1.         Contrée naturelle et culturo-historique de Kotor (Monténégro) (C 125ter)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1979-2003

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/125/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-1982)
Montant total approuvé : 70 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/125/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

2003 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; janvier 2006 : cours de planification de gestion ; février 2008 : mission conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Dégâts provoqués par un tremblement de terre

b) Absence de plan/système de gestion

c) Cadre législatif inadéquat

d) Accélération du développement urbain et des pressions qui y sont liées

e) Projet de pont sur la Verige

f) Absence de zone tampon – demandée depuis 2003 

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/125/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Le 1er février 2012, l’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation qui répond aux demandes du Comité du patrimoine mondial à ses 32e (Québec, 2008) et 33e (Séville, 2009) sessions.

a) Pont sur la Verige et projet de rocade

Une évaluation d’impact visuel du projet de pont sur la Verige et du réseau routier afférent a été effectuée entre juin et novembre 2009, conformément aux recommandations de la mission conjointe UNESCO/ICOMOS en 2008 et à la demande du Comité du patrimoine mondial.

L’évaluation d’impact faisait partie d’un projet plus vaste d’élaboration d’un plan d’aménagement intégré pour la conservation des paysages de la baie de Boka Kotorska, par l’harmonisation des plans d’aménagement de trois communes contiguës et l’élaboration d’un plan de transport intégré. Le projet a été soutenu par l’Agence de coopération technique allemande (GTZ).

Il est ressorti de l’évaluation que le projet de pont et de routes d’accès, viaducs, stations, tunnels, etc. aurait un impact extrêmement fort et irréversible sur le paysage et que les principaux liens visuels seraient compromis. De plus, la hauteur du pont routier (53 m) limiterait l’accès des navires de grande hauteur à la baie de Kotor et l’autoroute côtière contournant les baies de Kotor et Risan, comme projet de contournement, serait trop étroite pour soulager l’augmentation de circulation de la jonction entre les deux autoroutes et les routes locales.

Les conclusions de l’évaluation d’impact recommandent d’étudier dans le détail l’option d’un tunnel traversant la baie et, si cela s’avérait impossible, des projets modifiés de pont incluant des limitations de vitesse sur la voie rapide côtière et des modifications des routes d’accès, et de mettre en place une politique de transport intégrée globale. Le gouvernementdu Monténégro a adopté les résultats de l’étude d’impact en mars 2010. Apparemment, tous les travaux sont actuellement suspendus.

Toutefois, le projet de rocade de la baie de Kotor, à propos duquel le Comité à sa 33e session a exprimé sa grande préoccupation, a déjà reçu un financement de la Banque européenne d’investissement et il semble que les travaux du projet se poursuivent.

b) Plan de gestion

Dans le cadre du projet de plan d’aménagement, un atelier d’experts a été organisé en mai 2011 pour élaborer une déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle soumise par l’État partie au Centre du patrimoine mondial le 4 février 2011. L’atelier d’experts a également révisé le plan de gestion, qui a été adopté par le gouvernement du Monténégro en décembre 2011. Ce dernier n’a pas été soumis au Centre du patrimoine mondial ni aux Organisations consultatives pour examen.

Des intentions de réforme plus étendue de la gestion institutionnelle sont constatées. Cette réforme devrait débuter après l’adoption d’une loi sur la protection de la région naturelle et culturo-historique de Kotor. Le rapport de 2011 fait état de l’intention de créer une agence en charge de la protection et de la gestion dotée de fonctions de coordination. Aucun autre détail n’est donné. Pendant ce temps, une gestion coordonnée fait toujours défaut.

c) Cadre législatif

Une nouvelle loi sur les biens culturels a été adoptée en 2010. Cette loi protège le paysage culturel en tant que patrimoine culturel, règlemente la zone tampon proposée et légitime le plan de gestion. Pour l’heure, la manière dont cela sera traduit en mesures détaillées pour protéger le bien et la zone tampon proposée n’est pas claire.

d) Zone tampon

Une zone tampon couvrant la baie de Kotor, comme recommandé par la mission de 2008, a été délimitée et soumise pour évaluation. Elle sera examinée par le Comité du patrimoine mondial au Point 8 de l’Ordre du jour (Document WHC-12/36.COM/8B).

e) Accélération du développement urbain et des pressions qui y sont liées

En l’absence de gestion coordonnée et de protection législative détaillée, le développement accru du tourisme est manifeste. Cependant, peu de détails ont été fournis par l’État partie.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les progrès accomplis en matière de protection législative et de finalisation et adoption du plan de gestion qui devrait être, selon leurs recommandations, soumis au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives. Un cadre général de gestion coordonnée pour le bien et des dispositions détaillées pour sa protection législative, comme recommandé par la dernière mission, doivent encore être élaborés.

Ils notent également la réalisation de l’évaluation d’impact visuel du pont sur la Verige et du réseau routier afférent et soutiennent la conclusion évidente que le projet de pont aurait un impact extrêmement négatif sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ils considèrent que le projet du pont devrait être formellement abandonné et des efforts faits pour poursuivre le projet de tunnel souterrain, le développement d’un service de ferries dans la baie et une amélioration du réseau routier général aux niveaux local, régional et international. Le projet de pont a mis en lumière les problèmes de fond auxquels est confronté l’ensemble du réseau de transport de la région et il reste nécessaire et urgent de développer un projet de politique de transport intégrée en liaison avec le plan d’aménagement intégré des trois municipalités limitrophes.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que le projet de rocade a reçu un financement de la Banque européenne d’investissement et que les travaux progressent peut-être déjà, même si l’évaluation d’impact réalisée reconnaît l’impact préjudiciable de la route de rocade sur les valeurs de patrimoine culturel et naturel. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent par conséquent que les travaux doivent être arrêtés et revus dans le cadre d’une stratégie de transport intégrée.

Décision adoptée: 36 COM 7B.79

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 33 COM 7B.114, adoptée à sa 33e session (Séville, 2009),

3.   Se félicite des progrès accomplis dans l’actualisation et l’adoption du plan de gestion ;

4.   Demande à l’État partie de soumettre trois exemplaires imprimés et électroniques du plan de gestion révisé, incluant des informations sur la manière dont la question de la pression touristique est traitée, au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;

5.   Prend note que l’État partie a soumis un projet de déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle pour le bien, comme demandé dans la décision 32 COM 7B.101; ainsi qu’un projet de zone tampon, comme demandé dans la décision 33 COM 7B.114 ;

6.   Prend note les progrès accomplis dans l’élaboration d’une protection législative, mais prie l’État partie d’élaborer des dispositions détaillées pour sa mise en œuvre et pour la gestion coordonnée générale du bien ;

7.   Prie également l’État partie, à la lumière de l’impact négatif sur la valeur universelle exceptionnelle identifié par l’évaluation d’impact visuel, de réexaminer l’idée d’un pont sur la Verige, d’explorer d’autres moyens de relier les baies, tel qu’un tunnel et des services de ferries améliorés, et une route de contournement dans la baie de Kotor et de trouver des solutions appropriées en consultation avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ; 

8.   Souligne la nécessité toujours actuelle de mettre en place dès que possible un plan d’aménagement du territoire intégré des trois municipalités limitrophes et une stratégie de transport régional incluant des alternatives au projet de pont sur la Verige et réseau routier afférent et à la rocade dans la baie de Kotor et encourage l’État partie à répondre à ce besoin en portant une attention particulière à la valeur universelle exceptionnelle du bien, dans le cadre des activités en cours concernant le développement du Plan spatial de la zone côtière du Monténégro ;

9.   Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points susmentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Décision adoptée: 36 COM 8B.58

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné les documents WHC-12/36.COM/8B.Add et WHC-12/36.COM/INF.8B1.Add ;

2.    Renvoie l’examen de la proposition de modification mineure des limites de la Contrée naturelle et culturo-historique de Kotor, Monténégro, à l’État partie afin de lui permettre de fournir une justification et des informations détaillées sur les variations proposées par rapport à la délimitation originale du bien de 1979 ;

3.    Approuve la zone tampon proposée pour la Contrée naturelle et culturo-historique of Kotor, Monténégro ;

4.    Recommande que l’État partie établisse dès que possible la coordination du plan de gestion avec les documents d’urbanisme municipaux de façon à inclure des contrôles applicables au développement et aux infrastructures à l’intérieur de la zone tampon. De tels contrôles du développement et des infrastructures doivent être reconnus comme étant les composants nécessaires à l’intégrité visuelle du bien, y compris les perspectives et accents visuels, les relations horizontales et verticales, les matériaux et formes de nouvelles constructions, et doivent être intégrés dans les plans individuels des municipalités afin de garantir la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien.