1.         Parc national des Virunga (République démocratique du Congo) (N 63)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vii)(viii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1994-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2000)
Montant total approuvé : 238 560 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

avril 1996: mission Centre du patrimoine mondial / UICN / WWF;  novembre-décembre 2001: mission du Centre du patrimoine mondial 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/63/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

Depuis la session du Comité de juin 2002, la situation politique en RDC s’est constamment et rapidement modifiée. Un accord de paix a été signé en juillet 2002, entraînant la retraite de la plupart des troupes étrangères en octobre 2002. En avril 2003, la nouvelle constitution a été approuvée et un accord a été atteint sur l’intégration de mouvements rebelles dans le nouveau gouvernement. La création d’un gouvernement d’unité nationale est prévue pour les mois à venir. Malheureusement, l’avancement au niveau politique n’a pas été suivi d’une plus grande stabilité. Après la retraite des troupes étrangères, les combats et ripostes entre les différentes factions rebelles de RDC ont beaucoup augmenté, en particulier dans les régions de l’Est du pays où sont situés quatre des cinq sites du patrimoine mondial. La reprise des combats entre les factions rebelles a notamment affecté la Réserve de faune à okapis et le Parc national du Kahuzi-Biega.

 

Les affrontements entre groupes rebelles pour le contrôle de la région de l’Ituri ont eu de graves incidences sur la Réserve de faune à okapis. En novembre 2002, le site a été particulièrement visé par les mouvements de la ligne de front du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie-National (RCD-N) venu de l’Ouest, et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Mouvement de Libération (RCD-ML) venu de l’Est. La station d’élevage d’okapis à Epulu a été pillée et occupée par des militaires et les gardes ont été désarmés. Une réunion a été organisée à Beni le 6 décembre 2002 avec des responsables du RCD-ML. Le coordonnateur adjoint du projet UNESCO/RDC/ FNU et des représentants d’ONG de protection de la nature travaillant sur le site y participaient. Des responsables du RCD-ML ont reconnu l’importance de la protection du site, ont accepté de coopérer avec le personnel de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et ont rendu une partie de l’équipement réquisitionné.

 

A l’occasion d’une autre mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), un accord négocié de cessez-le-feu a été signé le 30 décembre 2002 entre les trois factions du MLC, RCD-N et RCD-Kisangani-ML : le MLC et le RCD-N ont accepté de retirer leurs troupes à 20 km de la ville de Mombasa, à un endroit malheureusement situé à l’intérieur de la Réserve de faune à okapis. Cela fait peser des menaces sur les activités de conservation et pourrait entraîner une augmentation du braconnage. Le Centre a écrit à la MONUC et aux chefs des mouvements rebelles concernés le 14 janvier 2003, en leur demandant que les troupes ne se retirent pas dans la partie centrale de la Réserve, mais plutôt à Mungbere, vers le Nord, et Niania, vers l’Ouest. Le Centre a demandé à la MONUC de faciliter la libre circulation du personnel de la Réserve, le réarmement des gardes et la reprise des patrouilles de lutte contre le braconnage, et de disposer du rapport de la MONUC sur les questions évoquées ci-dessus, pour en présenter les conclusions à la 27e session du Comité. Aucun rapport n’a été reçu à ce jour. Des informations récentes provenant du site indiquent que les troupes du MLC et du RCD-N stationnent toujours dans la Réserve et que le braconnage des éléphants et autres activités de chasse illégales sévissent à grande échelle.

 

A la suite de la retraite de l’armée rwandaise au début d’octobre 2002, des combats ont éclaté dans le secteur de haute altitude du Parc national de Kahuzi-Biega entre le Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Goma (RCD-Goma) et les milices Mai-Mai. Ce secteur de haute altitude ne couvre que 10 % de la surface du Parc et est la seule partie normalement contrôlée par le personnel de terrain de l’ICCN pendant ces dernières années où sévissait le conflit dans l’Est de la RDC. Les combats se sont produits dans un secteur essentiel pour les gorilles, où vivent 3 des familles de gorilles acclimatées. Heureusement, on n’a pas signalé de décès de gorilles dus aux affrontements. La station d’élevage du Parc a été occupée par les milices Mai-Mai, puis reconquise peu après par le RCD-Goma. Il n’y a pas eu pillage. Toutes les activités de surveillance et de localisation des gorilles ont dû être interrompues. Après des négociations entre le personnel du Parc – tenues avec l’assistance du conseiller du projet allemand de coopération technique – et les chefs des milices, il a été possible de reprendre le suivi des gorilles et les activités de surveillance dans la zone autour de la station d’élevage. La situation reste tendue entre les deux groupes militaires qui ont pris position dans différents secteurs du Parc et le personnel du Parc qui surveille l’habitat des gorilles entre les groupes armés. Des rapports récents en provenance de Bukavu indiquent un renforcement de la présence militaire du RCD-Goma dans la station d’élevage de Thsivanga et d’autres positions au voisinage immédiat du Parc. Cela pourrait indiquer de nouvelles opérations militaires en prévision, susceptibles d’avoir des conséquences désastreuses pour le secteur de haute altitude du Parc. Il faut d’urgence démilitariser ce secteur pour éviter les combats dans le périmètre du site du patrimoine mondial et faciliter le suivi et les opérations de surveillance.

 

Le secteur des basses terres, soit 90 % de la surface du Parc, n’est toujours pas contrôlé par le personnel de l’ICCN en raison des conditions actuelles de sécurité. Ce secteur a été envahi par des mineurs à la recherche de coltan (niobium-tantale) en 2000 et 2001. Compte tenu de l’importante chute des prix du coltan sur le marché international, l’extraction de ce minerai ne semble plus actuellement économiquement viable et a apparemment cessé dans la plus grande partie du Parc. Des rapports indiquent toutefois que la plupart des mineurs restent dans le Parc et se sont retournés vers l’orpaillage et la chasse professionnelle au gibier de brousse. Ce secteur est contrôlé par un grand nombre de petits groupes armés peu organisés.

 

Après l’appel du Comité à sa 26e session demandant des mesures urgentes pour lutter contre les empiétements et établissements illégaux menaçant le Parc national des Virunga, le Centre du patrimoine mondial – en étroite collaboration avec l’ICCN, le WWF et le Programme international de conservation des gorilles (PICG) – a organisé une mission pour rencontrer des représentants de haut niveau du RCD-Goma et des autorités locales, dont le gouverneur et le chef du parlement provincial, et discuter de la manière d’aborder ces problèmes. Les autorités ont souligné que les personnes réinstallées dans ce secteur étaient des ressortissants congolais de la région de Masisi qui avaient fui les massacres commis par les milices d’Interahamwe en 1996, au moment de la suppression des camps de réfugiés de Goma. Elles ont regretté l’imprécision de la formulation de la décision du Comité qui mentionne « des populations venues de l’autre côté de la frontière avec le Rwanda » ce qui laisse à penser que ce sont des ressortissants rwandais. Depuis 1996, ces gens se trouvaient dans des camps de réfugiés au Rwanda et, compte tenu de la détérioration des conditions de vie dans les camps, beaucoup veulent rentrer en RDC. En raison de l’insécurité permanente qui règne dans la région de Masisi, les autorités du RCD-Goma ont décidé de les réinstaller temporairement dans la région de Kirolirwe en attendant le retour à leur village d’origine. Elles ont souligné que ces réfugiés ne recevaient aucune assistance de la communauté internationale et ont assuré qu’elles étaient prêtes à choisir un autre lieu plus éloigné du Parc si les agences des Nations Unies leur fournissaient un soutien financier pour aider à transférer cette population ainsi que son bétail et à la réinstaller au nouvel emplacement.

