1.         Sanctuaire historique de Machu Picchu (Pérou) (C/N 274)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (i)(iii)(vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 166 625 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

1997: missin conjointe ICOMOS/UICN, octobre 1999: mission conjointe ICOMOS/UICN; février-mars 2002: mission conjointe UNESCO/UICN/ICOMOS de suivi

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Le 2 mai 2002, le Président du Comité a adressé des lettres aux ministres des Affaires étrangères, de l’Agriculture et de l’Education incitant le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour la mise en œuvre des recommandations de la mission de 2002. Dans ces mêmes lettres, le Président alertait les ministres sur le fait qu’en l’absence de telles mesures, le Comité serait obligé d’envisager l’inscription de Machu Picchu sur la Liste du patrimoine mondial en péril. À l’heure actuelle, aucune réponse à ces lettres n’a été reçue.

Le 11 février 2003, le gouvernement du Pérou a présenté un rapport dans lequel il informait de l’inclusion du ministère du Tourisme et du gouvernement régional dans le Directorat de l’unité de gestion et des progrès effectués dans l’adoption du plan pour le village d’Aguas Calientes et la mise en œuvre d’études sur les glissements de terrain. Il annonçait aussi un grand nombre d’activités envisagées pour être exécutées en 2003, telles que la révision du plan maître, une évaluation de l’accès au sanctuaire, la mise en œuvre du plan d’urbanisme pour le village d’Aguas Calientes, etc. L’UICN a revu ce rapport et noté des développements positifs en ce qui concerne la documentation sur les valeurs sacrées du site, le renforcement de l’unité de gestion et l’approbation par la municipalité provinciale d’Urubamba du plan d’urbanisme pour Aguas Calientes.

 L’UICN a noté que le rapport n’était pas clair quant au calendrier pour la révision du plan maître, dans le processus de planification duquel un certain nombre de problèmes clés doivent être envisagés. L’UICN a également noté que le gouvernement du Pérou a achevé la construction de l’infrastructure de dissipation d’énergie dans la rivière d’Aguas Calientes, le traitement des zones instables et le nettoyage du lit et des berges de la rivière. Il a également développé un programme d’urgence pour l’évaluation et la surveillance de la zone en coopération avec l’Institut national de défense civile (INDECI).

L’UICN a noté que le site continuait d’être menacé par la prolifération d’espèces envahissantes et le fait que ce problème exige la mise en oeuvre urgente de mesures de contrôle. L’UICN aimerait offrir à l’État partie la possibilité de bénéficier de conseils d’experts appartenant au groupe de l’UICN spécialisé dans les espèces envahissantes. L’ICOMOS a revu le rapport du gouvernement du Pérou et exprime l’opinion qu’en termes généraux ce rapport manque de détails d’accompagnement sur un certain nombre de points, que certaines réponses sont évasives et ne répondent pas directement aux recommandations de la mission de 2002, et qu’il donne l’impression de l’absence d’un sentiment d’urgence à certains égards.

Il est recommandé de remercier l’État partie pour ce rapport et de l’inviter à préparer un rapport plus détaillé pour la réunion du Comité en 2004, accompagné d’une documentation complète. Le 24 avril 2003, le Directeur de l’Institut national de la culture a informé le Centre qu’il avait signé un accord avec le ministère du Tourisme et la municipalité de Machu Picchu pour l’exécution de certaines activités : la construction d’une Place de l’artisanat, l’amélioration de l’accès pour les véhicules, des systèmes de communication, de diffusion, d’informations culturelles et de sécurité, et un complexe pour les activités sportives, culturelles et récréatives.

