1.         Zone de conservation de Ngorongoro (République-Unie de Tanzanie) (C/N 39bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (iv)(vii)(viii)(ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1984-1989

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1979-2001)
Montant total approuvé : 235 845 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

$79,000 à ce jour, plus $275,000 pour le soutien de l'UICN en 1994 (financés par l'Allemagne)

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/39/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2001

Précédents débats :           
Vingt-troisième session du Comité – page 93 de l'Annexe VIII
Vingt-quatrième session du Bureau – paragraphe IV.41
Vingt-quatrième session du Comité – paragraphe VIII.27 / Annexe X page 117.

Questions principales : Evaluation d'impact environnemental des projets de tracé de la route d'accès.

Nouvelles informations : Le Centre a reçu une lettre, datée du 12 avril 2001, du Bureau de l’UNESCO à Dar es Salaam transmettant le plan de gestion de Ngorongoro (1996), une lettre du responsable de la conservation de Ngorongoro datée du 5 avril 2001, et un "Projet de plan de contrôle des embouteillages dans le cratère de Ngorongoro". Dans la lettre du Bureau de l’UNESCO, L'Etat partie demandait de l'aide pour entreprendre une étude d'évaluation d'impact environnemental de la pression causée par les véhicules dans le cratère de Ngorongoro et étudier les moyens de gérer le nombre de véhicules afin de garder un équilibre entre la protection de l'écosystème et le maintien du tourisme. Le nombre de touristes augmente de 7% par an dans le cratère de Ngorongoro depuis 1991 et 75 % des visiteurs utilisent des véhicules pour se rendre dans le cratère. L'Etat partie s'inquiète du nombre excessif de véhicules sur les pentes du cratère ; on a ainsi pu compter jusqu'à 140 véhicules à la fois et cette circulation automobile permanente et excessive a un effet nuisible perceptible sur l'environnement. Le rapport montre qu'il y a eu 122.791 touristes en 1999, 213.529 en 2000 et que même pendant les périodes où le nombre de visiteurs est moins important, le nombre de véhicules reste élevé (les véhicules transportent moins de passagers). Deux réunions ont eu lieu avec le Service responsable de la Zone de conservation de Ngorongoro (NCAA) sur les mesures consécutives au plan traitant du tourisme local (y compris les associations d'organisateurs d'excursions et les représentants des principaux organisateurs d'excursions et hôteliers travaillant à Ngorongoro). Des mesures ont été proposées dans le projet de plan,  notamment sur une une incitation à utiliser des véhicules de taille moyenne ; une réduction du nombre d'heures passées sur place par l'introduction d'un système de rotation ; une révision du système de fixation des prix ; une diversification des attractions à l'extérieur du cratère ; et une formation des guides et chauffeurs d'excursions.

L'UICN a reçu des rapports signalant l'avancée importante d'une espèce envahissante étrangère, le "pavot du Mexique" (Argemone mexicana, famille des Papavéracées) dans les champs de blé autour de Karatu, à l'intérieur de la Zone de conservation de Ngorongoro (NCA). Cette plante pousse aussi sur les bords des routes sur le fond du cratère de Ngorongoro ainsi que le long des routes vers Ndutu, Naabi Gate et Loliondo. Cette espèce envahissante est une menace potentielle pour l'écosystème du Serengeti dans la Zone de conservation de Ngorongoro, spécialement à l'intérieur des profondeurs du cratère. Au pire, elle pourrait s'étendre à travers les plaines couvertes de prairies, concurrencer les espèces locales et donc supprimer une partie importante de la nourriture des ongulés. Cette espèce est très toxique pour les humains et les animaux. Il est important d'éviter l'avancée de cette espèce étrangère en contrôlant soigneusement toutes les zones – spécialement les bords des routes – et en brûlant les plantes avant qu'elles ne portent de graines. On a également signalé d'autres espèces envahissantes – Gutenbergia (Erlangea) cordifolia et Bidens spp. – qui ont infesté jusqu'à un quart du fond du cratère.