Un mémorandum a été signé entre les membres de la mission et le gouverneur pour préciser les mesures suivantes :

·  Organiser une mission commune entre l’ICCN, les ONG de conservation, les autorités et les services gouvernementaux compétents pour évaluer l’état de conservation des régions de Kirolirwe et de Kibumba, déterminer le degré exact des empiètements ainsi que l’impact sur l’écosystème ;

·  Fixer un site de remplacement pour installer les réfugiés qui reviennent actuellement sur le site de Kirolirwe et transférer ces personnes sur le nouveau site le plus rapidement possible. Ce site sera choisi en coopération avec les organisations des Nations Unies à Goma qui sont chargées de l’aide humanitaire, et avec les ONG de conservation pour s’assurer que le site est en conformité avec les normes internationales ;

·  Organiser des patrouilles communes dans la région de Kibumba pour débarrasser le secteur du bétail au pacage ;

·  Rendre compte régulièrement de l’avancement réalisé sur ces différents points au Comité du patrimoine mondial par l’intermédiaire du Centre.

La mission commune a été organisée du 4 au 7 octobre 2002 par l’ICCN, le PICG et le « Projet Education Virunga » (PEVi) du WWF et un rapport détaillé a été adressé au Centre et à l’UICN. La mission a pu pour la première fois évaluer l’étendue des dommages, en particulier dans la région de Kirolirwe, dans la partie ouest du Parc. L’équipe de la mission a constaté un déboisement à grande échelle, la présence de nombreux fours pour produire du charbon en quantité industrielle, de nombreux terrains convertis en champs et en pâturages, et de nombreuses petites zones habitées où l’on a même édifié des écoles et des églises. Le déboisement et le développement des cultures ont sensiblement modifié le paysage de forêt naturelle qui est devenu un paysage ouvert dont les grands animaux comme les éléphants et les buffles ont complètement disparu. L’équipe de la mission a rencontré plusieurs personnes installées dans cette partie du Parc ; elle a constaté qu’elles sont conscientes de l’importance du Parc en tant que patrimoine mondial, mais qu’elles ne sont pas prêtes à partir tant que la sécurité n’est pas assurée dans leur ville natale. Certaines accusent la communauté internationale de condamner leur installation dans le Parc au lieu de les aider. La mission a recommandé de prendre des mesures fermes pour faire déménager les immigrants clandestins de la partie ouest du parc. Il a été recommandé de convoquer les chefs des groupes occupant actuellement le Parc à une session spéciale de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu pour débattre des problèmes liés à la gestion et à la protection du Parc, et de sanctionner les activités illégales comme il convient. A la suite de la mission, les responsables du RCD-Goma ont proposé un nouveau site pour réinstaller les réfugiés de Kirolirwe, mais le site proposé était encore trop proche du Parc et donc inacceptable. A ce jour, le problème n’est toujours pas résolu et la pression exercée sur les ressources naturelles de la région de Kirolirwe augmente avec de nouvelles arrivées quotidiennes. Des progrès ont été faits dans la région de Kibumba où les animaux d’élevage ont été retirés du Parc.

En dehors du problème de Kirolirwe, les empiétements restent un sérieux problème pour l’ensemble du Parc national des Virunga. La Zoological Society of London (ZSL) a mené une étude aérienne du Parc en avril 2003. Les résultats préliminaires font état d’une sérieuse diminution du nombre de certaines espèces de mammifères comme l’hippopotame. Dans la vallée de la Semliki, dans le secteur Nord, l’équipe chargée de l’étude n’a pu recenser que 80 spécimens. Si ces chiffres sont confirmés, cela signifie qu’il ne reste qu’un pour cent de la population initiale d’hippopotames dans ce secteur du Parc. Le Programme PEVi du WWF, financé par la Wildlife Conservation Society (WCS), le PICG et le WW-Suisse, a travaillé avec succès à des activités participatives de démarcation des limites qui ont abouti à l’établissement matériel de 46,8 km de limites du Parc et à la revendication d’environ 2500 hectares de territoire envahi appartenant au Parc, autour du Mont Tshiabirimu, de Bibirizi et de Kongo. Quatre comités locaux ont été créés pour contrôler les limites du Parc. Le Programme a réussi à la fois à assurer la sécurité dans le Parc et à améliorer les relations avec les communautés locales. Les activités seront poursuivies avec les fonds disponibles du projet congolais de protection communautaire financé par la Belgique ; on peut espérer délimiter ainsi 45 km de limites supplémentaires en 2003. Il reste cependant urgent de trouver un financement complémentaire pour développer cette activité et délimiter les 450 km qui restent. Le Centre, avec le WWF, le PICG et la ZSL ont aussi conçu un projet pilote pour expérimenter une nouvelle approche facilitant la résolution des conflits et la pacification de la partie nord du Parc national des Virunga. Ce nouveau projet pilote réunira les acteurs concernés, y compris les commissions de pacification, pour traiter les questions de gouvernance des ressources naturelles.

