1.         Ensemble de monuments de Huê (Viet Nam) (C 678)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/678/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-1994)
Montant total approuvé : 128 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/678/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/678/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1996

Depuis le lancement de la première campagne internationale de sauvegarde en 1981, les autorités vietnamiennes ont pris conscience de l'enjeu culturel et économique de la préservation du patrimoine urbain et paysager du site impérial de Huê. La création d'un Centre de Conservation des Monuments historiques et l'approbation gouvernementale, en juillet 1991, d'un premier périmètre de protection ont accompagné l'inscription en décembre 1993 du site sur la Liste du patrimoine mondial.

Ce classement a favorisé les dons et mécénats internationaux, notamment japonais et francais, venant épauler l'effort financier vietnamien. Ce soutien contribue actuellement à la restauration de monuments, au traitement du bois contre les termites, ainsi qu'à la mise en place d'un système d'information géographique. La démarche est donc bien enclenchée malgré quelques faiblesses dans les techniques de préservation utilisées.

Le site de Huê est aussi une ville universitaire et touristique rayonnant sur un territoire de plus d'un million d'habitants. Le Plan directeur de 1993 organise le développement en déconcentrant l'activité économique à l'extérieur du périmètre de protection et en maintenant un équilibre démographique entre ville et campagne. Mais, faute d'un outil réglementaire solide, cette planification reste soumise aux aléas des projets d'investissements privés industriels et touristiques. Par ailleurs, la proposition vietnamienne, actuellement à l'étude, de contournement routier de Huê (déviation de la route nationale n° 1) traverse le secteur classé. Il est indispensable de contribuer à une réflexion sur l'inscription de la rocade dans le site, son traitement paysager ainsi que le contrôle réglementaire de l'usage des sols de part et d'autre du futur axe.

L'UNESCO apprécie l'initiative de coopération bilatérale entre l'Institut de Développement et de Stratégie de Hanoi (DSI) et la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR) de France pour sa démarche pilote de construction de l'aire métropolitaine Huê-Da Nang. La Japan International Cooperation Agency (JICA) analyse les enjeux territoriaux de la région Centre Viet Nam.

L'intervention la plus urgente concerne la ville et, en priorité, les quartiers situés à proximité des monuments classés (zone 1 d'interdiction de construire). Le contenu réglementaire des zones 2 et 3 de limitation de construire demandent à être défini : tout reste à faire concernant la hauteur et la volumétrie du bâti, la largeur et le traitement des rues ainsi que les usages commerciaux et résidentiels du sol. La référence au droit coutumier constitue une des conditions d'application des prescriptions réglementaires.

Une mise en harmonie du développement urbain et du processus de préservation patrimoniale constituerait, pour les habitants, l'étape suivante d'une prise en charge de la réhabilitation de leur identité.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Bureau pourrait vouloir adopter le texte suivant et le transmettre au Comité pour qu'il en prenne note :

"Le Bureau demande à l'UNESCO d'aider les autorités vietnamiennes à réévaluer les réglementations sur l'occupation des sols et la construction en ce qui concerne l'aire protégée et les zones tampons (zones 2 et 3) et également de participer à la réflexion sur les divers projets de construction/modernisation de routes qui sont à l'étude. Le Bureau demande également instamment au Gouvernement vietnamien de renforcer sa coordination interministérielle afin de s'assurer que les projets bien nécessaires de développement de l'infrastructure ne compromettent pas la valeur de patrimoine mondial du site, et de poursuivre sa collaboration actuelle avec les Gouvernements français et japonais pour réfléchir sur les besoins en matière de protection du site du patrimoine mondial de Huê dans le contexte du programme de développement régional."

Décision adoptée: 20 COM VII.D.70

VII.70 Ensemble des monuments de Huê (Viet Nam)

L'inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial a favorisé les dons et mécénats internationaux qui ont épaulé l'important effort du Gouvernement vietnamien pour les activités de conservation. Ce soutien contribue actuellement à la restauration de monuments, au traitement du bois contre les termites, ainsi qu'à la mise en place d'un système d'information géographique.

Le Secrétariat a signalé que le considérable développement urbain et régional de la région de Huê-Da Nang était en cours de planification et que des travaux importants d'infrastructures étaient envisagés et pourraient avoir un impact négatif sur le site du patrimoine mondial de Huê. Le Centre maintient le contact avec l'Institut de Développement et de Stratégie de Hanoï (DSI) et la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR) de France, ainsi qu'avec la Japan International Cooperation Agency, qui ont tous pris part au développement de la région métropolitaine de Huê-Da Nang, afin de s'assurer que le plan de développement prend en compte la conservation de Huê.

Afin d'assurer à la fois la conservation et le développement de cette ville historique vivante, il faut d'urgence réévaluer et améliorer la réglementation concernant l'aménagement du territoire et les constructions, spécialement en ce qui concerne la hauteur et la volumétrie du bâti, la largeur et le traitement des rues, ainsi que les usages commerciaux et résidentiels du sol dans les zones tampons (zones 2 et 3) qui entourent la zone des monuments (zone 1).

Le représentant de l'ICOMOS a exprimé sa préoccupation quant au plan d'aménagement routier qui consisterait à transformer la route qui traverse le site du patrimoine mondial de Huê en route nationale. Le Secrétariat a déclaré que les autorités vietnamiennes avaient assuré l'UNESCO à de nombreuses reprises, par l'intermédiaire du groupe de travail Huê-UNESCO pour la campagne internationale de sauvegarde, que la route nationale prévue ne traverserait pas le site, et n'aurait pas d'impact négatif sur la valeur de patrimoine mondial de Huê. Le Secrétariat a toutefois exprimé sa préoccupation quant à la difficulté de se tenir informé des nombreux projets de développement infrastructurels au Viet Nam qui auraient des retentissements sur toute la région.

Le Bureau a pris note du rapport du Secrétariat et a demandé à l'UNESCO d'aider les autorités vietnamiennes à réévaluer le plan d'occupation des sols et la réglementation sur la construction concernant la zone protégée du site du patrimoine mondial et les zones tampons (zones 2 et 3), et de participer à la réflexion sur les divers projets de construction ou d'aménagements routiers, envisagés. Le Bureau a également suggéré que le Gouvernement vietnamien renforce sa coordination interministérielle afin de s'assurer que les projets nécessaires de développement de l'infrastructure ne compromettent pas la valeur de patrimoine mondial du site, et de poursuivre sa collaboration actuelle avec les Gouvernements français et japonais pour réfléchir sur les besoins en matière de protection du site du patrimoine mondial de Huê dans le contexte du programme de développement régional.