1.         Basse vallée de l'Omo (Éthiopie) (C 17)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/17/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1996-1996)
Montant total approuvé : 2 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/17/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/17/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L’État partie a soumis un rapport pour ce bien le 30 janvier 2014, incluant une copie d’une brève évaluation de l’impact sur le patrimoine (EIP) menée au sujet du projet de développement de Kuraz Sugar. Le rapport est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/17/documents. Le rapport d’évaluation d’impact environnemental (EIE) pour le même projet, mené en 2011 et qui a été demandé par le Comité du patrimoine mondial, n’a pas encore été reçu.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La brève EIP initiale sur le projet de développement de Kuraz Sugar Cane est bien prise en compte. Les informations concernant le développement envisagé demeurent floues, car aucune information n’a été fournie par l’État partie. De plus, des déclarations contradictoires ont été faites sur la situation géographique des plantations sucrières, des routes et des agglomérations au sein ou à l’extérieur du bien.

Le fait qu’aucune limite du bien ou zone tampon n’ait été définie n’aide pas. L’affirmation faite dans l’EIP sur la présence de trois sites séparés et de trois zones tampons séparées est tout à fait incorrecte. La définition de la limite globale du seul site et de sa zone tampon doit être effectuée de toute urgence.

Il ressort clairement de l’EIP que les changements potentiellement hautement dommageables que pourrait subir le paysage sur une large zone d’environ 100 km², selon leur localisation, pourraient couvrir les deux tiers de la zone du bien. Ces impacts comprennent des dommages irréversibles pour les fossiles en raison des travaux de creusement, de l’impact des machines, de l’agriculture et de l’irrigation, et du pillage et du piétinement liés à l’installation des travailleurs.

L’EIP suggère entre autres les mesures d’atténuation suivantes :

Ces mesures semblent particulièrement inadéquates pour répondre aux changements potentiellement majeurs qui pourraient être causés par le projet Kuraz. L’EIP actuelle doit être suivie d’une évaluation d’impact sur le patrimoine plus détaillée s’appuyant sur la localisation précise des éléments du projet, sur la déclaration rétrospective de VUE adoptée et sur les limites exactes du bien. Ces informations et évaluations supplémentaires doivent être fournies avant tout engagement ferme concernant le projet global.

Préalablement à ces travaux, une carte devrait être fournie, indiquant la situation exacte du projet Kuraz, ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre et une documentation détaillée du projet, y compris l’EIE menée en 2011. De plus, il est urgent de délimiter le bien avant toute intervention. On notera que le nouveau projet de développement de l’Union européenne, qui devrait être mené en 2014-2015, répond aux besoins de définition des limites et de la zone tampon ainsi que d’un plan de gestion.

D’après les informations disponibles à ce jour, il semble que le bien doit être exclu du projet Kuraz. Les préoccupations portent également sur le fait de savoir si la plus grande partie de la zone tampon pourrait toujours remplir sa fonction si elle devenait la cible du développement de l’activité.

De plus, les préoccupations demeurent quant aux faits rapportés s’agissant d’évacuations sous la contrainte de communautés pastorales indigènes afin de faire place aux plantations sucrières. La lettre du Centre du patrimoine mondial de mars 2013 réclamant des informations sur ce sujet reste toujours sans réponse de la part de l’État partie. Concernant le plan de gestion, bien que le rapport de l’État partie exprime le souhait d’une assistance internationale en matière de consultation des parties prenantes et d’inclusion des localités adjacentes dans le cadre de l’extension du bien, une demande officielle doit être soumise au Centre du patrimoine mondial avant l’expiration du délai statutaire le 1er octobre 2014.

Dans la mesure où l’EIP met en lumière le fort potentiel « paléo-touristique » du site, l’État partie devrait être incité à tester les nouveaux outils de gestion touristiques élaborés dans le cadre du Programme sur le patrimoine mondial et le tourisme durable.

Il est recommandé que le Comité du patrimoine mondial demande aussi à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif pour évaluer ces problèmes et l’impact potentiel du projet Kuraz.

Décision adoptée: 38 COM 7B.48

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B.Add,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.39, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Accueille favorablement l’évaluation de l’impact sur le patrimoine (EIP) portant sur les effets potentiels du projet de développement de l’Ethiopian Sugar Corporation (projet Kuraz) sur la basse vallée de l’Omo ;
  4. Note que cette EIP fait état d’effets négatifs potentiels très importants sur le bien en raison de l’irrigation et des creusements liés au développement des plantations sucrières, des agglomérations et des routes d’accès, et note également que les informations sur la portée et la localisation précises du projet Kuraz sont contradictoires ;
  5. Prie instamment l’État partie de fournir dès que possible une documentation claire sur le périmètre et la portée du projet et sa localisation précise au regard du bien, afin de déterminer si ce projet est situé au sein du bien ou dans sa zone tampon ; et demande des informations claires sur l’impact des programmes de réinstallation sur les communautés pastorales ;
  6. Rappelle également sa demande à l’État partie de soumettre le rapport final de l’évaluation d’impact environnemental (EIE) menée en 2011 au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Demande également à l’État partie d’améliorer l’EIP en l’augmentant d’une évaluation détaillée du patrimoine culturel s’appuyant sur les détails précis du projet Kuraz et sur les attributs clairement définis du bien, et de la soumettre au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives avant toute prise de décision irréversible ;
  8. Note en outre que l’État partie a obtenu le financement d’un projet de développement de l’Union européenne, ce qui permettra la délimitation du bien et l’élaboration du plan de gestion en 2014-2015 ;
  9. Encourage l’État partie à conduire une évaluation des sédiments fossilifères, comme recommandé par l’EIP, afin de définir plus clairement les zones revêtant un intérêt archéologique potentiel ;
  10. Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission conjointe UNESCO/ICOMOS de suivi réactif pour le bien afin d’étudier les problèmes mentionnés ci-dessus et l’impact potentiel du projet Kuraz ;
  11. Reconnaît le potentiel « paléo-touristique » important du site indiqué dans l’EIP, et recommande que l’État partie cherche des financements pour tester les nouveaux outils de gestion touristique élaborés récemment dans le cadre du Programme sur le patrimoine mondial et le tourisme durable;
  12. Prend acte de l’urgence du souhait de l’État partie pour une assistance internationale s’agissant du plan de gestion du site et d’une possible extension du bien, et encourage également la soumission d’une demande d’assistance internationale au Fonds du patrimoine mondial avant la prochaine expiration du délai annuel le 31 octobre 2014 ;
  13. Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport sur l’état de conservation du bien, incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.