L'Etat partie a fait remarquer qu'il est conscient de la situation concernant ces espèces envahissantes et qu'il a pris quelques initiatives pour éradiquer cette végétation nuisible. Il a également indiqué qu'il est prêt à accepter de l'aide pour identifier les espèces envahissantes et mettre en place un programme d'éradication. L'UICN a participé à des débats sur l'éradication de ces espèces avec divers partenaires, dont le Groupe de spécialistes de l'UICN sur les espèces envahissantes. Elle est prête à fournir une assistance technique en cas de besoin.

L'UICN reste également préoccupée de l'impact écologique du canal et des travaux routiers. Les travaux routiers réalisés en 1998 ont consisté à creuser davantage le canal et à y ajouter des embranchements. Ce canal détourne l'eau du marais de Gorigor – la plus vaste zone humide du cratère alimentée par la source de Tokitok et le ruisseau d'Oljoro Nyuki – vers le lac, ce qui a entraîné l'assèchement du tiers sud du marais. Le canal maintient le niveau de l'eau du lac à un niveau artificiellement haut et réduit la salinité naturelle du lac. L'UICN a appris que les études hydrographiques menées en 1999 et 2000 montrent que le conduit nord semble avoir détourné le déversement de l'eau de source de Ngoitokitok ; en conséquence, le volume d'eau retiré de Gorigor en 2000 a été trois fois plus important qu'en 1999. Cela signifie que ce qui restait du marais de Gorigor reste sec pendant la saison sèche, ce qui a de graves incidences sur les habitats de cette zone humide.

Action requise

Le Bureau demande à l'Etat partie d'entreprendre une étude sur l'impact des véhicules dans la Zone de conservation de Ngorongoro afin d'étudier les moyens de gérer la circulation automobile dans cette zone. De plus, le Bureau approuve les recommandations faites par l'UICN et demande à l'Etat partie un rapport détaillé sur l'état de conservation, traitant de l'étendue et de l'impact des espèces envahissantes, ainsi que des méthodes permettant leur contrôle et leur éradication, avant le 15 septembre 2001, pour communication à la vingt-cinquième session extraordinaire du Bureau.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2001

Le Centre et l’UICN ont reçu un rapport signalant une augmentation des cultures domestiques dans le cratère de Ngorongoro et dans la Zone de conservation de Ngorongoro (NCA) qui est plus étendue et dont 97 % constituent le site du patrimoine mondial. Une lettre du Centre, datée du 18 juillet 2001, a été adressée à la Délégation permanente de la République-Unie de Tanzanie à l’UNESCO demandant de vérifier la situation auprès des autorités de l’Aire de conservation de Ngorongoro et d’informer le Centre. Un double de cette lettre a été envoyé à la Société zoologique de Francfort qui a entrepris des projets dans la NCA. On a signalé des motifs de préoccupation dus à l’expansion et à ses impacts négatifs sur la faune sauvage et sur le pastoralisme masaï. Les préoccupations concernent plus particulièrement les points suivants :

·       Cultures sur des pentes très raides, de 7,5 à 12,5 degrés. Les cultures sont particulièrement intenses derrière le cratère de l’Embakai, autour d’Endulen et sur les pentes des hautes terres du Ngorongoro, entre le cratère et le Parc national du Serengeti ;

·       Pression grandissante pour une autre utilisation des sols qui a réduit une grande partie des pâturages des Masaï, ce qui fait de Ngorongoro le dernier sanctuaire avec des pâturages intacts pour les résidents masaï et les communautés pastorales normalement  installées à l’extérieur des limites de la NCAA ;

·       Augmentation régulière du nombre de résidents à Ngorongoro, essentiellement par immigration en provenance d’autres régions ;

·       Modifications des pratiques agricoles des bergers masaï, y compris une sédentarisation accrue, une intensification de la production de bétail, des modifications des habitudes alimentaires et l’introduction d’apports modernes dans le domaine du logement et de l’aménagement. 

