1.         Parc national d'Iguaçu (Brésil) (N 355)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1986

Critères  (vii)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1999-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

mars 1999: mission de l'UICN

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/355/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 2000

Résumé des précédents débats :
Vingt-troisième session du Comité – paragraphe X.20
Vingt-troisième session ordinaire du Bureau – paragraphe IV.27

Nouvelles informations :
Le ministère de l'Environnement, par lettre du 6 avril 2000, a informé le Centre que le gouvernement brésilien avait pris toutes les mesures possibles pour fermer la route de Colon. En particulier : (a) un rapport technique rédigé par l'Agence brésilienne de protection de l'environnement (IBAMA) sur les impacts environnementaux de la réouverture illégale de la route de Colon et la poursuite de son utilisation a été soumis à la justice et (b) le tribunal fédéral du Parana a ratifié la décision du gouvernement de fermer la route et d'imposer une peine de prison à ceux qui refusent de respecter la décision gouvernementale. Selon l'UICN, la cour suprême brésilienne a ordonné la fermeture de la route et a imposé une amende de 500 dollars à tout véhicule qui emprunterait cette route.

L'UICN collabore avec les bureaux du WWF au Brésil et en Argentine et avec plusieurs autres organisations nationales afin de mettre au point une stratégie à long terme pour la conservation de la biodiversité dans la grande écorégion de la forêt atlantique. L'UICN va assister à un atelier, prévu au Parc national brésilien d'Iguaçu du 25 au 28 avril 2000, où l'on compte sur la participation de spécialistes de trois pays concernés par la protection de l'écorégion de la forêt atlantique – soit l'Argentine, le Brésil et le Paraguay. L'UICN fera rapport sur les conclusions de cet atelier qui traiteraient de la fermeture de la route de Colon dans le Parc national brésilien d'Iguaçu, à la vingt-quatrième session ordinaire du Bureau.

Action requise

Le Bureau félicite l'Etat partie de sa persévérance à faire appliquer strictement la décision juridique de la fermeture de la route de Colon. Le Bureau engage l'Etat partie à poursuivre ses efforts et à fournir un rapport d'avancement à jour sur les impacts des décisions de la Cour suprême et du Tribunal fédéral du Parana sur la fermeture effective de la route de Colon d'ici le 15 septembre 2000. Le Bureau recommande que si l'Etat partie confirme la fermeture effective de la route avant la prochaine session, le Comité puisse alors envisager de prendre des mesures pour retirer le Parc national brésilien d'Iguaçu de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2000

Le 16 juillet 2000, un pipeline brésilien contenant du pétrole en provenance de Colombie a éclaté ; quatre millions de litres (1,06 millions de gallons) de pétrole brut se sont répandus dans le Barigüí, affluent du rio Iguaçu, causant le plus important déversement d'hydrocarbures au Brésil depuis 25 ans. La fuite s'est produite à 20 km en aval de Curitiba, capitale de l'Etat de Parana, à la raffinerie de pétrole de Getulio Vargas ; le pétrole s'est écoulé en aval vers les chutes d'Iguaçu situées dans le Parc national d'Iguaçu, site du patrimoine mondial. La compagnie pétrolière Petrobras, propriétaire de la raffinerie responsable du déversement, a mis en place trois barrages flottants en travers de la rivière et a creusé des fossés sur les berges pour détourner et collecter les eaux contaminées. Les informations reçues de l'Etat partie ont confirmé qu'en raison des opérations rapides de nettoyage mises en œuvre par des experts nationaux et internationaux, le déversement ne s'est étendu que sur 40 km de la rivière. Il semble donc qu'il n'y ait pas d'impact sur le Parc national d'Iguaçu situé à 600 km du site du déversement d'hydrocarbures.

A l'époque de la pollution, la Délégation de l'Argentine auprès de l’UNESCO a rencontré des responsables du Centre pour traiter des craintes de menaces potentielles de pollution pétrolière sur le Parc national argentin d'Iguazu et a envisagé de demander une assistance d'urgence au Fonds du patrimoine mondial. Toutefois, aucune demande d'assistance d'urgence n'a été reçue de l'Argentine au moment de la rédaction du présent rapport.

Quant à la route de Colon, l'Etat partie a fait savoir que le Ministère fédéral de la Justice et l'IBAMA continuaient à faire pression sur le Gouvernement de l'Etat pour fermer la route. L'IBAMA a affecté un million de réals (environ 560.000 dollars) pour soutenir une action concernant la fermeture de la route et pour restaurer des zones touchées par la construction de cette route. L'UICN a cependant reçu un certain nombre de communications de son réseau de membres qui connaissent la situation sur le site et qui s'inquiètent du manque de réaction des autorités locales pour mettre en œuvre la décision du Tribunal fédéral de fermer la route.

 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 24 BUR IV.A.2

Le Bureau a noté que le ministère brésilien de l'Environnement a pris toutes les mesures possibles pour fermer la route de Colon. En particulier : (a) un rapport technique rédigé par l'Agence brésilienne de protection de l'environnement (IBAMA) sur les impacts environnementaux de la réouverture illégale de la route de Colon et la poursuite de son utilisation a été soumis à la justice ; et (b) le tribunal fédéral du Parana a ratifié la décision du gouvernement brésilien de fermer la route et d'imposer une peine de prison à ceux qui refusent de respecter la décision gouvernementale. La Cour suprême brésilienne a ordonné la fermeture de la route et a imposé une amende de 500 dollars des Etats-Unis à tout véhicule qui emprunterait cette route.

L'UICN a informé le Bureau qu'elle collaborait avec les bureaux du WWF au Brésil et en Argentine et avec plusieurs autres organisations nationales pour mettre au point une stratégie à long terme pour la conservation de la biodiversité dans la grande écorégion de la forêt atlantique. L'UICN a noté qu'un atelier s'était tenu au Parc national brésilien d'Iguaçu du 25 au 28 avril 2000 et avait souligné que les principaux problèmes concernant l'état de conservation de ce site sont toujours associés à la fermeture de la route, à une gestion effective et coordonnée de la conservation de cette aire impliquant tous les pays concernés et à la participation des communautés locales à la gestion du site.

L'observateur du Brésil a approuvé les observations du Centre et de l'UICN et a déclaré que son gouvernement faisait de son mieux pour fermer la route illégalement ouverte malgré la résistance des communautés locales contre une fermeture complète de cette route. Il a exprimé l'espoir que son gouvernement pourrait faire appliquer la décision juridique de fermer la route d'ici la vingt-quatrième session du Comité à Cairns, Australie, en novembre-décembre 2000.

Le Bureau a félicité l'Etat partie de sa persévérance à faire appliquer strictement la décision juridique de fermeture de la route de Colon et l'a engagé à poursuivre ses efforts et à fournir un rapport d'avancement à jour sur les impacts des décisions de la Cour suprême et du Tribunal fédéral du Parana sur la fermeture effective de la route d'ici le 15 septembre 2000. Le Bureau a recommandé que si l'Etat partie confirme la fermeture effective de la route avant la prochaine session du Comité, le Comité pourrait alors envisager de prendre des mesures pour retirer le Parc national brésilien d'Iguaçu de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Décision adoptée: 24 COM VIII.3

VIII.3 Parc national d'Iguacu (Brésil)

Le Comité a noté qu'un déversement d'hydrocarbures survenu à 600 km d'Iguaçu n'avait pas eu d'impact majeur sur le site. Le Comité a reconnu que l'ouverture illégale et l'utilisation de la route de Colon constituent la plus importante menace sur le site. Il a appris que l'IBAMA a affecté un équivalent d'environ 560.000 dollars pour soutenir une action concernant la fermeture de la route et restaurer les zones touchées par la construction de cette route. Le Comité a été informé que le participant brésilien à l'atelier d'Amman, Jordanie, avait signalé au Centre et à l'UICN d'autres menaces potentielles causées par l'extension de terres agricoles à l'extérieur des secteurs nord-est du Parc, mesures qui nécessiteraient un suivi systématique. Le Comité a félicité l'Etat partie de sa persévérance à faire strictement appliquer la décision juridique fédérale de fermer la route de Colon et il l'a engagé à communiquer au grand public les raisons de la fermeture de la route et à prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer l'aire de patrimoine mondial touchée par les activités de construction de cette route. Le Comité a invité l'Etat partie à rendre compte au Centre, avant le 15 avril 2001, de l'avancement de ses efforts pour assurer une fermeture effective de la route de Colon et réhabiliter les zones touchées. Il a également été demandé à l'Etat partie de fournir un rapport actualisé sur les résultats du suivi des impacts du déversement d'hydrocarbures survenu en juillet 2000. Le Comité a décidé de maintenir le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.