1.         Auschwitz Birkenau
Camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945) (Pologne) (C 31)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1979

Critères  (vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/31/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1998-2000)
Montant total approuvé : 30 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/31/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/31/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2000

Précédents débats :
Vingt-deuxième session du Comité – paragraphe VII.38
Vingt-troisième session du Bureau – paragraphe IV.75
Vingt-troisième session du Comité – paragraphe X.46 et Annexe VII

Nouvelles informations : Le Bureau du Comité du patrimoine mondial, à sa vingt-troisième session, a demandé au gouvernement polonais de soumettre un nouveau rapport d'avancement avant le 15 avril 2000, pour étude par le Bureau à sa vingt-quatrième session. Lors d'une mission en Pologne, un membre du personnel du Centre du patrimoine mondial a été informé qu'un projet de plan d'aménagement de l'espace avait été établi et serait discuté avec le groupe d'experts internationaux. Ce groupe devrait se réunir pendant la première semaine de juillet 2000.

Pour ce qui est de la demande de la Commission nationale polonaise pour l’UNESCO concernant l’avis du Comité sur la question de la restitution à son auteur de portraits réalisés lors de son emprisonnement au camp, le Bureau du Comité du patrimoine mondial a conclu à sa vingt-troisième session extraordinaire à la nécessité d’un avis juridique du Secrétariat avant que cette question puisse être étudiée plus en détail par le Bureau ou le Comité.

S'agissant de la restitution, le Bureau des normes internationales et des affaires juridiques a fait les observations suivantes :

"Comme vous le savez, ce sont les Etats parties à la Convention, qu'ils agissent au sein de l'Assemblée des Etats parties, du Comité ou de son Bureau, qui sont compétents pour prendre des décisions sur des questions d'interprétation de la Convention. Nous notons que le Centre du patrimoine mondial, agissant selon sa fonction de Secrétariat, a opportunément transmis cette question, sans prendre position, au Bureau du Comité du patrimoine mondial à la demande d'un Etat partie.

Cependant, puisque le Bureau a maintenant spécifiquement demandé un avis juridique, nous vous informons que le Bureau des normes internationales et des affaires juridiques estime, après examen du dossier, que cette question concerne un différend de caractère privé et que cela n'entre pas dans le cadre de la Convention du patrimoine mondial. Par conséquent, nous estimons qu'il ne relève de la compétence d'aucun des organes créés en application de la Convention de prendre position ou de prendre des mesures à cet égard."

Action requise

Le Bureau pourrait souhaiter étudier cette question lors de sa session.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2000

A ce jour, le rapport demandé n’a pas été reçu par le Secrétariat.

Le Secrétariat a appris de différentes sources que le ministre polonais de l’Intérieur aurait levé une interdiction concernant la construction, par une entreprise privée, d’un centre d’accueil pour les visiteurs avec cafétéria et aire de stationnement à proximité du camp de concentration d’Auschwitz. Le Secrétariat a également appris qu’une discothèque avait été ouverte à l’extérieur du site du Patrimoine mondial, mais dans un bâtiment utilisé autrefois pour des travaux forcés. Le Secrétariat a demandé aux autorités polonaises un rapport sur ces questions, rappelant que le Comité du patrimoine mondial avait, lors de sa vingt-deuxième session, réaffirmé son soutien au principe selon lequel la mise en œuvre de la Déclaration relative aux principes de mise en œuvre du Programme Oswiecimsky devait se poursuivre sur la base d’un consensus entre toutes les parties intéressées. A ce jour, le rapport demandé n’a pas été reçu.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Néant

Décision adoptée: 24 BUR IV.B.73

Le Secrétariat a informé le Bureau qu'il avait reçu le 21 juin 2000 un compte rendu succinct des autorités polonaises sur la situation concernant la planification et la préservation du site du patrimoine mondial du Camp de concentration d'Auschwitz. Ce rapport contient les indications suivantes :

  1. Un Conseil international pour les camps de concentration d'Auschwitz-Birkenau a été créé le 29 mars 2000, sous la présidence d'un ancien Ministre des affaires étrangères et avec la participation d'experts et d'institutions nationales et internationales. Le Conseil qui s'est réuni pour la première fois le 7 juin 2000, apportera son concours et donnera des conseils sur la protection, la gestion et la présentation des camps et veillera à obtenir les moyens nécessaires pour assurer le bon fonctionnement du musée d’Auschwitz.
  2. Un plan d'aménagement de l'espace pour les abords d'Auschwitz, comprenant un plan à l'échelle 1/4000e, a été préparé suite à un long processus consultatif. Une résolution municipale pour l'approbation de la version définitive du plan a été formulée. Le plan d'aménagement de l'espace pour les abords de Birkenau est moins avancé, mais un plan à l'échelle 1/4000e a été élaboré.
  3. Les deux plans, traduits en anglais, ont été transmis au Groupe international d'experts créé en 1999. Pour des questions d'emploi du temps, ce groupe n'a pas pu se réunir en 2000, mais deux téléconférences ont été organisées. La prochaine réunion est prévue en septembre 2000. Deux nouveaux membres ont été nommés au sein du groupe d'experts, l'un de Pologne et l'autre de Hongrie.

