1.         Parc national de Kahuzi-Biega (République démocratique du Congo) (N 137)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1980

Critères  (x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   1997-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1980-1995)
Montant total approuvé : 93 870 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/137/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1997

Le Bureau a rappelé que ce site avait été considérablement endommagé par l'afflux de réfugiés. On signale une forte présence de groupes de milices et l'installation illégale de colons dans le Parc, ce qui a entraîné des incendies, une recrudescence du braconnage, et l'abattage illégal et le brûlage du bois. L'UICN a informé le Bureau que le personnel du Parc lui avait adressé plusieurs demandes d'assistance internationale pour reconstruire l'infrastructure du Parc et rassurer le personnel. Le Bureau a noté que le rapport de suivi de l'UICN sur ce site comportait quinze mesures à mettre en oeuvre dans le Parc et à l'extérieur, ainsi que huit actions de coopération entre des organisations internationales de conservation de la nature, dont l'ensemble pourrait constituer
la base de la future réhabilitation du Parc. 

Action requise

Etant donné les sérieuses menaces pesant sur l'intégrité de ces deux sites de la République démocratique du Congo dues au conflit armé dans l'est du pays, le Bureau, à sa vingt et unième session, en juin 1997, a recommandé que le Comité inscrive la Réserve de faune à okapis et Kahuzi-Biega sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a demandé à l'UNESCO d'entreprendre une mission de haut niveau dans le pays. Le ministère de l’Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme a invité l’UNESCO a organiser cette mission. L'UNESCO a l'intention de dépêcher une telle mission dès que
les conditions de sécurité le permettront. De plus, le ministre a présenté une demande d'assistance d'urgence qui sera examinée par le Comité concernant l'achat d'un véhicule de terrain pour chacun des quatre sites en péril de la République démocratique du Congo, soit la Réserve de faune à okapis et le Parc national de Kahuzi-Biega et les deux autres Parcs nationaux des Virunga et de la Garamba, que le Comité a déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Préoccupé par la gravité des menaces et des dommages affectant ces sites et compte tenu des mesures urgentes qui s’imposent,
Le Bureau a recommandé au Comité d'adopter le texte suivant :

"Le Comité inscrit la Réserve de faune à okapis ainsi que le Parc national de Kahuzi-Biega sur la Liste du patrimoine mondial en péril et engage le Directeur général de l'UNESCO à écrire au président de la République démocratique du Congo pour lui demander d'intervenir directement afin de permettre à l'UNESCO d'entreprendre la mission de haut niveau proposée et de planifier des mesures de réhabilitation pour tous les sites de la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Comité prie l'UNESCO de dépêcher une mission et invite le Président du Comité à diriger cette mission dans la capitale, Kinshasa, afin de rencontrer les autorités au plus haut niveau, même si les visites aux sites sont jugées impossibles étant donné les conditions de sécurité dans les régions de l'est du pays. De plus, le Comité approuve l'assistance d'urgence demandée pour l'achat d'un véhicule tout-terrain pour les sites d'Okapis et du Kahuzi-Biega (ainsi que pour les Parcs nationaux des Virunga et de la Garamba) et prie le Centre de coopérer avec des ONG internationales pour réhabiliter les sites du patrimoine mondial en danger de la République démocratique du Congo."

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1997

L'UICN a fourni au Centre un rapport de trois pages fondé sur une mission de reconnaissance de la WCS dans le Parc, réalisée après le début de la guerre civile dans les régions de l'est du pays. Le Parc a été endommagé à la suite de l'afflux de 850.000 réfugiés rwandais entre 1994 et 1996 dans la région de Goma, à la limite du Parc : déboisement et braconnage d'éléphants, de chimpanzés et d'autres animaux sauvages dans un but commercial et de subsistance, destruction de l'habitat, pillage de l'équipement du Parc, fuite des gardes et des responsables du Parc. Une réhabilitation exigerait une collaboration entre le nouveau gouvernement, l'administration du Parc et des ONG internationales pour accroître les ressources disponibles pour la conservation, l'établissement de recensements des populations humaines et de faune sauvage et la conception et la mise en œuvre de programmes intégrés associant la préservation de la biodiversité aux besoins des populations humaines. L'UICN a recommandé 15 mesures à appliquer dans le Parc et aux alentours et 8 actions de coopération avec des organisations internationales de conservation. L'UICN a toutefois souligné que l'envoi d'une mission de haut niveau à Kinshasa, selon la recommandation du Bureau à sa session de juin 1997, serait prioritaire.

Le Centre a discuté avec le Directeur général adjoint de l'UNESCO pour l'Afrique de la possibilité d'organiser une mission de haut niveau à Kinshasa, afin d'attirer l'attention du nouveau gouvernement sur ses obligations aux termes de la Convention et de clarifier son cadre juridique et politique pour la préservation des sites du patrimoine mondial. La nécessité d'organiser une telle mission de haut niveau a été reconnue ; néanmoins, il reste encore à fixer les dates de cette mission.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Néant

Décision adoptée: 21 BUR IV.B.19

a)   Réserve de faune à okapis  

Le Bureau a été très préoccupé d'apprendre que le conflit armé qui s'est étendu au début de 1997 dans toute la région a abouti au pillage de toutes les installations et à la tuerie de plusieurs éléphants dans ce site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial au Mexique (décembre 1996). La plupart des expatriés et le personnel de recherche ont fui le Parc et ceux qui restent sur place ne reçoivent qu'un salaire minimum. On fait état d'exploitation minière d'or dans le Parc. La politique du nouveau gouvernement quant au respect des limites de cette zone de patrimoine mondial n'est pas toujours claire.

b)   Parc national de Kahuzi Biega

Le Bureau a noté avec une grande préoccupation que cette partie du Parc avait été déboisée et que la faune sauvage était abondamment chassée. Les installations du Parc ont été pillées et détruites et la majorité du personnel a quitté cette zone. Le Parc pourrait servir à cacher des groupes militants et, selon des informations, il y aurait également des conflits entre populations tribales. Bien que le HCR et la GTZ (Allemagne) envisagent de fournir un appui pour le Parc, les projets ne peuvent pas démarrer avant le retour de la sécurité dans la région.

Le Bureau s'est montré sérieusement préoccupé quant à l'intégrité de la Réserve de faune à okapis et du Parc national de Kahuzi Biega et a recommandé que le Comité, à sa prochaine session, inscrive ces deux sites sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Bureau a rappelé sa recommandation d'envoi d'une mission de haut niveau en République démocratique du Congo, concernant les deux sites de cet Etat partie déjà reconnus comme sites du patrimoine mondial en péril (Parcs nationaux de la Garamba et des Virunga) et a suggéré qu'une telle mission engage des discussions sur l'état de conservation de la Réserve de faune à okapis et du Parc national de Kahuzi Biega, et prévoit d'entreprendre des projets pour leur réhabilitation.

Décision adoptée: 21 COM VII.C.33-34

VII.33 Réserve de faune à okapis (République démocratique du Congo)

A sa dernière session en juin 1997, le Bureau a noté le pillage des équipements et des installations de ce site ainsi que le braconnage de sa faune sauvage. Heureusement, le personnel du site est indemne mais il n'a reçu aucun salaire. L'UICN a informé le Bureau qu'une fondation de préservation de la nature basée aux Etats-Unis avait récemment offert une assistance financière pour payer les salaires du personnel. On fait état de prospection illicite d'or dans le Parc investi par les milices et le personnel n'a ni les installations ni les ressources nécessaires pour en assurer la gestion.  

VII.34 Parc national de Kahuzi-Biega (République démocratique du Congo) 

Le Comité a rappelé que ce site avait été considérablement endommagé par l'afflux de réfugiés. On signale une forte présence de milices et l'occupation du Parc, ce qui a entraîné des incendies, une recrudescence du braconnage et l'abattage illégal et le brûlage du bois. L'UICN a informé le Bureau à sa vingt et unième session que le personnel du Parc lui avait adressé plusieurs demandes d'assistance internationale pour reconstruire l'infrastructure du Parc et rassurer le personnel. Le Bureau a noté que le rapport de suivi de l'UICN sur ce site comportait quinze mesures à mettre en oeuvre dans le Parc et à l'extérieur, ainsi que huit actions de coopération entre des organisations internationales de conservation, dont l'ensemble pourrait constituer la base de la future réhabilitation du Parc.

Etant donné les sérieuses menaces pesant sur l'intégrité de ces deux sites de la République démocratique du Congo dues au conflit armé dans l'est du pays, le Bureau, à sa vingt et unième session, en juin 1997, a recommandé que le Comité inscrive la Réserve de faune à okapis et Kahuzi-Biega sur la Liste du patrimoine mondial en péril et demandé à l'UNESCO d'entreprendre une mission de haut niveau dans le pays. Le ministère de l'Environnement, de la Conservation de la nature et du Tourisme a invité l'UNESCO à organiser cette mission. L'UNESCO a l'intention de dépêcher cette mission dès que les conditions de sécurité le permettront.

De plus, le ministre a présenté une demande d'assistance d'urgence qui sera examinée par le Comité concernant l'achat d'un véhicule de terrain pour chacun des quatre sites en péril de la République démocratique du Congo, soit la Réserve de faune à okapis et le Parc national de Kahuzi-Biega et les deux autres Parcs nationaux des Virunga et de la Garamba, que le Comité a déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Le Comité a noté que le Bureau régional de l'UICN pour l'Afrique centrale prévoyait également des visites sur le site en 1998.

Préoccupé par la gravité des menaces et des dommages affectant ces sites et compte tenu des mesures urgentes qui s'imposent, le Comité a inscrit la Réserve de faune à okapis ainsi que le Parc national de Kahuzi-Biega sur la Liste du patrimoine mondial en péril et a engagé le Directeur général de l'UNESCO à écrire au Président de la République démocratique du Congo pour lui demander d'intervenir directement afin de permettre à l'UNESCO d'entreprendre la mission de haut niveau proposée et de planifier des mesures de réhabilitation pour tous les sites de la Liste du patrimoine mondial en péril de la République démocratique du Congo. Le Comité a prié l'UNESCO de dépêcher une mission dans la capitale, Kinshasa, et invité le Président du Comité à diriger cette mission afin de rencontrer les autorités au plus haut niveau, même si les visites aux sites sont pour le moment jugées impossibles étant donné les conditions de sécurité dans les régions de l'est du pays. Le Comité a pris note des demandes d'assistance d'urgence formulées par la République démocratique du Congo (voir la section "Assistance internationale" du présent rapport) et a prié le Centre de coopérer avec des ONG internationales pour réhabiliter les sites du patrimoine mondial en péril de la République démocratique du Congo.

 

Décision adoptée: 21 COM VIII.A.4

VIII.4 Le Comité a étudié les rapports sur l'état de conservation de biens figurant dans le document de travail WHC-97/CONF.208/8B.Rev. et a décidé d'inclure les biens naturels suivants sur la Liste du patrimoine mondial en péril :

- Parc national du Manovo-Gounda-St.Floris (République centrafricaine)

- Réserve de faune à okapis (République démocratique du Congo)

- Parc national de Kahuzi-Biega (République démocratique du Congo)