1.         Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne (Soudan) (C 1073)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2003

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2004-2005)
Montant total approuvé : 68 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2004, 2006, 2007 : missions du Centre du patrimoine mondial ; février 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1073/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2014

L'État partie a soumis un document contenant un bref rapport sur l’état de conservation du bien et un document concis, intitulé « plan de gestion », le 31 Janvier 2014. Le rapport est disponible à https://whc.unesco.org/fr/list/1073/documents/. Quatre « cartes cartographiant les limites », une pour chacun des sites Gebel Barkal, El Kurru, Nuri et Zuma étaient jointes à ce rapport. Aucune carte n’était fournie pour Sanam.

L’État partie a confirmé que les principaux facteurs affectant le bien sont les extensions urbaines et agricoles, la désertification de certaines zones et la forte humidité relative du microclimat à l’intérieur des tombes et autres milieux clos, et le manque de coordination avec les autorités locales et les parties prenantes pour définir les limites du bien, délimiter les zones tampons et protéger le bien vis-à-vis d’impacts négatifs potentiels sur les qualités visuelles, dus à des édifices modernes, des pylônes de lignes à haute tension, des autoroutes etc.

Pour traiter ces problèmes et afin de répondre à la demande du Comité du patrimoine mondial, la Corporation nationale des antiquités et des musées (National Corporation of Antiquities and Museums – NCAM) lança en 2010 l’opération de cartographie des cinq sites qui forment le bien. Un accord avait été signé en 2009 entre le Soudan et le Qatar pour protéger et aménager les antiquités dans le Soudan septentrional et les États du Nil. Le projet comprend la recherche archéologique, la protection des sites, la conservation et la restauration de monuments en grès et briques de terre, la présentation des sites et l’aménagement des installations touristiques, la publication de guides et d’ouvrages.

Des précisions sur les actions mises en œuvre et proposées pour les différents composants du bien sont données dans le « plan de gestion ». Elles portent sur des interventions de conservation, l’entretien, des actions de protection et l’amélioration des installations destinées au public entre autres. Des budgets sont présentés pour la mise en œuvre, mais on ne voit pas clairement s’ils ont été assurés.

Enfin, le rapport note les problèmes soulevés par la construction d’un hôtel à Gebel Barkal et le processus engagé pour atténuer son impact.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le rapport sur l’état de conservation ne fournit pas d’informations indiquant si des mesures concrètes ont été entreprises pour traiter les problèmes de conservation et de gestion soulevés par la mission de suivi réactif de 2011 et reconnus par l’État partie. La cartographie de quatre des cinq composants du bien (aucune carte n’a été fournie pour Sanam) est une réalisation importante, mais les cartes fournies ne répondent pas aux exigences fixées dans les Orientations,dans la mesure où elles ne sont pas topographiques et n’indiquent pas clairement les limites du bien et de sa zone tampon. La signature d’un accord entre le Soudan et le Qatar offre sans aucun doute à État partie l’opportunité de mettre en œuvre les recommandations du Comité du patrimoine mondial. Toutefois, rien n’indique qu’il existe concrètement une allocation de fonds ou un plan d’action, avec des activités détaillées, pour aborder les problèmes de conservation des sites qui forment le bien.

De même, le rapport de l’État partie, qui énumère une série d’actions utiles à la conservation du bien, ne fait pas apparaître si ces actions sont mises en œuvre dans le cadre d’une stratégie de gestion générale. Il ne donne pas non plus d’informations sur les activités en cours concernant le suivi ou le renforcement des capacités à l’intention du personnel du site et autres parties prenantes, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial.

Il est recommandé que  le Comité du patrimoine mondial demande à l’État partie de :

Décision adoptée: 38 COM 7B.5

Le Comité du patrimoine mondial,

  1. Ayant examiné le document WHC-14/38.COM/7B,
  2. Rappelant la décision 37 COM 7B.56, adoptée à sa 37e session (Phnom Penh, 2013),
  3. Reconnaît les efforts déployés par l’État partie pour améliorer la gestion du bien ;
  4. Regrette que le plan de gestion n’ait pas été suffisamment élaboré et qu’il manque encore des composants principaux ;
  5. Regrette également qu’aucune information détaillée n’ait été fournie pour traiter les problèmes de conservation et de gestion soulevés par la mission de suivi réactif de 2011, et réitère la nécessité d’élaborer des mesures concrètes appropriées dès que possible telles qu’identifiées aux paragraphes 4, 5 et 6 de la décision 35 COM 7B.57 adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011);
  6. Prend note des cartes de quatre composants du site sur cinq, fournies par l’État partie, mais demande qu’elles soient révisées conformément aux normes identifiées à l’annexe 11 des Orientations (données topographiques, indication claire des limites du bien) et qu’une telle carte soit également fournie pour Sanam ;
  7. Demande également à l’État partie de fournir des informations détaillées sur l’état de conservation du bien, y compris un rapport pour chacun des cinq composants, d’élaborer complètement le plan de gestion afin qu’il soit opérationnel et de mettre au point un système de suivi global en vue de mieux comprendre les besoins du bien en matière de conservation à long terme ;
  8. Recommande à l’État partie d’organiser dès que possible, dans le cadre du projet archéologique Soudan-Qatar (QSAP), un atelier pour aborder la gestion et le système de suivi du bien, en coopération avec le Centre du patrimoine mondial, l’ICOMOS et l’ICCROM ;
  9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés, incluant un résumé exécutif d’une page, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 40e session en 2016.