1.         Vieille ville de Jérusalem et ses remparts (Jérusalem (site proposé par la Jordanie)) (C 148rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1982-présent

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

(cf. document CLT 82/CH/CONF.015/8)
« […] Ils ont considéré que la situation de ce bien correspond aux critères mentionnés dans l’avis de l’ICOMOS, et en particulier aux critères (e) (perte significative de l’authenticité historique) et (f) (dénaturation grave de la signification culturelle) du cas de « péril prouvé » et aux critères (a) modification du statut juridique du bien, de nature à diminuer le degré de protection), (b) (carence d’une politique de conservation) et (d) (menaces du fait du plan d’urbanisme) du cas de « mise en péril ». […] »

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

La conjoncture politique ne permet pas à ce stade de définir un état de conservation souhaité.

Mesures correctives identifiées

Dans le contexte actuel, seules des activités spécifiques sont possibles, comme la mise en œuvre de celles envisagées dans le cadre du Plan d’action de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem.

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Le calendrier est lié à l’évolution de la situation générale sur le terrain. Plus spécifiquement, la mise en œuvre du Plan d’action dépend de possibles ressources extrabudgétaires.

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1982-1982)
Montant total approuvé : 100 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : environ 4 000 000 dollars EU (depuis 1988)

Missions de suivi antérieures

Février-mars 2004 : mission Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM ; de septembre 2005 à mai 2008 : 6 missions d'experts dans le cadre de l'élaboration du Plan d'action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem ; février-mars 2007 : mission spéciale Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM dépêchée par le Directeur général de l'UNESCO pour la question de la Rampe des Maghrébins ; août 2007, janvier et février 2008 : missions concernant l'application du mécanisme de suivi renforcé ; mars et décembre 2009 : missions du Centre du patrimoine mondial.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/148/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2011

Un rapport a été transmis au Centre du patrimoine mondial par la Délégation permanente de la Jordanie auprès de l’UNESCO le 11 février 2011, et par la Délégation permanente d’Israël auprès de l’UNESCO le 22 février 2011.

I. Rapport des autorités israéliennes

Il convient de noter que, depuis 1967, la Vieille ville de Jérusalem est administrée de facto par les autorités israéliennes. En conséquence, tous les nouveaux projets de construction et de conservation relèvent en principe de la juridiction administrative de la Municipalité et sont généralement placés sous la supervision de l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA).

Le rapport des autorités israéliennes présente un large éventail d’activités. La plupart sont identiques à celles décrites dans le rapport de 2010 et ne seront donc pas reprises dans le présent document. Les mises à jour sont résumées ci-dessous :

a) Planification et actions corrélées

Suite à la cartographie de l’état des infrastructures, des travaux d’amélioration ont débuté à la Porte de Jaffa/Bab el Khalil, sur la voie menant de la Porte de Damas au Mur occidental et sur la rue du Patriarcat arménien. Parallèlement à l’amélioration des infrastructures, la rénovation des façades est en cours sur la place Omar Ben el-Hatab, près de la Porte de Jaffa et l’ouverture d’un autre chantier est prévue dans le quartier juif en 2011.

Un schéma directeur d’accessibilité de la Vieille ville prévoit notamment des informations touristiques et la signalisation des rues, des itinéraires touristiques, des ascenseurs, des services de transport pour handicapés, des toilettes publiques, etc. Un nouveau plan de gestion du trafic a également été mis en œuvre dans la Vieille ville, autorisant exclusivement l’accès aux véhicules d’urgence, aux transports publics et aux résidents, ce qui a réduit d’autant la circulation automobile.

Un schéma directeur d’éclairage de la Vieille ville est à l’étude afin d’illuminer les remparts et autres monuments principaux.

b) Projets de conservation

La conservation des remparts de la Vieille ville se poursuit de manière à achever la réhabilitation complète en 2011.

La restauration du « Cardo à ciel ouvert » est terminée, tandis que les travaux de conservation du socle rocheux souterrain vont continuer. La conservation de l’église des Croisés allemands est terminée. La conservation et la reconstruction de la façade de la Porte romaine sous la Porte de Damas, ainsi que le réaménagement de la place publique ont été effectués ; d’autre part, une étude a été menée sur la partie du Mur occidental appelée « petit Kotel » pour des travaux programmés en 2011.

