1.         Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya (Kenya) (N 800bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/800/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2000-2000)
Montant total approuvé : 25 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/800/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

janvier 2003: mission de suivi conjointe UNESCO/UICN 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/800/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Centre du patrimoine mondial :

A sa 25e session en décembre 2001 à Helsinki, le Comité du patrimoine mondial a demandé à l’Etat partie d’inviter une mission de suivi conjointe UNESCO/UICN sur le site. Cette mission s’est déroulée du 13 au 17 janvier 2003. Son objectif premier était de faire le point sur l’état de conservation du Parc national/Forêt naturelle du mont Kenya. Le deuxième objectif était de proposer de nouveaux aménagements sur le site et de créer un réseau entre les sites montagneux du patrimoine mondial de l’Afrique de l’Est, grâce à la contribution d’un fonds en dépôt italien visant à établir un « réseau africain pour la conservation de la biodiversité et le développement durable des sites montagneux du patrimoine mondial ».

La mission a fait les observations suivantes:

·  Un exemplaire des « Conclusions préliminaires concernant les modifications notées dans l’état de conservation des forêts du mont Kenya entre 2000 et 2002 », datées de décembre 2002, a été remis à l’équipe de la mission. Cette étude a été effectuée par le PNUE, Kenya Wildlife Service (KWS), le groupe de travail sur les forêts kenyanes et le Durrell Institute for Conservation and Ecology de l’Université du Kent. Les images satellite qu’il présente font apparaître une reconstitution importante de la couverture végétale sur le site. Par rapport à 1999, le rapport montre que l’abattage illicite du bois d’ouvrage, notamment du camphrier (réduction de 94 %), du cèdre (réduction de 73 %) et d’autres espèces indigènes (réduction de 92 %), a considérablement diminué, de même que le nombre de fours à charbon de bois existants (recul de 62 %) et les champs de marijuana (réduction de 81 %) ;

·  L’Etat partie a considérablement modifié la gestion du mont Kenya depuis 1999. En juillet 2000, la réserve forestière a été déclarée officiellement Réserve nationale en vertu de la Loi relative à la faune et à la flore sauvages et placée sous la responsabilité de KWS. Ce statut ne lui a pas été officiellement retiré, ce qui a engendré une certaine confusion et un désaccord entre Kenya Wildlife Service (KWS) et le Département des Forêts à propos de la responsabilité de sa gestion. Cette question n’était toujours pas réglée au moment de la mission. Deux semaines avant la mission, un nouveau gouvernement avait en effet été mis en place et avait transféré au ministère de l’Environnement les responsabilités jusque-là confiées à KWS ;

·  KWS et le Département des Forêts sont en train de préparer une nouvelle esquisse de plan de gestion 2002-2007 pour le site. La mission a appris que les populations locales n’avaient pas été suffisamment consultées pour la préparation de cette esquisse qui, par ailleurs, n’a pas été mise à disposition pendant la mission ;

·  En 1999, KWS a mené en coopération avec le PNUE une étude aérienne sur l’état de destruction des réserves forestières du mont Kenya, d’Imenti et de Ngare Ndare. Si la majeure partie des dégâts touche des zones extérieures au site du patrimoine mondial, l’étude a néanmoins fait apparaître l’existence de menaces critiques pour l’ensemble de l’écosystème. Après l’octroi officiel du statut de Réserve nationale, KWS a pris des mesures pour empêcher les activités illicites et arrêter les contrevenants. Une étude aérienne de suivi effectuée en 2002 sur un échantillon, d’autres actions de surveillance ainsi que des vols d’observation par la mission ont confirmé que la situation s’était nettement améliorée. Mais il reste encore deux menaces sérieuses : le production du charbon de bois est encore très répandu à la lisière de la forêt (à l’extérieur du site du patrimoine mondial) ; la culture de la marijuana, bien qu’en net recul, est toujours pratiquée dans quelques endroits au cœur de la forêt de bambous, dans l’enceinte du site du patrimoine mondial ;

·  Plusieurs clôtures électriques ont été posées, certaines sont en cours d’installation ou sont prévues pour protéger les villages et les zones cultivées contre les éléphants. Tout en encourageant un usage judicieux des clôtures pour atténuer les conflits, la mission a insisté sur le fait qu’il est important de ménager des couloirs de migration afin d’éviter l’isolement génétique de la population d’éléphants du Mont Kenya ;

·  La pauvreté et la démographie galopante des populations rurales accentuent la pression sur les forêts du Mont Kenya.

La mission a pris connaissance avec satisfaction des nombreuses activités engagées par des donateurs, des ONG et des organisations locales sur le Mont Kenya et dans les environs, ainsi que le rôle de coordination et de chef de fil joué par le forum de donateurs/partenaires présidé par le PNUD. Plusieurs projets d’intérêt local ont bénéficié de subventions dans le cadre de COMPACT (gestion communautaire de la conservation des zones protégées), une initiative conjointe du FEM et de la Fondation des Nations Unies qui a affecté 750 000 dollars au site du Parc national/Forêt naturelle du Mont Kenya.

Le développement rural des bassins hydrographiques situés au sud et à l’est de la montagne bénéficiera de 24 millions de dollars du projet FIDA (Fonds international de développement agricole). Le Mont Kenya a également reçu le soutien de plusieurs autres organismes : l’Agence allemande de développement pour les questions agricoles, l’Ambassade suisse pour les questions d’eau et la Fondation Ford devraient en particulier s’unir prochainement pour la mise en valeur des sites culturels. L’Union européenne et le PNUD ont apporté leur appui à des actions de conservation de la biodiversité et le Fonds du patrimoine mondial à la préparation d’un plan de gestion du site.

Le secteur privé apporte lui aussi une aide, notamment le Mount Kenya Bill Woodley Trust pour clôturer certaines zones et pour divers autres projets, et la Willian Holden Wildlife Foundation pour la conservation de la faune et de la flore sauvages, ainsi que pour les questions d’énergie. Des entreprises, comme Kenya Airways, apportent leur soutien en faisant de la publicité pour le site dans les médias, tandis que les chaînes hôtelières Alliance et Serena soutiennent des activités de reboisement.

 Le 8 avril 2003, la Fondation des Nations Unies (UNF) a informé le Centre qu’elle avait engagé des discussions avec le programme de petites subventions du PNUD/FEM sur un projet de réintroduction du bongo des montagnes sur le Mont Kenya, auquel elle apportera 100 000 dollars prélevés sur ses propres ressources et 200 000 dollars de fonds de contrepartie qu’elle se chargera de mobiliser. Cette voie est loin d’avoir été totalement explorée car il existe un potentiel pour poursuivre et renforcer ces initiatives, et enfin encourager le développement d’un tourisme raisonné. La mission a déterminé les besoins en termes de réseau et de développement et a expliqué quelle aide un réseau entre les sites montagneux du patrimoine mondial de l’Afrique de l’Est pourrait apporter.

UICN

La mission de suivi a été assurée par le Centre et l’UICN qui en ont rédigé conjointement le rapport et les conclusions. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7B.4

Le Comité du patrimoine mondial [1],

1. Notant les résultats du rapport de la mission conjointe UNESCO/UICN sur le site et le nombre de mesures concrètes prises par l'Etat partie pour améliorer la gestion du bien et la protection de sa valeur de patrimoine mondial,  

2. Félicite l'Etat partie pour les initiatives positives prises à ce jour en faveur de la conservation du site, en particulier pour la lutte contre l'exploitation forestière illicite, les fours à charbon de bois et la culture de la marijuana ;

3. Prie l'Etat partie de clarifier le partage des compétences sur la zone de plantation entre le Kenya Wildlife Service (KWS) et le Ministère des Forêts et de confirmer que cette zone sera gérée soit par le Ministère des Forêts, soit en étroite coopération avec lui ;

4. Prie également l'Etat partie de finaliser le Plan de gestion du Parc national du Mont Kenya ;

5. Encourage en outre vivement l'Etat partie à redoubler d'efforts pour assurer l'intégrité et la valeur du bien. Ces devraient comporter :

(a) l'importance de préserver les principaux corridors de migration pour éviter l'isolement génétique de la population d'éléphants du Mont Kenya,

(b) le renforcement de la surveillance et de la lutte contre les infractions pour supprimer les activités illicites autour du site dans une perspective de conservation à long terme,

(c) poursuivre le travail sur le plan de la gestion et lancer une nouvelle campagne de consultations afin de produire un plan de gestion pour guider efficacement la conservation à long terme du bien;

6. Prend acte du soutien financier fourni au bien par le forum de donateurs/partenaires du Mont Kenya présidé par le Programme de développement des Nations Unies (PNUD), le programme conjoint Global Environment Facility (GEF) et le United Nations Foundation Community Management of Protected Areas Conservation (COMPACT), par la Fondation des Nations Unies UNF) et le Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA), et salue la contribution du gouvernement italien à travers la création d'un fonds en dépôts avec l'UNESCO ;.

7. Demande à l'Etat partie de soumettre avant le 1er février 2004 un rapport sur la mise en œuvre des recommandations de la mission conjointe UNESCO/UICN, qui sera examiné par la 28e session en 2004 ;

8. Encourage l'Etat partie à organiser une nouvelle campagne de consultation des populations locales dans le but de produire un plan de gestion et guider efficacement la conservation à long terme du site.

[2] Décision adoptée sans discussion