1.         Site archéologique de Carthage (Tunisie) (C 37)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (ii)(iii)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2001)
Montant total approuvé : 213 315 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : Campagne internationale de sauvegarde de 1973 à 1989

Missions de suivi antérieures

Janvier 2012 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial-ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/37/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

Comme suite à la décision 35 COM 7B.59, l’Etat partie a fait parvenir au Centre du patrimoine mondial un rapport sur l’état de conservation du bien daté de janvier 2012. Y est transcrit le décret-loi portant annulation des déclassements inappropriés effectués de 1992 à 2008 (décret-loi n° 2011-11 du 10 mars 2011 relatif au Parc archéologique national de Carthage-Sidi Bou Saïd). Cette politique de maîtrise foncière se poursuit par l’acquisition de terrains grâce à un financement pris sur le budget de l’Institut national du patrimoine (INP) au titre de l’année 2012.

Un important programme de restauration et de mise en valeur a été engagé par l’Etat partie sur plusieurs sites dont trois secteurs importants : l’amphithéâtre, les thermes d’Antonin et les citernes de la Maalga. Cette politique s’accompagne d’un renforcement en personnels des deux équipes qui travaillent conjointement à la conservation et à la mise en valeur du bien. Ainsi le nombre des conservateurs du patrimoine est passé de deux à dix, celui des architectes en chef de deux à quatre, tandis que le bien et le musée bénéficient chacun d’un conservateur responsable en propre.

La mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial – ICOMOS qui s’est rendue à Carthage du 24 au 28 janvier 2012, souligne, dans son rapport, deux types de dommages affectant le bien : l’agression à mobile financier et le développement des infrastructures d’une part ; la négligence des autorités responsables, d’autre part. La mission émet quatre recommandations, outre la révision du périmètre du bien. Elle souligne comme priorité absolue la révision et l’application du plan de gestion (PPMV : Plan de protection et de mise en valeur) ; l’élaboration d’un plan de présentation et d’un plan de gestion touristique ; la mise en place d’une stratégie archéologique et de conservation ; la coordination des outils et des acteurs de la gestion et de la préservation du bien. Le rapport de mission est disponible en ligne à l’adresse Internet suivante: https://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM

a) Plan de protection et de mise en valeur (PPMV)

Elaboré entre 1996 et 2003, le Plan de protection et de mise en valeur (PPMV) n’a jamais été approuvé, ni soumis au Centre du patrimoine mondial, ni appliqué. Suite aux 14 déclassements de terrains appartenant au Parc archéologique entre 1992 et 2008, dont deux de grande ampleur en 2006 et 2007, le décret-loi du 10 mars 2011 a permis le retour des parcelles dans le domaine protégé et la fixation des limites du bien au périmètre du site classé en 1985 sur le plan national. Afin d’aider à résoudre les litiges nés de ces situations antérieures, la mission conjointe de suivi réactif recommande de procéder à un regroupement des composantes du PPMV de 1998 et 2003 et de synchroniser leurs procédures avec celle du Plan d’aménagement urbain (PAU) de Carthage. Elle en recommande surtout la mise en place rapide et réelle.

b) Plan de présentation et plan de gestion touristique

Afin de donner de la cohérence à un ensemble éparpillé et peu lisible pour un non-spécialiste, la mission recommande l’élaboration d’un plan de présentation générale du bien et d’un plan touristique. L’accompagnement efficace des visiteurs permettrait de meilleures retombées économiques et une attractivité culturelle certaine.

c) Stratégie archéologique et de conservation

Les membres de la mission ayant fait le constat de l’absence de document de stratégie globale en matière de conservation et de fouilles archéologiques, recommandent son élaboration. Malgré les nombreuses interventions de restauration et de mise en valeur menées ces dernières années et soulignées dans les deux rapports de l’INP de 2011 et 2012, la mission recommande de procéder à des aménagements prioritaires sur les zones du cirque, du Borj Boukhris, du parc des villas romaines et des citernes de la Maalga.

d) Coordination des outils et des acteurs de la gestion et de la préservation du bien

