1.         Ensemble du temple de la Mahabodhi à Bodhgaya (Inde) (C 1056rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2002

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1056/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1056/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Mission conjointe ICOMOS-Centre du patrimoine mondial en avril 2005 ; mission conjointe ICOMOS-ICCROM-Centre du patrimoine mondial en février 2011.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de système de gestion coordonné et intégré ;

b) Perte de caractère du paysage culturel directement associé au bien et à sa valeur universelle exceptionnelle ;

c) Absence de protection sous la législation nationale.

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1056/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Du 21 au 27 janvier 2011, une mission conjointe de suivi Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS a visité le bien, comme demandé par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 34e session (Brasilia, 2010). Le rapport de mission et ses recommandations sont disponibles en ligne à l'adresse suivante: http://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM  

Un rapport sur l'état de conservation a été remis par l'État partie le 1er février 2012. Ce rapport décrit les efforts ininterrompus entrepris afin de définir une zone tampon et d'améliorer la coopération dans le cadre de la gestion, en particulier en ce qui concerne la gestion des pèlerins et la protection du paysage. Le rapport évoque par ailleurs les demande du Comité visant à réinscrire le bien en tant que paysage culturel et à améliorer sa protection légale en l'inscrivant en tant que monument national.

a) État de conservation du bien, en particulier l'arbre de la Bodhi

L'État partie déclare que l'état de conservation général du bien est satisfaisant et que l'arbre de la Bohdi a été jugé solide et en bon état, suite au dernier rapport de l'Institut de recherche forestière de Dehradun, Inde, datant de janvier 2012. La mission de suivi Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS a également confirmé que l'état de conservation général du bien est satisfaisant et a félicité l'État partie pour les efforts entrepris mais a, dans le même temps, noté que le paysage de l'environnement du bien demeure vulnérable.

b) Zone tampon, cadre et réinscription du bien en tant que paysage culturel

Selon le rapport de l'État partie, la possible réinscription du bien en tant que paysage culturel pose des problèmes, principalement en raison de l'énorme pression exercée par le développement dans le secteur du bien tant dans les zones rurales qu'urbaines. l'État partie propose donc d'étudier la possibilité d'étendre le bien en tant que "bien en série" afin d'inclure plusieurs autres sites associés à la vie du Seigneur Bouddha.

La mission conjointe Centre du patrimoine mondial/ICCROM/ICOMOS partage les préoccupations de l'État partie quant à une éventuelle réinscription du bien en tant que paysage culturel et recommande une approche en deux temps. Dans un premier temps, l'État partie définirait une zone tampon adaptée, sur la base des limites actuelles du bien et établirait en priorité des règles de protections. Ensuite, une étude de faisabilité sur l'extension en série du bien serait menée en ayant pour but une conceptualisation de la série envisagée comme le moyen supplémentaire d'une plus grande protection du paysage.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives recommandent que le Comité du patrimoine mondial envisage cette approche mais signalent qu'une fois les limites de la nouvelle zone tampon définies, l'élaboration de règles strictes sera nécessaire et que les plans de développement régional devront être revus. Ils recommandent par ailleurs que des actions de renforcement de capacités soient organisées pour tous les partenaires et acteurs locaux afin de prendre mieux conscience des exigences en termes de gestion du patrimoine mondial et de modifier ainsi les idées fausses selon lesquelles le statut de patrimoine mondial est un obstacle au développement local.

c) Gestion du site et des visites

Le Comité pour la gestion du Temple de Bodhgaya (Bodhgaya Temple Management Committee - BTMC) est l'autorité en charge de la gestion du site et travaille en étroite collaboration, si nécessaire, avec les Études archéologiques indiennes (Archeological Survey of India - ASI). Le rapport de l'État partie signale que le principal problème de gestion est la pression exercée par les visiteurs, le nombre de pèlerins augmentant régulièrement. Un des pics de fréquentation du bien a eu lieu début 2012 avec la visite de plus de 300.000 pèlerins en seulement 15 jours à l'occasion de la fête de l'Initiation de Kalachakra.

