1.         Parc national Wood Buffalo (Canada) (N 256)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (vii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/256/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/256/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/256/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2002

L’UICN a été informée en novembre 2001 que la CPAWS avait fait appel d’une décision du 16 octobre 2001 de la Cour fédérale du Canada autorisant la construction d’une route d’hiver traversant en plein milieu le parc national Wood Buffalo et le site du patrimoine mondial. L’action judiciaire initiale se fondait sur des inquiétudes à propos de l’impact de ce projet sur l’intégrité écologique du parc, ainsi que le précédent que cela créerait pour d’autres zones protégées du Canada. La route d’hiver proposée, de 118 km de long, devait couper le parc en deux et relier une autoroute existante (#58) à l’Ouest du parc et une route d’hiver/autoroute praticable en toute saison qui traverse déjà le parc dans le sens Nord-Sud. La CPAWS et la Mikisew Cree First Nation ont engagé chacune de leur côté des poursuites contre ce projet.

 

En ce qui concerne la procédure engagée par la Mikisew Cree First Nation, l’UICN a appris que la Cour fédérale avait rejeté le 20 décembre 2001 la décision du ministre d’autoriser la construction de la route, aux motifs qu’elle empiéterait sur les droits conventionnels de la Mikisew Cree First Nation de chasser, prendre des animaux au piège et pêcher, que les Mikisew Cree n’avaient pas été consultés comme il se doit et que le projet avait été approuvé sans connaissance suffisante de ses impacts sur l’environnement. En ce qui concerne le statut de patrimoine mondial du parc, les inquiétudes de la CPAWS concernent l’absence d’évaluation exhaustive des impacts sur l’environnement, compte tenu des effets identifiés dans le processus d’investigation des impacts sur l’environnement. Cette investigation a mis en évidence plusieurs lacunes :

 

Bison : L’étude de reconnaissance estivale effectuée dans le cadre de l’investigation aboutit à la conclusion que « les déplacements des bisons et leur répartition le long du tracé de la route doivent être étudiés plus avant pour évaluer de façon plus précise la probabilité de déplacement hors du parc le long de la route d’hiver proposée, pendant les périodes où il n’y a pas de neige. » Cela n’a pas été fait et l’incidence de la route sur les déplacements des bisons reste incertaine.

 

Caribou des bois : La population boréale de caribou des bois est classée espèce menacée par le Comité sur le statut de la faune sauvage en voie de disparition au Canada (COSEWIC) et la province de l’Alberta. Le rapport d’étude préliminaire conclut que « dans l’ensemble, on ne dispose pas de suffisamment d’informations sur les populations de caribous et l’utilisation de l’habitat aux abords de l’axe de la route pour déterminer avec précision les impacts de la construction et de la fréquentation d’une route sur cette espèce menacée. » 

 

Karst gypseux : La route traverserait une zone de karst gypseux. Des dolines et des couloirs d’effondrement ont été observés le long du tracé de la route. La reconnaissance d’été aboutit à la conclusion que « bien que l’on ait la preuve qu’il se produit actuellement un phénomène de dissolution du gypse souterrain en certains endroits de la zone karstique, on ne peut dire quel devrait être le tracé de la route pour éviter tout effondrement futur sans investigations géotechniques détaillées. »

 

La CPAWS est convaincue que le fait d’autoriser la construction d’une route à travers un vaste espace naturel pour des besoins sans rapport avec la gestion du parc aura inévitablement pour effet de fragmenter cet espace et de perturber les échanges écologiques. Si le projet aboutissait, il y aurait un risque supplémentaire de transformation possible en route praticable en toute saison, ce qui ne fera qu’amplifier les impacts écologiques. L’Etat partie a informé l’UICN le 8 février 2002 que l’injonction de la CPAWS en 2001, en même temps qu’elle dénonce les atteintes environnementales et écologiques irréparables du projet et les lacunes de l’évaluation d’impact sur l’environnement, pointe également du doigt l’absence d’analyse du trafic escompté, d’étude des transports à l’échelle régionale et d’évaluation du bien-fondé du projet ou de solutions de rechange. L’Etat partie a également informé l’UICN que le gouvernement canadien avait fait appel de la décision des Mikisew Cree. Ces deux procédures d’appel ont été engagées auprès de la Cour d’appel fédérale et seront entendues au second semestre 2002.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 26 COM 21B.4

Le Comité du patrimoine mondial,

Demande à l'Etat partie de l'informer avant le 1er février 2003 de l'évolution de la proposition de construire une route d'hiver et, en particulier, du résultat des appels auprès de la Cour fédérale qui doit rendre son jugement au second semestre 2002, pour examen par le Comité à sa 27e session en juin/juillet 2003.