Les projets de conservation vont également se poursuivre en 2011 à la « Septième Station », les façades du pont arménien, le Mouristan et l’Arche de l’Ecce Homo sur la Via Dolorosa.

c) Chantiers archéologiques

Le rapport mentionne plusieurs fouilles archéologiques, souvent liées à des chantiers de construction. Il signale que, dans le cadre des travaux de réaménagement des alentours de la Porte de Jaffa, des fouilles archéologiques ont été menées, révélant une section du decomanus romain et une partie de l’aqueduc supérieur. Les vestiges ont été documentés et recouverts.

Les chantiers archéologiques se poursuivent dans les tunnels du Mur occidental, avec la consolidation des tunnels et l’achèvement des travaux de conservation du tunnel hasmonéen. De nombreuses salles voûtées ont été conservées et de nouvelles fouilles ont été entreprises au pied de l’arche en face de l’arche de Wilson.

Des fouilles ont également été effectuées dans le cadre du développement touristique du Parc archéologique des jardins d’Ophel extra-muros, ainsi que le dégagement du canal d’écoulement menant de la piscine de Siloé aux jardins archéologiques d’Ophel, et la consolidation du plafond du canal hérodien.

d) Travaux de construction

Le rapport se concentre essentiellement les travaux envisagés sur l’esplanade du Mur occidental. Il indique qu’une proposition globale coordonne tous les plans, études et découvertes archéologiques dans cette zone, articule la conservation avec les principes de conception architecturale pour les espaces publics et les projets immobiliers, et établit une politique pour l’esplanade. Le rapport précise également que la proposition a été adoptée le 26 octobre 2010 par les commissions locale et du district pour la planification.

Suite à un courrier du Centre du patrimoine mondial demandant des éclaircissements au sujet de ce plan, la Délégation permanente d’Israël a informé l’UNESCO que « la représentation a été faite devant les tribunaux quant à la validité de ces propositions […] et qu’en conséquence le statut des propositions fait encore l’objet d’un débat ».

Les travaux concernent notamment l’immeuble Strauss (création d’espaces de bureaux, de toilettes et d’un poste de police) du côté nord de l’esplanade, et à l’ouest un institut d’enseignement comprenant des bureaux, un centre d’information et un auditorium au-dessus des antiquités mises au jour lors des fouilles, proposés par la Fondation du patrimoine du Mur occidental. Un autre plan d’extension et de rénovation du Centre Davidson a été lancé, ainsi qu’un projet d’ascenseur reliant le quartier juif à l’esplanade avec plus de fonctions.

e) Plans et activités au Mont Sion

Le rapport contient un chapitre sur les projets envisagés au Mont Sion, à l’extérieur des remparts de la Vieille ville, indiquant que les travaux débuteront en juillet 2011 : amélioration de la circulation entre les différents sites, aires de stationnement, repavage, signalisation, éclairage. Des activités de conservation et des fouilles archéologiques se poursuivent dans cette zone, notamment dans le complexe du Tombeau du roi David et du Cénacle. Un plan est également en préparation pour la zone contiguë aux remparts de la Ville, entre la Porte de Sion et la Porte de Jaffa, où sera aménagé un jardin pédagogique surmonté d’une promenade archéologique.

Le document rend également compte des travaux réalisés par l’administration du Waqf dans le périmètre du Haram ash-Sharif, sous observation de l’Autorité des Antiquités d’Israël.