En août 2002, le WWF-Belgique a informé l’UICN qu’une compagnie canadienne – Heritage Oil Corporation – en accord avec le gouvernement de la RDC, espère obtenir un droit de prospection tout près du secteur nord du Parc. La compagnie a informé le WWF qu’elle n’a pas l’intention de prospecter à l’intérieur du Parc. L’UICN s’inquiète cependant d’impacts potentiels sur le site si des activités de prospection avaient lieu dans le Parc, et en particulier dans le secteur nord du site.

 

Le Parc national de la Garamba est situé à la frontière avec le Soudan et a donc été moins touché par l’instabilité politique qui règne actuellement dans l’est de la RDC. Une étude des grands mammifères effectuée en 2002 par l’International Rhino Foundation n’a pas constaté de changements notables des populations de la plupart des espèces par rapport à l’étude menée en 2000. La population endémique de rhinocéros blancs du nord reste stable et compte une trentaine de spécimens. Malgré les problèmes et les pertes de rhinocéros avérées et suspectées pendant les guerres, il y a cependant eu un bon taux de naissances. Le brûlage en mosaïque ainsi que les patrouilles de protection se sont révélées de bonnes techniques de gestion assurant le couvert et le pacage aux rhinocéros, contribuant ainsi à leur survie. L’étude menée récemment signale néanmoins une apparente diminution de la population de girafes du nord, sous-espèce unique. La pression actuelle causée par le braconnage provient de l’est du Parc et les girafes ont tendance à se concentrer aux lisières du Parc où l’habitat est plus boisé et où elles sont donc plus vulnérables.

La présence permanente des forces de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) à l’est du Parc leur permet, ainsi qu’à leurs collaborateurs locaux, d’entrer facilement dans le Parc pour braconner. Ce problème est traité à différents niveaux avec les autorités compétentes auxquelles le projet UNESCO/FNU fournit une aide utile.

 

Dans le cadre du projet UNESCO/RDC/FNU, un rapport a été récemment rédigé par la Zoological Society of Milwaukee (ZSM) sur l’état de conservation du Parc national de la Salonga. Le rapport signale que le Parc est lourdement touché par le braconnage – effectué par les populations locales et venues d’autres régions. Le nombre limité de gardes dans le Parc et l’absence de formation, d’armes et d’équipement de base ne permettent pas de lutter efficacement contre les braconniers. Les communautés qui vivent autour du Parc ont pour la plupart abandonné leurs fermes d’origine. Elles sont depuis longtemps coupées du commerce à cause de la destruction des routes et certaines braconnent pour se créer un revenu. A bien plus grande échelle, les braconniers professionnels représentent une très grave menace pour la Salonga. Les groupes organisés, bien équipés d’armes automatiques et de hors-bord, opèrent dans le secteur sud et viendraient de Mbandaka. L’amélioration des liaisons aériennes commerciales et la reprise du transport maritime sur le Congo entre Kinshasa et Mbandaka expliqueraient l’augmentation de la pression du braconnage professionnel. Les braconniers pénètrent dans le Parc par le fleuve Lokolo pendant la saison des pluies. La diversité des grands mammifères doit être particulièrement riche dans cette région car on peut observer de nombreuses espèces de singes et de petites antilopes à quelques centaines de mètres des villages situés à l’extérieur du Parc. La population locale est bien habituée aux bonobos, espèce de chimpanzés que l’on ne trouve que dans cette région. Contrairement aux communautés locales qui chassent essentiellement les espèces de singes et d’antilopes, les braconniers professionnels chassent essentiellement les éléphants. La région de Monkoto, Ikali, et Boangi est également extrêmement vulnérable.

