1.         Parc national de l'Ichkeul (Tunisie) (N 8)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1996-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1981-1991)
Montant total approuvé : 90 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

janvier 1997: mission RAMSAR

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/8/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1998

En 1996, le Comité a décidé d'inscrire l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Il a demandé aux autorités tunisiennes de présenter un programme de mesures correctives pour inverser le processus de dégradation du site et les a prévenues de la possibilité du retrait de l'Ichkeul de la Liste du patrimoine mondial si la réhabilitation du site n'était pas possible. Le Bureau a recommandé à sa vingt et unième session que le Comité établisse un calendrier sur trois ans pour étudier les efforts de restauration de l'Ichkeul et qu'il maintienne, en attendant, le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le 14 octobre 1997, un "Rapport sur le programme d’action pour la sauvegarde du Parc national de l’Ichkeul" a été présenté par le ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire et a été soumis pour examen à l'UICN et au Secrétariat de la Convention de Ramsar. L’UICN a informé le Comité à sa dernière session que ce rapport n’apporte pas une réponse suffisante aux recommandations de la mission Ramsar mentionnée précédemment et que les menaces sérieuses qui pèsent sur l’intégrité du site ne sont pas prises en compte de manière appropriée. Le Comité a décidé de maintenir l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a demandé au Centre d’écrire une lettre priant l'Etat partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission Ramsar et de présenter un rapport de situation sur les mesures prises pour limiter les menaces dans le site, à la vingt-troisième session du Comité, en 1999.

L'UICN a informé le Centre qu'elle avait reçu des informations complémentaires du Programme pour les zones humides méditerranéennes (MedWet). Bien que les pluies de cet hiver aient été supérieures à la moyenne, la situation dans le Parc ne s'améliore pas. Comme il a été observé précédemment, la construction des barrages a sensiblement transformé l'écosystème. La salinité des eaux varie maintenant entre 40 et 70 g/l alors qu'elle était précédemment de 5 à 35 g/l. Les monophytes aquatiques ont disparu de larges zones et ont été remplacés par des espèces marines. Les vannes du lac supposées réguler les échanges avec la mer n'ont pas été achevées. La situation est aggravée par la crise de l'eau douce dans le pays et la dérivation de l'eau du Parc va probablement devenir dans l'avenir une priorité encore plus absolue. L'UICN souligne dans son rapport que lors des deux dernières sessions, des membres du Comité avaient estimé que l'Ichkeul ne possède plus les valeurs auxquelles il devait son inscription et qu'il devait être retiré de la Liste du patrimoine mondial. En l'absence de mesures correctives satisfaisantes pour restaurer le site, l'UICN convient à contrecœur et à regret que cette mesure est maintenant justifiée.

Action requise

Le Bureau pourrait souhaiter étudier la mesure appropriée à prendre conformément aux paragraphes 46-52 et 82-89 des Orientations.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1998

Le Comité a inscrit l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1996 et invité les autorités tunisiennes à proposer un programme de mesures correctives en vue de remédier à la dégradation du site. A sa vingt-deuxième session ordinaire (juin 1998), le Bureau a reçu un rapport de l'UICN contenant des données techniques indiquant que le degré de salinité des eaux du lac avait peut-être atteint un niveau excessif et que les chances de restaurer les valeurs de patrimoine mondial du site risquaient de diminuer rapidement. L'UICN s'est déclarée préoccupée par la lenteur du rythme et le niveau d'efficacité de l'application du programme de réhabilitation par l'Etat partie.

L'observateur de la Tunisie a informé le Bureau de plusieurs mesures prises par son gouvernement pour retenir les eaux douces dans les lacs tout au long de l'année et en réduire ainsi la salinité. Il a également décrit d'autres mesures prises pour assurer : (i) l'irrigation et l'approvisionnement en eau des habitants ; (ii) des incitations économiques conçues pour réduire la dépendance des habitants à l'égard des ressources de la montagne voisine, qui fait partie d'une zone d'où les eaux ruissellent jusqu'au lac ; et (iii) un contrôle du nombre d'oiseaux migrateurs arrivant à l'Ichkeul durant l'hiver européen. L'observateur a contesté certaines des données présentées par l'UICN au Bureau.

Le Bureau a recommandé que le Comité maintienne ce site sur la Liste du patrimoine mondial en péril et s'est dit préoccupé quant à la possibilité de réhabiliter effectivement ce site. Le Bureau a prié instamment l'Etat partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une mise en œuvre rapide et efficace du programme de réhabilitation de l'Ichkeul. Le Bureau a demandé au Centre de coopérer avec l'Etat partie pour l'envoi d'une mission d'experts sur le site pour entreprendre un examen approfondi de son état de conservation. Le Bureau a pris note de l'observation formulée par l'un de ses membres qui a relevé que la proposition initiale d'inscription de l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial, soumise en 1979, ne contenait pas de données de base suffisantes pour apprécier les résultats du programme de réhabilitation en cours. Le Bureau a recommandé en conséquence que la mission d'experts réunisse les indispensables données et informations de base, et prépare un rapport sur le bien-fondé des mesures de conservation prises et en propose éventuellement de nouvelles si l'état de conservation du site l'exige. Il a également recommandé la rédaction d'une déclaration des valeurs du patrimoine mondial du site, qui pourrait servir de cadre pour une évaluation objective du succès ou de l'échec du programme de réhabilitation actuellement mis en œuvre par l'Etat partie.

Si le Bureau avait suggéré d'organiser une mission d'experts, c'était dans l'intention de prendre également en considération la possibilité de mettre sur pied un programme de réhabilitation amélioré de l'Ichkeul et de conserver à ce dernier son statut de site du patrimoine mondial. Le Bureau a recommandé au Comité de laisser du temps pour la mise en œuvre du programme et a une nouvelle fois invité l'Etat partie à soumettre au Comité, à sa vingt-troisième session en 1999, un rapport détaillé sur les résultats de cette mise en œuvre.

L'UICN a informé le Centre qu'elle continuerait à contrôler l'avancement de la réhabilitation de l'Ichkeul, en étroite coopération avec le Secrétariat de la Convention de Ramsar et avec l'Initiative pour les zones humides méditerranéennes (MedWet) en attendant une visite du site en 1999.

Par lettre reçue le 21 septembre, l'Ambassadeur de Tunisie auprès de l'UNESCO a invité une mission d'experts à se rendre sur place durant la seconde quinzaine de décembre 1998.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 22 BUR V.A.11

Le Bureau a rappelé que le Comité avait inscrit l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1996 et invité les autorités tunisiennes à proposer un programme de mesures correctives en vue de remédier à la dégradation du site. Il a mis celles-ci en garde contre la possibilité que le site soit radié de la Liste du patrimoine mondial si sa réhabilitation se révélait impossible. A l'issue du débat auquel a donné lieu le "Rapport sur le programme d'action pour la sauvegarde du Parc national de l'Ichkeul" soumis par le Ministère de l'environnement et de l'aménagement du territoire, qui avait fait l'objet d'une analyse critique de l'UICN et du Secrétariat de la Convention Ramsar, le Comité, à sa dernière session, a pressé l'Etat partie de donner suite aux recommandations d'une mission Ramsar entreprise antérieurement en 1997 et de soumettre au Comité, à sa vingt-troisième session en 1999, un rapport sur les mesures préventives adoptées.

Le Bureau a été saisi d'un rapport de l'UICN contenant des données techniques d'où il ressortait que le degré de salinité des eaux du lac avait peut-être atteint un niveau excessif et que les chances de restaurer les valeurs de patrimoine mondial du site risquaient de s'évanouir rapidement. L'UICN s'est déclarée préoccupée par le rythme et l'efficacité de la mise en œuvre du programme de réhabilitation par l'Etat partie.

L'observateur de la Tunisie a informé le Bureau de plusieurs mesures prises par son Gouvernement pour retenir les eaux douces dans les lacs tout au long de l'année et en réduire ainsi la salinité. En particulier, il a décrit de manière détaillée les réparations apportées aux vannes contrôlant l'entrée de l'eau douce dans le lac et l'alimentation de ce dernier en eau douce provenant d'un barrage récemment construit en vue d'en renforcer la conservation, ainsi que pour répondre aux besoins des habitants en matière d'irrigation et d'approvisionnement en eau, et plusieurs mesures d'incitation économique conçues pour réduire la dépendance des habitants à l'égard des ressources de la montagne voisine, qui fait partie d'une zone d'où les eaux ruissellent jusqu'au lac. L'observateur de la Tunisie a également fait observer que son Gouvernement surveillait étroitement le nombre d'oiseaux migrateurs arrivant sur le site durant l'hiver européen en vue d'évaluer dans quelle mesure l'Ichkeul demeurait un site d'importance internationale pour ces oiseaux. Il a également contesté certaines des données présentées par l'UICN au Bureau.

Le Bureau a recommandé que le Comité maintienne l'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril et s'est dit préoccupé quant à la possibilité de réhabiliter effectivement ce site. Le Bureau a prié instamment l'Etat partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une mise en œuvre rapide et efficace du programme de réhabilitation de l'Ichkeul. Il a recommandé au Comité de laisser du temps pour la mise en œuvre du programme et a une nouvelle fois invité l'Etat partie à soumettre au Comité, à sa vingt-troisième session en 1999, un rapport détaillé sur les résultats de cette mise en œuvre.

De plus, le Bureau a demandé au Centre de coopérer avec l'Etat partie pour l'envoi d'une mission d'experts sur le site, à l'exemple de celle qui avait été organisée aux Galapagos en 1995, en vue d'entreprendre un examen approfondi de l'état de conservation du site. Le Bureau a pris note de l'observation formulée par l'un de ses membres qui a relevé que la proposition initiale d'inscription de l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial, soumise en 1979, ne contenait pas de données de base suffisantes pour apprécier les résultats du programme de réhabilitation en cours. Le Bureau a recommandé en conséquence que la mission d'experts réunisse les indispensables données et informations de base, et prépare un rapport sur le bien-fondé des mesures de conservation prises et en propose éventuellement de nouvelles si l'état de conservation du site l'exige. Il a également recommandé la rédaction d'une déclaration des valeurs du patrimoine mondial du site, qui pourrait servir de cadre pour une évaluation objective du succès ou de l'échec du programme de réhabilitation actuellement mis en œuvre par l'Etat partie. Au cas où il était constaté que le programme de réhabilitation n'avait pas réussi à restaurer les valeurs de patrimoine mondial de l'Ichkeul, des mesures devraient être prises en vue de son éventuelle radiation de la Liste du patrimoine mondial, en application des paragraphes 89 (iii) et 50 (d) des Orientations. Toutefois, si le Bureau avait suggéré d'organiser une mission d'experts, c'était dans l'intention de prendre également en considération la possibilité de mettre sur pied un programme de réhabilitation amélioré de l'Ichkeul et de conserver à ce dernier son statut de site du patrimoine mondial.

Décision adoptée: 22 COM VII.11/13

VII.13 Parc national de l'Ichkeul (Tunisie)

Le Comité a inscrit l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1996 et invité les autorités tunisiennes à fournir un programme de mesures correctives en vue de remédier à la dégradation du site. Le Comité a été informé que le Bureau, à sa vingt-deuxième session ordinaire (juin 1998), avait reçu un rapport de l'UICN contenant des données techniques indiquant que le degré de salinité des eaux du lac avait peut-être atteint un niveau excessif et que les chances de restaurer les valeurs de patrimoine mondial du site risquaient de diminuer rapidement. L'UICN s'est déclarée préoccupée par la lenteur du rythme et le niveau d'efficacité de l'application du programme de réhabilitation par l'Etat partie.

Le Comité a noté que l'observateur de la Tunisie avait informé le Bureau de plusieurs mesures prises par son gouvernement pour retenir les eaux douces dans les lacs tout au long de l'année et en réduire ainsi la salinité. Il a également décrit d'autres mesures prises pour assurer : (i) l'irrigation et l'approvisionnement en eau des habitants ; (ii) des incitations économiques conçues pour réduire la dépendance des habitants à l'égard des ressources de la montagne voisine, qui fait partie d'une zone d'où les eaux ruissellent jusqu'au lac ; et (iii) un contrôle du nombre d'oiseaux migrateurs arrivant à l'Ichkeul durant l'hiver européen. L'observateur de la Tunisie avait contesté certaines des données présentées par l'UICN au Bureau.

Le Comité a noté que le Bureau, tout en étant préoccupé de la faisabilité de la réhabilitation effective du site et en engageant l'Etat partie à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une mise en oeuvre rapide et efficace du programme de réhabilitation de l'Ichkeul, avait également recommandé l'envoi d'une mission d'experts sur le site. L'intention du Bureau en recommandant l'envoi de cette mission était d'étudier comme il convient la possibilité de mettre au point un programme de réhabilitation amélioré de l'Ichkeul et de conserver à ce dernier son statut de site du patrimoine mondial. Le Comité s'est rallié à la suggestion du Bureau de laisser suffisamment de temps à l'Etat partie pour la mise en oeuvre du programme de réhabilitation. Le Comité a noté que l'Etat partie avait déjà invité une mission d'experts à visiter le site à fin du mois de décembre 1998.

Le Comité a décidé de maintenir l'Ichkeul sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a demandé au Centre et à l'UICN de coopérer avec l'Etat partie pour organiser la mission d'experts à l'Ichkeul dès que possible. Le Comité a recommandé que le Centre et l'UICN s'assurent que la mission d'experts (i) établisse les données et informations de base nécessaires pour évaluer l'efficacité des mesures de réhabilitation actuellement mises en oeuvre ; (ii) prépare un rapport sur l'adéquation des mesures de conservation et de réhabilitation ; (iii) si nécessaire, propose des mesures supplémentaires éventuellement nécessaires à la conservation du site. Le Comité a demandé au Centre de présenter un rapport de la mission pour examen à la vingttroisième session ordinaire du Bureau et a invité l'Etat partie à présenter un rapport détaillé sur les résultats de la mise en oeuvre des mesures de réhabilitation à la vingt-troisième session du Comité à la fin de 1999.