1.         Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata (Mauritanie) (C 750)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1996

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/750/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1995-2001)
Montant total approuvé : 119 632 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/750/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

février-mars 2002: mission d'experts

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/750/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

A la demande du Gouvernement mauritanien, un plan d’action intitulé « Développement urbain intégré des villes du patrimoine mondial en Mauritanie », visant la sauvegarde et développement des villes anciennes Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata, est en cours de réalisation, sous la supervision du Centre du patrimoine mondial, par une équipe multidisciplinaire d’experts dans le cadre de l'accord France-UNESCO.

Les lignes principales d’action de l’UNESCO, visant la préservation et le développement du patrimoine mondial culturel en Mauritanie et la formation des responsables locaux en matière de gestion patrimoniale, ont été présentées en mars 2002 à l’ouverture du Colloque national sur l’architecture traditionnelle mauritanienne organisé dans le cadre du Projet « Sauvegarde et Valorisation du patrimoine culturel mauritanien » (PSVPCM) en cours d'exécution et financé par la Banque mondiale.

Ce plan d’action est, désormais, l’un des projets-pilotes du Projet intersectoriel de l’UNESCO "Gestion durable de sites du patrimoine mondial visant à réduire la pauvreté", et sera présenté en mai 2002 aux autorités mauritaniennes concernées, ainsi qu’au responsable du Projet en cours d'exécution par la Banque Mondiale.

Lors de leur mission préparatoire en Mauritanie en février-mars 2002, les experts ont étudié l’état de conservation général des quatre villes anciennes ainsi que les différents projets de développement et de restauration réalisés ou en cours d’exécution dans ces villes. Le cadre technique et institutionnel a été également évalué.

Dans un contexte de dégradation préoccupant, les experts ont constaté dans chacune des quatre villes anciennes une dynamique de changement, une tendance générale à l’augmentation de l’activité, de la pression et même de la spéculation foncière, souvent lié au phénomène du tourisme. La planification de nouveaux espaces n’est pas contrôlée. La distribution de nouvelles terres se fait par la municipalité sans réflexion préalable relative aux infrastructures urbaines, à leur accessibilité ou à l’équilibre du futur tissu urbain.

Concernant les actions menées par les diverses agences coopération étrangères au niveau de chaque ville, elles semblent intervenir indépendamment les unes des autres et sans une grande implication des communautés locales dans la mise en œuvre de ces programmes. Les travaux de restauration en cours de réalisation à l’intérieur de la zone archéologique du centre historique de Ouadane, financés au titre de la coopération portugaise, se déroulent sans aucune recherche archéologique préalable, ainsi que sans aucune consigne de sécurité.

L’un des principaux problèmes du cadre institutionnel mauritanien réside dans son extrême faiblesse et dans l’absence de coordination institutionnelle fondée sur la définition des compétences des organismes. La "Fondation Nationale pour la Sauvegarde des Villes anciennes" (FNSVA), par exemple, ne dispose que de 2 cadres, y compris son directeur, d'aucun technicien formé dans la conservation et n'a aucune antenne sur les sites, éloignes des centaines de kilomètres de la capitale, Nouakchott.

Pour répondre à ce problème, un audit organisationnel et institutionnel a été lancé au titre du Projet financé par la Banque Mondiale, et est actuellement en cours.

Quant aux problèmes spécifiques de chaque ville, Ouadane et Chinguetti sont les plus affectées par le développement touristique, cette dernière étant aussi gravement menace par l'ensablement, qui oblige les habitants à abandonner les rez-de-chaussée de leurs maisons. La ville de Tichitt a subi une très grosse pluie en 1999, qui a provoque l'effondrement de plusieurs maisons. Certaines des maisons détruites sont restées en l’état, d’autres ont été rasées et de nouvelles maisons se reconstruisent sur les traces des anciennes, mais sur une conception différente. La nécessité de reconstruire en grande quantité a provoqué une demande importante de matériaux. La pierre extraite aujourd’hui se débite en grands blocs alors que la ville ancienne a été construite avec des petits blocs. De plus, cette pierre est d’une couleur différente, gris vert. A Oualata, la coopération espagnole a élaboré un programme intégral pour cette ville couvrant les différents domaines : agriculture, irrigation, et notamment, la restauration à l’intérieur du centre historique de la ville. Ces travaux se limitent à la restitution/restauration  de certaines façades des maisons anciennes les plus représentatives qui se trouvent sur les axes du futur parcours touristique. Des portes sont réinventées dans ces murs, derrière lesquels, il ne reste que des champs de ruines. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 26 COM 21B.59

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Recommande à l'Etat partie d'intégrer le plan d'action élaboré par le Centre du patrimoine mondial dans sa stratégie nationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel, ainsi que la revitalisation sociale et économique des villes et, plus précisément, dans le cadre du Projet « Sauvegarde et présentation du patrimoine culturel mauritanien » et dans le chapitre sur le « Développement urbain intégré » du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté que finance la Banque mondiale ;

2. Appelle l'Etat partie, en étroite concertation avec le Centre du patrimoine mondial et selon un mécanisme institutionnel approprié, à veiller à ce que toutes les interventions dans les quatre villes soient cordonnées et compatibles avec les valeurs universelles exceptionnelles justifiant leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial ;

3. Invite l'Etat partie à s'assurer qu'à l'issue de l'audit organisationnel et institutionnel du cadre juridique et institutionnel du secteur du patrimoine, les moyens nécessaires seront affectés au fonctionnement de la structure technique et administrative compétente en matière de conservation du patrimoine mondial et à la formation de son personnel.