1.         Parc national du Manovo-Gounda St Floris (République centrafricaine) (N 475)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1988

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1997-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2001-2001)
Montant total approuvé : 170 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

mai 2001: mission interdisciplinaire 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/475/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2003

A sa 25e session (Helsinki, 2001), le Comité a demandé au Centre et à l’UICN de coopérer avec l’Etat partie pour trouver des sources potentielles de financement afin de mettre en œuvre des mesures urgentes de réhabilitation et des actions de conservation à long terme de ce site. Le Comité a également approuvé le déblocage de 150 000 dollars E.U. pour le plan de réhabilitation d’urgence du Parc national du Manovo-Gounda St Floris. La Division des achats d’équipement de l’UNESCO procède actuellement à l’achat d’équipement essentiel conformément au plan. Des fonds pour des activités sur le terrain ont été décentralisés et envoyés au Bureau de l’UNESCO à Yaoundé, Cameroun. Toutefois, en raison de l’agitation politique récente en RCA, toutes les livraisons d’équipement et transferts de fonds ont été suspendus.

L’Etat partie a présenté un rapport daté du 6 mars 2003 sur l’état de conservation du site et signalant plusieurs menaces importantes. Le braconnage illégal et incontrôlé, organisé de l’intérieur de la RCA aussi bien que de l’extérieur, reste un grave problème. L’Etat partie a indiqué qu’il faudrait disposer de fonds supplémentaires pour traiter ce problème en renforçant le programme de lutte contre le braconnage. Il a également souligné la nécessité d’établir un programme de suivi, de dresser un inventaire des espèces essentielles de faune sauvage et d’améliorer l’infrastructure, la gestion et les communications pour développer l’écotourisme dans le Parc, ce qui fournirait une nouvelle source de revenus à la population locale. Le rapport indique que des zones illégalement habitées ont été établies dans la partie nord-ouest du site par des populations venues du Tchad, ce qui entraîne des activités illicites de braconnage et d’abattage d’arbres pour ouvrir la région à l’agriculture. L’exploitation minière en cours le long du Manovo a des impacts négatifs sur le débit naturel et le niveau des eaux du fleuve. Les feux de brousse incontrôlés, la pêche et la transhumance illicites menacent également les valeurs naturelles de ce site. L’Etat partie a signalé que des villageois d’Akoursoulback et de Gordil participent à la pêche illégale à l’intérieur du Parc et qu’il y a de la transhumance entre le Soudan et la RCA, comme entre le Tchad et la RCA. Lors d’une réunion au Centre du patrimoine mondial, en présence du Ministre responsable des aires protégées, il a été suggéré d’organiser une mission de haut niveau avec les autorités tchadiennes et soudanaises pour discuter de la question du braconnage transfrontalier. La situation politique actuelle empêche de prévoir clairement comment assurer l’application des mesures de suivi qui pourraient être recommandées par la réunion de haut niveau proposée entre les Ministres des trois pays.

Le site reçoit une assistance du programme ECOFAC, financé par l’Union européenne. Un volet de ce programme – le « Projet de développement des zones cynégétiques villageoises » – définit des mécanismes de réglementation de la chasse dans une région de 80.000 km² qui inclut le Parc. Le rapport d’activité du projet pour la période de janvier à juin 2002 conclut que même si les zones de chasse communales peuvent sensiblement contribuer à la conservation du site, il est urgent de renforcer les activités de lutte contre le braconnage sur le site. Le rapport signale que les patrouilles confrontées aux braconniers professionnels venus des pays voisins doivent être mieux armées, et que le personnel de surveillance doit être formé aux techniques paramilitaires. L’ECOFAC mentionne aussi que le Parc ne dispose que d’une quantité limitée d’armes et de munitions et qu’une nouvelle stratégie de lutte contre le braconnage a eu des résultats encourageants car on n’a pas signalé de braconniers étrangers pendant la période couverte par le rapport. La nouvelle stratégie consiste à empêcher l’arrivée de groupes de braconniers en provenance du Tchad et du Soudan grâce à des patrouilles mixtes constituées de membres des Forces armées centrafricaines et à la participation de sociétés de chasse privées engagées dans la lutte contre le braconnage. Le rapport indique également qu’en raison du nombre limité de personnel sur le terrain, cette activité a détourné des capacités des populations locales qui veillaient auparavant à lutter contre le braconnage. Il signale également que des mineurs clandestins qui travaillaient le long du Manovo ont été forcés de quitter le Parc, mais confirme les rapports de l’Etat partie selon lesquels sur la pression accrue causée par les pêcheurs sur les cours d’eau, notamment le Gounda et le Goro.

L’UICN :

Les nouvelles informations fournies ci-dessus ont été fournies après accord entre l’UICN et le Centre du patrimoine mondial.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 27 COM 7A.1

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Se déclare de nouveau sérieusement préoccupé par l'état de conservation de ce bien et rappelle la nécessité d'une aide et d'une coopération internationales accrues, notamment entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan ;

2. Demande que l'Etat partie prenne toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à l'exploitation minière le long du fleuve Manovo afin de réduire au minimum les impacts négatifs de cette exploitation minière sur l'intégrité du Parc, et qu'il confirme par écrit le résultat des mesures prises ;

3. Recommande que l'UICN et le Centre, en coopération avec l'Etat partie, entreprennent d'urgence une mission sur le bien pour évaluer l'état de la valeur qui a justifié son inscription sur la Liste du patrimoine mondial et la mesure dans laquelle cette valeur pourrait avoir été irrémédiablement compromise par les menaces qui pèsent sur le bien, et qu'ils présentent les résultats et recommandations de cette mission au Centre du patrimoine mondial, si possible avant le 1 février 2004, pour examen par le Comité à sa 28e session, en 2004 ;

4. Demande au Centre et à l'Etat partie d'adapter le plan de réhabilitation d'urgence à la situation modifiée sur le terrain ;

5. Invite l'Etat partie  à fournir un rapport actualisé sur l'état de mise en œuvre du plan révisé avant le 1er février 2004 pour examen par la 28e session du Comité en 2004 ;

6. Décide de maintenir le Parc national du Manovo-Gounda St. Floris sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 27 COM 8B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Faisant suite à l'examen des rapports sur l'état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-03/27.COM/7A),

2. Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :