1.         Parc national de Kahuzi-Biega (République démocratique du Congo) (N 137)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1997-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-2000)
Montant total approuvé : 119 270 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

novembre-décembre 2001: mission du Centre du patrimoine mondial 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2001

Précédents débats :
Vingt-quatrième session du Comité – paragraphe VIII.6
Vingt-quatrième session ordinaire du Bureau – paragraphe IV. 5

Nouvelles informations : Les menaces constantes à l'intégrité des cinq sites – dont quatre se trouvent dans une zone de conflits armés de l'Est de la RDC – préoccupent sérieusement la communauté internationale de la conservation. Au début de l'année 2001, plusieurs rapports issus des médias internationaux et d'organisations de conservation ont souligné la menace particulière que représente l'exploitation minière du coltan pour deux des cinq sites, le Parc national de Kahuzi-Biega et la Réserve de faune à okapis.

Le coltan est un mélange de colombium et de tantale très recherché après traitement par les entreprises de haute technologie concernées par la médecine nucléaire, les circuits électroniques et les microprocesseurs, et la recherche sur la supraconductivité, les téléphones mobiles et la synthèse d'alliages résistants à la corrosion pour utilisation dans les moteurs d'avions à réaction. L'UICN note qu'on trouve ce minerai en Afrique, surtout en RDC, ainsi qu'en Australie, à Madagascar et dans l'Etat de Dakota du Sud aux Etats-Unis d'Amérique. Le Tantalum-Niobium International Study Centre (TIC) situé à Bruxelles, Belgique, estime que moins de 15% des réserves mondiales de tantale viennent d'Afrique.

Les mineurs qui pénètrent dans le Parc de Kahuzi-Biega et la Réserve de faune à okapis pour y chercher du coltan sont surtout des immigrants. Plus de 10.000 personnes ont ainsi pénétré dans le périmètre de Kahuzi-Biega et 4.000 dans la Réserve d'okapis au cours des six derniers mois. Les rapports reçus par l'UICN signalent un important braconnage effectué par les mineurs sur la faune sauvage, y compris sur les gorilles de plaine et les éléphants menacés. A Kahuzi-Biega, où l'accès du Parc est toujours inaccessible à 90% au personnel, la situation des gorilles de plaine et des éléphants est très préoccupante. Le Diane Fossey Gorilla Fund estime que la population menacée de gorilles de plaine – qui comptait environ 8000 spécimens avant la guerre –, pourrait avoir chuté à environ 1000 individus ; les éléphants sont devenus rares à Kahuzi-Biega et le déclin de ces deux espèces vedettes est attribué en grande partie au braconnage pratiqué par les mineurs et autres résidents illicites du Parc.

Dans la Réserve de faune à okapis, les efforts pour lutter contre le braconnage et l'exploitation minière ont eu un peu plus de succès. Les forces armées ougandaises ont aidé le personnel de la Réserve à chasser plusieurs braconniers du site à la fin de 2000. Le chef du groupe rebelle qui contrôle cette partie du territoire de la RDC, M. Jean-Pierre Bemba, avait ordonné le départ de tous les mineurs du site. Le personnel et les forces rebelles ont appliqué des mesures dans cette zone et la menace que les mineurs et les braconniers font peser sur ce site a pu être quelque peu contrôlée en comparaison à la situation qui règne à Kahuzi-Biega. La Wildlife Conservation Society (WCS) des Etats-Unis d'Amérique a écrit récemment aux autorités ougandaises compétentes pour les féliciter de l'appui qu'elles apportent à la conservation de la Réserve de faune à okapis. Cependant, la WCS a nettement marqué son opposition concernant un incident récent au cours duquel plusieurs soldats ougandais auraient attaqué un membre du personnel de la Réserve de faune à okapis. La WCS a prié les autorités ougandaises d'enquêter sur cette affaire et de prendre des mesures pour empêcher que de tels incidents ne se renouvellent.

Le TIC à Bruxelles, Belgique, a publié un communiqué de presse condamnant l'exploitation minière illicite à Kahuzi-Biega et dans la Réserve de faune à okapis ainsi que dans d'autres zones protégées de RDC. Le TIC a indiqué qu'il était prêt à :

Le Directeur général de l'UICN a lancé un appel en mars 2001 aux chefs d'Etats d'Ouganda, de RDC et du Rwanda ainsi qu'aux médias et groupes d'intérêts mondiaux. Par cet appel, l'UICN demandait aux acheteurs de coltan de s'assurer qu'ils achètent ce produit à des sources légales situées en dehors de sites du patrimoine mondial ; aux trois gouvernements concernés à procéder au départ effectif des mineurs du périmètre des deux sites concernés et elle invitait ces trois Gouvernements ainsi que les acheteurs de coltan à prendre les mesures nécessaires pour trouver d'autres moyens d'existence pour tous les mineurs expulsés de tous les sites du patrimoine mondial de RDC.

Les conditions nécessaires à la préservation de la faune sauvage restent relativement stables au Parc national de la Garamba. On a également reçu certains rapports positifs des Virunga et de la Salonga. Aux Virunga, un exercice commun de suivi mené par l'International Gorilla Conservation Programme (IGCP), Fauna and Flora International (FFI), WWF-International et le Diane Fossey Gorilla Fund International (DFGF-I) a révélé que la population de gorilles de montagne est passée de 320 spécimens avant la guerre (1989) à 355 en 2001. A la Salonga, le Directeur général de l'ICCN a mis au point plusieurs petits projets pour préserver les espèces essentielles de faune sauvage, en coopération avec de nouveaux partenaires comme la Zoological Society of Milwaukee (ZSM) et le Max Planck Institute (MPI) d'Allemagne.

Une délégation de l'ICCN à Kinshasa, RDC, a rejoint différents partenaires tels que le WCS, le ZSM, l'UNF et l'UNFIP pour organiser une réunion aux Nations Unies à New York afin de sensibiliser les représentants des Nations Unies aux menaces qui pèsent sur la préservation du patrimoine mondial et d'autres aires protégées de RDC. La réunion a débattu de la nécessité d'instaurer des programmes de suivi efficaces pour évaluer l'état de la biodiversité, y compris d'espèces vedettes comme les gorilles, éléphants, rhinocéros et chimpanzés bonobos.

Malgré les progrès signalés ci-dessus, le maintien nécessaire d'une stabilité relative de l'état de conservation de la Garamba continue à rester préoccupant. Aux Virunga, tous les indicateurs d'intégrité du site – sauf celui de la population de gorilles de montagne –, accusent des tendances négatives. C'est ainsi que le secteur central du Parc est envahi à 45% par les cultures. Près de 2 500 villageois résident le long des limites du Parc dans le secteur central et détruisent la couverture boisée le long de l'escarpement de la Kabasha. On assiste à un développement des cultures vivrières dans les secteurs est du Parc – y compris pour l'exportation, comme c'est le cas pour le thé ou le café. Le secteur est sert de corridor écologique de transition entre les Virunga et le Queen Elizabeth National Park en Ouganda ; les éléphants l'utilisent pour migrer entre les deux sites. On assiste à une recrudescence de la pêche clandestine et au développement de constructions illégales dans les enclaves où se pratique cette pêche. Des installations et plantations illégales occupent une partie importante de la zone de chasse de Rutshuru. Dans le secteur nord, la forêt de 67.700 hectares entre Lubilia et Kasindi est envahie par des groupes qui abattent les arbres et construisent illégalement des maisons avec l'autorisation des responsables politiques locaux. En 2000, plus de 1500 animaux de diverses espèces ont été tués à l'arme automatique. Les gardes n'ont pas été payés pendant plusieurs mois et ils ne sont pas armés. La sécurité relative dont jouit la population de gorilles de montagne des Virunga peut s'expliquer par le fait que ce n'est pas une espèce animale recherchée pour sa viande.

A la Salonga également, l'UICN a été informée par l'ICCN que le braconnage incontrôlé des éléphants et des bonobos, le manque d'équipement du personnel pour la lutte contre le braconnage, le nombre insuffisant de gardes et la formation inadaptée de ces gardes constituent les principaux freins à une protection efficace du site.

Le projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP sur la conservation de la biodiversité dans les régions de conflit armé a été conçu et lancé en 2000. C'est une première étape pour remonter le moral du personnel qui s'est engagé dans la conservation des sites de RDC en restant et en continuant à travailler dans une région à hauts risques pour la vie humaine comme pour les biens. Le paiement de sommes mensuelles de soutien, de primes de performance et d'autres rémunérations au personnel des sites pour stabiliser la situation de la conservation sur chaque site a été considéré comme prioritaire pour la mise en œuvre du projet. Bien que les contrats avec des partenaires pour le paiement de ces sommes de soutien au personnel des sites aient été établis en septembre-octobre 2000, leur finalisation et le paiement des fonds ont subi d'importants retards. Les partenaires contractuels ont exprimé des réserves sur certaines des clauses des contrats, y compris des clauses normalisées inhérentes à tous les contrats UNESCO. Les partenaires ont estimé que ces clauses – peut-être acceptables en temps de paix – ne tenaient pas suffisamment compte des risques qu’ils prennent pour porter assistance à des sites en zone de combat. S'agissant de Kahuzi-Biega et de la Salonga, les autorités de gestion des deux projets de la GTZ qui devaient conclure des contrats avec l’UNESCO pour l'exécution du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP n'ont pas été autorisés par leurs supérieurs à signer les contrats et il a donc fallu trouver d'autres partenaires contractuels.

A la suite de communications entre la Division des Affaires juridiques de l'UNESCO et les ONG partenaires, l'exécution des contrats a maintenant débuté. Ces négociations ont été nettement facilitées par les assurances du bailleur de fonds – l'UNF – indiquant qu'il ne jugerait pas l'UNESCO responsable de la perte de liquidités en zone de combat par suite d'événements et d'accidents hors de son contrôle et de celui de ses partenaires contractuels.

Le paiement de sommes mensuelles de soutien, de primes de performance et autres rémunérations à plus de 500 membres du personnel des Virunga, environ 230 à la Garamba et 60 à Okapi, est en cours et couvre une période commençant en octobre 2000. Pour ce qui est de la Salonga, des dispositions contractuelles ont été prises avec la ZSM, conformément à la recommandation du projet GTZ-PARCID et de l'ICCN à Kinshasa et les paiements au personnel ont débuté en mars 2001. Les responsables de la ZSM et leurs homologues à l'ICCN ont eu des réunions fructueuses avec le Chef de la mission d'organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) au début d'avril 2001. Le chef de la MONUC a accepté d'apporter une aide sous forme de transport aérien de personnel et de matériel dans des villes voisines de la Salonga chaque fois que les conditions le permettent. Quant au Parc national du Kahuzi-Biega, le WCS assume la responsabilité en tant que contractant de l’UNESCO et il travaillera, en collaboration avec le projet de la GTZ pour le site et d'autres groupes de conservation actifs dans la région, à transférer les paiements au personnel à partir de mars 2001.

Bien que tous les partenaires concernés aient regretté les retards subis lors des négociations des contrats entre le Centre et ses partenaires, cela a ouvert la voie à un apport effectif d'assistance au personnel des sites sur une base permanente pour les 3-4 ans à venir, dans le cadre du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP. Les dispositions contractuelles pour les trois ans à venir devront être revues chaque année par une simple actualisation des contrats négociés la première année ; elles ne devraient pas rencontrer d'importants retards comparables à ceux qui ont été subis la première année de l'exécution du projet.

D'autres dispositions sont en cours de négociation avec une sélection de partenaires de projets ; elles concernent l'exécution du contrôle de la biodiversité, la formation du personnel des sites pour suivre l'application de la législation, l'achat et la livraison d'équipement essentiel à l'accomplissement des tâches du personnel, etc. Des dates possibles pour une mission diplomatique de haut niveau en RDC, en Ouganda et au Rwanda, ainsi que la possibilité que le Directeur général de l’UNESCO dirige une telle mission sont également à l'étude. Les dernières nouvelles sur les efforts du Centre quant à ces aspects de l'exécution du projet seront communiquées lors de la session du Bureau.

Un rapport d'un comité des Nations Unies sur "L'exploitation illégale des ressources minérales et forestières de RDC", publié en avril 2001, considère que de nombreux pays africains impliqués dans la guerre en RDC sont responsables de pratiques d'extraction, souvent illégales, de ressources non durables en RDC. La plupart de ces pays sont Etats parties à la Convention du patrimoine mondial. Quant à la menace que constitue l'exploitation minière du coltan mentionnée plus haut, l'UICN a signalé que le comité des Nations Unies avait recommandé que le "Conseil de sécurité devait immédiatement déclarer un embargo temporaire sur l'importation ou l’exportation de coltan (et d'autres ressources)…" et que "l'UNESCO, en collaboration avec le PNUE, le Secrétariat de CITES et des organisations non gouvernementales travaillant en RDC, devrait évaluer l'étendue des dommages causés à la faune sauvage dans la Parc national de la Garamba, le Parc national de Kahuzi-Biega, la Réserve de faune à okapis et le Parc national des Virunga et proposer des sanctions à prendre contre les pays dont les gouvernements ont été impliqués dans l'abattage en masse d'espèces menacées". Les conclusions du rapport laissent entendre que de nombreux Etats parties africains engagés dans la guerre en RDC pourraient ne pas avoir respecté l'article 6, paragraphe 3 de la Convention qui demande aux Etats parties de ne prendre délibérément aucune mesure susceptible d'endommager directement ou indirectement le patrimoine situé sur le territoire d'autres Etats parties à cette Convention. Conformément à la recommandation du Rapport du comité des Nations Unies, le projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP a déjà instauré une coopération avec le système de suivi du braconnage intitulé MIKE (Monitoring of Illegal Killing of Elephants) de la Convention CITES et il a engagé des activités communes de suivi pour préciser la situation des espèces menacées essentielles dans chacun des cinq sites de RDC en discussion.

Action requise

Le Bureau invite le Directeur général de l'UNESCO à écrire – en citant des textes appropriés du rapport des Nations Unies sur l'exploitation illégale des ressources naturelles de RDC – aux Chefs d'Etats africains concernés parties à la Convention, pour leur rappeler leurs obligations de se conformer à l'article 6, paragraphe 3 de la Convention et les inviter à s'assurer que leurs représentants et agents en RDC s'abstiennent de prendre des mesures qui puissent menacer directement ou indirectement l'intégrité des sites du patrimoine mondial de RDC. Le Bureau engage vivement le Centre et l'UICN à travailler en liaison avec le TIC pour étudier tous les moyens d'instaurer un dialogue entre les entreprises affiliées au TIC et leurs gouvernements respectifs. Un tel dialogue devrait sensibiliser les membres du TIC aux obligations de leur pays, au titre de la Convention du patrimoine mondial, envers la protection du patrimoine de tous les Etats parties à la Convention, y compris celui de RDC. Le Bureau note avec satisfaction que des aides financières mensuelles et d'autres paiements sont maintenant versés au personnel des sites et il remercie l'UNF de financer cette assistance bienvenue qui sera assurée jusqu'en 2004. Le Bureau souligne cependant la nécessité pour le Centre et ses partenaires contractuels d'assurer l'exécution effective et ponctuelle du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP sur quatre ans. Il demande au Centre de présenter un rapport sur l'avancement du projet à la vingt-cinquième session du Comité en décembre 2001.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2001

Questions essentielles :     Conflit armé et augmentation des fournitures d’armes et de munitions aboutissant à l’occupation des terres et à la chasse illégales, avec des menaces sur la sécurité et les activités du personnel. Insuffisance de l’aide financière et matérielle élémentaire octroyée au personnel pour mener à bien les opérations journalières.

 

Nouvelles informations :   En réponse aux recommandations du Comité faites à plusieurs de ses précédentes sessions depuis 1997, le Directeur général de l’UNESCO, après d’amples consultations auprès des organisations partenaires, a décidé de mener une mission à Kampala (Ouganda), Kinshasa (RDC) et Kigali (Rwanda). La mission est prévue à titre provisoire durant la dernière semaine de mars 2002. A cette occasion, le Directeur général informera les dirigeants de ces trois pays des efforts que l’UNESCO a entrepris en coopération avec la Fondation des Nations Unies et plusieurs ONG internationales partenaires, pour conserver les cinq sites du patrimoine mondial de la RDC. Il discutera des voies et moyens de coopération entre les trois pays pour assurer la conservation du patrimoine mondial. Le Cabinet du Directeur général devrait écrire prochainement au Secrétaire général des Nations Unies en sollicitant sa coopération pour informer les pays impliqués dans la guerre dans l’Est de la RDC des efforts de l’UNESCO et de ses partenaires pour évaluer les dommages causés aux sites du patrimoine mondial de la RDC et planifier les mesures de réhabilitation qui conviennent.

 

Il est prévu que le Directeur du Centre dirige une mission en RDC du 23 novembre au 3 décembre 2001, d’une part, pour préparer la mission du Directeur général susmentionnée et, d’autre part, pour obtenir des informations récentes sur l’évolution du climat politique et de la sécurité en RDC. L’équipe de la mission envisage de visiter certains secteurs de la RDC orientale et, selon les conditions de sécurité, elle pourrait tenter de brèves excursions sur un ou plusieurs sites du patrimoine mondial. Une réunion avec les délégués du personnel des cinq sites sera organisée dans le cadre de la mission. Les résultats et l’issue de la mission seront communiqués au Comité lors de sa session en Finlande.

 

Depuis la fin de la vingt-cinquième session du Bureau en juin 2001, l’état de conservation des cinq sites n’a guère évolué (voir paragraphes V.12 – 15 et V.18 du Rapport du Rapporteur inclus dans le document de travail WHC-01/CONF.208/3). L’UICN a indiqué que le personnel des Virunga reçoit désormais une somme mensuelle de soutien et une prime de performance au titre du projet UNESCO/RDC/UNF, avec l’aide du WWF. Le moral du personnel s’est considérablement amélioré. Le WWF a identifié les besoins de la main-d’œuvre en matière d’équipement et d’aide aux familles d’une centaine de gardes tués au cours de campagnes de lutte contre le braconnage et a mis en place des installations de production de plus de 500 000 jeunes plants dans 58 pépinières pour aider à reconstituer la végétation des zones sinistrées et procurer des moyens de subsistance aux communautés locales.

 

Les opérations militaires se poursuivent dans les Virunga ; le secteur sud est une zone à hauts risques, mais le braconnage et les autres activités illégales y sont minimes et les menaces sur la conservation sont modérées à faibles. En revanche, l’intégrité du Parc est sérieusement menacée dans les secteurs centre et nord. Le couloir qui sépare ces deux derniers secteurs est également touché.

 

L’UICN a suggéré que soit prise en considération l’aide au personnel des Virunga et que le WWF organise une réunion des différents acteurs afin d’améliorer les relations entre le personnel du Parc et la population locale. Cette réunion devrait se tenir dans le cadre des activités du projet de coopération quadriennal UNESCO-Belgique pour financer les activités locales de conservation des cinq sites. Le personnel des Virunga jouera un rôle important dans les réunions préparatoires pour concevoir des activités propres au site en vue de favoriser la coopération entre le personnel et la communauté locale pour la protection du patrimoine mondial à l’intérieur et autour des cinq sites de la RDC. Le personnel représentant les cinq sites sera convié à ces réunions.

 

Le personnel des quatre autres sites continue de faire au mieux pour assurer la protection maximum de ces biens. Mais la présence de groupes armés reste une sérieuse menace pour la sécurité du personnel et l’intégrité des lieux, en particulier à Kahuzi-Biega et Okapi. Même si les perspectives de paix se sont améliorées en RDC à moyen ou à long terme et que les Unités des Nations Unies pour le maintien de la paix sont parvenues à l’intérieur du pays, l’occupation illégale des terres par des groupes armés et la dispersion des activités liées à l’exploitation minière du coltan à l’intérieur et autour d’Okapi et de Kahuzi-Biega continuent de menacer lourdement l’intégrité du site. Par ailleurs, la nette progression du braconnage qui a accompagné l’afflux des mineurs, constitue une menace supplémentaire pour le site.

 

La Society for Conservation Biology (SCB) des Etats-Unis d’Amérique a salué le dévouement des personnels des sites du patrimoine mondial de la RDC. Le Directeur général de l’ICCN a accepté de recevoir au nom du personnel la distinction du mérite de la SCB, ainsi qu’un don en espèces de quelque 5.000 dollars EU offert par les membres de la SCB. Le Bureau de coordination du projet UNESCO/RDC/UNF, situé à Nairobi (Kenya), facilitera l’utilisation de ces fonds pour aider les familles des personnels qui ont perdu la vie en accomplissant leur devoir.

 

Le moral du personnel s’est amélioré sur tous les sites dans la mesure où le paiement des sommes de soutien mensuel et des indemnités est versé périodiquement au titre du projet UNESCO/RDC/UNF par l’entremise des services des ONG de conservation, comme le WWF (Virunga), la Wildlife Conservation Society (WCS, Kahuzi-Biega), International Rhino Foundation (IRF, Garamba), Gilman International Conservation (GIC, Okapi) et la Zoological Society of Milwaukee (ZSM, Salonga). L’UICN a salué le rôle vital que jouent ces ONG partenaires dans le versement des indemnités et l’aide accordée au personnel des sites.

 

Toutefois, à la Garamba, l’un des conservateurs qui devait être muté à Kinshasa a refusé de partir et empêche l’IRF de verser l’argent aux autres membres du personnel. Il semble disposer de factions militantes dans la région et a accru le sentiment d’insécurité en empêchant l’IRF de remplir tous ses engagements au titre du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP destiné à rétribuer le personnel de la Garamba. Sa mutation a été décidée dans le cadre de la coordination entre la RDC et les grandes unités de l’ICCN et selon les accords conclus à la réunion des dirigeants de l’ICCN dans le cadre du projet UNESCO/RDC/UNF en octobre 2000. Le Centre, l’IRF et les autres partenaires cherchent actuellement tous les moyens possibles de faire appliquer la décision de mutation de l’ICCN dans les plus brefs délais afin de neutraliser l’influence néfaste qu’exerce ce dissident sur l’exécution du projet à la Garamba.

 

Conformément à la demande de la vingt-cinquième session du Bureau, un rapport détaillé sur l’avancement du projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP figure dans le document WHC-01/CONF.208/INF.4.

 

Le Centre s’est appuyé sur une suggestion du Directeur général adjoint de l’UNESCO pour proposer une étude sur l’habitat des gorilles en tant qu’activité pilote de l’Initiative UNESCO-ASE (Agence spatiale européenne) dans le but de démontrer l’utilité des images satellites et autres technologies embarquées dans l’espace pour surveiller l’état de conservation des sites. Cette initiative permettra d’obtenir des informations précises sur les changements dans l’occupation des terres à l’intérieur et autour des deux sites importants pour l’habitat des gorilles de montagne dans les Virunga et des gorilles de plaine à Kahuzi-Biega. Des études semblables sur l’habitat des autres singes, comme le chimpanzé et le bonobo, sont également prévues dans le cadre des contributions de l’UNESCO au « Great Apes Survival Project » (GRASP) que vient de lancer le PNUE. Les études sur l’habitat des grands singes à l’intérieur et à l’extérieur des aires protégées, y compris les sites du patrimoine mondial, pourraient entraîner d’importantes modifications du périmètre des parcs de Kahuzi-Biega, Virunga et Salonga. Certains scientifiques, conseillers du projet GRASP, préconisent de développer la notion "d’espèce du patrimoine mondial" que l’on pourrait invoquer pour mieux protéger l’ensemble des espèces de singes d’Afrique au titre de la Convention du patrimoine mondial tout en améliorant la protection des espèces dont les habitats sont situés en dehors des aires protégées. 

 

Le Centre a contacté le Tantalum-Niobium International Study Centre (T.I.C) et a transmis les recommandations de la vingt-cinquième session du Bureau concernant la nécessité de mettre un terme à l’exploitation illicite du coltan à Kahuzi-Biega et Okapi. Le Secrétaire général du T.I.C. s’est engagé à transmettre les recommandations du Bureau à ses 66 membres lors d’une réunion annuelle prévue à Rio de Janeiro (Brésil) du 7 au 12 octobre 2001. Les conclusions des débats du T.I.C. avec ses membres à propos des recommandations du Bureau seront communiquées à la session du Comité en Finlande. L’exploitation du coltan à Okapi et Kahuzi-Biega a quelque peu diminué d’intensité, étant donné que les prix du coltan sur le marché ont sérieusement baissé dans la mesure où le secteur des technologies de pointe connaît une récession due aux tendances négatives de l’économie mondiale. Mais la préoccupation demeure en ce qui concerne les impacts liés à l’afflux des mineurs sur le site.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 25 BUR V.14

V.14       Des rapports reçus par l’UICN signalent un important braconnage de la faune sauvage, y compris des gorilles de plaine et des éléphants. Le Parc est toujours inaccessible à 90% au personnel et la situation des gorilles de plaine et des éléphants est très préoccupante.  Le Diane Fossey Gorilla Fund estime que la population de gorilles de plaine qui est menacée et qui comptait environ 8000 spécimens avant la guerre pourrait avoir chuté à environ 1000 spécimens. Les éléphants sont devenus un spectacle rare au Kahuzi-Biega et la principale raison du déclin de ces deux espèces vedettes est attribuée au braconnage pratiqué par les mineurs à la recherche de coltan et autres résidents illicites du Parc. Le Kahuzi-Biega est devenu le principal site de RDC pour l’exploitation minière du coltan. Le coltan est un mélange de colombium et de tantale très recherché après traitement par les entreprises de haute technologie concernées par la médecine nucléaire, les circuits électroniques et les microprocesseurs, et la recherche sur la supraconductivité, les téléphones mobiles et la synthèse d'alliages résistants à la corrosion pour utilisation dans les moteurs d'avions à réaction. Plus de 10.000 personnes ont ainsi pénétré depuis douze mois dans le périmètre de Kahuzi-Biega pour l’exploitation minière de coltan et autres activités associées.

Décision adoptée: 25 COM VIII.12-28

VIII.12 Le Comité a été mis au courant des dernières informations concernant l’état de conservation de chacun de ces cinq sites et des résultats de la mission dirigée par le Directeur du Centre en RDC, du 24 novembre au 3 décembre 2001.