Le Secrétariat note que le rapport du gouvernement du Pérou fournit fort peu d’informations sur les actions concrètes et les réalisations de l’année 2002. Aucune information n’est fournie sur la mise en œuvre du plan opérationnel 2002 de l’unité de gestion ou le statut des travaux d’infrastructure d’Aguas Calientes. Le fait que Programa Machu Picchu, vaste projet d’échange de dette avec le gouvernement de Finlande, s’est achevé en décembre 2002 et que les fonds restants ont été retirés à Machu Picchu ne figure pas dans le rapport. Au lieu de cela, le rapport présente des déclarations très générales et fait fréquemment référence à des actions prévues ou programmées pour être réalisées en 2003. Il semble que le seul progrès concret ait été réalisé dans la gestion de la Piste inca, qui inclut Aguas Calientes.

Toutefois, le rapport du 24 avril 2003 ne précise pas si les travaux sont réalisés dans le contexte du plan du village, et de l’étude et de la gestion des risques de glissements de terrain. Le rapport n’apporte pas de preuve convaincante que l’état de conservation et la gestion du site aient été améliorés de manière significative par comparaison avec la situation abordée dans les rapports de mission de 1999 et 2002. Conformément à la lettre du Président envoyée aux autorités du Pérou en mai 2002, le Comité devrait envisager sérieusement d’inscrire Machu Picchu sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7B.30

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Rappelant que le Comité a exprimé depuis 1996 son inquiétude grave quant aux dispositions de gestion et de planification du sanctuaire historique de Machu Picchu,

2. Rappelant que des missions réactives de surveillance ont été entreprises en 1997, 1999 et 2002 et que les recommandations de ces missions ont été approuvées par le Comité et transmises au gouvernement du Pérou pour étude et mise en œuvre,

3. Rappelant également qu'en mai 2001, mesure exceptionnelle, le Président du Comité a adressé des lettres d'inquiétude aux ministres des Affaires étrangères, de l'Agriculture et de l'Education pour inciter le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour la mise en œuvre des recommandations des missions et pour alerter les ministres sur le fait qu'en l'absence de telles mesures, le Comité serait obligé d'envisager l'inscription de Machu Picchu sur la Liste du patrimoine mondial en péril, 

4. Reconnaissant que des progrès ont été effectués sur des questions spécifiques telles que la préparation et l'adoption d'un plan maître, la création d'une unité de gestion, la gestion de la Piste inca et la planification du village d'Aguas Calientes,

5. Notant toutefois que l'information soumise par le gouvernement du Pérou ne démontre pas de manière convaincante que l'état de conservation et la gestion du bien aient été améliorés de manière significative par comparaison avec la situation signalée dans les rapports de mission de 1999 et 2002,

6. Exhorte une fois de plus le gouvernement du Pérou à prendre les mesures nécessaires pour la mise en œuvre des recommandations des missions de 1999 et 2002 et à fournir, d'ici dix semaines, un rapport sur ces mesures ainsi que des informations détaillées sur:

(a) le calendrier pour la révision du plan maître,

(b) l'organisation et les fonctions de régulation de l'unité de gestion,

(c) l'évaluation des options en matière de transports,

(d) les études liées à la capacité de charge de la Piste inca de Ciudadela,

(e) le développement d'un plan d'utilisation publique,

(f) la mise en œuvre de mesures de planification urbaine et de contrôle pour Aguas Calientes,

(g) la mise en œuvre d'études géologiques et le développement d'une étude sur l'impact des cars sur les glissements de terrain,

(h) la possibilité de développer en coopération avec l'UNESCO une étude de faisabilité afin d'établir une institution internationale permanente pour la protection du bien.

7. Demande que l'UICN et l'ICOMOS évaluent les rapports concernant le bien, y compris sur les activités entreprises concernant Machu Picchu soumis par l'Etat partie le 3 juillet 2003, rapport établissant si les valeurs universelles exceptionnelles du bien ont été maintenues, évaluer les menaces sur le bien et ce qu'à entrepris l'Etat partie pour atténuer ces menaces et que ce rapport soit soumis avant le 1 février 2004 au Centre du patrimoine mondial ;

8. Décide d'examiner l'état de conservation du sanctuaire historique de Machu Picchu lors de sa 28e session en 2004.