1.         Baie d'Ha-Long (Viet Nam) (N 672bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (vii)(viii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/672/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-2007)
Montant total approuvé : 133 395 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/672/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien (récemment) : 100 000 dollars EU en vertu du projet « Les jeunes volontaires pour la préservation du patrimoine culturel (2003-2006) ; 519 000 dollars EU pour le centre culturel flottant de Cua Van, élément de l’écomusée de Ha-Long (financé par le gouvernement de Norvège, pour la période 2003-2006).

Missions de suivi antérieures

Janvier 2003 et décembre 2006 : mission Centre du patrimoine mondial. Novembre 2013 : mission UICN de suivi réactif

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/672/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Du 6 au 10 novembre 2013, une mission de suivi réactif de l’UICN s’est rendue sur le territoire du bien, conformément à la décision 37 COM 7B.16 (Phnom Penh, 2013). Puis, le 25 janvier 2014, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation qui inclut des exemplaires des évaluations d’impact environnemental de trois projets d’aménagement situés à proximité du bien. Le rapport qui peut être consulté à l’adresse suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/672/documents, aborde les progrès accomplis dans la recherche de solutions aux problèmes de gestion et de pression auxquels le bien doit faire face, problèmes qui ont suscité les inquiétudes du Comité depuis de nombreuses années.

Les problèmes relatifs aux aménagements industriels à l’extérieur du bien, notamment l’exploitation minière, la production de ciment, le développement portuaire et la construction de routes, ont été traités avec succès par les autorités en charge de la gestion. L’augmentation du nombre de résidents dans les villages flottants, qui s’est récemment accélérée, la pêche non durable, l’aquaculture et les pressions exercées sur le bien par le nombre de visiteurs en augmentation constante sont également traitées. L’État partie rapporte également les progrès accomplis dans l’élaboration d’un plan de mise en œuvre d’une gestion intégrée du bien et de sa zone tampon et dans la mise en œuvre d’un plan d’utilisation durable du centre culturel de Cua Van, et les mesures prises afin de renforcer la capacité de gestion en matière de suivi des impacts, de réglementation de l’utilisation et de régulation des menaces extérieures au bien.

Avec l’aide de la mission de l’UICN, un projet de plan d’action pour la mise en place d’une gestion intégrée a été élaboré et l’État partie précise qu’il envisage de solliciter une assistance internationale auprès du Fonds du patrimoine mondial afin d’évaluer l’efficacité de la gestion du bien et de mettre en place un système de gestion intégrée.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Quelques progrès ont été accomplis dans le traitement des problèmes de conservation précédemment identifiés par le Comité. Ce succès est confirmé par le rapport de la mission de suivi réactif de l’UICN de 2013 qui a conclu que les quatre aménagements industriels n’ont pas d’impact sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Le rapport de mission a également conclu que l’État partie a pris des mesures afin que diminue la pression exercée sur le bien par la croissance démographique, notamment l’amélioration de la gestion des déchets, de l’aquaculture et la réduction de leur impact sur le bien.

Le tourisme est strictement réglementé par une législation nationale et des réglementations nationales et provinciales, et il repose sur un nouveau plan de gestion touristique du bien. Une meilleure application des réglementations et une intervention croissante dans la gestion ont permis des améliorations significatives des services aux visiteurs, de l’activité des bateaux de tourisme, de la sûreté et de la sécurité et de la gestion des déchets tandis que la diversification des activités et l’ouverture de nouvelles zones aux touristes réduisent la pression liée à la surfréquentation des sites les plus célèbres. La mission a cependant signalé que le financement et la production de recettes devraient être réformés afin d’augmenter la part des revenus issus de l’activité touristique. La mission a également conclu que le centre culturel de Cua Van n’a aucun impact significatif sur la Valeur Universelle Exceptionnelle du bien et que son emplacement est approprié à son objectif et à sa fonction.

Avec un effectif de 400 employés et un budget annuel d’environ 2,15 millions de dollars EU, le Département de gestion de la baie d’Ha-Long dispose de ressources nécessaires pour mener à bien ses nombreuses missions et responsabilités. Cependant, la mission a signalé que l’action de ce service est limitée en raison de sa dépendance aux autres agences gouvernementales.

Il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial prie instamment l’État partie d’accroitre les revenus issus du tourisme, notamment en accordant des concessions commerciales afin que les opérateurs touristiques contribuent davantage au financement des coûts de gestion des visiteurs sur le territoire du bien. En outre, il est recommandé que le Comité prie également l’État partie à accorder une plus grande autonomie et indépendance au Département de gestion de la baie d’Ha-Long, en renforçant ainsi son autorité, son influence et sa capacité de prise de décision dans l’application des réglementations et dans la conduite des opérations de gestion.

Décision adoptée: 38 COM 7B.72

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.16, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Félicite l’État partie d’avoir traité la totalité des problèmes de gestion précédemment identifiés par le Comité, et accueille avec satisfaction les progrès accomplis dans la recherche de solutions efficaces aux problèmes liés aux aménagements industriels à l’extérieur du bien, à l’augmentation de la population sur le territoire du bien, à l’aquaculture, à la pression exercée par le tourisme et à la gestion des visiteurs, et à l’aménagement du centre culturel de Cua Van ;
  4. Se félicite également de la volonté de l’État partie d’évaluer l’efficacité de la gestion du bien et de mettre en place un système de gestion intégrée ;
  5. Demande à l’État partie de mettre en œuvre toutes les recommandations de la mission de suivi réactif de l’UICN de 2013 et, en particulier, de renforcer les capacités administratives du Département de gestion de la baie d’Ha-Long en lui accordant une plus grande indépendance, une autorité et un pouvoir de décision renforcés dans la gestion courante du bien et dans ses rôles et responsabilités en matière d’application de la loi ;
  6. Encourage l’État partie à renforcer davantage les efforts visant à garantir que la pression exercée par le tourisme sur le bien continue de baisser jusqu’à atteindre un niveau compatible avec la conservation à long terme du bien et encourage également l’État partie à accroitre la contribution des revenus touristiques au Département de gestion de la baie d’Ha-Long, notamment au moyen des redevances de concessions accordées aux opérateurs touristiques ;
  7. Prie instamment l’État partie de poursuivre ses efforts visant à garantir la possibilité d’une gestion durable des villages flottants sans exercer de pression sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;
  8. Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2016, un rapport d’avancement, incluant un résumé sommaire d’une page, sur la mise en œuvre des éléments ci-dessus mentionnés.