1.         Monastère de Ghélati (Géorgie) (C 710bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1994

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2010-2017

Menaces pour lesquelles le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril

Interventions irréversibles dans le cadre de la reconstruction majeure de la structure de la cathédrale de Bagrati 

État de conservation souhaité en vue du retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril

Adopté dans la décision 34 COM 7B.88, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/4196

Mesures correctives identifiées

Adoptées dans la décision 34 COM 7B.88, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/4196 

Calendrier pour la mise en œuvre des mesures correctives

Adopté dans la décision 34 COM 7B.88, voir page http://whc.unesco.org/fr/decisions/4196

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2003, juin 2008 et mars 2010 : missions conjointes de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS.

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/710/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2012

À sa 34e session, le Comité a demandé à l’État partie d’arrêter les travaux d’une reconstruction monumentale en béton armé avec revêtement en pierre de la cathédrale de Bagrati, commencée sans son accord, et il a décidé d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial in péril. À sa 35e session, le Comité a noté l’arrêt des travaux de reconstruction de la cathédrale selon le projet monumental.

Le Comité a également noté que, selon l’architecte international nommé comme consultant pour la cathédrale de Bagrati, l’état structurel incomplet du monument n’était pas durable, qu’il n’était peut-être pas possible de revenir en arrière pour les constructions récentes car les interventions sont presque irréversibles, et qu’un toit léger pouvait être monté sur les colonnes existantes en béton.

Le Comité a demandé à l’État partie d’élaborer une stratégie de réhabilitation permettant d’utiliser de nouveau le bâtiment, tout en inversant le maximum de travaux récents et en incorporant des fragments du bâtiment d’origine à leur emplacement initial sur les murs.

La stratégie de réhabilitation devait être présentée au Comité pour approbation avant soumission d’un projet de réhabilitation détaillé, et avant d’entreprendre de nouveaux travaux sur la cathédrale.

Comme l’avait également demandé le Comité à sa 35e session, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a visité le bien du 22 au 28 avril 2012 pour discuter de la stratégie de réhabilitation et étudier l’état général de conservation du bien.

Lors de la rédaction du présent rapport, seul un rapport de mission préliminaire a été reçu ; il signale cependant qu’une reconstruction monumentale de la cathédrale, effectuée avec des matériaux modernes, était largement engagée lors de la mission.

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 31 janvier 2012. Ce rapport ne mentionne pas le fait que les travaux de reconstruction étaient déjà bien engagés, mais rend compte de l’avancement de la rédaction de la stratégie de réhabilitation pour la cathédrale de Bagrati, des travaux de conservation au monastère de Ghélati, et de la rédaction d’un projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle. D’autres documents concernant la reconstruction de la cathédrale ont été soumis le 15 mai 2012, c’est-à-dire après le départ de la mission. Ils incluaient une stratégie de réhabilitation révisée, des détails sur les travaux d’ingénierie réalisés, et un rapport partiel sur des recherches archéologiques, mais aucun plan détaillé du projet de reconstruction.

a) Stratégie de réhabilitation de la cathédrale de Bagrati

L’État partie a soumis un premier projet de stratégie de réhabilitation en janvier 2012. Ce projet a été rédigé à la suite d’une table ronde organisée à la demande de l’État partie au Centre du patrimoine mondial le 9 novembre 2011, en présence de représentants de l’État partie, du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM.

Les participants à cette réunion ont convenu que le but de la stratégie de réhabilitation était de présenter les raisons d’un projet permettant d’utiliser de nouveau la cathédrale.

Il a été convenu qu’étant donné la complexité de l’histoire de la conservation de la cathédrale de Bagrati, et comme des interventions récentes ont, dans une certaine mesure, limité certaines options, la stratégie de réhabilitation doit présenter les preuves nécessaires pour justifier toute démarche de reconstruction proposée.