II. Rapport des autorités jordaniennes

Le rapport reçu de la Délégation permanente de la Jordanie donne des informations fondées sur les observations des autorités jordaniennes des Awqaf (JAA) sur le terrain. Il présente les activités entreprises par les JAA et des informations sur les actions israéliennes dans la Vieille ville. Les activités des JAA sont les suivantes :

a) Restauration des décors en stuc et mosaïques à l’intérieur du Dôme du Rocher ;

b) Restauration des décors en stuc, marbre et pierre du Mehrab Zakariyya dans la mosquée Al-Aqsa ;

c) Réfection du système d’éclairage intérieur de la mosquée Al-Aqsa ;

d) Pose de feuilles de plomb sur la toiture de la mosquée Al-Aqsa ;

e) Organisation de trois stages de formation sur la restauration des mosaïques du Dôme du Rocher par un expert jordanien ;

f) Restauration du revêtement intérieur en marbre des murs du Dôme du Rocher ;

g) Achèvement de la restauration de l’enduit de mortier des murs de maçonnerie et des plafonds de la cinquième colonnade de la mosquée Al-Marwani (la restauration de la sixième colonnade a été interrompue en raison de l’interdiction imposée aux techniciens jordaniens par les autorités israéliennes) ;

h) Étude sur la restauration des colonnes de la mosquée Al-Marwani.

Le rapport mentionne également la coopération avec l’UNESCO pour la réhabilitation du centre de restauration des manuscrits et pour le Musée islamique et la nomination de quatre employés supplémentaires par le Ministère jordanien des Awqaf et des Affaires islamiques (voir ci-dessous). Les paragraphes concernant la Rampe des Maghrébins sont résumés ci-après à la section VI. En outre, le rapport indique que les experts jordaniens ont signalé la chute de pierres dans la partie nord de la muraille ottomane et qu’en dépit de leur volonté de procéder à la restauration d’urgence et à la consolidation du mur, les autorités israéliennes ont annoncé leur intention d’entreprendre elles-mêmes les travaux. À cet égard, les autorités jordaniennes rappellent les dispositions de la Convention de La Haye de 1954 et du Traité de paix israélo-jordanien de 1994.

Dans un second chapitre du rapport, les autorités jordaniennes expriment leur profonde inquiétude au sujet des fouilles archéologiques dans la ville de Silwan, notamment le creusement de tunnels vers la mosquée Al-Aqsa reliant la ville et le complexe du Haram ash-Sharif, qui a causé l’effondrement de bâtiments au-dessus. D’autres chantiers de fouilles sont signalés dans la rue Al-Ward, sur l’esplanade du Mur occidental (Al-Buraq), sous les bureaux du Waqf et autres immeubles voisins, ainsi que les extensions à partir du tunnel du Mur occidental affectant des édifices tels que les écoles Al-Manjaqiah, Al-Umariyyah et Al-Jawhariah[1]. Le rapport déplore la construction dans la rue Al-Ward d’une synagogue dont les murs et les colonnes sont en béton armé et pour laquelle un terrain du Waqf a été saisi près du Hammam Al-Ain et du Hammam Al-Shifa, ainsi que la confiscation de l’école Al-Tankazieh Mamluki pour en faire un poste de police. Il note le transport de vestiges archéologiques provenant des lieux de fouilles à Silwan et des terrains qui jouxtent le Haram ash-Sharif, dont un grand bloc de pierre antique transporté à la Knesset à Jérusalem Ouest.

Le rapport soulève la question des restrictions de déplacement imposées par les autorités israéliennes aux personnels du JAA, l’interdiction d’acheminer les matériaux de restauration nécessaires, d’exécuter le projet d’éclairage des cours du Haram ash-Sharif et d’utiliser le bâtiment de la Porte Dorée.

III. Plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem

Les fonds restants de la première phase du Plan d’action financé par le Gouvernement italien ont été affectés à un nouveau projet de conservation et de formation – la restauration des façades du complexe d’Al Saha – qui doit être exécuté avec les services techniques de la Custodie franciscaine de Terre Sainte. Le volet formation du projet, essentiel pour améliorer les compétences du personnel local en matière de conservation, permet de tester le Manuel de restauration réalisé dans le cadre du Plan d’action.

Le projet de conservation de l’église Saint-Jean Baptiste, financé par la Fondation Leventis de Chypre et mis en œuvre en étroite collaboration avec le Patriarcat grec orthodoxe, a débuté en juillet 2009. L’étude architecturale a été menée par les experts sélectionnés par le Centre du patrimoine mondial et le Patriarcat. Avec l’achèvement d’une phase additionnelle de recherches archéologiques et de relevés hygrométriques ciblés, le projet détaillé des travaux de restauration sera complété sous peu.

