Aucun rapport sur l’état de conservation n’a été soumis par l’État partie en date du 20 avril 2012. Toutefois, des informations ont été obtenues à partir de rapports techniques du projet UNESCO/Fonds-en-dépôt japonais pour la préservation du patrimoine mondial culturel de Bamiyan phase III, et d’exposés présentés lors de la dixième réunion du groupe de travail d’experts de Bamyan, tenue à Tokyo, Japon, du 6 au 8 décembre 2011. Sur la mise en œuvre des mesures correctives, on a pu noter les progrès suivants :
a) Garantir la sécurité du bien
Il a été suggéré à l’État partie d’entreprendre des programmes éducatifs et de sensibilisation du public pour lutter contre le trafic illicite des antiquités ; il lui a aussi été recommandé d’intégrer les récentes fouilles dans le plan de sécurité du site (notamment MO/monastère oriental et MR/monastère royal). Cette activité de sensibilisation du public a été organisée à Bamiyan à la mi-juin 2012.
b) Assurer la stabilité à long terme des niches des bouddhas géants et l’installation d’un système de suivi permanent
Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont été informés que l’accessibilité à la galerie inférieure de la niche du bouddha sera améliorée pour des raisons de sécurité et que, malgré le fait que des travaux de stabilisation d’urgence sur le bouddha ouest aient commencé depuis septembre 2011, il reste à effectuer des consolidations urgentes, en particulier à l’entrée de la niche ouest, où une fissure subit une vibration sismique permanente et risque de s’effondrer.
c) Assurer un bon état de conservation des vestiges archéologiques et des peintures murales
Bien que l’Institut National de Recherche pour le Patrimoine culturel (NRICP) de Tokyo, en étroite collaboration avec des techniciens en conservation nationaux, ait entrepris et assuré avec succès une certaine conservation des peintures murales de la falaise de Bamiyan, il convient de développer ces activités. Les mesures complémentaires requises incluent notamment l’identification et l’exécution d’actions de conservation d’urgence des peintures murales, ainsi que la recherche archéologique, le nettoyage, le drainage, la réparation et la protection des vestiges archéologiques. Ceci doit aussi être étendu à d’autres sites, notamment Shar-i-Zohak, Shar-i-Gholghola, Quala-i-Kaphari, Kakrak et Fuladi. Il a été signalé que les autorités afghanes achèteraient de plus en plus de terres, y compris des terrains recélant des vestiges archéologiques dans la vallée de Bamiyan, surtout sur les sites récemment fouillés par la mission archéologique française.
d) Mettre en œuvre le plan de gestion et le schéma directeur culturel
On constate des progrès dans l’élaboration du premier rapport d’avancement annuel (juin 2010-juin 2011) pour la préparation d’un plan de gestion du Paysage culturel et des vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan, établi par des spécialistes de l’Université d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) en étroite collaboration avec les autorités locales en novembre 2011. Ils considèrent qu’une condition préalable de ce processus est l’achèvement d’une carte des sites archéologiques à lire de manière croisée avec le schéma directeur culturel pour éviter d’endommager des vestiges archéologiques éventuellement enfouis.
e) Interventions sur les deux principales niches où les bouddhas ont été détruits
Aucun progrès n’a été réalisé au sujet des différentes propositions des experts concernant des interventions possibles sur les deux principales niches, et la mise en valeur de ces dernières.
f) Projets d’aménagements, notamment la construction de la route de Fuladi
Selon les informations communiquées par l’UNOPS (Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets), le projet de construction d’une route dans la vallée de Fuladi a pour but d’améliorer le médiocre réseau routier de Bamiyan et de développer l’accès aux marchés et des possibilités commerciales pour les foyers ruraux, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité dans la vallée de Fuladi qui fait partie du site de Bamyan. En outre, le Centre du patrimoine mondial avait porté à l’attention de l’État partie que tout aménagement prévu devait être soumis et étudié avant qu’une décision qui pourrait être difficilement réversible soit prise, conformément au Paragraphe 172 des Orientations.
g) Approbation de la phase IV du projet de sauvegarde de Bamiyan
Le Fonds-en-dépôt japonais de l’UNESCO pour la préservation du patrimoine mondial culturel de Bamiyan phase IV du projet représente 1,5 million de dollars EU pour la période 2012- 2014. Cette phase a été approuvée et est opérationnelle depuis fin mars 2012. Les fonds doivent être utilisés pour mettre en œuvre un programme de sauvegarde du cadre du « Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan », bien du patrimoine mondial.
Résultat de la dixième réunion du groupe de travail d’experts (Tokyo, 6-8 décembre 2011)
La dixième réunion du groupe de travail d’experts organisée à Tokyo, Japon, du 6 au 8 décembre 2011 a débattu des initiatives en cours pour la conservation et le développement durable du bien et les a jugées totalement en cohérence avec l’UNDAF (Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement) et la stratégie de développement national afghane. La conservation du bien a été considérée comme contribuant à favoriser la paix et à stimuler le développement durable pour la population afghane. Enfin, il a été proposé de redéfinir le calendrier pour parvenir à l’état de conservation souhaité et au retrait de la Liste du patrimoine mondial en péril sur une période plus longue que ce qui était initialement prévu (2013).