Actuellement, deux organismes distincts ont la charge de la gestion et de la préservation du bien. La situation provoquant des malentendus et des chevauchements, la mission recommande la mise en place d’un mécanisme de coordination entre l’INP et l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC). Il en résultera une délimitation claire des fonctions et des attributions à intégrer dans le plan de gestion (PPMV).

e) Inventaire rétrospectif et délimitation du bien

En réponse à la décision 35 COM 7B.59 du Comité du patrimoine mondial et à des demandes antérieures, l’Etat partie a soumis le 31 janvier 2012 une carte de « clarification des limites à l’époque de l’inscription », indiquant le retour aux limites du site classé sur le plan national en 1985, qui sera examinée par le Comité du patrimoine mondial à cette session (voir document WHC-12/36 COM/8D). Précédemment, le 30 mars 2011, l’Etat partie avait soumis une demande de « modification mineure des limites » portant sur la création d’une zone tampon qui sera également examinée par le Comité du Patrimoine mondial au point 8 de l’ordre du jour (document WHC-12/36.COM/8B.Add).

La mission conjointe recommande de réviser ce périmètre et les composantes du bien afin de mieux correspondre à la réalité du site archéologique d’aujourd’hui. De même, la création d’une zone tampon devrait permettre d’assurer une protection supplémentaire au bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives soulignent les efforts de l’Etat partie, dans les circonstances actuelles, à répondre aux recommandations du Comité du patrimoine mondial. L’annulation des décrets de déclassements à l’intérieur du site archéologique de Carthage mérite d’être poursuivie par une politique de maîtrise foncière privilégiant le patrimoine face aux intérêts privés. Il convient que l’Etat partie persévère dans cette voie afin de préserver l’intégrité du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que la révision et l’adoption du PPMV doivent se concrétiser par une mise en œuvre effective. Les quatre principales recommandations de la mission conjointe de suivi réactif et la création de la zone tampon, doivent permettre à l’Etat partie de poursuivre l’action qu’il a engagée.

Décision adoptée: 36 COM 7B.59

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 35 COM 7B.59, adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.   Prend note du rapport présenté par l’Etat partie et des informations fournies sur les limites du bien ;

4.   Encourage l’Etat partie à poursuivre sa politique de maîtrise foncière des terrains dans la zone archéologique afin d’éviter les atteintes à l’intégrité du bien ;

5.   Demande à l’Etat partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de janvier 2012, notamment :

a)  la révision, l’adoption et la mise en œuvre du Plan de protection et de mise en valeur du bien,

b)  l’élaboration d’un plan de présentation et d’un plan de gestion touristique,

c)  l’élaboration d’une stratégie archéologique et de conservation,

d)  la coordination des outils de gestion et de préservation du bien et la coordination des rôles de leurs différents acteurs ;

6.   Demande également à l’Etat Partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 un rapport sur les progrès accomplis dans l’application des recommandations ci-dessus pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 38e session en 2014. 

Décision adoptée: 36 COM 8B.47

  1. Ayant examiné les documents WHC-12/36.COM/8B.Add et WHC-12/36.COM/INF.8B1.Add,
  2. Renvoie l’examen de la zone tampon proposée pour le Site archéologique de Carthage, Tunisie, à l’État partie afin de lui permettre de fournir de plus amples informations sur les critères utilisés pour définir la zone tampon, sur les réglementations et mesures existantes qui la régissent et qui permettront d’assurer la protection du bien et sur les dispositions prises pour sa gestion.

Décision adoptée: 36 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

 

  1. Ayant examiné le Document WHC-12/36.COM/8D,
  2. Rappelant la Décision 35 COM 8D, adoptée lors de sa 35e session (UNESCO, 2011),
  3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les États parties dans la clarification de la délimitation de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;
  4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription ne sont pas claires ;
  5. Prend note des clarifications des limites et des superficies de biens fournies par les États parties suivants en réponse à l’Inventaire rétrospectif, telles que présentées dans l’annexe du Document WHC-12/36.COM/8D :

6.    Demande aux États parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation demandée le plus rapidement possible et avant le 1 décembre 2012 au plus tard.