 

IV. Séance de réflexion

À sa 34e session (juillet 2010, Brasilia, Brésil), le Comité du patrimoine mondial a adopté la décision 34 COM 7A.20 par laquelle il a encouragé « la Directrice générale à prendre les mesures nécessaires, en consultation et en coopération avec les parties concernées, pour relancer et redynamiser la mise en œuvre des objectifs à court, moyen et long termes définis dans le Plan d’action, notamment la formation, l’éducation et les activités culturelles, ainsi que la préservation des sites et monuments de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts tels qu’inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ».

La Directrice générale a invité les autorités israéliennes, jordaniennes et palestiniennes à envoyer des experts pour participer à une « séance de réflexion » au Siège de l’UNESCO le 14 octobre 2010. Le but de cette réunion était de discuter des moyens de relancer le Plan d’action de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem, ainsi que du cadre potentiel des termes de référence de la mission de suivi réactif demandée par le Comité du patrimoine mondial.

Le groupe d’experts engagé en faveur de la conservation de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, et la préservation de sa « valeur universelle exceptionnelle », a recommandé les actions prioritaires suivantes :

a) construire la confiance et trouver des moyens d’établir une coopération ;

b) mettre à jour le Plan d’action, son plan de travail et son calendrier ;

c) en référence au paragraphe 11 de la décision 34 COM 7A. 20, identifier les mécanismes appropriés pour permettre à l’UNESCO (par exemple une unité et/ou une équipe technique) d’améliorer l’assistance technique pour la mise en œuvre du Plan d’action et la sauvegarde des valeurs du site, en fournissant des conseils, en soutenant le processus de délivrance de permis et en facilitant les travaux de sauvegarde et l’accès au site ;

d) développer les programmes de sensibilisation, la coopération académique et les activités culturelles, en ciblant les jeunes et les femmes.

Le Comité du patrimoine mondial a également demandé « l’envoi d’une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS sur le bien, conformément aux Orientations, afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan d’action et de donner son avis à ce sujet, en coopération et en consultation avec les parties concernées, de définir les modalités et mécanismes opérationnels et financiers appropriés pour renforcer la coopération technique avec toutes les parties concernées dans le cadre du Plan d’action ». Durant la réunion du 14 octobre, un cadre potentiel pour les termes de référence de la mission a été discuté et adopté. Le principal objectif de cette mission sera de reprendre contact avec les parties concernées de manière à relancer et redynamiser la mise en œuvre du Plan d’action de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem. Les participants à la séance de réflexion ont souligné que, dans un premier temps, la mission envisagée devait définir de nouvelles données de base pour le Plan d’action, en actualisant le rapport de 2004 présenté au Directeur général, au Conseil exécutif de l’UNESCO et au Comité du patrimoine mondial, comme suit :

a) passer en revue les projets en cours ou envisagés sur le bien au regard des informations communiquées par les parties concernées et juger de l’état de conservation du bien, conformément aux paragraphes 169 à 177 des Orientations, en particulier le Paragraphe 172 ;

b) évaluer et donner un avis sur les progrès accomplis à ce jour dans la mise en œuvre du Plan d’action ;

c) tenir des consultations avec les parties concernées en vue de définir les modalités et mécanismes opérationnels et financiers appropriés pour renforcer la coopération technique avec toutes les parties concernées dans le cadre du Plan d’action ;

d) en rendre compte à la Directrice générale.

Les 1er février et 1er avril 2011, le Centre du patrimoine mondial a écrit à la Délégation permanente d’Israël auprès de l’UNESCO demandant d’autoriser la mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS. Aucune réponse n’a été reçue à cette date.

