1.         Angkor (Cambodge) (C 668)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1992

Critères  (i)(ii)(iii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril    1992-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1992-1994)
Montant total approuvé : 85 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

septembre 1997: mission d’un expert-juriste

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/668/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1997

1.   Protection contre le vol et le pillage

De nombreuses activités ont été organisées depuis 1992 pour protéger le site d’Angkor contre le vol et le pillage qui sont parmi les causes principales de dégradation des monuments du site. Elle se traduisent notamment par la formation de conservateurs des musées, de douaniers, de la police chargée de la garde des monuments, des enseignants, des étudiants en archéologie, de journalistes et de juristes. Des actions de sensibilisation de la population ont été lancées, à la télévision, dans la presse écrite et à travers un concours d’affichage. Parmi ces mesures, il convient de signaler les succès enregistrés, depuis sa création, par la « Police du patrimoine ». La Section des normes internationales de la Division du patrimoine culturel et le Bureau de l’UNESCO à Phnom Penh ont collaboré avec les autorités cambodgiennes au lancement de cette « Police du patrimoine » en 1994 dont la formation a ensuite été assurée par la police française. Elle est composée d’un Bureau de Police du patrimoine, chargé de procéder à l’inventaire et au contrôle des boutiques susceptibles de vendre des objets d’art, d’un Bureau Central National Cambodge de l’OIPC Interpol et d’un Commissariat spécial. Cette unité opérationnelle spéciale de protection du site archéologique d’Angkor est placée sous l’autorité d’un commissaire de police, avec un effectif de 520 hommes. Il s’agit pour l’essentiel d’une mission préventive de surveillance et d’une mission répressive de lutte contre le pillage des monuments d’Angkor. La Police du Patrimoine a déjà permis la saisie de centaines de pièces volées sur les monuments du site d’Angkor, notamment au cours de la saisie spectaculaire en novembre 1996, de quatre trafiquants en possession de plusieurs pièces.

2.   Législation

La Section des normes internationales de la Division du patrimoine culturel a collaboré avec les autorités cambodgiennes à l’élaboration de la loi sur la Protection du Patrimoine culturel, votée par le Parlement le 21 décembre 1995 et promulguée par Sa Majesté le Roi le 25 janvier 1996. Par l’adoption de cette loi le Cambodge s’est conformé au prescrit de la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert des propriétés illicites des biens culturels. Il convient d’ailleurs de souligner que le Cambodge s’est ainsi doté d’une législation parmi les plus complètes et les plus modernes au monde.

Mais l’application efficace de cette Loi nécessitera de préparer et d’adopter des sous-décrets d’application, d’établir des procédures administratives appropriées et de former le personnel chargé de sa mise en œuvre, afin que puissent être établis les documents administratifs essentiels à son application tel que les autorisations de fouilles, licences d’exportation, agréments pour l’exercice de la profession de commerçant, etc... La Section des normes internationales de la Division du patrimoine culturel est disposée à poursuivre sa collaboration avec le Gouvernement Royal du Cambodge, afin d’aider à la mise en œuvre effective de cette Loi. Une collaboration à d’ores et déjà débuté sur la rédaction de sous-décrets d’application concernant les fouilles archéologiques.

En dépit de l’amélioration des mesures de sécurité prises à Angkor, l’UNESCO continue d’être préoccupée par les  rapports de la presse sur le pillage à grande échelle et très organisé des biens culturels du Cambodge, qui va, semble-t-il, jusqu’au démontage de monuments entiers pour les vendre.

Action requise

Le Bureau félicite le Gouvernement cambodgien et l’UNESCO pour les efforts entrepris depuis plusieurs années en vue de l’adoption de mesures contre le trafic illicite de biens culturels d’Angkor. Le Bureau, tout en remerciant le Gouvernement et l’UNESCO de leurs efforts, s’est montré préoccupé par le pillage permanent des biens culturels et les fouilles illégales de biens culturels d’Angkor et d’autres sites archéologiques au Cambodge, et notamment par le marché très organisé et sophistiqué d’antiquités, allant jusqu’au démontage de monuments. Le Bureau invite le Gouvernement du Cambodge à soumettre un rapport à la 21e session du Comité sur les mécanismes administratifs mis en place pour la mise en vigueur de la législation adoptée pour la prévention du trafic illicite de biens culturels.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1997

L’assistance fournie par le Secrétariat de l’UNESCO auprès des autorités cambodgiennes s’inscrit dans la mise en œuvre des obligations, découlant de l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine en péril. Ainsi, l’UNESCO a organisé la mission d’un expert-juriste, en septembre 1997, afin de préparer les décrets d’application et les arrêtés de classement indispensables à la mise en œuvre de la Loi sur la protection du patrimoine culturel national, qui a été promulguée le 25 janvier 1996 et qui contient d’importantes dispositions contre le trafic illicite de biens culturels.

Le Comité international de coordination pour la sauvegarde et le développement du site historique d’Angkor, dont l’UNESCO assure le Secrétariat, a tenu une session plénière le 9 janvier 1997 et une session du Comité technique le 7 octobre 1997. Il est à rappeler que le Comité assure, en coopération avec les autorités cambodgiennes, la coordination et le suivi des actions internationales entreprises pour préserver le site, conserver ses monuments et protéger son environnement.

Les reliquats de l’assistance d’urgence pour le temple du Pré Rup accordée sur le Fonds du patrimoine mondial depuis 1994 continuent à être utilisés à la maintenance du monument et au suivi de ses déformations structurelles. Du reste, ces déformations peuvent désormais être enregistrées grâce au "monitoring system" mis en place par une équipe italienne.

Malgré les affrontements dans la région d’Angkor en juillet 1997, le site dans son ensemble n’a pas souffert de dégradations. Certes, le matériel de certaines équipes a malheureusement été pillé. Toutefois, les travaux qui ont été interrompus pour des raisons de sécurité ont repris et évoluent maintenant à un rythme normal. En raison de ces événements politiques, les négociations relatives à l’aménagement touristique du Parc d’Angkor sont restées stationnaires.

Le pillage de monuments et le trafic illicite de biens culturels n’ont pas cessé dans la région. Certes, en raison d’importants efforts consentis par les autorités cambodgiennes avec le soutien de l’UNESCO dans la zone d’Angkor, de nombreux objets volés ont été saisis et mis en lieu sûr. La présence active de la police du patrimoine sur le site joue un rôle dissuasif et répressif certain. Il reste que celle-ci a besoin d’un soutien constant pour faire face à cette tâche difficile, et que de nombreux monuments et sites archéologiques en dehors de la zone d’Angkor continuent de faire l’objet de pillages. Grâce à la mobilisation internationale soutenue par l’UNESCO, l’ICOM et les médias, plusieurs dizaines de biens volés ont été restitués au Cambodge au cours de ces deux dernières années par leurs détenteurs en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. La pression internationale doit toutefois se poursuivre et se renforcer si l’on veut espérer tarir les marchés de biens culturels volés et pillés.

Des informations complémentaires de la réunion du Comité technique qui doit se tenir en octobre 1997 seront à la disposition du Comité durant sa session.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Comité pourrait souhaiter étudier les informations fournies au moment de sa session et prendre les mesures appropriées à cet égard.

Décision adoptée: 21 BUR IV.A.14

Le Bureau s'est montré préoccupé par le pillage et les fouilles illégales de biens culturels dans la zone d’Angkor, et notamment par le marché organisé d’antiquités, allant jusqu’au démontage de monuments. Le Bureau a invité le Gouvernement Royal du Cambodge à soumettre un rapport à la 21e session du Comité sur les mécanismes réglementaires et administratifs en vue de la mise en oeuvre de la Loi sur le patrimoine y compris les mesures adoptées, pour la prévention du trafic illicite de biens culturels. Enfin, le Bureau a pris acte avec satisfaction de la décision prise par le Gouvernement Royal du Cambodge d’interdire toute construction d’hôtel dans les zones 1 et 2 du site d’Angkor. De plus, le Bureau a vivement souhaité que, conformément aux études de mise en oeuvre du plan de zonage, les hôtels ne soient construits que dans la zone hôtelière.

Décision adoptée: 21 BUR IV.B.63

A la suite des discussions sur le pillage du musée de site de Butrinti, Albanie, le Secrétariat a rappelé que le trafic illicite était une grave problème dans un certain nombre de sites du patrimoine mondial (Angkor, Baalbek, Petra, la Vallée de Kathmandu, Saqqara, etc.) et que l'on pouvait trouver un appui auprès de l'UNESCO pour la formation, nouer des contacts avec d'autres réseaux internationaux tels qu'INTERPOL et l'ICOM et contribuer au recouvrement des objets (communiqués de presse de l'UNESCO et notices de biens culturels volés). L'UNESCO pourrait également aider les Etats à mettre en oeuvre la Convention de l'UNESCO sur le trafic illicite (1970) et la Convention UNIDROIT sur les biens culturels volés ou illégalement exportés (1995). La Convention du patrimoine mondial compte 150 Etats parties, contre seulement 86 pour la Convention de 1970. Il a été demandé de fournir davantage d'informations sur la participation des Etats à ces conventions et un tableau informatif à été distribué.

Décision adoptée: 21 COM VII.B.25

VII.25 Angkor (Cambodge)

Le Secrétariat a fait état des efforts accomplis par le gouvernement royal du Cambodge et des progrès réalisés dans les activités de sauvegarde de ce site, y compris celles coordonnées par l'UNESCO et financées par la France, l'Indonésie, l'Italie et le Japon. Le Secrétariat a fait savoir que les activités de sauvegarde qui avaient été interrompues en raison des troubles survenus dans la région d'Angkor en juillet 1997, avaient repris et progressaient normalement. Le Délégué du Japon a indiqué que la seconde phase du projet japonais pour la sauvegarde d'Angkor débuterait dès l'achèvement de la première phase en novembre 1998.

Le pillage de monuments et le trafic illicite de biens culturels qui n'ont pas cessé dans la région, ont clairement montré la nécessité de renforcer l'aide internationale. Bien que la mobilisation internationale soutenue par l'UNESCO, l'ICOM et les médias ait permis la restitution de nombreux objets volés au Cambodge, la pression internationale doit être maintenue pour tarir les marchés de biens culturels volés et pillés.

Le Président a exprimé le souhait du Comité en faveur de la mise en application des instruments juridiques existants pour renforcer la capacité des autorités locales cambodgiennes dans leurs efforts de protection du patrimoine culturel d'Angkor et dans leur lutte contre le trafic illicite de biens culturels. Le Comité a exprimé sa reconnaissance aux autorités cambodgiennes, au Comité de coordination international pour la sauvegarde et le développement de la Zone historique d'Angkor et à l'UNESCO pour les efforts qu'ils ont déployés pour la sauvegarde d'Angkor. Afin d'accroître l'aide internationale en faveur du site d'Angkor, le Comité a décidé de maintenir le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.