Les participants à la réunion ont discuté d’une nouvelle démarche possible concernant la solution monumentale en béton. Il s’agissait de combiner un renforcement des parties d’origine du gros œuvre déjà réalisé (jugé non réversible), une reconstruction utilisant les quelque 400 blocs de pierre tombés sur place pour les replacer là où l’on dispose de données détaillées sur leur emplacement d’origine dans la partie centrale et la partie est, et l’insertion de construction moderne dans la partie ouest où les preuves manquent. Le toit serait soutenu par un dispositif en acier léger et l’ensemble de la construction respecterait la recherche archéologique détaillée et permettrait de voir la maçonnerie. Cette démarche aurait l’avantage de la réversibilité de la nouvelle construction.

Le premier projet de stratégie de réhabilitation soumis par l’État partie en janvier 2012 a présenté une démarche fondée sur une recréation des parties est et centrale de la cathédrale, pour lesquelles on dispose de données, et sur l’achèvement du monument par de nouvelles structures à l’extrémité ouest où l’on ne dispose plus de preuves matérielles, mais seulement de quelques traces des matériaux d’origine.

Le projet de stratégie a été étudié par l’ICOMOS qui a considéré qu’il fallait, à certains endroits, disposer de plus d’informations et réaliser des analyses pour mieux comprendre l’étendue des interventions réalisées jusqu’à présent sur le gros œuvre d’origine, et les problèmes techniques et de conservation que cela crée. De manière générale, l’ICOMOS a considéré que la stratégie devait être plus claire sur les travaux réversibles et ceux qui ne l’étaient pas, et sur la partie des travaux récents qui était nécessaire d’un point de vue structurel, sur ce qui serait modifié, et sur la manière dont on allait réaliser le nouveau renforcement. L’ICOMOS a également estimé qu’il y avait un certain chevauchement entre la stratégie et le projet final, qu’il convenait de supprimer dans le document. L’ICOMOS a souligné qu’aucun accord n’avait été donné au projet de reconstruction, contrairement à ce que laissait entendre le projet de stratégie.

Il a été convenu que la mission de suivi réactif devait discuter de ces commentaires avec l’État partie, de manière à pouvoir soumettre une stratégie de réhabilitation révisée au Comité à sa prochaine session.

Cet objectif a toutefois été dépassé par la reprise des travaux sur la cathédrale, sans doute après la dernière session du Comité.

Un second projet de stratégie de réhabilitation a été soumis par l’État partie le 15 mai 2012. Cependant, comme à ce moment-là les travaux de reconstruction étaient bien engagés, le but de cette stratégie en tant que document susceptible de documenter un projet de reconstruction n’est plus d’actualité. Le document est devenu une justification des travaux déjà entrepris, l’État partie concluant que l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle est négligeable.

b) Travaux de stabilisation de la cathédrale de Bagrati

Bien que le rapport de l’État partie indique que certains travaux de stabilisation urgents aient été entrepris sur le mur ouest pour pouvoir supporter ultérieurement les structures peut-être jugées nécessaires par la stratégie de réhabilitation, comme cela a été expliqué par lettre du 27 septembre 2011 au Centre du patrimoine mondial, lequel a répondu par l’affirmative le 5 octobre 2011, la mission a observé une situation bien différente.

Elle a pu constater que les travaux de reconstruction de la cathédrale se poursuivent en permanence pour réaliser une reconstruction totale du monument, en utilisant du béton armé avec revêtement en pierre dans les parties centrale et est, ainsi que des interventions modernes dans la partie ouest, en s’inspirant en majorité du projet monumental initial associé à des plans dessinés par l’architecte international spécialisé en conservation. Une coupole en béton moulé avait déjà été partiellement dressée. L’État partie a confirmé à la mission que l’inauguration de la cathédrale est prévue pour septembre 2012.

