Le 31 janvier 2012, l'État partie a remis un rapport sur l'état de conservation du bien de 1.500 pages. Le 10 février 2012, quatre pages ont été ajoutées au rapport. Des informations supplémentaires ont également été remises sur les conclusions d'une réunion de coordination qui s'est tenue le 28 janvier 2012 et le 19 avril 2012 sur le premier rapport du comité consultatif d'experts.
a) Pont de la Corne d'Or
L'État partie déclare dans le rapport qu'en réponse à la demande du Comité « d'envisager tous les moyens possibles pour atténuer les impacts du pont de la Corne d'Or», un comité consultatif d'experts indépendants a été créé par la municipalité métropolitaine d'Istanbul. Ce comité est composé de quatre experts internationaux qui avaient déjà travaillé sur le projet de pont, de consultants seniors locaux et internationaux et de représentants de la Direction des sites naturels et culturels d'Istanbul. Le rapport de l’Etat partie précise que les travaux menés par les experts seront régulièrement partagées avec le Comité du patrimoine mondial et les acteurs et partenaires locaux tout au long de la construction du pont par la municipalité métropolitaine d'Istanbul.
L’Etat partie indique également que le projet de pont pour le métro traversant la Corne d'Or a été réexaminé selon les « révisions présentées dans le rapport des experts indépendants en 2011 et que les travaux de mise en œuvre ont été menés dans ce cadre ». Le rapport précise ainsi que les travaux progressent selon les plans présentés au Comité à sa dernière session et qu'aucune modification n'a été faite. Dix-sept piles sont en cours de construction. Des actions de sauvetage archéologique ont été menées sur les murailles génoises et les rivages concernés par le projet.
Des représentants du Centre du patrimoine mondial et de l'ICOMOS ont été conviés et ont accepté de participer à une réunion du comité consultatif le 28 janvier 2012. Cependant, le 27 janvier, ils ont été informés du report de cette réunion. Le 25 avril 2012, une réunion entre les représentants du Centre du patrimoine mondial, l'ICOMOS, et les membres du comité consultatif d'experts a eu lieu au Centre du patrimoine mondial. Elle a été également assistée par des représentants de la municipalité métropolitaine d'Istanbul et de la Délégation permanente.
Lors de cette réunion, les membres du comité consultatif d'experts ont indiqué que, comme les travaux sur les piles du pont étaient en cours, et, comme 85% des éléments de structure du pont avait été déjà construit, d'autres changements structurels du pont n’étaient pas possibles au delà de ceux rapportés au Comité à sa dernière session (la réduction de la hauteur des pylônes de 88m à 53m ou 63m – à être décidé en fonction du matériel utilisé pour la partie supérieure des pylônes à partir des câbles jusqu’en haut ; réduction de la largeur des câbles de 24mm à 17mm et de la longueur de la station de métro de 180m à 90m)
Ils considèrent donc que les seules mesures d'atténuation possibles sont liées à la couleur et à l'éclairage, à une réduction de la pollution sonore et au projet d’aménagement paysager à chaque bout du pont. Il a été convenu que ces mesures pourraient être discutées lors d'une nouvelle réunion à la fin du mois de mai 2012 à Istanbul.
Les experts ont également noté que la hauteur considérable du tablier du pont, qui est à l’origine des piles très hautes, a été une conséquence de la hauteur des tunnels de métro qui ont été fixés bien à l'avance des discussions sur le projet du pont.
b) Rénovation urbaine
Les conclusions d'un rapport rédigé par la Commission sur l'aménagement urbain et le développement de l'habitat de la municipalité métropolitaine d'Istanbul sur le thème du développement de l'habitat susceptible d'avoir un impact sur la silhouette d'Istanbul ont été approuvées en octobre 2011. Sur la base d' "analyses des perspectives visuelles", le rapport préconise l'élaboration d'un schéma directeur de silhouette pour tous les secteurs de la ville dont l'aménagement est susceptible d'avoir un impact sur sa silhouette. Ce schéma définira la silhouette de la ville et les mesures nécessaires à son respect. Dans l'entretemps, la commission a demandé que soient mises en place des mesures visant à limiter la hauteur des bâtiments.
Le rapport principal présente les éléments très détaillés des projets de zones de rénovation dans toute la ville, les éléments soumis sont d'une telle précision qu'il s'avère difficile de les évaluer sur la base d'un rapport écrit.
c) Tunnel de chemin de fer de Marmara
Des fouilles préventives de sauvetage ont été menées aux stations de métro d'Aksaray et de Yenikapi. Des empreintes du néolithique, des épaves de bateaux, des sols en mosaïque, des chapelles, en tout 1.300 références, ont été relevés. Une révision de certains aspects du projet s'est avérée nécessaire afin de sauvegarder certains éléments archéologiques in situ.
d) Projet de tunnel sous le Bosphore pour le passage de véhicules motorisés
Concernant ce projet, l'État partie a soumis, dans les annexes 3 et 4, le rapport final de l'évaluation d'impact environnemental et social ainsi que le rapport du processus consultatif. Ces rapports complets sont actuellement en cours d'examen par l'ICOMOS.
e) Plan de gestion
Le plan de gestion a été révisé afin de tenir compte de la décision du Comité. Le plan révisé a été approuvé en octobre 2011 par le conseil de supervision et de coordination du patrimoine mondial et a été soumis aux autorités municipales concernées qui l'ont approuvé. Le plan a également été soumis à l'ICOMOS pour leur évaluation.
Le rapport de l'État partie précise que le plan a été élaboré par des partenaires et acteurs très divers, à savoir des gouvernements locaux et centraux, des universités, des organisations non gouvernementales et des habitants, tous réunis afin d'élaborer une vision pour le bien. Le plan de gestion couvre la péninsule historique d'Istanbul dans son ensemble car il n'a pas été jugé approprié de considérer les zones de la péninsule situées à l'extérieur du territoire des quatre zones inscrites comme zone tampon mais plutôt en tant que sites de valeur de plein droit. Aucune différenciation n'est donc faite entre les zones inscrites et le cadre plus vaste de la péninsule historique, bien que les plans d'action et les projets qui s'y rattachent ne concernent que les quatre sites inscrits.
Le plan dresse un portrait précis de la péninsule historique en présentant, à la fois, des données sur de récentes problématiques de planification, sur les projets, sur les terrains, sur la sensibilité sismique, etc. Le plan révisé est très ambitieux et souhaite aborder les questions structurelles auxquels la péninsule historique doit faire face, considérées en tant que base de la conservation du patrimoine culturel. Le plan reconnait les faiblesses actuelles inhérentes à la compréhension du bien, à l'absence de politiques, de stratégies et d'approches coordonnées, et à la nécessité de renforcer les capacités. Le plan vise à harmoniser les approches législatives et touristiques ainsi que celles concernant les transports, la conservation et la rénovation urbaine sur le territoire concerné.
Les autorités ont l'intention de réviser le plan tous les ans dans un esprit de coopération et de partage des connaissances et de l'expérience. En ce qui concerne le premier exercice de révision annuelle, l'ICOMOS a suggéré que soient pris en considération les sujets suivants: mettre l'accent sur les liens entre les quatre zones du bien en série afin qu'ils ne forment plus qu'un seul bien ; présenter les attributs qui sont les vecteurs de la valeur universelle exceptionnelle globale des quatre sites, définir les liens entre les quatre sites et quatre zones de la péninsule historique afin de comprendre dans quelle mesure les secteurs avoisinants contribuent à la valeur universelle exceptionnelle et au cadre du bien inscrit ; accroitre la connaissance du patrimoine culturel, et en particulier de la valeur universelle exceptionnelle et de ses attributs ; structurer les menaces liées au développement urbain, préciser et coordonner les politiques de gestion ; mieux définir les projets afin de les rendre mieux réalisables ; amplifier les processus d'interpénétration entre le plan de gestion et d'autres plans tels que les plans de conservation et de rénovation.
f) Travaux de conservation
Le plan de conservation de la péninsule historique a été adopté en 2011 par les conseils en charge de la conservation et par la municipalité métropolitaine d'Istanbul. Il s'agit d'une carte, à l'échelle de 1/5000e, qui identifie les zones de conservation et leur statut. Les quatre zones du bien sont classées "zone de conservation de premier degré". Les travaux proposés dans les quatre zones sont détaillés dans le rapport. Il s'agit de travaux de conservation, de retrait de bâtiments non classés ou illégaux, de réduction de la taille des rues afin qu'elles retrouvent leur dimensions d'origine et de contraintes en termes d'aménagement urbain. Le rapport détaille également avec beaucoup de précisions les actions de sensibilisation et de conservation. Il s'agit, entre autres, de la création en 2011 d'un Centre de recherche et de mise en pratique de la péninsule historique par l'Université technique d'Yildiz, de la sensibilisation du public et de la formation des communautés aux valeurs de la péninsule historique, de l'organisation de modules de formation sur la conservation et la restauration des pierres pour les diplômés des lycées techniques et professionnels de l'architecture et pour les diplômés de l'enseignement technique supérieur, du lancement en septembre 2011 d'un programme de formation sur "la formation à la conservation du patrimoine culturel, du musée aux maisons", avec l'aide du Ministère du développement et de l'Agence d'Istanbul pour le développement, et enfin, de la publication régulière d'un magazine gratuit sur les actions de conservation et de restauration entreprises.