1.         Parc national de l'Ichkeul (Tunisie) (N 8)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1996-2006

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2002)
Montant total approuvé : 140 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

janvier 1997: mission RAMSAR; mars 2000: mission conjointe UICN / RAMSAR;  juin 2003: mission de l'UICN  

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Centre du patrimoine mondial :

Des représentants de l’UICN et de la Station biologique de la Tour du Valat (Centre de recherche privé pour la conservation des zones humides méditerranéennes, France) ont effectué une visite en Tunisie du 17 au 23 juin 2002. Leur mission : préparer un cadre institutionnel et un plan de travail pour l’assistance de l’UICN à l’Etat partie, au titre de la subvention de 50.000 dollars E.U. d’assistance d’urgence approuvée par le Président du Comité du patrimoine mondial le 9 avril 2002. Lors de cette mission, l’UICN a accepté de fournir un appui technique à l’Etat partie et d’organiser un atelier pour lancer le processus de développement durable et de conservation du bassin versant et du lac Ichkeul, et établir un programme à approuver d’un commun accord pour le suivi des résultats du plan de réhabilitation de l’écosystème du lac Ichkeul.

La mission a réuni des informations sur les actions suivantes menées par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) :

·  Réhabilitation et mécanisation des vannes de l’écluse de Tindja (à achever au milieu de 2003) ;

·  Création de stations de suivi hydrologique et météorologique dans les principaux cours d’eau affluents et dans le lac (terminé) ;

·  Confirmation du soutien du FEM pour un projet sexennal de 2,2 millions de dollars E.U. pour aider à l’élaboration d’un plan de gestion participative et pour actualiser le modèle hydrologique (commencé au premier semestre 2002) ;

·  Etudes bathymétriques / topographiques du canal de Tindja et des marais de Joumine / Melah pour aider aux lâchers d’eau (à commencer au second semestre 2002) ;

·  Etablissement d’un programme de suivi bio-physique (en cours).

 

La mission a également été informée de la construction de trois barrages supplémentaires sur le bassin versant de l’Ichkeul. L’un des objectifs de ces barrages est de stocker l’eau d’une année sur l’autre pour la relâcher dans l’Ichkeul les années de sécheresse ; cela reste cependant à expérimenter avec le modèle hydrologique.

Selon la décision du Comité 26 COM 21(a) 6 prise à Budapest, Hongrie, en juin 2002, l’atelier de lancement du programme de réhabilitation s’est tenu les 28 et 29 janvier 2003. L’UICN a travaillé en étroite collaboration avec le coordonnateur de MedWet (Convention de Ramsar), la Station de recherche de la Tour du Valat et l’Institut français de recherche pour le développement (IRD) pour présenter des recommandations à l’atelier sur l’établissement d’indicateurs, de repères et d’un calendrier pour le processus de suivi scientifique et l’élaboration d’un plan de gestion. Principales conclusions de l’atelier :

·  Confirmation de la nécessité d’une structure de gestion renforcée pour le Parc. Le rapport de l’atelier indique qu’à l’occasion de la mise en œuvre du projet du FEM, il faudrait créer une structure de gestion autonome et permanente qui prenne en compte les spécificités de l’Ichkeul et la durabilité de ses valeurs, et qui ait un pouvoir décisionnel ;

·  L’atelier a recommandé que les autorités tunisiennes garantissent le lâcher de 80 à 20 millions de mètres cubes d’eau par an depuis les barrages situés en amont. Lors de la séance de clôture de l’atelier, les responsables de la gestion des ressources hydrauliques tunisiennes ont fait savoir qu’elles avaient récemment décidé de considérer le Parc national de l’Ichkeul comme un « consommateur » d’eau à qui il fallait fournir des quantités régulières d’eau. C’est une décision significative qui montre que l’Etat partie s’engage à rendre les ressources en eau disponibles pour maintenir l’intégrité écologique du Parc et assurer la préservation effective du site ;

·  L’élaboration d’une stratégie locale d’Action 21 assurant l’intégration nécessaire de la gestion du Parc national de l’Ichkeul dans les processus régionaux écologiques et socioéconomiques est prévue. Cette stratégie reconnaîtra et soutiendra le rôle de l’Ichkeul comme une des forces motrices du développement régional. La création d’un « Comité 21 » pour poursuivre ce processus a été recommandée par l’atelier ;