 

En réponse au rapport mentionné ci-dessus, le responsable de la conservation de Ngorongoro, dans sa lettre au Centre datée du 7 août 2001, indique qu’en 1995, l’Administration de la Zone de conservation de Ngorongoro avait chargé une équipe d’experts d’étudier la question  des cultures domestiques. L’étude avait conclu que la culture pratiquée par les Masaï ne menaçait pas les intérêts de la conservation ni du pastoralisme. Elle recommandait de mettre fin aux cultures pratiquées par des pastoralistes non masaï car celles-ci  représentaient un danger pour l’intégrité de la Zone de conservation. Elle indiquait également que le nombre grandissant d’immigrants susceptibles de ne pas adopter les relations et les coutumes des Masaï pourrait menacer le fonctionnement des institutions sociales masaï régissant l’utilisation des sols.

 

De plus, le responsable de la conservation de Ngorongoro note que les mesures suivantes ont été appliquées :

·       Identification des immigrants et recensement des populations et du bétail ;

·       Acquisition de nouveaux terrains pour des cultures en dehors de la Zone de conservation pour réinstaller les immigrants et pratiquer des cultures ménagères ;

·       Suite apportée à l’étude de 1995 ;

·       Mise en œuvre d’un projet financé par la DANIDA visant à relancer l’économie basée sur l’élevage pour s’assurer que les cultures restent secondaires par rapport à l’élevage ;

·       Poursuite du programme d’importation de céréales pour aider la population résidente à avoir accès aux céréales au prix coûtant et donc se détacher de la culture basée sur les récoltes.

 

Dans sa déclaration adressée au Centre et datée du 27 août 2001, la Société zoologique de Francfort s’est montrée préoccupée du fait que « faute de décision du gouvernement, la culture va continuer à menacer non seulement l’une des zones les plus célèbres pour sa faune sauvage, mais aussi l’une des dernières zones de pâturages pour le bétail des Masaï. »

 

Un article publié en septembre 2001 par le Guardian et intitulé « Le Premier Ministre met en garde les Masaï contre les dégâts environnementaux », indique que :

« Le Premier ministre de la République-Unie de Tanzanie, M. Frederick Sumaye, a mis en garde les communautés masaï qui vivent dans la circonscription de la Zone de conservation de Ngorongoro (NCAA) contre l’altération de l’écosystème naturel et l’ensemble géologique unique de la NCA qui ont porté la Tanzanie au sommet des sites mondiaux d’attractions touristiques. On signale également que le Premier Ministre aurait dit aux villageois : « Vous ne devriez pas poursuivre d’activités agricoles dans le périmètre de la zone de conservation car de telles activités pourraient interférer avec la nature et détruire ce site du patrimoine mondial que la Tanzanie est fière de posséder. »

 

L’UICN signale que les graves empiétements et la destruction des forêts des hautes terres dans la partie nord du site continuent. L’UICN note par ailleurs que la culture, même à un très faible degré, exclut l’utilisation de cette zone à long terme par de grandes espèces de faune sauvage et que seul un très faible pourcentage de la NCAA convient à la culture en raison des pluies et des conditions du sol et du terrain en pente.

L’UICN note que :

·       La zone de conservation de Ngorongoro a été séparée du Serengeti et classée en tant que zone de conservation polyvalente, autorisant donc une utilisation durable comme le pâturage ;

·       Une culture de subsistance limitée a été autorisée au début des années 90 en raison de la pénurie alimentaire, du déclin du bétail et de la croissance démographique. Cela ne constituait pas une menace en soi. Ce qui est devenu une véritable menace, c’est la culture commerciale introduite par les cultivateurs immigrants et c’est ce qu’il faut traiter d’urgence ;

·       Il y a un certain désaccord quant aux conséquences de la pratique de l’agriculture par les Masaï à l’intérieur de la NCA. Il est possible que l’agriculture masaï (distincte du pastoralisme traditionnel ou de l’élevage de bétail) ait également des conséquences négatives pour le site ;

·       La gestion de la NCA exige une orientation scientifique plus efficace.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Néant

Décision adoptée: 25 BUR V.98-102

V.98       Le Bureau a noté que le Centre avait reçu un « Projet de plan de contrôle des embouteillages dans le cratère de Ngorongoro ». Dans la lettre du Bureau de l’UNESCO, L'Etat partie demandait de l'aide pour entreprendre une étude d'évaluation d'impact environnemental de la pression causée par les véhicules dans le cratère de Ngorongoro et étudier les moyens de gérer le nombre de véhicules afin de garder un équilibre entre la protection de l'écosystème et le maintien du tourisme. Le nombre de touristes augmente de 7% par an dans le cratère de Ngorongoro depuis 1991 et 75 % des visiteurs utilisent des véhicules pour se rendre dans le cratère. L'Etat partie s'inquiète du nombre excessif de véhicules sur les pentes du cratère ; on a ainsi pu compter jusqu'à 140 véhicules à la fois et cette circulation automobile permanente et excessive a un effet nuisible perceptible sur l'environnement. Des mesures ont été proposées dans le projet de plan, notamment l’incitation à utiliser des véhicules de taille moyenne, la réduction du nombre d'heures passées sur place grâce à l'introduction d'un système de rotation, la révision du système de fixation des prix, la diversification des attractions à l'extérieur du cratère, et la formation des guides et chauffeurs d'excursions.

V.99       D’autre part, l'UICN a reçu des rapports signalant l'avancée importante d'une espèce envahissante étrangère, le « pavot du Mexique » (Argemone mexicana, famille des Papavéracées) dans les champs de blé autour de Karatu, à l'intérieur de la Zone de conservation de Ngorongoro (NCA). Cette espèce envahissante est une menace potentielle pour l'écosystème du Serengeti, contigu à la Zone de conservation de Ngorongoro et à la végétation à l'intérieur du fond du cratère. Au pire, elle pourrait s'étendre à travers les plaines couvertes de prairies, concurrencer les espèces locales et donc supprimer une partie importante de la nourriture des ongulés. Cette espèce est très toxique pour les humains et les animaux. Il est important d'éviter l'avancée de cette espèce étrangère en contrôlant soigneusement toutes les zones – surtout le bord des routes – et en brûlant les plantes avant qu'elles portent de graines. On a également signalé d'autres espèces envahissantes – Gutenbergia (Erlangea) cordifolia et Bidens spp. – qui ont infesté jusqu'à un quart du fond du cratère.

V.100     L'Etat partie a fait remarquer qu'il était conscient de la situation concernant ces espèces envahissantes et qu'il a pris quelques initiatives pour éradiquer cette végétation nuisible. Il a également indiqué qu'il était prêt à accepter de l'aide pour identifier les espèces envahissantes et mettre en place un programme d'éradication. L'UICN a participé à des débats sur l'éradication de ces espèces avec divers partenaires, dont le Groupe de spécialistes de l'UICN sur les espèces envahissantes. Elle est prête à fournir une assistance technique en cas de besoin. L'Union reste également préoccupée de l'impact écologique du canal et des travaux routiers.

V.101     L’Observateur de la Tanzanie s’est déclaré satisfait des détails du rapport et a constaté qu’une analyse approfondie des problèmes s’imposait. Il a déclaré que l’Etat partie aurait besoin d’une assistance technique pour effectuer cette collecte de données et une analyse rapide à présenter d’ici septembre 2001.

V.102     Le Bureau a demandé à l'Etat partie d'entreprendre une étude sur l'impact des véhicules dans la Zone de conservation de Ngorongoro afin d'étudier les moyens de gérer la circulation automobile dans cette zone. De plus, le Bureau a approuvé les recommandations faites par l'UICN et a demandé à l'Etat partie un rapport détaillé sur l'état de conservation, traitant de l'étendue et de l'impact des espèces envahissantes, ainsi que des méthodes permettant leur contrôle et leur éradication, avant le 15 septembre 2001, pour en faire état à la vingt-cinquième session extraordinaire du Bureau. La demande d’assistance technique a été portée à l’attention du Centre. 

Décision adoptée: 25 COM VIII.97

VIII.97 Le Comité a demandé à l'Etat partie de fournir un rapport sur la situation concernant les empiètements dans la partie nord du site du patrimoine mondial et sur les conséquences de l'agriculture commerciale introduite par des cultivateurs immigrés sur l'intégrité et les valeurs de ce site du patrimoine mondial, avant le 1er février 2002, pour étude par la vingt-sixième session du Comité.