1.         Mont-Saint-Michel et sa baie (France) (C 80ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/80/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/80/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2012 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/80/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L’État partie a soumis, le 30 janvier 2014, un rapport d’état de conservation détaillé, disponible sur https://whc.unesco.org/fr/list/80/documents. Ce rapport traite les recommandations de la mission de suivi réactif de 2011 et des problèmes de conservation actuels.

-  Le Périmètre de Protection Modifié (PPM), fondé sur le principe de la co-visibilité, définit la zone à partir de laquelle le Mont est visible et qui est visible depuis le Mont.

-  Des consultations ont commencé pour la révision de la définition et de la délimitation de la zone de protection.

Réévaluer les distances  piétonnes entre l’aire de stationnement et le point d’accès aux navettes : Ce point a été révisé.

Préparer un plan d’urbanisme pour le lieu-dit « La Caserne »  : L’élaboration d’un plan d’aménagement spatial sera poursuivi, soumis à un accord sur de nouvelles cotes de submersion marine.

Développer un projet de plantation pour le cloître qui évoque un jardin médiéval : Étant donné le manque d’archives sur le jardin médiéval, il a été décidé de restaurer le jardin « néo-médiéval » dessiné par Yves-Marie Froidevaux en 1965.

Sensibiliser à la valeur universelle exceptionnelle (VUE) : une conférence s’est tenue en avril 2013 et une exposition de photographies a été commandée. Un poste de préfet coordonnateur de 3 ans a été créé.

Autres problèmes de conservation

Affaiblissement des remparts : Les remparts sont l’objet d’un plan de préservation à long terme qui sera bientôt achevé. Depuis 2011, l’érosion causée par la mer a augmenté au pied des murs, risquant d’affecter la stabilité du monument. Une évaluation d’impact est en cours. Des travaux de stabilisation impliqueraient la protection de la base des murs en les entourant d’un cordon rocheux recouvert de tangue.

Cheminement de sécurité sur le flanc du rocher : Le rapport de l’État partie répond également à des demandes d’informations du Centre du patrimoine mondial concernant le creusement d’un passage de 18 m de long sur 1,4 m de large dans le rocher, qui fait partie d’un cheminement de sécurité supplémentaire. Le rapport de l’État partie indique que des mesures d’atténuation de l’impact visuel du passage sont prévues.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Grâce à une approche pluridisciplinaire impliquant des mesures de protection supplémentaires et de nouveaux outils, les recommandations de la mission quant à la protection visuelle de l’environnement immédiat et plus lointain du bien ont été traitées, à l’exception de la hauteur du gué, fixée à 7,30 m pour des raisons de sécurité, à l’encontre des recommandations de la mission de suivi réactif de 2011. Toutes les autres recommandations de la mission, relatives au pont-passerelle, au parc de stationnement, au développement d’un plan pour le lieu-dit « La Caserne » et au projet de plantation dans le cloître, ont été traitées, bien qu’il ait été impossible de recréer un jardin médiéval.

On notera également que les méthodes de modélisation du terrain utilisées pour l’évaluation de l’impact visuel des éoliennes ont été adoptées en Bretagne et en Basse-Normandie et pourraient servir d’exemple de bonne pratique pour les biens du patrimoine mondial rencontrant ce type de problème.

En termes d’amélioration de la gestion et de sensibilisation à la VUE du bien, un plan de gestion a été développé et des ressources humaines supplémentaires ont été allouées à la mise en œuvre du plan et au renforcement du dialogue avec les préfets.

Il est recommandé que le Comité pourrait demander de plus amples informations à l’État partie sur les projets en cours, en particulier la construction du passage de sécurité, et qu’il demande à l’État partie d’éviter de procéder à d’autres modifications susceptibles d’avoir un impact sur le bien.

Enfin, l’augmentation de l’érosion causée par la mer depuis 2011 est source d’inquiétude, mais on notera qu’une réponse immédiate a été apportée sous la forme d’études et du développement d’un projet visant à renforcer les fondations des remparts.

Décision adoptée: 38 COM 7B.26

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant les décisions 35 COM 7B.91 et 36 COM 7B.74, adoptées respectivement à sa 35e session (Paris, 2011) et 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),
  3. Félicite l’État partie pour les progrès accomplis dans la définition et le renforcement de la protection du cadre immédiat et élargi du bien et, en particulier, le développement d’outils de modélisation visuelle spécifiques pour traiter l’impact des éoliennes, qui pourraient servir d’exemple de bonne pratique pour les biens du patrimoine mondial rencontrant ce type de problème ;
  4. Note avec satisfaction que la plupart des recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de 2011 relatives au pont-passerelle, au plan d’urbanisme pour le lieu-dit « La Caserne » et au projet de plantation pour le cloître ont prises en compte, et que des modifications ont été apportées aux plans et projets lorsque cela était possible ;
  5. Regrette toutefois la décision de maintenir la hauteur du gué à 7,30 m au lieu des 6,80 m préconisés par la mission de suivi réactif de 2011 ;
  6. Note aussi que le plan de gestion du bien est en cours d’élaboration et tient compte des recommandations de l’ICOMOS, qu’un coordinateur a été nommé pour sa mise en œuvre qui inclura l’établissement d’un Comité de coordination ; et demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial le plan de gestion achevé, pour examen par les Organisations consultatives ;
  7. Prie instamment l’État partie d’envisager dans quelle mesure le passage de sécurité récemment creusé dans le rocher a pu avoir un impact sur l’intégrité du bien et de mettre en œuvre les mesures d’atténuation nécessaires.