·  L’exposé pendant l’atelier du Chef du Projet pendant l’atelier FEM/Banque mondiale pour préparer un plan de gestion, incluait des indicateurs pour le suivi des performances du projet. Certains des indicateurs pourraient être adaptés pour inclusion dans le programme de suivi permettant de mesurer la réhabilitation du Parc national de l’Ichkeul. Deux types d’indicateurs ont été envisagés : scientifiques et techniques. Les indicateurs scientifiques incluent l’établissement d’une population de Potamogeton, plante importante dont se nourrissent les oiseaux migrateurs ; et augmentation de 50 % de la couverture de Sirpaies. Les indicateurs techniques incluent : 100 % du personnel permanent du Parc ont reçu une formation de recyclage ; les communautés locales sont de plus en plus sensibilisées aux problèmes de gestion de l’eau – le pourcentage de base passant de 25 % à 70 % en cinq ans 

·  50 % des communautés locales sont formées sur des sujets associés à la gestion du Parc, etc.

 

L’UICN considère que les résultats de l’atelier et l’engagement de l’Etat partie d’établir un programme de suivi pour la réhabilitation du lac Ichkeul sont louables. Heureusement, l’hiver 2002-2003 a été particulièrement humide, ce qui a permis au lac de se remplir et de lessiver le sel accumulé par quatre années de sécheresse récente. Le nombre d’oiseaux migrateurs qui reviennent vers l’Ichkeul a aussi sensiblement augmenté par rapport aux années de faible pluviosité. L’UICN signale que la restauration du site à long terme dépend cependant des ressources hydrauliques – avec des lâchers de barrages de 80 à 120 millions de mètres cubes par an. On attend donc la décision du Secrétaire d’Etat aux Ressources hydrauliques confirmant que l’Etat partie s’engage à ce lâcher annuel s’il s’avère nécessaire à l’avenir.

 

L’UICN :

Les nouvelles informations ci-dessus ont été fournies après accord entre l’UICN et le Centre du patrimoine mondial.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7A.8

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Félicite l'Etat partie d'avoir organisé avec succès l'atelier tenu en janvier 2003, d'établir des indicateurs et des repères afin de suivre la restauration du bien et de faire preuve d'un ferme engagement en faveur de la réhabilitation du Parc national de l'Ichkeul ;

2. Engage vivement l'Etat partie à écrire au Président du Comité du patrimoine mondial pour confirmer qu'il allait considérer le Parc national de l'Ichkeul comme un « consommateur » d'eau et s'engageait à un apport d'eau annuel moyen de 80 à 120 millions de mètres cubes provenant des barrages en amont, par des lâchers ou des déversements, comme il est demandé au point 2 des recommandations de l'atelier, et pour indiquer la date prévue pour l'achèvement des infrastructures nécessaires de barrages et de canaux pour permettre de tels lâchers lorsque cela sera nécessaire ;

3. Invite l'Etat partie à créer une structure de gestion autonome et permanente, qui prenne en considération les spécificités de l'Ichkeul et la durabilité de ses valeurs, et qui soit dotée des pouvoirs appropriés de prise de décision, et un « Comité 21 » chargé d'élaborer un Agenda 21 local comme il est demandé dans les Recommandations ;

4. Recommande que l'UICN et le Centre du patrimoine mondial coopèrent avec le Secrétariat de la Convention de Ramsar et d'autres partenaires pour assurer une mise en œuvre opportune et effective du Projet FEM/Banque mondiale et préparer un plan de gestion participative du Parc ;

5. Engage vivement l'Etat partie à poursuivre la mise en œuvre du programme de restauration du lac Ichkeul, et à coopérer avec l'UICN, le Centre du patrimoine mondial et le Secrétariat de la Convention de Ramsar pour en étudier annuellement l'avancement ;

6. Demande à l'Etat partie de présenter au Centre du patrimoine mondial et à l'UICN, avant le 1er février 2004, un rapport sur les résultats de la réhabilitation du Parc national de l'Ichkeul, en faisant clairement ressortir les améliorations scientifiques et techniques mises en place, ainsi que les menaces et les contraintes qui freinent une réhabilitation effective du lac Ichkeul, en se fondant sur les repères et indicateurs établis lors de l'atelier susmentionné ;

7. Demande au Centre et à l'UICN d'étudier ces rapports et d'informer éventuellement le Comité des principales réalisations ou difficultés rencontrées dans la réhabilitation effective de l'Ichkeul ;

8. Décide de maintenir le Parc national de l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 27 COM 8B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-03/27.COM/7A),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :