activités de conservation d’urgence ont également été réalisées au Palais Makutani. Elles ont consisté notamment à nettoyer le site et enlever les décombres et la végétation, à reconstituer ou remplacer les mangroves dégradées et appliquer du mortier de chaux aux endroits où cela était nécessaire, et à réparer des fissures. Des travaux complémentaires restent à accomplir, tels que le remplacement de quelques portes et la mise en place de pierres à la base des monuments pour les protéger de l’érosion due à l’action des vagues. Les travaux ont été réalisés avec l’aide du Fonds mondial des monuments (World Monuments Fund) et du Programme du Fonds commun des Nations Unies. 

g) Pacage de bétail

L’État partie rend compte des efforts accomplis pour limiter ou faire cesser le pacage de bétail à Songo Mnara et à Kilwa Kisiwani. Concernant le premier site, le gestionnaire du bien a œuvré de concert avec les autorités administratives des villages et le « Comité des ruines » dans le but de faire cesser le pacage. Concernant le deuxième site, le gestionnaire du bien a travaillé en coordination avec les autorités municipales de Kilwa Masoko pour que soit déclarée illégale toute activité de pacage dans des zones non autorisées. Des réunions ont également été organisées avec des propriétaires de bétail. 

h) Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

L’État partie rend compte de l’avancement dans la mise en œuvre de nombreuses mesures correctives, mais précise que le succès des mesures correctives dépendra des moyens de financement mis à disposition. C’est pourquoi l’État partie fait part de son intention d’adresser une demande de financement à l’UNESCO et à d’autres sources. L’État partie souhaite, par conséquent, demander un réexamen du calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives de façon à prendre en compte la disponibilité des moyens de financement. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des progrès accomplis par l’État partie dans la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures correctives, en particulier la construction de la digue, l’enlèvement de la végétation, les actions visant à contrôler le pacage et les travaux de conservation entrepris sur certains monuments importants. Cependant, ils évoquent l’ampleur des travaux restant à accomplir, aussi bien dans le domaine de la lutte contre l’érosion due à l’action des vagues que dans celui de la conservation des structures présentes sur le bien. En outre, ils soulignent la nécessité de mettre en place un système de surveillance de façon à permettre un suivi des effets de l’érosion due à l’action des vagues, de l’état de conservation des monuments et de la croissance de la végétation qui aboutirait à l’instauration d’une stratégie d’entretien permettant de faire face à ces problèmes à long terme. 

De surcroît, il est nécessaire que le périmètre du bien et les zones tampons soient définis. Ce travail de définition du périmètre du bien et des zones tampons aurait déjà dû être achevé en accord avec les mesures correctives, mais, comme l’indique l’État partie, la mise en œuvre de certaines mesures est plus lente que prévue. Pour ce qui est des mécanismes de planification, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des progrès accomplis par l’État partie, mais souhaitent obtenir des informations complémentaires sur le projet de conservation et sur le plan global de gestion pour Songo Mnara, ainsi que sur la façon dont cela s’articulerait avec le plan relatif à l’île principale. Ils prennent également note du souhait de l’État partie qu’il soit procédé à un réexamen du calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives et se déclarent disposés à appuyer une proposition de collaboration avec l’État partie, le cas échéant, pour redéfinir ce calendrier. De plus, ils suggèrent à l’État partie d’adresser une demande d’Assistance internationale, si nécessaire, pour la mise en œuvre de certaines mesures correctives, comme mentionné par l’État partie. 

Décision adoptée: 35 COM 7A.18

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7A,

2. Rappelant la décision 34 COM 7A.16, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Note les progrès accomplis par l'État partie dans le domaine de la lutte contre l'érosion due à l'action des vagues, de l'enlèvement de la végétation, du contrôle du pacage et des travaux de conservation réalisés pour certains monuments importants ;

4. Demande à l'État partie d'achever le travail de définition du périmètre du bien et de sa zone tampon, en accord avec les mesures correctives adoptées pour le bien ;

5. Demande également des informations complémentaires sur les propositions relatives à un projet global de conservation et à un plan détaillé de gestion pour Songo Mnara et sur la façon dont ce plan s'articulerait avec le plan relatif à l'île principale ;

6. Demande en outre à l'État partie d'examiner et de réviser le calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ;

7. Invite l'État partie à envisager d'adresser une demande d'Assistance internationale pour la mise en œuvre de certaines mesures correctives ;

8. Demande en outre à l'État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d'ici le 1er février 2012, un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et la mise en oeuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 36e session en 2012 ;

9. Décide de maintenir les Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara (République-Unie de Tanzanie) sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-11/35.COM/7A, WHC-11/35.COM/7A.Add, et WHC-11/35.COM/7A.Add.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

Décision adoptée: 35 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-11/35.COM/8E,

2. Adopte les Déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle, telles que présentées dans l'Annexe I du document WHC-11/35.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

- Afghanistan: Minaret et vestiges archéologiques de Djam; Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan;

- Afrique du Sud: Parc de la zone humide d'iSimangaliso; Robben Island; Paysage culturel de Mapungubwe; Aires protégées de la Région florale du Cap; Dôme de Vredefort;

- Allemagne: Vallée du Haut-Rhin moyen;

- Bahreïn: Qal'at al-Bahreïn - ancien port et capitale de Dilmoun;

- Bénin: Palais royaux d'Abomey;

- Botswana: Tsodilo;

- Cameroun: Réserve de faune du Dja;

- Chine: Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan;

- Inde: Sanctuaire de faune de Manas;

- Kenya: Parcs nationaux du lac Turkana; Vieille ville de Lamu;

- Malawi: Art rupestre de Chongoni;

- Mali: Villes anciennes de Djenné;

- Ouganda: Forêt impénétrable de Bwindi; Monts Rwenzori;

- Pakistan: Fort et jardins de Shalimar à Lahore;

- Pérou: Zone archéologique de Chan Chan;

- Philippines: Rizières en terrasses des cordillères des Philippines;

- République centrafricaine: Parc national du Manovo-Gounda St Floris;

- République-unie de Tanzanie: Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara;

- Sénégal: Île de Saint-Louis;

- Togo: Koutammakou, le pays des Batammariba;

- Turquie: Zones historiques d'Istanbul;

- Yémen: Ancienne ville de Shibam et son mur d'enceinte; Vieille ville de Sana'a;

- Zimbabwe: Parc national de Mana Pools, aires de safari Sapi et Chewore;

3. Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue en priorité;

4. Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l'ordre dans lequel elles seront passées en revue suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que:

- biens du patrimoine mondial dans les Etats arabes;

- biens du patrimoine mondial en Afrique;

- biens du patrimoine mondial en Asie et Pacifique;

- biens du patrimoine mondial en Amérique latine et aux Caraïbes;

- biens du patrimoine mondial en Europe et Amérique du Nord.