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Etat de conservation (SOC)

Villes anciennes de Djenné (2012)

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé au bien : 110 000 dollars EU (Fonds-en-dépôt italien) ; 23 100 dollars EU (Croisi Europe) ; 86 900 dollars EU (Commission européenne)

Assistance internationale reçue pour le bien

Demandes approuvées : 0 (de1981-2012)
Montant total approuvé : 61 310USD

2012   Assistance internationale d’urgence pour la protection renforcée ...   23 333  USD
2007   Plan de gestion et de conservation des villes anciennes de Djenné   30 000  USD
1981   Provision of one expert and financial assistance for the ...   7 977  USD
Missions**

2002, 2005 : missions du Centre du patrimoine mondial ; 2006 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM 

Facteurs* affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

a) Absence de plan de gestion et de conservation ;

b) Pression du développement urbain ;

c) Détérioration des maisons d’habitation ;

d) Problèmes de gestion des déchets ;

e) Empiètement sur les sites archéologiques.

Mesures Correctives
Problèmes de conservation actuels

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie le 8 février 2012. Il comprend une description des conditions actuelles de conservation et des défis auxquels est confronté le bien. Le rapport indique que l’on assiste à des changements progressifs du tissu urbain et des bâtiments, susceptibles de modifier le caractère du lieu, si des dispositions ne sont pas prises pour atténuer les pressions du développement et d’autres facteurs comme l’appauvrissement de la population locale qui ne peut répondre aux besoins d’entretien, ce qui entraîne un sérieux état de délabrement de certains bâtiments. Qui plus est, de nouvelles constructions, l’introduction de nouveaux équipements pour le développement urbain, une tendance à couvrir les façades en terre avec de la brique cuite ou des matériaux modernes, l’occupation illégale et la spéculation foncière constituent un défi pour maintenir les conditions d’intégrité et d’authenticité du bien inscrit.

a) État de conservation du patrimoine archéologique

Les éléments archéologiques du bien sont également affectés par des facteurs naturels ou anthropiques. À ce sujet, des interventions ont été entreprises pour atténuer le délabrement dû à l’érosion. Cependant, aucune information mise à jour n’a été fournie concernant l’état d’avancement actuel des projets de développement dans les zones adjacentes aux éléments archéologiques.

b) Problèmes de gestion des déchets

La ville historique continue à rencontrer de sérieux problèmes d‘assainissement et environnementaux dus à de mauvaises pratiques de gestion des déchets solides et liquides. Le rapport indique que ces problèmes ont été partiellement abordés dans certains quartiers par les Services locaux d’assainissement et de contrôle de la pollution, mais cela reste néanmoins très préoccupant.

Le projet UNESCO Niger-Loire, financé par l’Union européenne, a réalisé un dépôt de transit, fourni du matériel d’assainissement et formé 100 femmes au recyclage des déchets. Par ailleurs, une étude de faisabilité a été menée pour la construction d’une décharge finale prévue à environ 5 km de Djenné et pour laquelle il faudra encore trouver un financement.

c) Réhabilitation du patrimoine architectural

Le rapport contient des informations sur les interventions achevées en 2011 à la mosquée, avec un soutien financier de la Fondation Aga Khan pour la culture, et au musée de Djenné, financé par l’Union européenne. La troisième phase du projet de réhabilitation et de conservation se déroule actuellement avec la restauration prévue de six maisons de Djenné. De plus, la réhabilitation de la Maison des Jeunes – avec élaboration de directives techniques pour la conservation de la terre – s’est achevée avec succès grâce au soutien de l’UNESCO/Fonds-en-dépôt italien, dans le cadre du Programme du patrimoine mondial pour l’architecture de terre (WHEAP).

d) Démolition de l’ancien palais de justice

Le rapport indique également que le bâtiment de l’ancien palais de justice est tombé en ruines et a été démoli pour faire place à une nouvelle construction plus vaste. Comme cette démolition n’avait pas reçu l’accord de la Mission culturelle, les travaux du nouveau bâtiment ont été stoppés et des débats participatifs ont débuté sur le nouveau projet qui devrait abriter le marché de l’artisanat. Le projet actuel consiste à construire un nouveau bâtiment dans des matériaux modernes qui adopterait le style architectural soudano-sahélien et serait intégré au cadre physique et urbain.

e) Réglementation d’urbanisme et plan de gestion et de conservation

Le rapport comporte une recommandation préconisant de mettre en œuvre la réglementation d’urbanisme dans le cadre du projet WHEAP, ainsi que le plan de gestion et de conservation, mais ne fournit aucune information sur la manière de le faire ni où les ressources nécessaires pourraient être obtenues pour une mise en œuvre systématique et durable.

f) Limites et zone tampon

Aucune information n’a été fournie sur la clarification des limites et de la zone tampon, ni sur la nouvelle réglementation d’urbanisme et de construction.

La proposition de zonage du bien a été mise au point avec l’assistance technique fournie dans le cadre du projet UNESCO Niger-Loire et du projet WHEAP-Conservation pour l’Afrique financé par l’Italie.