Malgré la menace de plus en plus grave que constitue le braconnage, sur les 12 sites étudiés récemment par la ZSM, on a trouvé des traces de bonobos dans 8 sites et des traces d’éléphants dans 7 sites. Aucun endroit n’est cependant dépourvu de traces d’intrusions humaines. La surveillance accrue menée par les gardes depuis l’instauration du programme UNESCO/RDC/FNU semble avoir favorisé la présence plus fréquente d’éléphants (et peut-être de bonobos) sur certains sites. La ZSM analyse actuellement les résultats des études portant sur les grands mammifères. La WCS procède à une étude complémentaire dans le cadre du programme de la Convention CITES sur le suivi de l’abattage illégal des éléphants (MIKE).

Alors que les troupes gouvernementales contrôlent la partie nord du Parc, les combats entre le RCD-Goma et l’armée régulière ont mis environ 20 % du secteur sud de la Salonga sous le contrôle du RCD-Goma. La situation s’est stabilisée et les observateurs militaires de la MONUC ont quitté la région. Le personnel de l’ICCN qui a fui les combats a pu retourner à la station d’élevage d’Anga en mai 2002. Le projet de protection de la faune de Lukuru qui est mis en œuvre dans le secteur sud du Parc a pu fournir à la station d’Anga des moyens de communication et de l’équipement de surveillance.

Le Projet UNESCO/RDC/FNU a poursuivi son aide aux cinq sites du patrimoine mondial. Selon la demande de la dernière session du Comité, un rapport détaillé a été rédigé par le Centre, en coopération avec ses partenaires. Ce programme permet de payer le personnel de terrain de l’ICCN sur les cinq sites, les paiements étant cependant plus irréguliers pour les Parcs nationaux de la Salonga et des Virunga à cause de problèmes logistiques de transfert et de livraison des fonds. Des systèmes de contrôle d’application de la loi sont en cours d’établissement sur chacun des sites et les formateurs de gardes ont reçu eux-mêmes une formation en Afrique du Sud en 2002. Les sites reçoivent aussi une aide permanente de différents partenaires du projet pour les opérations sur le terrain. Les frais de base des opérations sur le terrain sont assurés dans le Parc national de Kahuzi-Biega par l’Agence technique allemande (GTZ), dans la Réserve de faune à okapis par Gilmann International Conservation (GIC) et la WCS et dans le Parc national de la Garamba par l’International Rhino Foundation (IRF). Dans le Parc national des Virunga, le PICG couvre les frais de fonctionnement pour les secteurs où se trouvent les gorilles. Un consortium d’ONG – comprenant le WWF, la WCS, la ZSL et le PICG – fournit 50 000 dollars E.U. pour assurer le fonctionnement des autres secteurs des Virunga mais il est clair que c’est insuffisant. Le Parc national de la Salonga – bien qu’il soit le plus vaste site avec ses 36 000 km² – ne reçoit presque pas de soutien pour son fonctionnement. Bien que les cinq sites aient besoin d’un soutien financier accru, ceux qui en ont le plus besoin pour couvrir leurs frais de fonctionnement de base sont les Parcs nationaux des Virunga et de la Salonga.

 

Lors du Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg en août 2002, une nouvelle initiative régionale de protection des forêts du bassin du Congo a été lancée par le gouvernement des Etats-Unis, auquel se sont joints 28 autres gouvernements, organisations internationales, groupes de protection de l’environnement et entreprises privées. Cette initiative devrait permettre de générer un soutien financier supplémentaire pour les aires protégées de RDC, et notamment pour les sites du patrimoine mondial. Une première réunion de coordination s’est tenue à Paris du 21 au 23 janvier 2003. La contribution américaine à cette initiative sera centrée sur onze paysages prioritaires du bassin du Congo, dont trois sites du patrimoine mondial de RDC, le Parc national de la Salonga, la Réserve de faune à okapis et le Parc national de Kahuzi-Biega.

 

En coopération avec le programme MIKE, et avec un soutien financier complémentaire des Services fédéraux belges des affaires scientifiques, techniques et culturelles (SSTC), le Centre crée actuellement une base de données pour le suivi écologique et des cartes de base pour tous les sites. Pour les Parcs nationaux des Virunga et de Kahuzi-Biega, l’établissement des cartes de base est aussi financé par l’Agence spatiale européenne pour le suivi de l’habitat des gorilles. Des projets pilotes communautaires de conservation financés par la Direction générale de la coopération au développement (Belgique) sont aussi en cours de réalisation sur les sites.

 

L’UICN :

Les nouvelles informations ci-dessus ont été fournies après accord entre l’UICN et le Centre du patrimoine mondial.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7A.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Se déclare sérieusement préoccupé des menaces permanentes de braconnage sur tous les biens, ainsi que des empiétements et de l'élevage de bétail aux Virunga,

2. Félicite les ONG internationales de conservation, le projet UNESCO/RDC/FNU et les gouvernements de l'Allemagne et de la Belgique pour leur engagement visant à aider le personnel des biens et à mobiliser les ressources financières et humaines nécessaires afin de limiter les menaces qui pèsent sur l'intégrité des cinq biens,

3. Invite le nouveau gouvernement d'unité nationale de l'Etat partie à s'engager à protéger l'intégrité des cinq biens du patrimoine mondial et à coopérer avec la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et tous les autres responsables des Nations Unies et des autorités internationales et nationales pour assurer le retrait complet de tous les groupes armés des territoires des cinq biens du patrimoine mondial ;

4. Prie instamment le nouveau gouvernement d'unité nationale de l'Etat partie de faire appel à tous les secteurs de la société, y compris les forces militaires, les communautés locales résidant près des biens du patrimoine mondial et le grand public, pour qu'ils s'engagent à soutenir le travail de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) aux niveaux national, régional et des biens, et à fournir les ressources humaines, matérielles et financières nécessaires à la conservation des cinq biens du patrimoine mondial et des ressources de la biodiversité de RDC ;  

5. Demande au nouveau gouvernement d'unité nationale de l'Etat partie de faire appliquer la législation interdisant l'exploitation minière et autres activités d'extraction des ressources à l'intérieur du périmètre des cinq biens du patrimoine mondial, et d'envisager sérieusement une évaluation d'impacs environnemental (EIE) de telles activités si elles sont prévues à l'extérieur des biens du patrimoine mondial ;

6. Renouvelle son appel en faveur d'initiatives diplomatiques urgentes et de haut niveau pour mettre fin aux empiétements et aux établissements humains qui menacent le Parc national des Virunga et pour s'assurer que toutes les autorités respectent l'importance internationale et la neutralité des biens du patrimoine mondial et aident le personnel des biens et autres responsables de la conservation à protéger effectivement ces biens ;

7. Sait gré au gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, l'Union européenne et les autres pays donateurs et organisations internationales qui ont participé au lancement du Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo, et les invite à travailler avec l'Etat partie et le Secrétariat à l'établissement d'un programme destiné à assurer l'avenir du projet UNESCO/RDC/FNU ;

8. Recommande que le Directeur général de l'UNESCO envisage, en coopération avec le gouvernement de la Belgique, l'UICN, la FNU, des ONG partenaires et d'autres Etats parties, institutions et organisations appropriées, le lancement d'une campagne internationale pour soutenir le patrimoine mondial et la protection de la biodiversité en RDC et assurer la restauration totale de la valeur de patrimoine mondial des cinq biens ;

9. Décide de maintenir les Parcs nationaux de la Garamba, de la Salonga, de Kahuzi-Biega et des Virunga, et la Réserve de faune à okapis, en RDC, sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 27 COM 8B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-03/27.COM/7A),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :