Un rapport sur l'état de conservation du bien a été remis par l'État partie le 16 février 2012. Du 2 au 9 avril 2012, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS/ICCROM s'est déroulée comme demandé par le Comité du patrimoine mondial lors de sa 34e session (Brasilia, 2010). Le rapport de mission peut être consulté à l'adresse suivante : http://whc.unesco.org/fr/sessions/36COM.
Dans son rapport, l'État partie donne des informations sur la mise en œuvre des mesures correctives comme suit :
a) Initier un projet de recherche visant à documenter les matériaux et les techniques de construction traditionnels des édifices funéraires ganda
Un projet de recherche sur les pratiques traditionnelles de construction des autres tombes ganda a été lancé. Les conclusions de cette recherche permettront de définir les plans précis pour la reconstruction des tombes de Kasubi. Le projet de recherche comprend des visites d'étude sur les sites, une documentation sur les pratiques et des entretiens avec les ainés qui ont un rôle de gardien des techniques et pratiques, ainsi qu'une recherche complémentaire dans les archives.
La mission a fait état de diverses activités qui ont été menées dans le domaine de la recherche sur l'architecture traditionnelle ganda et ses aspects immatériels, ainsi que de projets pilotes mis en œuvre et de l'application pratique du savoir et des techniques pour la reconstruction des tombes. Elle a remarqué qu'il était nécessaire de consolider le travail existant et la documentation recueillie pour documenter le processus de prise de décision à propos de la reconstruction du bâtiment Muzibu Azaala Mpanga et de renforcer les liens entre les aspects matériels et immatériels de l'architecture royale ganda afin d'aider à sa conservation et à sa gestion. La mission a par ailleurs recommandé une intensification des partenariats de recherche avec l'Université Makarere et d'autres institutions.
b) Processus de documentation et de reconstruction du Muzibu Azaala Mpanga
L'État partie précise que les aspects matériels et immatériels du processus de reconstruction sont recueillis et seront inclus dans un rapport illustré. À ce jour, les aspects du processus qui sont documentés concernent les réunions, les phases de construction et les étapes de la construction physique. Les rapports incluent des dessins, des plans architecturaux, des compte-rendus et des photographies.
La mission a rapporté que les travaux de restauration ont commencé sur les tombes de Wamala en mars 2012, ils constituent le point de départ officiel de la reconstruction à Kasubi. Elle fait également état des travaux mis en œuvre et des problèmes rencontrés avec les aspects techniques, problèmes soulignés par le rapport de mission UNESCO/Japon de 2012. Elle souligne qu'un calendrier doit être défini pour les travaux de Wamala et intégré dans le plan d'action de Kasubi. En ce qui concerne le projet Muzibu Azaala Mpanga, la mission a remarqué que l'échéance définie pour l'achèvement des travaux n'est pas appropriée et doit être modifiée, ce qui ne manquera pas de créer une différence avec les points de référence définis auparavant. Elle a par ailleurs rapporté que les détails des dessins seront définis suite aux résultats du projet de recherche en cours et des travaux de rénovation et de réparation menés à Wamala.
c) Préparer un plan directeur pour l'ensemble du bien
L'État partie rapporte que le Royaume du Buganda a élaboré un plan directeur pour la reconstruction et la conservation du bien. Sur la base des recommandations faites par le Centre du patrimoine mondial, ce plan doit être examiné et un plan de travail doit être défini pour sa mise en œuvre. Aucun calendrier et aucune date d'achèvement ne sont mentionnés.
La mission a fait état de discussions avec l'équipe technique nationale sur les concepts et les contenus que devrait prévoir ce plan directeur ainsi que sur les liens avec les autres outils de planification pour le bien et ses alentours.
d) Mettre en œuvre le plan de gestion
L'État partie signale que le nouveau plan de gestion a été lancé et que sa mise en œuvre a débuté, y compris la nomination d'un gestionnaire de site. La mission a relevé que l'actuel plan de gestion 2011-2015 tient compte des recommandations faites par la mission de novembre 2010 et qu'il adhère à la vision et aux principes définis. Il ne prévoit cependant pas de dispositions pour l'utilisation des terres ou pour les activités nécessaires au soutien de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Ces éléments manquants ainsi que l'inventaire détaillé des caractères majeurs, tant matériels qu'immatériels, en relation avec le paysage dans son ensemble, doivent être rajoutés à la version modifiée du plan de gestion afin d'identifier avec précision les actions nécessaires à leur conservation et à leur gestion. Le plan de gestion modifié devra également aborder le problème de la collaboration entre les différents partenaires et acteurs, traiter de problèmes tels que la pression urbaine et l'empiétement et inclure un plan de gestion détaillé des risques.
e) Rôle et profil des gardiens et artisans
En ce qui concerne les gardiens et les veuves qui s'occupent des tombes de Kasubi, l'État partie précise qu'ils ont tous été enregistrés sur la liste du personnel du Royaume du Buganda et sont payés à la fin de chaque mois, il s'agit là d'un geste de reconnaissance de la part du Royaume du Buganda. Le Nalinnya, en tant que chef des gardiens, facilite la fourniture de suppléments d'alimentation toutes les deux semaines.
La mission a confirmé l’implication active des gardiens et de la formation initiée sur site. Elle a aussi recommandé que les gardiens assument un rôle plus actif dans l’équipe de gestion avec des rôles et des responsabilités reconnus.
f) Stratégie de gestion des risques de catastrophes
Le rapport de l'État partie précise que la reconstruction des tombes à Kasubi relève d'un accord tripartite entre le Gouvernement ougandais, le Royaume du Buganda et l'UNESCO. Le Gouvernement ougandais accordera au projet la somme de 700 000 dollars EU, le Royaume de Buganda 150 000 dollars EU. La partie concernant la gestion de la lutte contre les incendies et des risques de catastrophes est traitée par le Gouvernement japonais qui accordera au projet la somme d'environ 650 000 dollars EU par le biais de l'UNESCO. La stratégie de gestion des risques pour les tombes de Kasubi doit être achevée mais les travaux sur les mesures de préparation et d'urgence de protection du bien ont débuté. Le projet UNESCO/Japon ne concernera pas seulement la gestion des risques de catastrophes mais comprendra également un programme de recherche sur la couverture en chaume des tombes royales, programme dirigé par des experts japonais. La pose de la clôture intérieure, destinée à protéger le site principal d'un accès par tous les côtés, est terminée ; l'accès est désormais possible uniquement par la porte d'entrée désignée comme telle.
La mission signale que le gestionnaire de site a reçu une formation sur la gestion des catastrophes en 2011 au Japon et qu'il a défini les bases d'une stratégie qui doit être pleinement développée. En outre, la formation du personnel doit être mise en place et le bien doit être doté de matériel destiné à assurer sa protection.
g) Élaborer une stratégie de renforcement des capacités
Des mesures ont déjà été mises en place afin de renforcer les capacités des artisans et de leur permettre de gérer efficacement les travaux de reconstruction. L'effort entrepris est soutenu par des actions de documentation sur les traditions et les rituels et par la transmission du savoir-faire détenu par leurs porteurs traditionnels dans le Royaume du Buganda.
La mission a remarqué que des progrès ont été accomplis dans la formation des chaumiers et dans la sensibilisation générale mais qu'une stratégie à part entière de renforcement des capacités n'est pas en place. Bien que le plan de gestion prévoit certaines activités, celles-ci n'incluent pas une stratégie globale de renforcement de capacités qui nécessite donc d'être développée globalement, à savoir en y incluant des composantes telles que l'entretien, la gestion des ressources, la formation à la documentation sur la conservation...
h) Autres problèmes
L'État partie donne également des informations sur les conclusions des missions d'août et d'octobre 2011. Il fait état d'actions mises en œuvre afin de gérer les déchets, de replanter des figuiers et une haie de roseaux afin d'en faire une clôture pour empêcher l'accès au bien et le dépôt d'ordures. La mission a relevé que la plantation d'arbres est une solution durable et que ces actions doivent être accompagnées par d'autres actions du même type afin d'empêcher l'empiétement.