Le 28 février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien, demandé par le Comité du patrimoine mondial à sa 35e session (UNESCO, 2011).
a) Questions de limites
L’État partie indique que depuis 2005, un travail systématique sur l’inventaire rétrospectif du bien a été entrepris par les autorités. Un groupe de travail national a été constitué en 2010 par le Comité sur le contrôle public, l’utilisation et la protection des sites culturels importants de Saint-Pétersbourg (KGIOP), avec pour objectif d’apporter des précisions sur les éléments constitutifs de ce bien en série et ses limites. L’État partie a également transmis dans son rapport les conclusions et résultats du Forum international d’experts sur les questions de limites, tenu à Saint-Pétersbourg en mai 2011, au cours duquel a été créé un groupe international d’experts à composition non limitée. Ce groupe va élaborer un inventaire et préciser les limites du bien en se fondant sur le rapport préparé par le groupe de travail national et « l’Atlas » des éléments du bien du patrimoine mondial établi par le KGIOP.
b) Cadre juridique
La loi fédérale sur « Le patrimoine culturel des peuples de la Fédération de Russie » est applicable à certaines constructions précises à l’intérieur du bien.
Le plan directeur de Saint-Pétersbourg, approuvé en 2005, a adopté des aires de protection des sites du patrimoine culturel conformément au mode de zonage établi. Ces aires incluent des monuments historiques, une ligne de toits, des panoramas et des perspectives. Les paramètres de construction et de reconstruction sont réglementés dans tout le bien et dans la zone tampon proposée. En 2009, à partir du plan directeur, des règles d’utilisation et d’aménagement du territoire ont été adoptées, y compris un zonage du territoire et une réglementation d’urbanisme qui empêchent toute nouvelle construction dans les aires protégées, excepté pour la régénération du paysage historique.
L’État partie souligne que la reconnaissance du bien en tant qu’ensemble de grands monuments ne serait pas possible sans amendements à la législation fédérale. À cet égard, depuis 2011, les autorités municipales étudient avec la Douma les moyens de renforcer la protection juridique du bien du patrimoine mondial.
c) Révision du projet du « Centre Okhta »
Le gouvernement de Saint-Pétersbourg, par leur décret du 8 décembre 2010, ont invalidé leur décision antérieure du 22 septembre 2009 qui accordait l’autorisation d’une modification des paramètres des limites de construction du « Centre Okhta ». Le projet de construction d’une tour de grande hauteur dans le « Centre Okhta » a été annulé. Le projet architectural révisé n’a pas encore été officiellement soumis aux autorités. En septembre 2011, l’investisseur, la société par actions « Gazprom », a demandé aux autorités de soumettre au Centre du patrimoine mondial, conformément au paragraphe 172 des Orientations, une demande officielled’information concernant les règles internationales de droit et de procédure de l’approbation d’un nouveau projet : le Centre public et d’affaires Lakhta. En réponse à une lettre du Centre du patrimoine mondial du 25 octobre 2011, l’État partie a soumis dans son rapport une note explicative rédigée par l’investisseur, précisant la situation exacte du nouvel emplacement et fournissant des informations sur le nouveau projet du « Centre Lakhta ».
La nouvelle construction est prévue dans le quartier Primorskiy de Saint-Pétersbourg, dans les faubourgs de la ville, à une dizaine de km de son centre historique. Selon l’État partie, le terrain concerné par le projet n’a pas été classé zone d’importance historique et culturelle, est situé à l’extérieur des zones de protection du patrimoine culturel, et n’est pas à l’intérieur des limites des aires protégées du bien du patrimoine mondial ou de leurs zones tampons. L’Université d’Hydrométéorologie d’État de Russie a mené une évaluation spéciale des caractéristiques climatiques du district Primorskiy qui a conclu que le temps nuageux qui prévaut à Saint-Pétersbourg 237 à 256 jours par an rend difficile l’observation totale de bâtiments très hauts et ne permet d’en voir que les 100 à 200 mètres inférieurs.
Le concept du projet inclut la construction d’un gratte-ciel de bureaux (le même projet développé pour la tour du « Centre Okhta » est utilisé pour le « Centre Lakhta ») et centre de recherche, centre sportif, yacht-club, parc pour enfants axé sur la carrière professionnelle, hôtel, salles d’exposition, commerces et installations de loisirs. La Cour fédérale du district de Kalinin qui dépend de Saint-Pétersbourg, puis la Cour municipale de Saint-Pétersbourg, ont reconnu la légitimité de l’autorisation de l’investisseur car cela n’affectera pas la perception visuelle des panoramas protégés. En juin 2011, des audiences publiques sur le Centre d’affaires Lakhta se sont tenues dans le district Primorskiy.
d) Déclaration de valeur universelle exceptionnelle
Un projet révisé de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle a été soumis au Centre du patrimoine mondial, conformément à la demande du Comité du patrimoine mondial.
e) Gestion du bien
La supervision du statut du bien est menée par le KGIOP et le Département d’État de Protection, préservation et utilisation des biens du patrimoine culturel du Comité pour la Culture du Gouvernement de la région de Leningrad, dans les limites de leur autorité. Il est difficilement possible de coordonner les actions des entités juridiques de la Fédération de Russie car chacune de ces entités constituantes, en vertu de la législation russe en vigueur, mène des activités économiques sur son territoire selon ses propres plans financiers et des plans directeurs indépendants pour l’aménagement de son territoire.
f) État de conservation
Le gouvernement de Saint-Pétersbourg a donné la priorité à la préservation du centre historique et cela l’emporte sur la notion de compromis et de soi-disant équilibre rationnel entre préservation et développement. La mise au point d’un programme à long terme de conservation et de restauration du centre historique de Saint-Pétersbourg (2012-2018) a commencé avec pour objectif une réhabilitation complète de l’environnement historique prenant en compte les intérêts sociaux et intérêts des investisseurs privés.
g) Engagement communautaire
Le rapport indique que le Gouverneur de Saint-Pétersbourg a engagé un dialogue avec le mouvement public de protection de la ville, par le biais du Comité de protection des sites culturels importants. Des représentants d’organisations et mouvements sociaux sont membres du Conseil pour la conservation du patrimoine culturel du Gouvernement de Saint-Pétersbourg.