VIII.13 Le Parc national des Virunga a été considérablement affecté par la guerre et ses impacts dans l’Est de la RDC. Plus de 20 000 familles résident dans les secteurs central et nord du Parc et vivent de pêche et d’élevage. Des groupes de miliciens dissidents sont cachés dans la forêt des secteurs central et nord du Parc et subsistent grâce au braconnage d’animaux sauvages. On estime que plusieurs espèces essentielles de la région – dont des éléphants et des hippopotames – sont chassées régulièrement. La pêche s’intensifie dans les lacs du Parc national des Virunga. Les forêts sont déboisées pour faire place à l’agriculture et aux installations. Dans le secteur nord, le personnel de l’ICCN de Beni commence à développer ses opérations de patrouille et les gardes reçoivent maintenant leur salaire assuré par le projet UNNESCO/RDC/UNF. L’état de conservation dans le secteur central est très préoccupant car le personnel ne peut y pénétrer pour y patrouiller régulièrement et y effectuer des rondes. Le secteur sud des Virunga est relativement stable et fait l’objet de patrouilles régulières. La population de gorilles de montagne est stable dans ce secteur et est passée de 325 à 355 spécimens en dix ans. Les membres du personnel des aires protégées de la partie sud des Virunga coopèrent avec leurs homologues d’Ouganda et du Rwanda sous l’égide du Programme international de conservation des gorilles (IGCP). Les secteurs nord, centre et sud sont sous l’autorité de deux gouvernements rebelles séparés. Le personnel de l’ICCN dans ces deux territoires développe peu à peu les contacts et la collaboration mutuelle pour mettre en œuvre les activités prévues au Projet UNESCO/RDC/UNF.

VIII.14 Les gardes du Parc national de la Garamba n’ont pu recevoir leur salaire mensuel prévu au Projet UNESCO/RDC/UNF par suite de malentendus entre le responsable de la conservation de la Garamba et l’ONG partenaire – l’International Rhino Foundation (IRF). Ces problèmes ont été débattus par les deux parties, en présence d’autres membres du personnel de l’ICCN de Kinshasa et de la région de Beni/Bunia tenue par les rebelles, lors d’une réunion à Nairobi juste avant la mission dirigée par le Directeur du Centre. On devrait maintenant pouvoir régler les salaires du personnel de la Garamba sans problème. Malgré ces difficultés d’exécution du Projet UNESCO/RDC/UNF, les gardes continuent à effectuer régulièrement leurs patrouilles et leur surveillance. La population de rhinocéros blancs du Nord continue de se stabiliser à une trentaine de spécimens.

VIII.15 Le Parc national de Kahuzi-Biega est peut-être le plus menacé des cinq sites malgré la présence permanente de personnel financé au titre du projet de la GTZ allemande qui paye les responsables de la conservation et autre personnel qualifié ; les gardes et les ouvriers agricoles reçoivent des paiements au titre du Projet UNESCO/RDC/UNF. Le personnel n’a accès qu’à 10 % de la zone ; la majorité du secteur des basses terres (90 % de la superficie totale du Parc) est inaccessible à cause de la présence de groupes armés rebelles. L’exploitation minière du coltan continuait à prévaloir au moment de la vingt-cinquième session du Bureau en juin 2001 mais s’est ralentie depuis à cause de la brusque baisse du prix du coltan. Les mineurs qui campaient dans le Parc sont cependant restés et subsistent grâce au braconnage et à l’exploitation de l’or. Le personnel du Parc et le personnel détaché par le projet de la GTZ ont rencontré à plusieurs reprises des groupes armés le long des limites du secteur inaccessible et ont pu entamer des négociations informelles avec eux pour leur demander leur appui pour protéger la faune sauvage. La tâche est cependant compliquée du fait que le personnel du site n’est pas armé. Les chefs du gouvernement rebelle de Goma ont convenu d’envisager de fournir des armes et des munitions au personnel et l’évolution de la situation à cet égard sera suivie au cours des prochains mois.

VIII.16 Dans la Réserve de faune à okapis, les gardes et les ouvriers agricoles ont été payés rétroactivement sous le projet UNESCO/RDC/UNF depuis octobre 2000 et l’ONG partenaire qui soutient le Projet en effectuant les paiements sur place – Gilman International Conservation (GIC) – a continué de payer d’autres cadres comme les responsables de la conservation. Le moral du personnel est donc bien meilleur. Un tiers de la zone reste cependant inaccessible, ce qui est déjà mieux que l’année dernière où plus de la moitié de la superficie de la Réserve était inaccessible au personnel. La coopération entre le personnel et les autorités militaires s’améliore et l’équipe de la mission a rencontré le Gouverneur responsable de la zone qui s’est engagé à visiter à la visiter pour dialoguer avec les groupes militaires et les communautés locales pour continuer à améliorer la conservation du site. Le responsable de la conservation de la Réserve a informé la mission qu’après une longue période, on n’avait pas signalé de cas de braconnage d’éléphants au mois d’octobre 2001. A court et à moyen terme, ce site a le meilleur potentiel de récupération des cinq sites de RDC, sous réserve d’un maintien des tendances actuelles.

VIII.17 Le Parc national de la Salonga, d’une superficie de 36 000 km², est le seul site sous la responsabilité directe de l’ICCN de Kinshasa, bien que 20 % de la zone du secteur sud-est soient contrôlés par les autorités rebelles de Goma. L’ONG partenaire, la Zoological Society of Milwaukee (ZSM) a recruté du personnel local obligé de franchir de longues distances et qui ne peut accéder que difficilement au site pour payer les gardes, les ouvriers agricoles et le reste du personnel grâce à des fonds disponibles au titre du Projet UNNESCO/RDC/UNF. Le braconnage continue sur le site. Le personnel est beaucoup trop réduit pour cette immense zone très difficile d’accès. L’ICCN de Kinshasa devrait être plus capable de gérer cette zone protégée ainsi que d’autres sous son autorité lorsqu’un projet de la GTZ, temporairement suspendu en juin 2001, sera sans doute relancé en janvier 2002. Ce projet de la GTZ pourrait se traduire par une reprise des paiements à plusieurs membres du personnel de l’ICCN-Kinshasa et répondre à d’autres besoins essentiels comme des véhicules et des indemnités de voyage qui permettraient à l’ICCN de mieux protéger la Salonga et d’autres aires protégées sous sa supervision directe.

VIII.18 La mission dirigée par le Directeur du Centre a visité Kinshasa ainsi que Goma, Beni et Bunia où siègent maintenant les gouvernements rebelles dans l’Est de la RDC. La mission a rencontré des membres du personnel de l’ICCN dans ces différents lieux, ainsi que des décideurs, dont les chefs de l’administration rebelle à Goma, Beni et Bunia. Le Directeur et son équipe ont rencontré des représentants du personnel des cinq sites du patrimoine mondial et ils ont visité un poste de garde à la limite sud-ouest des Virunga. La visite de reconnaissance de la mission dans la partie est de la RDC a suivi un itinéraire sud-nord le long de la limite ouest du Parc national des Virunga qui a fourni une vue d’ensemble de l’état du site.

VIII.19 La Society for Conservation Biology (SCB) des Etats-Unis d’Amérique a salué le dévouement des gardes des aires protégées de la RDC. Le Directeur général de l’ICCN-Kinshasa a accepté de recevoir une distinction au nom des gardes de la RDC lors d’une cérémonie à Hawaï en juin 2001. La contribution en espèces d’environ 5 000 dollars offerte par les membres de la SCB a été utilisée pour acheter des médailles à tous les gardes et ouvriers agricoles (environ 1 000 personnes) des cinq sites du patrimoine mondial. Le Directeur a remis des médailles à des représentants de chaque site lors de brèves cérémonies qui ont eu lieu pendant la mission. Une partie des 5 000 dollars réunis servira à verser de petites compensations financières aux veuves des gardes décédés en service.

VIII.20 Conformément à la demande de la vingt-cinquième session du Bureau, un rapport détaillé (en anglais et français) sur l’avancement du Projet UNESCO/RDC/UNF-UNFIP est présenté sous la cote WHC-01/CONF.208/INF.4. Le Ministre de l’Environnement de la RDC à Kinshasa a surnommé ce projet le « projet de l’espoir » car il s’est concrétisé alors qu’aucun bailleur de fonds ne voulait accorder son appui au personnel des cinq sites du patrimoine mondial. En l’absence de paiements mensuels de soutien aux gardes, de formation, de suivi et d’équipement et autres indemnités fournis dans le cadre du Projet, beaucoup de membres du personnel auraient déserté le Parc.

VIII.21 Les responsables de l’ICCN à Kinshasa et dans les régions rebelles de Goma, Beni et Bunia ont également favorablement accueilli le projet financé par le Gouvernement belge destiné à aider les communautés locales à travailler avec le personnel à la conservation des sites du patrimoine mondial. Cet aspect du programme de conservation n’avait pas été convenablement financé dans le cadre du Projet UNESCO/RDC/UNF. La contribution belge de 300 000 euros sur une période 4 ans recoupant celle du Projet UNESCO/RDC/UNF est donc considérée comme essentielle pour assurer le succès des efforts d’ensemble destinés à maintenir l’état de conservation des cinq sites. Le premier atelier de planification pour définir les activités d’appui communautaire individualisées selon les sites à organiser dans le cadre du Projet UNESCO/Gouvernement belge a été prévu pour la mi-février 2001 ; il se tiendra à Beni, à la limite du secteur nord du Parc national des Virunga. Cet atelier sera organisé par une ONG locale travaillant dans le Parc et aux alentours et qui a été créée et aidée par le Programme régional du WWF pour l’Afrique de l’Est.

VIII.22 Le Comité a été informé de l’important appui logistique et autre fourni par la mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC) à la fois pour épauler les voyages de l’équipe de la mission et pour aider des partenaires comme la ZSM à distribuer les paiements sous le projet UNESCO/RDC/UNF au personnel du Parc national de la Salonga. La MONUC dispose de personnel à Kinshasa, à Goma, à Beni et Bunia et ailleurs en RDC. Elle assure des vols réguliers entre ces destinations, vols gratuits autorisés à d’autres membres du personnel des Nations Unies, aux ONG partenaires et homologues en RDC. La MONUC, d’autres agences des Nations Unies, des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux et un nombre de plus en plus important de professionnels de la conservation qui arrivent dans le pays avec la lente instauration du processus de paix dans le cadre des accords de Lusaka pourraient être appelés à jouer un rôle essentiel pour restaurer l’état de conservation des sites du patrimoine mondial de la RDC.

VIII.23 A long terme, le retour de la paix et de la stabilité est essentiel à la conservation des sites du patrimoine mondial et d’autres aires et habitats protégés de RDC. Le Centre va essayer de trouver des contreparties aux ressources fournies par l’UNF, le Gouvernement belge et d’autres bailleurs de fonds pour mettre au point des solutions de développement durable dans des zones limitrophes des cinq sites afin de limiter les pressions sur les ressources dans le périmètre de ces sites. Alors que la démilitarisation des Parcs et le désarmement des milices rebelles qui se cachent dans les aires protégées, y compris dans les sites du patrimoine mondial, risquent de s’avérer difficiles, des représentants de plusieurs organisations partenaires et de la RDC et des forces militaires rebelles estiment que ces groupes armés comprennent des déserteurs et des jeunes qui accepteraient un retour à la vie civile si on leur offrait d’autres possibilités de subsistance.

VIII.24 Le Comité a été satisfait de noter que le Directeur général de l’UNESCO, conformément au souhait du Comité exprimé à plusieurs de ses précédentes sessions, a accepté de diriger une mission à Kinshasa (RDC), Kampala (Ouganda) et Kigali (Rwanda) à la fin de mars 2002. La mission dirigée par le Directeur du Centre a informé toutes les personnalités importantes rencontrées, y compris les responsables de la MONUC et d’autres organismes des Nations Unies en RDC, de la visite du Directeur général en RDC. Plusieurs personnes rencontrées ont exprimé l’espoir que la visite du Directeur général dans ces trois capitales pourrait servir de base à la coopération parmi les trois pays pour la conservation de la biodiversité, y compris celle d’importantes espèces menacées comme le gorille de montagne et le gorille de plaine de l’Est. Au fur et à mesure de l’application des accords de paix de Lusaka, on peut imaginer des solutions de collaboration officielle entre la RDC, l’Ouganda, et le Rwanda pour la préservation du gorille de montagne et de plaine dans les écosystèmes communs aux trois pays.

VIII.25 Le Comité a appris que le Centre, encouragé par le Directeur général adjoint de l’UNESCO, a lancé une étude de l’habitat du gorille en tant qu’activité pilote de l’Initiative UNESCO-ASE (Agence spatiale européenne) dans le but de démontrer l’utilité des images satellites et autres technologies embarquées dans l’espace pour surveiller l’état de conservation des sites. Cette initiative permettra d’obtenir des informations à jour sur les modification de l’utilisation des terres à l’intérieur et autour des deux sites importants pour l’habitat des gorilles de montagne dans les Virunga et des gorilles de plaine de l’Est à Kahuzi-Biega. Des études semblables sur l’habitat d’autres singes, comme le chimpanzé et le bonobo que l’on trouve à la Salonga, sont également prévues dans le cadre des contributions de l’UNESCO au « Great Apes Survival Project » (GRASP) que vient de lancer le PNUE.

VIII.26 Le Comité a noté avec satisfaction les résultats de la mission dirigée par le Directeur du Centre mais il s’est déclaré sérieusement préoccupé des différentes menaces à l’intégrité des cinq sites du patrimoine mondial de RDC. Plusieurs délégués ont salué les efforts de l’équipe de la mission pour visiter une région troublée avec des risques pour la sécurité afin de faire avancer la cause de la conservation du patrimoine mondial. Le Comité a lancé un appel à la communauté internationale pour se montrer à la hauteur de l’esprit et de l’idéal de coopération internationale promu par la Convention du patrimoine mondial et pour intervenir de toutes les manières possibles pour aider l’ICCN, le personnel des sites, les ONG partenaires et autres acteurs en vue de protéger et préserver les sites du patrimoine mondial de RDC. Le Comité a chaleureusement félicité les Gouvernements de la Belgique et de l’Allemagne et d’autres bailleurs de fonds comme l’UNF et les ONG partenaires du Projet UNESCO/RDC/UNF pour l’appui essentiel qu’ils fournissent déjà pour la conservation des cinq sites. Le Comité a favorablement accueilli l’occasion d’un étroite collaboration avec la MONUC et d’autres organismes des Nations Unies dans l’exécution d’activités et de missions d’appui à la conservation.

VIII.27 Le Comité a vivement engagé le Centre à travailler en liaison avec toutes les unités concernées à l’UNESCO pour garantir une exécution effective des projets financés par l’UNF et la Belgique en limitant le plus possible les délais administratifs et autres. Le Comité a demandé au Centre, à l’UICN et autres partenaires de développer la recherche de projets et de programmes qui fournissent de nouvelles solutions de subsistance pour les communautés habitant dans des endroits proches des sites du patrimoine mondial. Ces nouvelles possibilités de subsistance pourraient aussi avoir un rôle pour attirer des membres de groupes armés qui se cachent dans les sites du patrimoine mondial afin de les réintégrer dans la vie civile. Le Comité a souligné la nécessité d’étudier la faisabilité d’une mise en place de mécanismes de financement à long terme de la conservation en RDC, un des principaux objectifs du Projet UNESCO/RDC/UNF. Le Comité a remercié le Directeur général de l’UNESCO d’accepter de diriger une mission en RDC, au Rwanda et en Ouganda et il l’a invité à envisager de débattre d’un programme de coopération avec les trois pays pour la conservation du patrimoine mondial comme élément important de la mise en œuvre d’activités dans le cadre de l’accord de paix de Lusaka.

VIII.28 Le Comité a demandé que le Centre et l’UICN travaillent ensemble avec tous les partenaires concernés pour préparer une stratégie intégrée à long terme pour la conservation du patrimoine mondial de RDC – stratégie qui comprendrait des aspects économiques, sociaux, d’instauration de la paix et de renforcement des capacités et autres éléments pertinents. Le Comité a reconnu la nécessité d’enseigner aux jeunes et à d’autres groupes cibles l’importance de la conservation du patrimoine mondial en utilisant la culture du peuple congolais, et en particulier sa musique et ses chansons pour lui inculquer et lui transmettre les valeurs de la conservation. Le Comité a décidé de maintenir les cinq sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Comité a remercié le Secrétariat de son profond engagement pour avoir entrepris cette mission dans des circonstances difficiles.