Le 1 février 2012, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien. Du 21 au 26 novembre 2011, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été organisée afin d'évaluer l'état de conservation du bien. Le rapport de mission est consultable en ligne à l'adresse suivante: http://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM/documents
a) Construction d'un aéroport à Rio Amarillo
La mission a passé en revue tout l'historique du projet d'aéroport depuis 2003 et a remarqué que malgré la décision de l'État partie de construire l'aéroport à Concepción, le coût de construction d'une route reliant le site à Copán s'est avéré prohibitif. La mission a examiné les nouvelles études d'impact de l'aéroport de Rio Amarillo faites suite à la mission de 2005. La mission estime que ces rapports démontrent qu'il n'y aura pas d'impact direct sur la valeur universelle exceptionnelle du bien, bien que le projet ait une influence sur le cadre naturel et culturel du bien inscrit et que ce cadre, lui-même protégé par une loi nationale, soit l'un des éléments porteurs de la signification du bien. Afin de minimiser l'impact de l'aéroport sur le paysage et de pleinement comprendre la relation entre le bien et son environnement, la mission a envisagé qu'une étude archéologique détaillée soit faite, et si nécessaire des fouilles de sauvegarde entreprises, sur le site du projet d'aéroport.
Par ailleurs, la mission a estimé que la construction devrait être aussi limitée que possible avec des pistes d'une longueur maximum de 1.200 mètres afin que le principal site archéologique de Piedras Negras n'en subisse pas les conséquences. Il est en outre nécessaire de prévoir les effets globaux indirects de ce projet pour le bien, en particulier l'augmentation du nombre de visiteurs, les limitations au développement touristique et la stricte application des règlementations. Tous ces éléments devraient être envisagés dans le cadre d'une stratégie de gestion et planification territoriale cohérente qui devrait avoir une portée clairement régionale.
b) Limites du bien et zone tampon
Une carte modifiée et une zone tampon sont quelques uns des éléments présentés dans le rapport sur l'état de conservation. Ces deux sujets seront évalués dans le cadre du processus d'inventaire rétrospectif de l'exercice de soumission de rapport périodique pour l'Amérique latine et les Caraïbes et lors des évaluations de 2013 des modifications mineures de limites des biens. Le plan de gestion stipule que les mesures réglementaires, définies en 1982 et adoptées en 1998, devront être mises à jour et harmonisées avec les nouvelles lois de planification territoriale et que les réglementations établies en 1997 devront être mises à jour afin d'inclure toutes les zones qui font partie du secteur déclaré "Monument national".
L'État partie précise que l'application des mesures actuelles est un défi qui a été relevé en acquérant des terrains privés. Ce processus d'acquisition a cependant été interrompu en 2009. Aucun matériel cartographique nouveau ou complémentaire n'a été soumis à l'évaluation de la mission mais celle-ci a pris note de la nécessité de préciser le zonage dans le cadre de la mise à jour du plan de gestion. La mission a également souligné le besoin de travailler plus étroitement avec le gouvernement local afin de garantir la protection du bien, au vu des pressions existantes exercées par l'aménagement urbain et le besoin de poursuivre l'acquisition de terrains dans la zone tampon envisagée afin d'atténuer les impacts des modifications d'affectation des terrains. La mission a recommandé qu'un système de suivi soit mis en place afin de cartographier les modifications d'usage des terrains et afin que ces données soient intégrées aux processus de prise de décision et à l'application des mesures règlementaires et de protection. La mission a par ailleurs recommandé qu'une étude de faisabilité soit menée sur le projet de transfert du trafic principal à l'extérieur du territoire du bien par l'autoroute CA-11.
c) Plan de gestion
L'État partie rapporte que le plan de gestion, datant de 2005, est actuellement en cours de révision et sera mis à jour dans le cadre d'une procédure participative. Les plans de gestion des risques et d'utilisation publique seront révisés et rendus plus explicits dans la nouvelle version dont l'achèvement est attendu pour février 2013. Le projet de plan d'utilisation publique qui devait être prêt en septembre 2011, grâce au financement de la Banque interaméricaine de développement (BID) (Inter-American Development Bank - IDB), n'a pas été développé. Une nouvelle phase de développement a débuté, avec l'aide de l'Université Complutense de Madrid (Espagne), afin de rendre son élaboration compatible avec la mise à jour du plan de gestion.
La mission a relevé que des problèmes de gestion n'étaient toujours pas résolus ou ne l'étaient que partiellement en raison de la situation politique et financière du pays. La mission a également noté qu'aucune précision n'a été donnée quant à la manière dont le plan d'utilisation publique et le plan de gestion des risques s'intègreront au sein du plan général de gestion. Aucune précision n'a par ailleurs été donnée sur les modalités de mise à jour de ce plan de gestion. La mission a souligné le besoin de coordination des différents outils de planification du bien avec ceux utilisés aux niveaux local et régional. Elle a également pris note de la nécessité d'une définition de la capacité d'accueil du bien, donnée à utiliser en tant que base d'élaboration du plan d'utilisation publique.
d) Programme de conservation des tunnels et orientations de conservation pour le bien
Un projet, financé par la BID, a été mis en place à Copán afin de consolider les surfaces extérieures des sections de l'Acropole et de certaines parties effondrées des tunnels. Le rapport d'intervention est inclus au rapport. La mission a remarqué que l'état général de conservation du bien est bon et a mis en évidence les problèmes qui doivent faire l'objet d'une attention particulière. Parmi ceux-ci, il y a la nécessité de centraliser les données recueillies dans le cadre du contrôle de divers projets afin d'être utilisées dans la prise de décisions de gestion. Il est également utile de définir les critères d'un possible transfert des sculptures vers le musée et d'une couverture par des abris de protection des sculptures restant sur le site. En ce qui concerne les tunnels, la mission précise qu'il n'y a actuellement aucun suivi officiel ou consigné en cours, ce qui représenté une menace potentielle de contamination biologique, en effet il y a des infiltrations d'eau susceptibles d'endommager les surfaces en stuc et d'avoir des conséquences sur la stabilité des tunnels. La mission a également précisé qu'à ce jour, les interventions ont été convenablement menées. La mission estime qu'un plan d'action général de conservation et d'entretien des tunnels doit être élaboré.
e) Abri de protection pour l'escalier hiéroglyphique et laboratoire de conservation des sculptures
Un court rapport préliminaire sur le prototype d'escalier installé sur la structure 9B-83 à Las Sepulturas est inclus. Un test d'une durée d'un an est prévu afin d'évaluer sa fonctionnalité et de mener un suivi environnemental d'évaluation de sa convenance et de son efficacité en tant qu'alternative à l'abri actuel. La mission a estimé qu'il serait nécessaire de débattre non seulement de l'efficacité du projet mais aussi de la façon dont les panneaux seront fixés sur le bâtiment pré-hispanique, en tenant compte du nombre de perforations nécessaires et du potentiel de grave dommage au bâtiment en cas de vents forts. En ce qui concerne le laboratoire, l'État partie déclare qu'il sera situé dans le bâtiment du musée, dans une actuelle zone de stockage. La mission a vérifié qu'aucune construction nouvelle n'a été entreprise dans ce but.