L’idée de restaurer les parties du monument où il existe des éléments d’information, en se fondant sur une documentation et une recherche méthodiques et en conservant le gros œuvre d’origine a été abandonnée.

c) Ajouts structurels :

La mission a été informée des principales interventions structurelles entreprises jusque-là, et celles-ci ont été confirmées par des informations ultérieures reçues de l’État partie, à savoir :

- Achèvement des travaux de consolidation des fondations intérieures et extérieures des murs porteurs ;

- Création de quatre piliers centraux en béton sur les bases des piliers d’origine ;

- Installation de poutres en béton renforcé reliant les quatre piliers aux fondations enterrées des murs extérieurs, qui, selon des ingénieurs géorgiens, sont placées sous le niveau archéologique ;

- Couverture de la surface intérieure des murs de l’église avec un revêtement en pierre sur une base renforcée – méthode totalement irréversible.

Bien qu’il ait été déclaré que ces travaux étaient nécessaires pour la stabilité de l’église située en zone sismique, en réalité ces interventions radicales permettaient en fait la réalisation de la première phase du projet de reconstruction, en assurant la stabilité nécessaire pour supporter la coupole en béton et le nouveau toit prévus.

d) Reconstruction :

La mission a constaté la réalisation en cours des travaux suivants :

- Partie ouest :

Dans cette extrémité de l’église, où l’on ne dispose ni de matériaux d’origine ni de données fiables pour une reconstruction complète, des poutres en béton armé ont été installées pour supporter le nouveau toit en pierre et métal.

- Coin nord-ouest :

Une structure en métal a été préparée (avec des chevilles de scellement en fer dans la maçonnerie d’origine) pour supporter le nouvel escalier et un ascenseur qui mènera au musée du premier étage.

- Partie centrale :

Un dôme de béton armé a été installé, théoriquement soutenu par les quatre piliers centraux en béton, ainsi que par des arches en béton qui complètent les piliers, bien que ces derniers soient encore en construction. Toutes les nouvelles surfaces (intérieures et extérieures) sont revêtues de pierre. La seule surface non revêtue de pierre se trouve dans la zone du futur musée. Les lacunes dans l’intérieur de la maçonnerie d’origine sont jointoyées au mortier de ciment.

- Ailes nord et sud :

Au-dessus des portiques historiques aux célèbres reliefs de pierre, se trouvent des constructions en béton armé avec des supports en fer pour la toiture en métal.

- Extrémité est :

En cours d’achèvement, car on poursuit les travaux de reconstruction des années cinquante, elle sera couverte d’un toit comme le reste du bâtiment.

La mission a constaté que les travaux en cours ne sont pas fondés sur la conservation du gros œuvre existant – dont certaines parties ont été jugées très fragiles lors de la mission précédente de 2010 –, car ils n’ont pas respecté les couches archéologiques et ne sont pas réversibles.

Qui plus est, toutes ces interventions ont complètement laissé de côté les données mises en exergue par la recherche archéologique récente : celle-ci a permis d’identifier l’emplacement initial précis de la plupart des 400 pierres de construction d’origine restées sur le site. Sur ce nombre, seules deux ou trois ont été replacées à leur place initiale, à titre d’exemple.

Selon la mission, la stabilisation nécessaire de la cathédrale aurait pu être obtenue en employant des moyens moins radicaux et aurait pu être présentée pour discussion dans le cadre de la stratégie de réhabilitation.

Le second projet de stratégie de réhabilitation soumis par l’État partie tente de justifier la reconstruction entreprise et soutient que cette reconstruction respectera et sauvegardera tous les matériaux d’origine qui existaient lors de l’inscription. La mission a cependant constaté que seuls deux des quatre cents blocs de pierre écroulés avaient été réutilisés. La couverture du gros œuvre d’origine sous un habillage moderne en pierre posé sur une base en béton armé va irrémédiablement affecter l’authenticité de la construction d’origine et faire en même temps disparaître toutes les traces historiques des interventions passées qui constituent l’histoire de cette église.

Pour soutenir le nouveau dôme en béton armé, on a creusé dans la partie centrale de l’église pour installer de nouvelles sous-fondations pour les murs paramétriques et les grosses poutres en béton armé ont détruit la plupart des couches archéologiques, y compris, semble-t-il, d’importantes tombes découvertes dans l’église, comme cela a été relaté dans les médias.

