1.         Site maya de Copán (Honduras) (C 129)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/129/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1999)
Montant total approuvé : 226 513 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/129/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2003 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ; 2005 : mission de suivi réactif ICOMOS. 2011: mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Construction prévue d'un aéroport à proximité du bien du patrimoine mondial et dans un lieu de protection nationale;

b) Détérioration des matériaux de construction provoquée par un phénomène naturel de désagrégation ;

c) Risque d'effondrement de la structure des bâtiments archéologiques provoqué par le creusement de tunnels à des fins archéologiques ;

d) Dégradation du bien résultant de visites non contrôlées et d'un excès de visiteurs à certains moments précis ;

e) Difficultés d’ordre juridique en matière de propriété foncière au sein du bien et de sa zone tampon et difficultés dans la délimitation du bien et de sa zone tampon.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/129/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 1 février 2012, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien. Du 21 au 26 novembre 2011, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été organisée afin d'évaluer l'état de conservation du bien. Le rapport de mission est consultable en ligne à l'adresse suivante: http://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM/documents

a) Construction d'un aéroport à Rio Amarillo

La mission a passé en revue tout l'historique du projet d'aéroport depuis 2003 et a remarqué que malgré la décision de l'État partie de construire l'aéroport à Concepción, le coût de construction d'une route reliant le site à Copán s'est avéré prohibitif. La mission a examiné les nouvelles études d'impact de l'aéroport de Rio Amarillo faites suite à la mission de 2005. La mission estime que ces rapports démontrent qu'il n'y aura pas d'impact direct sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, bien que le projet ait une influence sur le cadre naturel et culturel du bien inscrit et que ce cadre, lui-même protégé par une loi nationale, soit l'un des éléments porteurs de la signification du bien. Afin de minimiser l'impact de l'aéroport sur le paysage et de pleinement comprendre la relation entre le bien et son environnement, la mission a envisagé qu'une étude archéologique détaillée soit faite, et si nécessaire des fouilles de sauvegarde entreprises, sur le site du projet d'aéroport.

Par ailleurs, la mission a estimé que la construction devrait être aussi limitée que possible avec des pistes d'une longueur maximum de 1.200 mètres afin que le principal site archéologique de Piedras Negras n'en subisse pas les conséquences. Il est en outre nécessaire de prévoir les effets globaux indirects de ce projet pour le bien, en particulier l'augmentation du nombre de visiteurs, les limitations au développement touristique et la stricte application des règlementations. Tous ces éléments devraient être envisagés dans le cadre d'une stratégie de gestion et planification territoriale cohérente qui devrait avoir une portée clairement régionale.

b) Limites du bien et zone tampon

Une carte modifiée et une zone tampon sont quelques uns des éléments présentés dans le rapport sur l'état de conservation. Ces deux sujets seront évalués dans le cadre du processus d'inventaire rétrospectif de l'exercice de soumission de rapport périodique pour l'Amérique latine et les Caraïbes et lors des évaluations de 2013 des modifications mineures de limites des biens. Le plan de gestion stipule que les mesures réglementaires, définies en 1982 et adoptées en 1998, devront être mises à jour et harmonisées avec les nouvelles lois de planification territoriale et que les réglementations établies en 1997 devront être mises à jour afin d'inclure toutes les zones qui font partie du secteur déclaré "Monument national".

L'État partie précise que l'application des mesures actuelles est un défi qui a été relevé en acquérant des terrains privés. Ce processus d'acquisition a cependant été interrompu en 2009. Aucun matériel cartographique nouveau ou complémentaire n'a été soumis à l'évaluation de la mission mais celle-ci a pris note de la nécessité de préciser le zonage dans le cadre de la mise à jour du plan de gestion. La mission a également souligné le besoin de travailler plus étroitement avec le gouvernement local afin de garantir la protection du bien, au vu des pressions existantes exercées par l'aménagement urbain et le besoin de poursuivre l'acquisition de terrains dans la zone tampon envisagée afin d'atténuer les impacts des modifications d'affectation des terrains. La mission a recommandé qu'un système de suivi soit mis en place afin de cartographier les modifications d'usage des terrains et afin que ces données soient intégrées aux processus de prise de décision et à l'application des mesures règlementaires et de protection. La mission a par ailleurs recommandé qu'une étude de faisabilité soit menée sur le projet de transfert du trafic principal à l'extérieur du territoire du bien par l'autoroute CA-11.

c) Plan de gestion

L'État partie rapporte que le plan de gestion, datant de 2005, est actuellement en cours de révision et sera mis à jour dans le cadre d'une procédure participative. Les plans de gestion des risques et d'utilisation publique seront révisés et rendus plus explicits dans la nouvelle version dont l'achèvement est attendu pour février 2013. Le projet de plan d'utilisation publique qui devait être prêt en septembre 2011, grâce au financement de la Banque interaméricaine de développement (BID) (Inter-American Development Bank - IDB), n'a pas été développé. Une nouvelle phase de développement a débuté, avec l'aide de l'Université Complutense de Madrid (Espagne), afin de rendre son élaboration compatible avec la mise à jour du plan de gestion.

La mission a relevé que des problèmes de gestion n'étaient toujours pas résolus ou ne l'étaient que partiellement en raison de la situation politique et financière du pays. La mission a également noté qu'aucune précision n'a été donnée quant à la manière dont le plan d'utilisation publique et le plan de gestion des risques s'intègreront au sein du plan général de gestion. Aucune précision n'a par ailleurs été donnée sur les modalités de mise à jour de ce plan de gestion. La mission a souligné le besoin de coordination des différents outils de planification du bien avec ceux utilisés aux niveaux local et régional. Elle a également pris note de la nécessité d'une définition de la capacité d'accueil du bien, donnée à utiliser en tant que base d'élaboration du plan d'utilisation publique.

d) Programme de conservation des tunnels et orientations de conservation pour le bien

Un projet, financé par la BID, a été mis en place à Copán afin de consolider les surfaces extérieures des sections de l'Acropole et de certaines parties effondrées des tunnels. Le rapport d'intervention est inclus au rapport. La mission a remarqué que l'état général de conservation du bien est bon et a mis en évidence les problèmes qui doivent faire l'objet d'une attention particulière. Parmi ceux-ci, il y a la nécessité de centraliser les données recueillies dans le cadre du contrôle de divers projets afin d'être utilisées dans la prise de décisions de gestion. Il est également utile de définir les critères d'un possible transfert des sculptures vers le musée et d'une couverture par des abris de protection des sculptures restant sur le site. En ce qui concerne les tunnels, la mission précise qu'il n'y a actuellement aucun suivi officiel ou consigné en cours, ce qui représenté une menace potentielle de contamination biologique, en effet il y a des infiltrations d'eau susceptibles d'endommager les surfaces en stuc et d'avoir des conséquences sur la stabilité des tunnels. La mission a également précisé qu'à ce jour, les interventions ont été convenablement menées. La mission estime qu'un plan d'action général de conservation et d'entretien des tunnels doit être élaboré.

e) Abri de protection pour l'escalier hiéroglyphique et laboratoire de conservation des sculptures

Un court rapport préliminaire sur le prototype d'escalier installé sur la structure 9B-83 à Las Sepulturas est inclus. Un test d'une durée d'un an est prévu afin d'évaluer sa fonctionnalité et de mener un suivi environnemental d'évaluation de sa convenance et de son efficacité en tant qu'alternative à l'abri actuel. La mission a estimé qu'il serait nécessaire de débattre non seulement de l'efficacité du projet mais aussi de la façon dont les panneaux seront fixés sur le bâtiment pré-hispanique, en tenant compte du nombre de perforations nécessaires et du potentiel de grave dommage au bâtiment en cas de vents forts. En ce qui concerne le laboratoire, l'État partie déclare qu'il sera situé dans le bâtiment du musée, dans une actuelle zone de stockage. La mission a vérifié qu'aucune construction nouvelle n'a été entreprise dans ce but.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives prennent note des conclusions de la mission, à savoir, que la construction d'un aéroport à Rio Amarillo n'aurait pas d'impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils prennent également note de la recommandation de la mission selon laquelle la construction de l'aéroport devrait être menée avec des contraintes claires et précises afin de pas avoir de conséquences négatives sur les richesses archéologiques du secteur concerné qui font partie du paysage naturel et culturel du bien, lequel est protégé par une lois nationale.

Bien que l'état de conservation général du bien ait été jugé satisfaisant, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives remarquent qu'un certain nombre de problèmes sont irrésolus depuis plusieurs années, y compris la mise à jour du plan de gestion, assorti de dispositions pour la gestion des risques et l'utilisation publique définies sur la base d'études actualisées, l'élaboration d'une stratégie de conservation globale des tunnels et la mise à jour des dispositions réglementaires pour la zone tampon afin de garantir la protection du bien face à la pression croissante exercée par l'aménagement urbain. 

Décision adoptée: 36 COM 7B.100

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.126, adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Prend note qu’en l’absence d’impact direct prévu de la construction de l’aéroport de Rio Amarillo sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, et demande à l’État partie, au cas où la décision était prise d’entreprendre la construction, d’actualiser l’évaluation d’impact environnemental et d’entreprendre une évaluation d’impact patrimonial afin d’identifier des mesures d’atténuation ;

4.   Prend acte des informations remises par l’État partie sur la mise en place de mesures de conservation du bien et réitère sa demande afin que soit élaborée pleinement une stratégie de conservation des tunnels et que soient définies des orientations de conservation pour les interventions sur le territoire du bien ;

5.   Demande également à l’État partie de finaliser la mise à jour du plan de gestion du bien, y compris des dispositions relatives à la gestion des risques et à l’utilisation publique sur la base d’une étude de la capacité d’accueil du bien, et une fois ces documents finalisés, de remettre trois exemplaires, imprimés et électroniques, du projet de plan de gestion modifié pour examen par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives ;

6.   Demande en outre à l’État partie d’actualiser, d’approuver et de faire appliquer les mesures réglementaires destinées à la gestion des différentes zones inscrites au plan et de travailler en collaboration avec le Gouvernement local afin de garantir la protection du bien contre les pressions exercées par l’aménagement urbain ;

7.   Prie instamment l’État partie d’intégrer la version actualisée du plan de gestion au sein des instruments de planification locale et régionale afin de développer une planification territoriale cohérente et une stratégie de gestion du bien intégrant une vision régionale ;

8.   Demande par ailleurs à l’État partie de remettre, conformément au paragraphe 172 des Orientations, les résultats de l’évaluation du prototype d’abri de protection de l’escalier hiéroglyphique ainsi que les spécificités techniques du projet final, pour examen avant son installation ;

9.   Demande enfin à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre des points ci-dessus évoqués, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013.