V. Autres projets

Le projet d’établissement d’un Institut pour la préservation du patrimoine architectural à Jérusalem, financé par la Commission européenne (700 000 euros) et mis en œuvre en partenariat avec la Welfare Association, a été réalisé. La Welfare Association a organisé une série de cours de formation et d’ateliers sur la base du programme d’études établi par l’ICCROM. Elle a aussi publié deux ouvrages et des manuels de formation, créé une base de données, une bibliothèque technique et un site Internet pour le projet, et a organisé des sessions de sensibilisation. Un atelier final a été organisé à Jérusalem le 23 février 2011 afin de faire le bilan du projet et de discuter des futures actions à entreprendre.

Dans le prolongement du projet d’établissement d’un centre de restauration des manuscrits islamiques, situé dans la Madrasa Al Ashrafiyyah, à l’intérieur du Haram ash-Sharif, un projet de renforcement des capacités, financé au titre du programme ordinaire de l’Organisation (190 000 dollars EU),est en cours pour former le nouveau personnel et existant à la restauration du papier et aux méthodes d’inventaire électronique. L’objectif est d’assurer la conservation à long terme de cette précieuse collection de manuscrits et autres documents historiques de la Madrasa.

Suite au recrutement de quatre personnes à titre permanent par les autorités jordaniennes, l’extension du projet « Sauvegarde, rénovation et revitalisation du Musée islamique du Haram al-Sharif et de sa collection », financé par le Royaume d’Arabie Saoudite (1 130 000 dollars EU), lancé en 2009, se poursuit. Le personnel du Musée a participé au premier module de formation en dressant l’inventaire des collections du musée en janvier 2011. L’UNESCO s’apprête à fournir le matériel informatique de base qui servira au travail d’inventaire électronique.

 

 

VI. La Rampe des Maghrébins

Depuis sa 31e session (Christchurch, Nouvelle-Zélande, juillet 2007), le Comité du patrimoine mondial a demandé à plusieurs reprises « que le Centre du patrimoine mondial facilite la rencontre professionnelle au niveau technique entre les experts israéliens, jordaniens et ceux du Waqf afin de discuter des propositions détaillées pour la conception finale proposée pour la Rampe des Maghrébins, avant toute décision finale ». Deux réunions de ce type se sont tenues à Jérusalem les 13 janvier et 24 février 2008, mais malheureusement aucune autre réunion n’a eu lieu depuis.

Dans leur rapport de janvier 2011, les autorités israéliennes déclarent que : « Suite à la décision du Conseil national pour la planification et la construction, un plan alternatif a été préparé pour la Rampe des Maghrébins afin de préserver l’authenticité et l’intégrité du site évoquées dans les recommandations du Comité du patrimoine mondial et ses Organisations consultatives. Le Plan a été approuvé par la Commission du district pour la planification (31.10.10) et le processus d’obtention d’un permis de construire est maintenant enclenché ».

Suite à la demande du Centre du patrimoine mondial, les plans révisés ont été transmis au Centre du patrimoine mondial le 2 mai 2011. Ils seront examinés par les Organisations consultatives.

Dans leur rapport, les autorités jordaniennes précisent que les experts jordaniens ont pu passer quatre heures sur le site le 23 mai 2010, ainsi que les 8 août et 28 novembre 2010, pour discuter des divergences entre les propositions des deux parties, mais qu’ils ne sont pas parvenus à trouver un accord sur la conception. Dans une lettre datée du 10 mai 2011, les autorités jordaniennes font part de leur préoccupation et de leur désapprobation des mesures unilatérales prises à cet égard en affirmant que « la Jordanie n’acceptera aucun processus qui n’ait pas réussi à lui permettre de remplir son droit de sauvegarder la voie d’accès à la Porte Al-Magharbeh et ses murs ».

Le « mécanisme de suivi renforcé » demandé par le Conseil exécutif de l’UNESCO à sa 176e session et par le Comité du patrimoine mondial s’applique à Jérusalem en ce qui concerne la Rampe des Maghrébins depuis la 31e session du Comité du patrimoine mondial. Neuf rapports ont été préparés par le Centre du patrimoine mondial à ce sujet et remis aux parties concernées et aux membres du Comité du patrimoine mondial.