Selon la mission, la démarche générale n’a pas suivi l’objectif de réhabilitation de l’église qui devait respecter sa maçonnerie, ses couches archéologiques et surtout sa valeur universelle exceptionnelle, comme l’avait envisagé le Comité.

Le second projet de stratégie de réhabilitation explique que lors de l’inscription, le monument n’était pas totalement en ruine et que certaines parties étaient reconstruites. Cela a été accepté au moment de l’inscription mais cela ne justifie pas pour autant une reconstruction monumentale menée sans accord préalable du Comité à une stratégie ou à des faits détaillés.

Une évaluation détaillée de ce second projet de stratégie de réhabilitation va être entreprise par l’ICOMOS et soumise à l’État partie.

e) Études topologiques et archéologiques autour de la cathédrale de Bagrati

Le rapport de l’État partie donne des détails sur les travaux entrepris pour mieux connaître la zone archéologique plus large qui entoure la cathédrale. En plus des levés topographiques et cadastraux du site réalisés au début de 2011, une étude archéologique non intrusive de la partie du bien qui comprend l’ensemble de la cathédrale de Bagrati a été entreprise en novembre-décembre 2011. Les résultats de cette étude ont révélé une forte densité de couches archéologiques dans la zone d’étude, avec des traces de fortifications et de résidences royales.

La mission a considéré que les données collectées sont très importantes pour comprendre l’importance du contexte du bien. Ces données auraient pu être utilisées comme base du plan directeur du bien et de son cadre, pour aider à comprendre l’évolution de ces lieux.

f) Travaux de conservation au monastère de Ghélati

L’État partie mentionne la poursuite de travaux de conservation dans le cadre du plan directeur de conservation du monastère de Ghélati. La mission a évalué les travaux en cours, qui ont été centrés en 2011sur la réhabilitation du palais de l’évêque Gabriel.

Grâce à un accord de coopération entre la Faculté de Restauration de l’Académie nationale des Beaux-Arts (NACPG) et l’Université de Lugano, avec le soutien financier du Fonds national suisse de la Recherche scientifique, des spécialistes internationaux de la conservation ont participé au programme de conservation de la pierre et des peintures murales en 2010-2011, dans le cadre d’un programme complexe de conservation et restauration systématiques des peintures murales et mosaïques intérieures des églises du monastère de Ghélati. À la suite de cette coopération, les travaux suivants ont été entrepris :

- Évaluation de l’état des peintures murales dans la chapelle Saint-Marin de l’église principale de Ghélati ;

- Évaluation de l’état de la pierre de l’église Saint-Georges de Ghélati et cartographie des risques ;

- Conservation du portique en pierre sculptée du portail d’entrée de l’église Saint-Georges de Ghélati.

Avec le soutien de la NACHPG, il est prévu de maintenir la participation active de ces spécialistes internationaux et de leurs étudiants à de futurs travaux de conservation de la pierre et des peintures murales.

La mission a noté que l’État partie a beaucoup avancé dans la mise en œuvre des mesures correctives demandées concernant cet élément constitutif du bien.

Un mécanisme clair de coordination institutionnelle a été établi, garantissant que la conservation du monastère de Ghélati est jugée prioritaire dans les processus décisionnels gouvernementaux en ce domaine. Un programme complexe de conservation structurelle et de restauration des églises du monastère de Ghélati est en cours de mise en œuvre.

Le plan directeur du monastère de Ghélati, présenté en 2010, répond de manière appropriée aux problèmes concernant les besoins de la communauté monastique et ceux des visiteurs de l’ensemble monastique. La mission confirme la bonne organisation des fonctions dans l’enceinte du monastère, compte tenu du fait que le bien est un monument vivant. Comme cela a déjà été mentionné par la mission de 2010, si le nombre de moines augmente, il sera possible de les accueillir dans un lieu proche, en dehors de l’enceinte du monastère. Le plan directeur dissocie les installations des visiteurs de la vie monacale, en proposant que les nouveaux bâtiments d’accueil soient édifiés en dehors des terres du monastère et que les visiteurs suivent un itinéraire organisé à l’intérieur de l’ensemble monastique.

g) Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle

Le projet de Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle soumis par l’État partie est encore à l’étude par les Organisations consultatives. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note des observations de la mission selon lesquelles – en dépit de l’accord conclu entre le Centre du patrimoine mondial et l’État partie en novembre 2011, qui précisait que seuls des travaux d’urgence pouvaient être entrepris pour stabiliser le monument – une reconstruction généralisée de la cathédrale est en réalité bien engagée, surtout selon les plans utilisant largement le béton armé et le revêtement en pierre, plans qui ont été rejetés par le Comité à sa 34e session, mais avec une construction moderne plus légère à l’extrémité ouest.

La mission a également noté que malgré le fait que des travaux d’investigation exemplaires aient été entrepris sur le monument et ses abords, aucune tentative n’a été faite pour entreprendre une reconstruction archéologique utilisant les pierres d’origine à leur emplacement initial, ni de conserver le gros œuvre existant, dont certaines parties étaient en mauvais état, et apparemment, aucun effort de protection des couches archéologiques et des tombes récemment découvertes n’a été fait à l’endroit où l’on a enterré les poutres de béton armé.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent avec déception que malgré les réunions apparemment positives de 2011 entre l’État partie, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives – étant clairement entendu que la stratégie de reconstruction devait être établie et présenté au Comité pour accord avant tous travaux de reconstruction, et que cette stratégie devait reconnaître la nécessité d’une analyse approfondie du gros œuvre existant, et que certaines des interventions récentes devaient pouvoir être annulées pour présenter au maximum la pierre d’origine –, cette démarche stratégique n’a apparemment pas été respectée. De même, la demande explicite du Comité à sa 35e session d’approuver cette stratégie avant tout engagement de reconstruction n’a pas été respectée.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives constatent également qu’après une mise en œuvre quasi complète du projet monumental, l’État partie a soumis en mai 2012 un second projet de stratégie de réhabilitation qui tente de justifier les travaux en cours, sans toutefois fournir d’explication sur les raisons pour lesquelles on n’a pas choisi une solution qui respecte la maçonnerie d’origine et qui soit réversible.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent que le Comité exprime son vif regret que l’on n’ait pas saisi l’occasion d’entreprendre une reconstruction soignée et réversible de la plus grande partie du bâtiment, en se fondant sur les données claires de ce qui existait auparavant, et en réalisant de nouveaux travaux avec tact là où les données manquaient ; cela aurait pu permettre de réutiliser la cathédrale et de l’apprécier comme un élément de la société contemporaine.

Ils considèrent que la décision d’inaugurer en septembre 2012 une nouvelle cathédrale de Bagrati reconstruite l’a emporté sur l’engagement de l’État partie de mettre en œuvre les décisions du Comité visant à permettre un futur retrait du bien de la Liste du patrimoine mondial en péril, ainsi que sur la responsabilité de maintenir la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Bien que l’État partie ait réalisé un avancement important dans la mise en œuvre des mesures correctives concernant le monastère de Ghélati, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives considèrent que les travaux entrepris sur la cathédrale de Bagrati ne respectent pas les mesures correctives approuvées par le Comité et ne contribuent pas à atteindre l’état de conservation souhaité pour le bien. Les nouveaux travaux ont pris tellement d’importance par rapport à la maçonnerie d’origine que l’authenticité de la cathédrale a été irréversiblement détruite. La cathédrale de Bagrati ne peut plus être considérée comme répondant au critère d’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial. 

Décision adoptée: 36 COM 7A.30

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Décide exceptionnellement d’ajourner le débat sur ce point de l’ordre du jour jusqu’à sa prochaine 37e session ordinaire du Comité (2013).

Décision adoptée: 36 COM 8C.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.    Faisant suite à l’examen des rapports sur l’état de conservation des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril (WHC-12/36.COM/7A et WHC-12/36.COM/7A.Add),

2.    Décide de maintenir les biens suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :