1.         Falaises de Bandiagara (pays dogon) (Mali) (C/N 516)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1989

Critères  (v)(vii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/516/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1988-2011)
Montant total approuvé : 98 640 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/516/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Le 22 mars 2012, un coup d’état militaire a renversé le Président de la République du Mali en raison des difficultés liées à la gestion du conflit dans le nord du pays qui opposait depuis mi janvier 2012 l’armée malienne au Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) appuyé principalement par les groupes islamistes Ansar Dine et Al Qu’aida au Maghreb Islamique (AQMI). La revendication principale des rebelles du MNLA porte sur le territoire appelé, qui couvre les trois régions nord du Mali : Tombouctou, Gao et Kidal. Ces régions ont fini par tomber entre les mains des rebelles du MNLA et des groupes islamistes le 01 avril 2012. Les populations les ont quittés massivement pour se refugier dans d’autres villes du Mali ou des pays frontaliers.

Ces régions abritent deux des quatre biens du patrimoine mondial: Tombouctou – 1988 (C ii, iv,v), bien en série comprenant trois mosquées et 16 mausolées, et le Tombeau des Askia – 2004 (C ii, iii, iv) à Gao. Les deux autres biens du patrimoine mondial, les Villes anciennes de Djenné – 1988 (C iii, iv) et les Falaises de Bandiagara (Pays dogon) – 1989 (C v, vii) sont localisés dans la région de Mopti. Face à cette situation, l’Etat partie a adressé une lettre à la Directrice générale de l’UNESCO, le 06 mai 2012, pour exprimer l’inquiétude des autorités maliennes et solliciter l’aide de l’UNESCO pour que des dispositions soient prises pour anticiper sur une éventuelle aggravation de la situation dans le futur. Ainsi, la Directrice générale a immédiatement dépêché une mission à Bamako du 18 au 20 mai, dans l’objectif de recueillir des informations détaillées sur l’état actuel de conservation des biens du patrimoine mondial et sur les dispositions que le Gouvernement du Mali entend prendre face à la situation actuelle dans le nord du pays.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/516/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Une partie du pays dogon est occupée par les groupes rebelles. Il s’agit de la localité de Douenza située à 150 Km de la ville de Sévaré-Mopti. Le patrimoine dans cette zone ressent les effets pervers de cette occupation. En effet, tout ce qui est symbole de sculpture d’art ou de décoration est systématiquement détruit. Ainsi le grand Toguna (abri pour hommes) du centre ville de Douenza a été saccagé et les piliers sculptés brûlés. Cette situation a créé un repli massif des communautés vers le sud (Bamako, Sikasso ou Ségou). La mission culturelle de Bandiagara en charge de la gestion du site ne dispose plus de moyens (les subventions de l’Etat ayant été arrêtées depuis l’éclatement de la crise) pour assurer ses missions de protection et de conservation ce qui constitue un handicap pour la préservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Résultats de la mission de l’UNESCO du 18 au 20 mai 2012

Suite à cette mission, l’Etat partie a adressé le 20 mai 2012 une lettre à la Directrice générale de l’UNESCO afin de demander au Comité du patrimoine mondial que les biens « Tombouctou » et « Tombeau des Askia » soient inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril lors de sa 36e session en 2012.

Le Centre du patrimoine mondial a encouragé le Mali à élaborer un rapport détaillé sur l'état de conservation et les priorités d’intervention sur les biens du patrimoine mondial au Mali, en particulier sur les biens de Tombouctou et du Tombeau des Askia et à solliciter une assistance technique et financière auprès de l’UNESCO et de la communauté internationale.

Le Mali s’est engagé à finaliser les documents d’adhésion au Deuxième protocole relatif à la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, afin de faire appliquer l’obligation de protection intégrale de ses biens culturels, en particulier toutes les collections scientifiques qui témoignent de l’âge d’or, spirituel et intellectuel de Tombouctou, ainsi que tous les sites et monuments de cette région.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent, qu’en raison de la situation de conflit armé dans la région nord du Mali, les conditions ne sont plus réunies pour assurer la gestion, la protection et la conservation des biens du patrimoine mondial de Tombouctou et du Tombeau des Askia. La situation est particulièrement préoccupante à Tombouctou où deux mausolées ont été endommagés ainsi que le plus grand centre de manuscrits d’Afrique de l’ouest, rendant difficile leur conservation déjà jugée fragile. Ils considèrent aussi que les conditions optimales ne sont désormais plus réunies pour assurer la préservation des ces biens et que ceux-ci sont menacés par un danger prouvé, précis et imminent, conformément au paragraphe 179 des Orientations.

Ils notent avec satisfaction la décision de l’Etat partie de demander au Comité du patrimoine mondial l’inscription des biens de Tombouctou et du Tombeau des Askia sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ils recommandent que le Comité encourage également l’Etat partie à solliciter une assistance de l’UNESCO et de la communauté internationale pour assurer la protection renforcée de l’ensemble de ses biens culturels, essentiels à la préservation culture malienne, riche et tolérante, relevant du patrimoine de l’humanité. Ils confirment la nécessité pour le Comité d’inscrire Tombouctou et le Tombeau des Askia sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ils se tiennent à la disposition de l’Etat partie pour élaborer les mesures correctives et l’état de conservation souhaité nécessaires. Enfin, ils recommandent que le Comité attire l’attention de l’Etat partie sur la nécessité de sauvegarder également tous les sites inscrits sur la Liste indicative du Mali, situés dans la région de conflit.

Décision adoptée: 36 COM 7B.106

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B.Add,

2.   Félicite l’Etat partie pour avoir immédiatement exprimé son inquiétude face à l’aggravation des menaces sur les biens du patrimoine culturel mondial, en particulier ceux de Tombouctou et du Tombeau des Askia, et pour avoir sollicité l’aide de l’UNESCO pour que des dispositions soient prises pour anticiper sur une aggravation de la situation dans le futur ;

3.   Remercie la Directrice générale de l’UNESCO d’avoir dépêché une mission au Mali pour envisager avec l’Etat partie les mesures d’urgence à prendre pour assurer la préservation des biens du patrimoine mondial du Mali et prend note du rapport sur l’état de conservation des biens du patrimoine mondial du Mali menacés par le conflit armé dans la région nord du Mali ;

4.   Exprime sa vive préoccupation sur la situation de conflit armé dans la région nord du Mali et sur l’aggravation de menaces sur les biens du patrimoine mondial, suite à la dégradation de mausolées à Tombouctou, et aux menaces qui pèsent sur la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du Tombeau des Askia ;

5.   Considère que les conditions optimales ne sont plus réunies pour assurer la préservation de la valeur universelle exceptionnelle des biens de Tombouctou et du Tombeau des Askia, et qu’ils sont menacés par un danger prouvé, précis et imminent, conformément au paragraphe 179 des Orientations ;

6.   Décide d’inscrire Tombouctou (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

7.   Décide également d’inscrire le Tombeau des Askia (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril;

8.   Demande au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS de préparer en consultation avec l’Etat partie, l’ensemble des mesures correctives, ainsi qu’un état de conservation souhaité pour le retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril, une fois que le retour à la stabilité sera effectif dans la région nord du Mali ;

9.   Lance un appel aux Etats parties frontaliers du Mali (Algérie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, Sénégal) pour qu’ils coopèrent à l’élaboration d’une stratégie conjointe de préservation des biens du patrimoine mondial du Mali et pour lutter contre le trafic illicite d’objets culturels, en particulier ceux qui sont liés à ces biens ;

10.  Lance également un appel à l’Union Africaine et à la CEDEAO afin de faire en sorte que toutes les mesures nécessaires puissent être prises pour protéger le patrimoine culturel situé dans la région nord du Mali et à la communauté internationale, afin qu’elle apporte son appui technique et financier pour assurer la protection renforcée des biens du patrimoine mondial au Mali ;

11.  Encourage l’Etat partie à solliciter une assistance financière d’urgence auprès du Fonds du patrimoine mondial, afin de mettre en œuvre les actions prioritaires identifiées lors de la mission de l’UNESCO, et demande  également au Centre du patrimoine mondial, à l’ICOMOS et à l’ICCROM de l’assister dans cette optique ;

12.  Demande en outre à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport détaillé sur l’état de conservation des biens du patrimoine mondial au Mali, et plus particulièrement sur les progrès réalisés en vue de la préservation de leur valeur universelle exceptionnelle, pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 37e session en 2013.

Décision adoptée: 36 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/8E,

2.    Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.    Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-12/36.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.    Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.    Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :