1.         Parc national de Chitwan (Népal) (N 284)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1984

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/284/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-1989)
Montant total approuvé : 80 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/284/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Décembre 2002: mission de suivi de l'UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/284/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN ont reçu des informations extraites de reportages publiés dans les medias au sujet de projets de construction d’une route et d’une voie ferrée qui traverseraient le bien. Le 7 février 2014, le Centre du patrimoine mondial a envoyé un courrier à l’État partie demandant d’informations complémentaires à ce sujet :

Les reportages et les informations complémentaires reçues par l’UICN font état des faits suivants :

Le 5 février 2014, l’UICN a été contacté par un bureau de consultants mandaté par le Gouvernement du Népal pour définir le tracé précis de la voie ferrée et entreprendre une évaluation d’impact environnemental, qui sollicitait de plus amples informations sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial. Le 7 février 2014, dans sa réponse, l’UICN a affirmé sa volonté d’apporter son concours technique à l’État partie.

Le 28 avril 2014, le Centre du patrimoine mondial a reçu une réponse de l’État partie confirmant le soutien financier du Gouvernement indien à la construction de la route et du pont. L’État partie a également confirmé que la route et la voie ferrée traversaient le bien et que malgré l’interruption de la construction d’un pont dans la zone tampon à la demande du Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune et la flore sauvages, la construction d’un autre pont plus au nord était prévue. Le Département des chemins de fer rédige actuellement un rapport de projet détaillé et une évaluation d’impact environnemental pour la partie de la voie ferrée qui traverse le bien, avec un examen de tracés alternatifs.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Les projets évoqués de construction d’une voie ferrée électrifiée est-ouest et de l’autoroute Tarai Hulaki à travers le bien suscitent des inquiétudes. Ces projets, s’ils sont mis en œuvre tels qu’ils sont envisagés, c’est à dire traversant le bien, représenteraient un danger potentiel évident pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien telle que définie au paragraphe 180 des Orientations, en raison notamment, du morcellement des habitats, des perturbations de la faune et la flore sauvages surtout dans la restriction des déplacements d’où, une reproduction potentiellement diminuée, et d’un risque accru d’augmentation d’activités illégales comme le braconnage, l’exploitation forestière illégale et l’empiétement sur le territoire du bien. La situation est particulièrement préoccupante au vu de l’importance pour la planète des populations de tigres et de grands rhinocéros unicornes présentes sur le territoire du bien, des succès rencontrés en matière de conservation comme en atteste l’absence de braconnage de rhinocéros au cours des récentes années (2011 et 2013), et du soutien appuyé de la communauté à la conservation du bien comme les medias en ont récemment témoigné.

Il conviendrait également de noter que l’évaluation d’impact environnemental (EIE) de la voie ferrée est actuellement entreprise et que la demande d’informations complémentaires sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial a été accueillie favorablement. Il n’est cependant pas certain qu’une EIE ait été entreprise pour le projet d’autoroute et les rapports faisant état de la construction de ponts dans la zone tampon sont particulièrement préoccupants. Il conviendrait de rappeler qu’entre 2001 et 2004, le Comité a exprimé ses inquiétudes quant à la construction du pont de Kasara sur la rivière Rapti, qui matérialise la limite nord du bien, et à l’absence d’EIE pour la réalisation de ce projet. Dans sa décision 28 COM 15B.11, le Comité a également recommandé « que le Centre du patrimoine mondial et l’UICN poursuivent leurs contacts avec tous les bailleurs de fonds concernés pour bien comprendre comment un projet d’infrastructure ayant un impact sur le patrimoine mondial a pu être financé sans EIE et comment une telle pratique peut être évitée à l’avenir au Népal et ailleurs. ». Il est en conséquence recommandé au Comité de demander à l’État partie d’achever sans délai toutes les évaluations environnementales nécessaires à ces projets, y compris une évaluation des tracés alternatifs ne traversant pas le bien, avant d’investir dans la construction d’infrastructures susceptibles de ne pas faire cas de la viabilité de tels tracés alternatifs.

Décision adoptée: 38 COM 7B.69

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 28 COM 15B.11, adoptée à sa 28e session (Suzhou, 2004),
  3. Accueille avec satisfaction le succès dans la lutte contre le braconnage, comme en témoigne l’absence de braconnage de rhinocéros au cours des deux récentes années (2011 et 2013), ainsi que le soutien appuyé des communautés à la conservation du bien tel qu’évoqué dans les medias ;
  4. Note avec inquiétude les projets de voie ferrée électrifiée est-ouest et d’autoroute Tarai Hulaki traversant toutes deux le territoire du bien, la construction de ponts en lien avec le projet autoroutier dans la zone tampon du parc national, dont les medias se sont faits l’écho, et estime que ces projets, s’ils sont mis en œuvre tels que prévus, c’est à dire sur le territoire du bien, représenteraient un danger potentiel évident pour la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien, notamment en raison du morcellement des habitats, des perturbations de la faune et la flore sauvages et d’un risque accru de braconnage et d’autres activités illégales ;
  5. Note avec satisfaction les conseils sollicités par les consultants de l’État partie sur l’application de la note explicative de l’UICN sur les évaluations environnementales et le patrimoine mondial ;
  6. Demande à l’État partie de garantir l’achèvement des évaluations d’impact environnemental (EIE) des deux projets en conformité avec la note explicative de l’UICN, assorties d’une évaluation des impacts cumulatifs et des tracés alternatifs ne traversant pas le territoire du bien, et demande également à l’État partie de soumettre ces EIE et tous les détails complémentaires sur les projets au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations;
  7. Demande en outre à l’État partie de suspendre toute construction d’infrastructures qui pourrait nuire à la viabilité des tracés alternatifs évitant la traversée du territoire du bien jusqu’à l’achèvement des EIE des deux projets ;
  8. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport, incluant un résumé d’une page, sur l’état de conservation du bien, sur l’état d’avancement des projets d’infrastructures ci-dessus présentés et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.