La mission de suivi Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM de février 2011 a recommandé que l'État partie entreprenne une étude sur une année sur les modèles de pèlerinage et les comportements des visiteurs afin de mieux comprendre les pressions et ainsi élaborer de possibles stratégies d'atténuation. Suite à cette étude, une stratégie globale de gestion des pèlerins devra être élaborée.

d) Amélioration de la protection légale au niveau national

Comme il a été évoqué avec l'État partie lors de la mission de février 2011 et suite à une analyse précise des avantages et inconvénients d'une protection légale liée au statut de monument national, l'État partie a demandé que soit conservé le statut légal spécial de protection, dans le cadre la Loi sur le temple de Bodhgaya de 1949. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives estiment que la coordination actuelle par le BTMC et sa coopération avec l'ASI et le Gouvernement du Bihar sur la base de cette loi est satisfaisante. Par ailleurs, ils reconnaissent la justesse de la position selon laquelle le statut de monument national créerait des obstacles à l'usage et à la fonction du temple en tant que lieu de pèlerinage vivant. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives soutiennent donc l'approche pragmatique actuellement prônée. Ils suggèrent un renforcement des mécanismes déjà existants et un travail dans le cadre légal mis en place par le Gouvernement de l'État du Bihar afin de doter le BTMC d'un statut formalisé au sein du cadre de gestion stratégique et du plan de gestion du bien.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives félicitent l'État partie pour les efforts accomplis et pour l'état de conservation satisfaisant du bien, y compris l'arbre de la Bodhi. Ils sont d'accord avec les recommandations de la mission de février 2012 selon lesquelles le paysage de l'environnement du bien est toujours vulnérable et nécessite une protection urgente au moyen d'une stratégie équilibrée qui intègre les exigences de la conservation, du pèlerinage et du développement des communautés locales et d'une définition officielle, à titre prioritaire, d'une zone tampon adaptée pour l'environnement proche et de règles de protection appropriées pour la zone tampon envisagée.

Dans le cadre d'une stratégie à moyen terme, une extension en série du bien afin d'inclure d'autres sites en association avec la vie extraordinaire du Seigneur Bouddha pourrait être envisagée. Sur la base de la zone tampon actuelle, le plan de gestion et les plans de développement régional doivent être révisés. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives suggèrent que l'État partie prennent des mesures destinées à améliorer la coordination entre les cadres institutionnels préexistants des gouvernements nationaux et de l'état afin d'atténuer toute menace à venir liée à un développement rural ou urbain incontrôlé ou non planifié susceptible d'avoir des conséquences sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives soutiennent l'approche pragmatique actuelle du BTMC afin de conserver le statut légal particulier, dans le cadre de la Loi sur le Temple de Bodhgaya de 1949. Ils recommandent cependant à l'État partie de mener des actions de renforcement de capacités pour tous les partenaires et acteurs locaux afin d'améliorer la prise de conscience des exigences de gestion liées au statut du patrimoine mondial. Ils recommandent en outre que soient menée une étude sur les modèles de pèlerinage afin d'identifier les pressions les plus importantes et élaborer des stratégies d'atténuation.

Décision adoptée: 36 COM 7B.61

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 34 COM 7B.70, adoptée à sa 34e session (Brasilia, 2010),

3.   Reconnait les efforts accomplis par l’État partie afin de traiter les problèmes de conservation du bien et prend acte de l’approche pragmatique actuelle du Comité de gestion du temple de Bodhgaya (Bodhgaya Temple Management Committee - BTMC) afin de conserver son statut légal spécial dans le cadre de la Loi sur le Temple de Bodhgaya de 1949 ;

4.   Prend également acte des résultats de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM, souscrit à ses recommandations sur l’état satisfaisant du bien, y compris sur l’arbre sacré de la Bodhi et demande à l’État partie de :

a)  assurer de toute urgence la protection du cadre du bien et de son paysage,  tous deux vulnérables, au moyen d’une stratégie équilibrée intégrant la conservation, le pèlerinage et le développement des communautés locales,

b)  définir officiellement une zone tampon adaptée pour l’environnement immédiat du bien et une protection appropriée de son environnement plus large,

c)  élaborer, en collaboration avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations Consultatives, une approche en deux temps. Dans un premier temps, définir une zone tampon adaptée à la protection de l’environnement immédiat du bien ainsi qu’un cadre règlementaire de protection de l’environnement plus large. Dans un deuxième temps, élaborer une extension en série du bien afin d’y inclure d’autres sites en lien extraordinaire avec la vie du Seigneur Bouddha,

d)  réviser le plan de gestion et le plan de développement régional selon les limites et règlementations du projet de zone tampon, entreprendre une étude sur les modèles de pèlerinage et les comportements des visiteurs afin d’identifier les pressions les plus importantes et élaborer sur la base des conclusions de cette étude une stratégie globale de gestion des visiteurs/pèlerins,

e)  mener des actions de renforcement des capacités pour tous les partenaires et acteurs locaux afin de renforcer la prise de conscience des exigences de la gestion du patrimoine mondial ;

5.   Encourage l’État partie à soumettre la zone tampon définie en tant que « modification mineure de limites » ;

6.   Demande également à l’État partie de remettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur la mise en place des éléments ci-dessus mentionnés, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.