 

VII. 185e et 186e sessions du Conseil exécutif de l’UNESCO

Au cours de la 185e session du Conseil exécutif, le document 185 EX/5 relatif à la Rampe des Maghrébins et le document 185 EX/14 concernant la Vieille ville de Jérusalem ont été présentés aux membres du Conseil. Deux projets de décision ont été soumis par plusieurs États membres. Malgré les efforts considérables qui ont été déployés pour parvenir à un consensus, les décisions ont été mises au vote et adoptées à une large majorité. À sa 186e session, le Conseil exécutif a aussi examiné ces points et adopté des décisions par lesquelles il « rappelle ses décisions antérieures » et « décide d’inscrire ces points à l’ordre du jour de la 187e session du Conseil exécutif ».

VIII. Projet de décision

Le projet de décision sera présenté au Comité du patrimoine mondial durant la session.



[1] La question des fouilles archéologiques menées depuis 1967 par les autorités israéliennes dans la Vieille ville de Jérusalem est également considérée par les Organes directeurs de l’UNESCO. Ces campagnes archéologiques sont en contradiction avec l’article VI. 32 de la Recommandation définissant les principes internationaux en matière de fouilles archéologiques (New Delhi, 1956), relative aux fouilles en territoire occupé.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 35 COM 7A.22

Le Comité du patrimoine mondial,

I

1. Ayant examiné le document WHC-11/35.COM/7A.Add,

2. Rappelant la décision 34 COM 7A.20, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3. Rappelant les dispositions pertinentes sur la protection du patrimoine culturel comprenant les quatre Conventions de Genève (1949), la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954, la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, l'inscription de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts à la demande de la Jordanie sur la Liste du patrimoine mondial (1981) et sur la Liste du patrimoine mondial en péril (1982), et les recommandations, résolutions et décisions de l'UNESCO,

4. Réaffirmant que rien dans la présente décision, qui vise à la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, n'affectera en aucune manière les résolutions et décisions pertinentes des Nations Unies, en particulier les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité sur le statut juridique de Jérusalem,

5. Affirmant l'importance de maintenir l'intégrité et l'authenticité dans la Vieille ville de Jérusalem et des deux côtés de ses remparts,

6. Affirme la nécessité d'une coopération en vue de faciliter l'accès à la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, y compris aux sites du patrimoine qui s'y trouvent, dans le cadre des Conventions de l'UNESCO pour la protection du patrimoine culturel, et reconnaît les préoccupations exprimées concernant les obstacles restrictifs imposés par les autorités israéliennes sur la liberté d'accès;

7. Remercie les bailleurs de fonds internationaux de leurs généreuses contributions au Plan d'action de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et des deux côtés de ses remparts, et lance un appel à la communauté internationale des bailleurs de fonds pour qu'elle continue d'accorder son soutien, par le biais de financements extrabudgétaires, aux activités visant à sauvegarder l'intégrité et l'authenticité du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et des deux côtés de ses remparts;

8. Demande au Centre du patrimoine mondial de mettre à disposition des compétences et une assistance techniques pour les travaux de conservation en cours et futurs prévus à l'intérieur et autour de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, en prenant en considération les activités envisagées dans le cadre du Plan d'action, selon les besoins;

9. Regrette le refus israélien de se conformer aux décisions du Centre du patrimoine mondial et de l'UNESCO et demande à Israël de coopérer et de faciliter la mise en œuvre de la décision du Comité du patrimoine mondial 34 COM7A.20 qui demande, inter alia, l'envoi d'une mission conjointe de suivi réactif par le Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS dans la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts;

10. Regrette également la persistance des fouilles archéologiques israéliennes et des travaux dans la Vieille ville de Jérusalem et des deux côtés de ses remparts, et le manquement d'Israël à communiquer au Centre du patrimoine mondial les informations adéquates et complètes sur ses activités archéologiques à cet égard, et demande aux autorités israéliennes de cesser ces fouilles et travaux conformément aux Conventions de l'UNESCO sur la protection du patrimoine culturel;

11. Demande, à cet égard, que le Centre du patrimoine mondial fasse clairement état dans ses rapports pertinents des obstacles relatifs à la diffusion de ces informations par les autorités israéliennes, et demande également au Centre du patrimoine mondial de jouer un rôle proactif;