Conclusion

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que l’État partie a fait des efforts pour traiter la conservation du bien malgré des ressources limitées. Ils souhaitent cependant attirer particulièrement l’attention du Comité sur l’absence de mise en œuvre d’outils de planification développés pour mieux gérer les situations qui menacent les attributs justifiant la valeur universelle exceptionnelle du bien.

Ils considèrent que la démolition de l’ancien palais de justice semble symptomatique de l’absence de protection appropriée et de contrôles de planification. Le bâtiment était un exemple important et significatif de l’architecture traditionnelle de Djenné et occupait une place prépondérante sur la place du marché près de la Grande Mosquée. Le bâtiment avait été restauré dans le cadre d’un projet financé par le Fonds-en-dépôt néerlandais qui a rénové 100 bâtiments entre 1996 and 2003. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que la démolition de l’ancien palais de justice a eu un impact négatif sur l’intégrité du bien. Beaucoup de bâtiments plus petits ont été démolis ou reconstruits depuis l’inscription et le Comité du patrimoine mondial a encouragé la mise au point d’outils de planification pour enrayer cette tendance. L’ancien palais de justice constitue cependant un cas de démolition de l’un des plus importants bâtiments de Djenné, non parce qu’il était en mauvais état, mais parce que son terrain était considéré comme de grande valeur. Le bâtiment de remplacement, proposé dans les dessins qui ont été soumis, ressemble assez peu à ce qu’il y avait avant et, avec son style élaboré pseudo-sahélien, va représenter une intrusion gênante dans le paysage urbain. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent que le Comité demande à l’État partie de fournir des plans et dessins révisés qui s’harmonisent avec l’environnement urbain, et que la réglementation d’urbanisme inclue une présomption claire contre la démolition.

Une mission de suivi réactif serait bienvenue afin de mieux évaluer la situation actuelle en matière de conservation, de travailler conjointement avec l’État partie à la mise au point d’un plan d’action permettant de traiter les problèmes pressants, et de vérifier si le manque actuel de contrôles de planification et l’absence de protection pour les bâtiments individuels pourraient justifier que le Comité envisage d’inclure le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril. 

Décision
  • Adoptée

  • Projet de décision

36COM7B.106
Link to the decision

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B.Add,

2.   Félicite l’Etat partie pour avoir immédiatement exprimé son inquiétude face à l’aggravation des menaces sur les biens du patrimoine culturel mondial, en particulier ceux de Tombouctou et du Tombeau des Askia, et pour avoir sollicité l’aide de l’UNESCO pour que des dispositions soient prises pour anticiper sur une aggravation de la situation dans le futur ;

3.   Remercie la Directrice générale de l’UNESCO d’avoir dépêché une mission au Mali pour envisager avec l’Etat partie les mesures d’urgence à prendre pour assurer la préservation des biens du patrimoine mondial du Mali et prend note du rapport sur l’état de conservation des biens du patrimoine mondial du Mali menacés par le conflit armé dans la région nord du Mali ;

4.   Exprime sa vive préoccupation sur la situation de conflit armé dans la région nord du Mali et sur l’aggravation de menaces sur les biens du patrimoine mondial, suite à la dégradation de mausolées à Tombouctou, et aux menaces qui pèsent sur la conservation de la valeur universelle exceptionnelle du Tombeau des Askia ;

5.   Considère que les conditions optimales ne sont plus réunies pour assurer la préservation de la valeur universelle exceptionnelle des biens de Tombouctou et du Tombeau des Askia, et qu’ils sont menacés par un danger prouvé, précis et imminent, conformément au paragraphe 179 des Orientations ;

6.   Décide d’inscrire Tombouctou (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril ;

7.   Décide également d’inscrire le Tombeau des Askia (Mali) sur la Liste du patrimoine mondial en péril;

8.   Demande au Centre du patrimoine mondial et à l’ICOMOS de préparer en consultation avec l’Etat partie, l’ensemble des mesures correctives, ainsi qu’un état de conservation souhaité pour le retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril, une fois que le retour à la stabilité sera effectif dans la région nord du Mali ;

9.   Lance un appel aux Etats parties frontaliers du Mali (Algérie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, Sénégal) pour qu’ils coopèrent à l’élaboration d’une stratégie conjointe de préservation des biens du patrimoine mondial du Mali et pour lutter contre le trafic illicite d’objets culturels, en particulier ceux qui sont liés à ces biens ;

10.  Lance également un appel à l’Union Africaine et à la CEDEAO afin de faire en sorte que toutes les mesures nécessaires puissent être prises pour protéger le patrimoine culturel situé dans la région nord du Mali et à la communauté internationale, afin qu’elle apporte son appui technique et financier pour assurer la protection renforcée des biens du patrimoine mondial au Mali ;

11.  Encourage l’Etat partie à solliciter une assistance financière d’urgence auprès du Fonds du patrimoine mondial, afin de mettre en œuvre les actions prioritaires identifiées lors de la mission de l’UNESCO, et demande  également au Centre du patrimoine mondial, à l’ICOMOS et à l’ICCROM de l’assister dans cette optique ;

12.  Demande en outre à l’Etat partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport détaillé sur l’état de conservation des biens du patrimoine mondial au Mali, et plus particulièrement sur les progrès réalisés en vue de la préservation de leur valeur universelle exceptionnelle, pour examen par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 37e session en 2013.

36COM7B.44
Link to the decision

Le Comité du patrimoine mondial,

1.   Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

2.   Rappelant la décision 34 COM 7B.47, adoptée par sa 34e session (Brasilia, 2010),

3.   Prend acte des informations fournies sur l’état de conservation du bien et sur les mesures mises en œuvre pour sa conservation ;

4.   Note avec préoccupation les conditions de conservation du bien et l’absence d’avancée significative dans la mise en œuvre des plans de gestion et de conservation ;

5.   Exprime ses regrets concernant la démolition de l’ancien palais de justice, exemple significatif et important du style architectural de Djenné, qui avait été rénové dans le cadre d’un projet de restauration urbaine, et considère que sa destruction a un impact négatif sur l’intégrité du bien et qu’elle est symptomatique de l’absence d’adoption d’outils de planification développés ;

6.   Prie instamment l’État partie de coopérer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, ainsi qu’avec tout autre organisme international compétent, pour mettre en place des mesures permettant de traiter les problèmes pressants concernant la mise en œuvre de mesures réglementaires pour contrôler les pressions du développement, les conditions de conservation du patrimoine bâti et l’assainissement ;

7.   Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2012, une clarification sur les limites, dans le cadre du processus d’inventaire rétrospectif ;

8.   Demande également à l’État partie d’inviter une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état de conservation du bien, en particulier la vulnérabilité de son architecture caractéristique, l’état des éléments archéologiques du bien, et les propositions de développement pour différents quartiers, et pour établir un plan d’action de mise en œuvre des mesures prioritaires de conservation et de protection ;

9.   Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013, afin d’envisager, en cas de confirmation de danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription possible du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 
Projet de décision : 36 COM 7B.44
 

Le Comité du patrimoine mondial,

 

1. Ayant examiné le document WHC-12/36.COM/7B,

 

2. Rappelant la décision 34 COM 7B.47, adoptée par sa 34e session (Brasilia, 2010),

 

3. Prend acte des informations fournies sur l’état de conservation du bien et sur les mesures mises en œuvre pour sa conservation ;

 

4. Note avec préoccupation les conditions de conservation du bien et l’absence d’avancée significative dans la mise en œuvre des plans de gestion et de conservation ;

 

5. Exprime ses regrets concernant la démolition de l’ancien palais de justice, exemple significatif et important du style architectural de Djenné, qui avait été rénové dans le cadre d’un projet de restauration urbaine, et considère que sa destruction a un impact négatif sur l’intégrité du bien et qu’elle est symptomatique de l’absence d’adoption d’outils de planification développés ;

 

6. Prie instamment l’État partie de coopérer avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, ainsi qu’avec tout autre organisme international compétent, pour mettre en place des mesures permettant de traiter les problèmes pressants concernant la mise en œuvre de mesures réglementaires pour contrôler les pressions du développement, les conditions de conservation du patrimoine bâti et l’assainissement ;

 

7. Demande à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er décembre 2012, une clarification sur les limites, dans le cadre du processus d’inventaire rétrospectif ;

 

8. Demande également à l’État partie d’inviter une mission commune de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS pour évaluer l’état de conservation du bien, en particulier la vulnérabilité de son architecture caractéristique, l’état des éléments archéologiques du bien, et les propositions de développement pour différents quartiers, et pour établir un plan d’action de mise en œuvre des mesures prioritaires de conservation et de protection ;

 

9. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2013, un rapport sur l’état de conservation du bien et sur les mesures prises pour la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 37e session en 2013, afin d’envisager, en cas de confirmation de danger avéré ou potentiel pour la valeur universelle exceptionnelle, l’inscription possible du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

 
Villes anciennes de Djenné
Etat Partie :
Mali
Date d'inscription : 1988
Fiches d'inscriptions (année) : 1979, 1987
Catégorie : Culturel
Critères : (iii)(iv)
Exports
Fichier Word
Rapports SOC (année)
2012
2012
2010
2008
2007
2006
2005
Menaces*
  • Habitat
  • Déchets solides
  • Modification du régime des sols
  • Système de gestion/plan de gestion
  • Autres menaces :


* : Les menaces mentionnées sont présentées par ordre alphabétique ; cet ordre ne constitue nullement un classement selon l’importance de leur impact sur le bien. De plus, elles sont présentées de manière indifférenciée, que le bien soit menacé par un danger prouvé, précis et imminent (« péril prouvé ») ou confronté à des menaces qui pourraient avoir des effets nuisibles sur sa valeur universelle exceptionnelle (« mise en péril »).

** : Tous les rapports de mission ne sont pas toujours disponibles électroniquement.