Le Bureau a pris note des informations communiquées par l'Etat partie sur les progrès de la mise en œuvre du Programme stratégique gouvernemental pour Oswiecim et sur la réunion du Groupe international d'experts en septembre 2000. Il a demandé aux autorités de soumettre un rapport d'avancement avant le 15 septembre 2000 pour examen par le Comité à sa vingt-quatrième session.

Quant à la demande de la Commission nationale polonaise pour l'UNESCO concernant l'avis du Comité sur la restitution à son auteur de portraits réalisés pendant sa période de captivité au camp, le Bureau du Comité du patrimoine mondial, à sa vingt-troisième session extraordinaire, a conclu qu’il fallait obtenir un avis juridique du Secrétariat avant que cette question soit étudiée plus en détail par le Bureau ou le Comité. Le Secrétariat a informé le Bureau que l'Office des affaires juridiques de l'UNESCO estimait que cette affaire n'entrait pas dans le cadre de la Convention du patrimoine mondial. Le Bureau a pris note de ce conseil.

L'observateur d'Israël, qui est aussi membre du Groupe international d'experts, a noté qu'en fait, ce site du patrimoine mondial devrait s'intituler « les Camps de concentration d'Auschwitz-Birkenau ». Il a également pris note que les plans d'aménagement font référence aux zones urbaines autour des camps et non pas au site même du patrimoine mondial. Quant à la restitution des portraits, il a reconnu que cette question avait aussi une dimension affective et qu'il était nécessaire de demander instamment aux parties concernées de trouver un terrain d'entente.

Décision adoptée: 24 COM VIII.34

VIII.34 Camp de Concentration d'Auschwitz (Pologne)

Le Comité a examiné l'état de conservation du site et a pris note des informations fournies par le Secrétariat et par le Sous-Secrétaire d'Etat du gouvernement polonais, responsable de la mise en oeuvre du Programme gouvernemental stratégique pour Oswiecim.

Le Comité a rappelé qu'à sa vingt-troisième session (Kyoto, 1998), il a confirmé son adhésion aux principes figurant dans la Déclaration de mars 1997 ; ce processus devrait se poursuivre de manière consensuelle entre toutes les parties concernées. Il a estimé qu'il ne fallait pas prendre de mesures sans qu'un consensus ait été atteint.

Le Comité a exprimé son inquiétude concernant le retard dans la mise en oeuvre du Programme stratégique gouvernemental pour Oswiecim et dans le travail du groupe international d'experts. Il demande instamment aux autorités polonaises de traiter ces questions de façon urgente.

En ce qui concerne les projets de construction qui ont été rapportés sur des zones qui sont physiquement ou symboliquement liées aux camps de concentration, le Comité a demandé à l'Etat partie d'éviter toute action qui pourrait compromettre l'établissement d'un consensus entre toutes les autorités, institutions et organisations impliquées et de mettre tout en oeuvre afin que le caractère sacré du lieu soit préservé et que le site, ainsi que ses environs, soient l'objet d'attentions extrêmes quant à la protection de leur intégrité.

Le Comité a rappelé la demande de soumission d'un rapport d'avancement sur la mise en oeuvre du Programme stratégique gouvernemental pour Oswiecim faite à l'Etat partie lors de sa vingt-quatrième session et demande à l'Etat partie de soumettre ce rapport détaillé avant le 15 avril 2001, au plus tard, pour examen par le Bureau à sa vingt-cinquième session.

Le Comité a demandé également au Secrétariat de maintenir d'étroits contacts avec l'Etat partie et les autres parties concernées afin de soutenir la planification et le processus d'établissement d'un consensus, comme indiqué dans la décision prise par le Comité à sa vingt-troisième session.

En conclusion, le Comité a réitéré la nécessité de mettre en place une zone tampon autour du site, ainsi que d'élaborer un plan de mise en oeuvre de mécanismes de contrôle du développement dans la zone nouvellement définie. Le Comité a demandé instamment aux autorités polonaises d'accorder une attention particulière à cette question et de soumettre un rapport d'avancement sur la définition d'une zone tampon et sur les mécanismes de contrôle pour examen par le Bureau à sa vingt-cinquième session.

L'observateur d'Israël a souligné que les deux anciens camps de concentration - Auschwitz et Birkenau - distants d'environ 3 km, sont situés dans deux communes - Oswiecim et Birkenau - soumises à des juridictions différentes, et qu'avant la création d'une zone tampon, il faudrait procéder à une unification des deux lieux. Il a fait remarquer que le Programme stratégique gouvernemental n'était pas le plan de gestion mais un plan élaboré par la ville d'Oswiecim et qu'il faudrait être plus précis à ce sujet. De plus, il a déclaré qu'il avait pris bonne note des commentaires faits par le Zimbabwe, la Finlande et la Grèce (inclus dans le rapport du Rapporteur). Enfin, il a souligné que la coordination entre le groupe international d'expert, l'Etat partie et l'ICOMOS était nécessaire et qu'elle devrait être renforcée. De plus, en raison de la haute sensibilité liée à ce site, l'observateur d'Israël a précisé que des représentants de l'Etat partie et de la communauté juive devraient être impliqués dans les travaux de ce groupe d'experts.