12. Demande en outre au Centre du patrimoine mondial d'appliquer le mécanisme de suivi renforcé à la Vieille ville de Jérusalem et aux deux côtés de ses remparts, et demande également que le Centre du patrimoine mondial valide de manière concrète la circulation de l'information communiquée par les parties concernées sur les activités en cours à l'intérieur et autour de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts;

13. Encourage la Directrice générale de l'UNESCO à prendre les mesures nécessaires, en consultation et en coopération avec les parties concernées, pour réactiver et donner un nouvel élan à la mise en œuvre des objectifs du Plan d'action à court, moyen et long terme, incluant la formation, l'éducation et les activités culturelles, et la préservation des sites et des monuments de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts, telle qu'elle est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial;

14. Remercie la Directrice générale de l'UNESCO et le Centre du patrimoine mondial pour les démarches entreprises dans la mise en œuvre du Plan d'action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille ville de Jérusalem et leur demande en outre de faire rapport à ce sujet ainsi que sur l'état de conservation du bien à sa 36e session en 2012;

II

15. Rappelant la décision 176 EX/Séance plénière spéciale adoptée par le Conseil exécutif de l'UNESCO à sa 176e session, la décision 34 COM 7A.20 du Comité du patrimoine mondial, et les décisions pertinentes du Conseil exécutif,

16. Notant les sixième, septième, huitième et neuvième rapports de suivi renforcé préparés par le Centre du patrimoine mondial,

17. Reconnaît les préoccupations quant à la décision prise par la Commission du district de Jérusalem pour la planification et la construction sur le schéma d'urbanisme pour la Rampe des Maghrébins, et la décision ultérieure du Conseil national pour la planification et la construction d'Israël d'adopter "un plan alternatif pour la Rampe des Maghrébins", approuvée le 31 octobre 2010 par la Commission susmentionnée;

18. Réaffirme, à cet égard, qu'aucune mesure, unilatérale ou autre, ne doit être prise, y compris celles qui pourraient compromettre l'authenticité et l'intégrité du site, contrevenant aux dispositions pertinentes de la Convention de La Haye pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé de 1954 et de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, de 1972;

19. Accuse réception du projet jordanien relatif à la restauration et à la préservation de la Rampe des Maghrébins, soumis au Centre du patrimoine mondial le 27 mai 2011, et remercie la Jordanie pour sa coopération conformément aux dispositions pertinentes des Conventions de l'UNESCO pour la protection du patrimoine culturel;

20. Réaffirme également, à cet égard, que le processus de l'UNESCO pour le suivi du projet de la Rampe des Maghrébins doit être coordonné avec toutes les parties concernées, conformément à l'esprit et au contenu des décisions antérieures du Comité du patrimoine mondial, en dépit du fait qu'Israël informe le Centre du patrimoine mondial de son " plan alternatif pour la Rampe des Maghrébins", et demande que le Centre du patrimoine mondial joue un rôle proactif et suive de près, dans le cadre du mécanisme de suivi renforcé, les développements associés à ce processus;

21. Note avec satisfaction l'accès à la Rampe des Maghrébins accordé par Israël aux experts jordaniens et à ceux du Waqf les 23 mai, 8 août et 28 novembre 2010 et réitère sa demande à Israël de poursuivre la coopération engagée avec toutes les parties concernées, en particulier avec les experts jordaniens et ceux du Waqf;

22. Réitère l'appel fait à la Directrice générale de l'UNESCO d'organiser une réunion de suivi d'experts aussitôt que possible, une fois que les parties concernées seront parvenues à un accord;

23. Décide de continuer à appliquer le mécanisme de suivi renforcé pour l'état de conservation de la Rampe des Maghrébins et demande en outre un rapport du Centre du patrimoine mondial au moins tous les trois mois, jusqu'à la 36e session du Comité du patrimoine mondial en 2012;

III

24. Décide de maintenir la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 35 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-11/35.COM/7A, WHC-11/35.COM/7A.Add, et WHC-11/35.COM/7A.Add.Corr),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :