1.         Réserve naturelle intégrale du mont Nimba (Côte d'Ivoire,Guinée) (N 155bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1981

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/155/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-2001)
Montant total approuvé : 375 222 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/155/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

novembre 1988: juin-juillet 1992: visite de terrain par l'UNESCO; mai 1993: mission conjointe UNESCO/PNUD/UICN; 1994: 2nde mission d'expert; août-septembre 2000: mission d'expert avec le PNUD

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/155/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2001

Précédents débats :
Vingt-quatrième session du Comité – paragraphe VIII.9
Vingt-quatrième session ordinaire du Bureau –paragraphe IV.8 

Nouvelles informations : Le Centre a collaboré avec Fauna and Flora International (FFI), ONG de conservation travaillant avec les Gouvernements des deux Etats parties, ainsi qu'avec le Liberia qui possède certaines parties de l'écosystème du Mont Nimba. Deux réunions ont été planifiées en 2001 pour favoriser le dialogue entre les trois pays, le FFI, le Centre et d'autres partenaires concernés. Ces réunions ont été conçues pour contribuer à la conservation à long terme du mont Nimba en établissant et en favorisant des contacts entre le personnel technique, les gestionnaires du site, les décideurs et les représentants de la communauté locale pour une mise en commun des informations et de l'expérience. L'objectif sera également de développer une harmonisation de la gestion prévisionnelle et des pratiques de gestion entre les trois pays qui se partagent l'écosystème du Mont Nimba. Les deux réunions prévues en 2001 ont été considérées comme des forums réunissant différents partenaires, y compris du secteur privé, et favorisant la coopération internationale en faveur de la conservation du Mont Nimba. Ces réunions devaient également être reliées au projet du FEM en cours d'élaboration pour la conservation du site, avec la participation de FFI.

La première réunion, prévue au premier semestre 2001, a dû être remise à une date indéfinie en raison de l'instabilité qui règne dans les régions frontalières entre les trois pays. Un nombre considérable de réfugiés fuyant la guerre au Liberia a pénétré dans l'écosystème en Côte d'Ivoire et en Guinée et a causé des impacts nuisibles directs sur la biodiversité du Mont Nimba.

Action requise

Le Bureau se déclare très préoccupé de l'arrivée d'un nouveau flux de réfugiés dans la Réserve naturelle du Mont Nimba et il prie le Centre et l'UICN de prendre contact avec les Etats parties, le FFI et d'autres partenaires pour évaluer l'impact des activités des réfugiés sur les valeurs du site et la manière de limiter ces impacts. Le Bureau demande au Centre et à l'UICN de présenter un rapport fondé sur leurs conclusions à la vingt-cinquième session du Comité en décembre 2001. De plus, le Bureau prie également le Centre de faire rapport à la prochaine session du Comité sur les plans d'organisation des deux réunions de partenaires concernés en 2001, ainsi que sur l'avancement de la conception et de la mise au point du projet du FEM.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2001

Questions essentielles :

Activités minières dans les zones aux abords immédiats du site et impacts potentiels ; afflux de réfugiés des pays voisins ; planification de projets de conservation avec des bailleurs de fonds et des partenaires.

Nouvelles informations :

Deux réunions tri-nationales (Côte d’Ivoire, Guinée et Liberia) se sont tenues respectivement à Abidjan et Man (Côte d’Ivoire) le 11 septembre et du 12 au 14 septembre 2001. Le site du patrimoine mondial est réparti entre deux de ces pays : la Guinée et la Côte d’Ivoire. Le troisième pays, le Liberia, n’a pas encore ratifié la Convention du patrimoine mondial. Les réunions ont été conjointement financées par le Fonds du patrimoine mondial, Rio Tinto Plc. et les Gouvernements de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Liberia, en coopération avec plusieurs ONG de conservation, en particulier Fauna and Flora International (FFI), Conservation International (CI), Bird Life International (BLI), et le Comité néerlandais pour l’UICN. Comme il a été fait mention à la vingt-cinquième session du Bureau en juin 2001, ces réunions sont destinées à contribuer à la conservation à long terme du massif du mont Nimba : (i) en établissant et en favorisant des contacts entre le personnel technique, les gestionnaires du site, les décideurs et les représentants de la communauté locale pour une mise en commun des informations et de l’expérience ; et (ii) l’harmonisation croissante de la gestion prévisionnelle et des pratiques de gestion entre les trois pays qui se partagent l’écosystème du mont Nimba.

 

Le séminaire du 11 septembre 2001 avait pour but de sensibiliser les autorités gouvernementales à l’importance de la coopération régionale pour la protection du mont Nimba. La deuxième réunion technique du 12 au 14 septembre a évoqué en détail les questions de fond concernant la coopération transfrontalière, les problèmes nationaux et régionaux que pose le mont Nimba, la valeur d’une approche régionale et la conservation de la biodiversité à l’échelon régional. Les participants à la réunion ont mis en place une stratégie de dialogue permanent en vue d’une future coopération pour la conservation de l’écosystème du mont Nimba au profit des trois pays. Les participants à la réunion de Man ont décidé de tenir une deuxième réunion d’ici la fin de 2001 à Conakry, en République de Guinée. L’objet de la deuxième réunion est “d’entamer un dialogue tri-national pour la conservation du mont Nimba” avec, comme objectifs, de : valider les problèmes constatés à la réunion de Man, définir la stratégie et les instruments nécessaires à la conservation du mont Nimba, proposer un protocole en vue d’une collaboration à long terme entre les trois pays pour la planification et la conservation communes du mont Nimba et donner la priorité aux actions nationales et régionales. Les deux réunions ont constitué le premier événement tri-national au mont Nimba. Les participants à la réunion de Man représentaient les autorités locales, des groupes d’intérêt du développement local, des chefs de village, des gestionnaires d’aires protégées, l’UNESCO et le Programme MAB, l’industrie minière, les gestionnaires des eaux et forêts et les groupes qui s’occupent des réfugiés et des établissements humains. Les réunions ont également amené pour la première fois une compagnie minière - Rio Tinto - à dialoguer avec des acteurs de la conservation intéressés par la protection à long terme du mont Nimba. 

 

Le Point focal du FEM au PNUD en Guinée et M. Salamady Toure, Directeur du CEGEN, ont informé le Centre que les trois premières composantes des subventions FEM/PDF-B en faveur du mont Nimba (projet PNUD-FEM Gui/2000/31 financé par le Fonds du patrimoine mondial et le FEM) ont été réalisées. Les activités menées dans le cadre de ce projet sont les suivantes : (a) identification des éléments de préparation de directives pour une gestion intégrée du mont Nimba et de ses environs ; (b) renforcement des capacités techniques et institutionnelles locales et nationales en vue d’améliorer la gestion ; (c) mise en place de services d’aide en matière de communication, suivi, promotion et options alternatives de subsistance des communautés afin d’assurer la conservation du mont Nimba ; et (d) préparation d’un projet détaillé de développement intégré à long terme de la région du mont Nimba. Le PNUD a demandé au Centre de proposer un programme d’action et à un consultant d’entreprendre une mission en Guinée afin de préparer la composante (d). La deuxième phase du projet PNUD-FEM est prévue sur une période de 7 à 10 ans avec un budget total de 8 millions de dollars EU. Le FEM a donné son accord de principe pour un versement de 6 millions de dollars EU. Un supplément de 2 – 4 millions de dollars EU sera demandé auprès d’autres bailleurs de fonds. Une Table ronde des bailleurs de fonds organisée par le PNUD, se tiendra à ce sujet à Conakry durant la première semaine de novembre 2001. Le Centre est censé jouer un rôle prépondérant en tant qu’agence exécutante du projet de développement intégré. On espère que la conception de ce projet soit accompagnée de repères et d’indicateurs de réussite qui pourraient faciliter les efforts du Comité pour évaluer l’état de conservation des lieux et ses réflexions finales sur le retrait du mont Nimba de la Liste du patrimoine mondial en péril.

 

A Man les discussions ont également porté sur la création d’une Fondation du mont Nimba. La Guinée souhaite toujours ardemment créer cette Fondation pour lui permettre de mettre en place des mécanismes de soutien durable du mont Nimba. Les participants à la réunion de Man ont été informés que la Côte d’Ivoire allait créer une agence pour la gestion des aires protégées (PCGAP) avec l’aide financière de la Banque mondiale et de l’Union européenne. Le PGGAP sera chargé de la gestion du mont Nimba et des autres sites ivoiriens du patrimoine mondial et sera autorisé à mobiliser des fonds provenant de sources internationales pour la Côte d’ Ivoire. Il serait donc difficile de créer une Fondation commune pour les trois pays qui se partagent le mont Nimba. Les participants à la réunion de Man ont demandé au Centre et à FFI d’aider la Guinée en envoyant un consultant pour étudier la faisabilité de la création d’une Fondation et la possibilité d’utiliser une partie des crédits qui seront ainsi dégagés au titre du projet du FEM comme une mise de fonds initiale pour la création de la Fondation.

 

Le Comité pourrait rappeler qu’une Table ronde des bailleurs de fonds s’est tenue au Centre de documentation scientifique et technique (CEDUST) de Conakry en avril 1996 et qu’il a été fait mention des conclusions de cette Table ronde à la vingtième session du Bureau en juin 1996. La compagnie minière guinéenne NIMCO a fait savoir à cette occasion qu’elle ferait don chaque année de 500.000 dollars EU pour la conservation du mont Nimba dès que la mine serait opérationnelle. Depuis lors la compagnie a quitté la Guinée et les sommes promises n’ont jamais été versées. Le Gouvernement guinéen a entamé des négociations avec d’autres compagnies minières, notamment Billiton (Afrique du Sud) et EURONIMBA (concession de l’Union européenne). Ces deux compagnies étudient plusieurs options respectueuses de l’environnement sur les moyens de contrôler les eaux usées et polluées et d’éviter la sédimentation et l’érosion dans les cours d’eau qui alimentent en eau potable les populations en aval. Les compagnies estiment que près de 80 millions de tonnes de résidus seront produites chaque année et espèrent construire un barrage de retenue permettant à ces résidus de pénétrer dans le sol sans ruissellement. Les compagnies prévoient aussi de renoncer à l’exploitation de près de 50 millions de tonnes de minerai de fer à haute teneur dans certaines zones ciblées de la montagne pour des raisons environnementales et écologiques. Les compagnies étudient les moyens d’éviter d’amener une main-d’œuvre abondante avec les familles qui l’accompagnent à proximité des concessions minières en éloignant les zones d’habitation de la mine.

 

Pour garantir l’application de normes de gestion rigoureuses en matière d’environnement, un “Protocole d’accord international” – ou Accord – est en préparation entre les compagnies minières et le Gouvernement guinéen sous la supervision des institutions des Nations Unies (UNESCO – Centre du patrimoine mondial, PNUE, PNUD, FAO, etc.) et des organisations non gouvernementales internationales (UICN, FFI, WWF, BLI, etc.). L’Accord obligera les compagnies à avoir un “code de bonne conduite” en matière de conservation de la biodiversité vis-à-vis de leurs activités minières à proximité de la Réserve naturelle du mont Nimba en Guinée. Les compagnies ont manifesté leur bonne volonté en décidant de réserver 18 dollars EU par tonne de minerai de fer produit en faveur de la conservation de l’environnement en Guinée, en particulier dans la région du mont Nimba ; les compagnies estiment la production annuelle à quelque 800 millions de tonnes.

 

Les activités minières dans le massif du mont Nimba doivent être contrôlées avec soin quant à leur impact environnemental. L’écosystème du mont Nimba du côté libérien, le seul à ne pas figurer au patrimoine mondial, a subi d’importantes transformations depuis les années 1950 du fait des activités minières, des changements de cultures et des établissements humains. La zone englobe les Forêts nationales de l’Est et de l’Ouest du mont Nimba, nommées dans les années 1960. A la fin des années 1970, l’UICN a recommandé de relier ces deux forêts, d’ajouter d’autres zones adjacentes importantes et de faire de la zone tout entière une réserve naturelle unique. La compagnie minière libérienne continue de jouer le rôle de ‘gardien’ dans l’administration du mont Nimba, le Service de développement des forêts étant l’autre instance gouvernementale majeure concernée dans la région. Il n’existe aucun programme de conservation organisé du mont Nimba du côté libérien comparé à ce qui se fait en Guinée et en Côte d’Ivoire.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 25 BUR V.34-35

V.34       Le Bureau a appris que le Centre a coopéré avec Fauna and Flora International (FFI), ONG de conservation travaillant avec les Gouvernements des deux Etats parties, ainsi qu'avec le Liberia qui possède certaines parties de l'écosystème du Mont Nimba. Deux réunions ont été planifiées en 2001 pour favoriser le dialogue entre les trois pays, le FFI, le Centre et d'autres partenaires concernés. Ces réunions ont été conçues pour contribuer à la conservation à long terme du mont Nimba en : établissant et en favorisant des contacts entre le personnel technique, les gestionnaires du site, les décideurs et les représentants de la communauté locale pour une mise en commun des informations et de l'expérience ; et en développant l’harmonisation de la gestion prévisionnelle et des pratiques de gestion entre les trois pays qui se partagent l'écosystème du Mont Nimba. Les deux réunions prévues en 2001 ont été considérées comme des forums réunissant différents partenaires, y compris du secteur privé, et favorisant la coopération internationale en faveur de la conservation du Mont Nimba. Ces réunions devaient également être reliées au projet du FEM en cours d'élaboration pour la conservation du site, avec la participation de FFI. Malheureusement, la première réunion, prévue au premier semestre 2001, a dû être remise à une date indéfinie en raison de l'instabilité qui règne dans les régions frontalières entre les trois pays. Un nombre considérable de réfugiés fuyant la guerre au Liberia a pénétré dans l'écosystème en Côte d'Ivoire et en Guinée et a causé des impacts nuisibles directs sur la biodiversité du Mont Nimba.

V.35       Le Bureau s’est déclaré très préoccupé de l'arrivée d'un nouveau flux de réfugiés dans la Réserve naturelle du Mont Nimba et il a prié le Centre et l'UICN de prendre contact avec les Etats parties, le FFI et d'autres partenaires pour évaluer l'impact des activités des réfugiés sur les valeurs du site et la manière de limiter ces impacts. Le Bureau a demandé au Centre et à l'UICN de présenter un rapport fondé sur leurs conclusions à la vingt-cinquième session du Comité en décembre 2001. De plus, le Bureau a également prié le Centre de faire rapport à la prochaine session du Comité sur les plans d'organisation des deux réunions de partenaires concernés en 2001, ainsi que sur l'avancement de la conception et de la mise au point du projet du FEM.