1.         Tipasa (Algérie) (C 193)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1982

Critères  (iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    2002-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1989-2001)
Montant total approuvé : 75 900 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Juillet 1989: mission d'un expert de l'UNESCO;  Décembre 1989: mission UNESCO; mars-avril 1990: mission d'expert; octobre 1992: missn d'expert; février 2002: mission d'experts du Centre du patrimoine mondial ;  septembre 2002: mission du Centre du patrimoine mondial 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/193/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Centre du patrimoine mondial :

Lors d’une mission en Algérie en septembre 2002, le Centre a effectué une mission à Tipasa et passé en revue avec les autorités locales l’état de conservation du site, conformément aux recommandations présentées dans le rapport de la précédente mission du Centre, en février 2002. Une réunion a également été organisée avec la Ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, à Alger, où la mission a eu l’occasion de clarifier les implications de l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril et de sensibiliser la Ministre à l’importance d’une action rapide pour remédier à la situation. La mission a confirmé les observations faites en février 2002, c’est-à-dire le non-respect des zones non aedificandi à l’intérieur de la zone tampon, la présence de plus de 100 familles installées illégalement dans le périmètre du site, l’utilisation de ciment dans les travaux de conservation, l’absence d’entretien et la pollution causée par les eaux usées qui traversent le site près de l’ancien port punique. Concernant la protection juridique du site, les deux instruments juridiques en vigueur – le Plan d’utilisation des sols et le Plan de développement urbain – exercent une pression sur le site car ils ne tiennent pas compte de la protection spéciale qu’exige cette zone archéologique fragile, ni de ses limites réelles. Un Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du site archéologique, instauré par la Ministère de la Culture, s’est révélé encore inapplicable dans le cadre juridique actuel avant la finalisation des arrêtés concernant la loi sur les antiquités nationales adoptée en 1998. Face à ces menaces, il est clairement apparu que les services du Ministère de la Culture étaient encore inadaptées en termes de ressources humaines et financières. La mission du Centre a rédigé un rapport qui énumérait, pour étude par les autorités algériennes, ce qu’elle considérait comme les actions les plus urgentes à entreprendre. A savoir :

·  La délimitation immédiate du périmètre officiel du site du patrimoine mondial et de sa zone tampon, à partir des études archéologiques existantes, et la publication d’un Décret officiel temporaire gelant toute construction à l’intérieur de ces limites ;

·  L’établissement d’un plan, incluant un calendrier, visant à réinstaller les 100 familles vivant actuellement sur le site à l’extérieur des limites du bien, en consultation avec elles et les autorités locales ;

·  Le renforcement des ressources humaines et financières de l’Inspection locale, en lui assurant peut-être un budget annuel d’exploitation (mis à part les frais de personnel et de fonctionnement) équivalent à 50 000 dollars E.U.;

·  La réparation des toitures des réserves, actuellement en mauvais état, où sont entreposés des objets importants ;

·  Des mesures urgentes de conservation préventive pour les mosaïques et autres constructions exposées, ainsi qu’un contrôle plus efficace des visiteurs ;

·  La Loi de 1998 et l’élaboration et la mise en œuvre rapides du PSMV, en consultation avec le Centre, pour remplacer les instruments urbains actuels.

 

A moyen terme, la mission du Centre a recommandé d’élaborer un Plan de gestion conforme aux orientations fournies dans les rapports techniques rédigés par les consultants du Centre en 2002. Ce plan comprendrait un mécanisme efficace pour instaurer le dialogue entre les parties prenantes, la réinstallation des familles vivant actuellement à l’intérieur du site du patrimoine mondial, et la prise en compte de la protection du paysage. En outre, par lettre datée du 29 mars 2003, les autorités ont informé le Centre que les décrets concernant l’application de la loi de 1998 sur les Antiquités pour les sites archéologiques avaient été rédigés et seraient bientôt officiellement adoptés. Dans cette lettre, les autorités algériennes ont également approuvé la proposition du Centre d’utiliser le solde de l’assistance internationale approuvée en 2001 pour organiser un séminaire de formation sur la gestion des sites archéologiques.

 

L’ICOMOS :

L’ICOMOS soutient sans réserve toutes les recommandations faites par la mission du Centre et engage vivement l’Etat partie à les appliquer sans délai.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7A.17

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant pris note des informations fournies par le Centre à l'issue de sa mission sur le site,

2. Encourage instamment le gouvernement de l'Algérie à prendre les mesures nécessaires pour une application rapide des recommandations présentées dans le rapport du Centre, et notamment :

(a) La délimitation immédiate du périmètre officiel du bien du patrimoine mondial et de sa zone tampon, à partir des études archéologiques existantes, et la publication d'un Décret temporaire gelant toutes les constructions à l'intérieur de ces limites ;

(b) L'établissement d'un plan, incluant un calendrier, visant à réinstaller les 100 familles qui vivent actuellement sur le bien à l'extérieur des limites du bien, en consultation avec elles et les autorités locales 

(c) Le renforcement des ressources humaines et financières de l'Inspection locale, en lui assurant peut-être un budget annuel d'exploitation (mis à part les frais de personnel et de fonctionnement) équivalent à 50 000 dollars E.U. ;

(d) La réparation des toitures des réserves, actuellement en mauvais état, où sont entreposés des objets importants ;

(e) Des mesures urgentes de conservation préventive pour les mosaïques et autres structures non protégées, ainsi qu'un contrôle plus efficace des visiteurs ;

(f) L'adoption des arrêtés relatifs à la loi de 1998 sur les Antiquités nationales et l'élaboration et la mise en œuvre rapides du plan de sauvegarde et d'interprétation du bien pour remplacer les instruments urbains actuels ;

(g) L'établissement, dans le cadre mentionné ci-dessus, d'un Plan de gestion pour le bien, également en consultation avec le Centre ;

3. Remercie l'Etat partie de la rédaction de nouveaux arrêtés concernant l'application de la loi de 1998 sur les Antiquités ;

4. Demande à l'Etat partie de présenter un rapport sur l'avancement réalisé concernant les recommandations ci-dessus au Centre du patrimoine mondial, avant le 1er février 2004, pour étude par le Comité à sa 28e session, en 2004 ;

5. Décide de maintenir le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 27 COM 8B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-03/27.COM/7A),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :