1.         Réserve de faune du Dja (Cameroun) (N 407)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/407/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1987-1997)
Montant total approuvé : 84 700 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/407/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 60 000 dollars EU du Fonds en dépôt des Pays-Bas auprès de l'UNESCO ; 193 275 dollars EU et 118 725 dollars EU, respectivement en 2008 et 2009, dans le cadre de l'Initiative pour le patrimoine mondial forestier de l'Afrique centrale (CAWHFI) pour la région du sud-ouest du Cameroun. 263 700 dollars EU de la Fondation Franz Weber pour un projet de conservation durable de la Réserve de Faune du Dja

Missions de suivi antérieures

Mars 1998 : mission de suivi UNESCO ; juin 2006, décembre 2009 et février-mars 2012: missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/UICN.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/407/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le 27 février 2014, l’Etat partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien. Un résumé de ce rapport est disponible sur (https://whc.unesco.org/fr/list/407/documents/) et met en avant les points suivants :

Le projet du Centre du patrimoine mondial pour la conservation durable du bien, financé par la Fondation Franz Weber, soutient certaines des activités susmentionnées.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Il convient de noter la croissance des efforts déployés par l’Etat partie du fait de l’augmentation du personnel et des budgets de fonctionnement et d’investissement du service de la conservation du bien, ainsi que les efforts pour renforcer la lutte anti-braconnage et mettre en place un système de suivi écologique. Néanmoins, à cause de l’insuffisance de moyens, il reste difficile pour le gestionnaire de maîtriser les menaces sur le bien. En dépit de ces efforts, il y a une augmentation du braconnage et un besoin pour l’Etat partie de renforcer son appui au service de conservation du bien afin d’inverser cette tendance. Le soutien des différents partenaires qui se mobilisent en faveur de la conservation durable du bien est également appréciable.

Au sujet des projets miniers développés à l’intérieur et autour du bien, la confirmation qu’aucune activité d’exploitation n’ait encore démarrée sur le site de GEOVIC est un signe encourageant. Cependant, il n’est pas clair si cet état de fait n’est pas exclusivement lié à des contraintes économiques. L’Etude d’impact environnemental (EIE) mentionnée dans le rapport semble être la même que la mission de 2012 avait estimé ne pas répondre aux normes internationales. Il est donc recommandé que le Comité rappelle sa demande de réalisation d’une nouvelle Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES) répondant aux standards internationaux, avant tout démarrage de l’exploitation du site, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations environnementales appliquées au patrimoine mondial. La possibilité d’exploitations minières autour du site reste une préoccupation étant donné que celles ci pourraient engendrer des impacts négatifs sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Le projet de réalisation d’une Evaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) de tous les projets en cours ou prévus autour du bien est essentiel, et cette évaluation devrait être réalisée rapidement pour relever les défis liés au maintien de la VUE.

Concernant la construction du barrage de Mékin, bien que le plan de gestion environnemental et social prévoie un certain nombre d’actions de soutien aux populations riveraines et à la gestion du site, des mesures appropriées pour atténuer les impacts directs et indirects du barrage en construction sur la VUE du bien ne semblent pas identifiées ni mises en œuvre. La situation est similaire pour la plantation de la société Sud Cameroun Hévéa qui selon le rapport, appui la mise en œuvre d’activités de sensibilisation, de lutte anti-braconnage et de suivi écologique, mais aucune mesure concrète n’est par contre présentée pour prévenir, réduire ou compenser les effets négatifs de ce projet sur la VUE.

La carte révisée des limites du bien indique une réduction de sa superficie par rapport à la limite d’origine de la Réserve telle qu’inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1987 et qui forment la base légale pour la protection du bien. L’Etat partie devrait confirmer que les limites originelles du bien n’ont pas été modifiées, et prendre note qu’une quelconque modification des limites doit faire l’objet d’une demande au Comité, conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations, et doit éviter tout impact négatif sur la VUE du bien et sur sa protection.

La dynamique de concertation des opérateurs économiques en cours devrait donner lieu rapidement à la finalisation d’un Mémorandum d’entente pour mettre en œuvre des actions opérationnelles conjointes de maîtrise des effets induits par leurs activités. Les demandes énumérées dans la décision 36 COM 7B.1 du Comité n’ont pas été remplies et il est donc recommandé que le Comité maintienne l’éventualité d’une inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril, lors de sa 39e session en 2015, si ces conditions ne sont pas remplies avant la fin de l’année 2014.

Décision adoptée: 38 COM 7B.86

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.1, adoptée lors de sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Prend note avec satisfaction des efforts de l’Etat partie qui se traduisent par l’augmentation du personnel et des budgets de fonctionnement et d’investissement du service de la conservation du bien et encourage l’État partie à poursuivre et renforcer son appui ;
  4. Note avec préoccupation qu’à ce jour l’Etat partie n’a pas encore rempli toutes les conditions posées par le Comité dans sa décision 36 COM 7B.1 et en particulier qu’aucune mesure concrète ne semble être prise pour atténuer les impacts directs et indirects du barrage de Mékin et de la plantation industrielle Sud Hévéa Cameroun sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien ;
  5. Salue l’engagement de l’Etat partie à réaliser une Evaluation environnementale et sociale stratégique (EESS) de tous les projets en cours ou prévus autour du bien et demande à l’Etat partie d’entreprendre cette EESS au plus vite et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial en accord avec le Paragraphe 172 des Orientations;
  6. Exprime sa grande préoccupation concernant la poursuite de la déforestation et l’augmentation du braconnage et demande également à l’Etat partie et à ses partenaires de renforcer leur appui au service de conservation du bien afin d’inverser cette tendance ;
  7. Prie instamment l’Etat partie :
    1. d’empêcher tout démarrage de travaux miniers tant qu’une Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES) n’aura pas été réalisée, conformément à la Note de conseil de l’UICN pour les évaluations d’impact environnemental appliquées au patrimoine mondial,
    2. de définir, en consultation avec la société Sud Hévéa Cameroun, les mesures adéquates à prendre en vue de prévenir, réduire et compenser les effets négatifs du projet d’exploitation agricole d’hévéa et d’autres essences commerciales sur la VUE du bien,
    3. de mettre en œuvre des mesures urgentes appropriées pour atténuer les impacts directs et indirects sur la VUE du bien et les soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par l’IUCN avant le remplissage du barrage du réservoir de Mékin ;
  8. Encourage l’État partie à réaliser d’ici la fin 2014 des progrès significatifs sur les recommandations ci-dessus évoquées et d’envisager l’examen exhaustif de ce bien pour la prochaine session du Comité ;
  9. Prie instamment l’Etat partie de clarifier si les limites de la Réserve telle qu’inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1987 ont été modifiées et rappelle qu’une quelconque modification des limites doit faire l’objet d’une demande au Comité, conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations, et doit éviter tout impact négatif sur la VUE du bien et sur sa protection ;
  10. Demande en outre à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport détaillé, incluant un résumé exécutif d’une page, sur l’état de conservation du bien, et plus particulièrement sur les progrès réalisés en vue de poursuivre l’atténuation des menaces sur la VUE du bien, pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 39e session en 2015, en vue de considérer, dans le cas où des progrès significatifs ne seraient pas réalisés concernant les conditions énumérées dans la Décision 36 COM 7B.1, ainsi que les recommandations ci-dessus, l’inscription éventuelle du bien sur la Liste du patrimoine en péril.