1.         Ville historique de Zabid (Yémen) (C 611)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1993

Critères  (ii)(iv)(vi)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril   2000-présent

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1994-1994)
Montant total approuvé : 45 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/611/

Information présentée au Bureau du Comité du patrimoine mondial en 1996

Le Centre a été informé que des travaux apparaissant tout à fait inappropriés ont été entrepris dans la Grande Mosquée de Zabid, qui remonte au XVe siècle.

Il semble que l'authenticité et l'intégrité du monument aient déjà été endommagées : la couverture a été réparée avec du béton, l'inscription dédicatoire de 1492 a été partiellement coupée pour faire passer des poutrelles, les panneaux décorés des murs ont été endommagés par des installations électriques et des toilettes en ciment ont été installées prés de l'ancienne cour d'ablution. Il serait même envisagé de surélever les fondations pour protéger la mosquée d'éventuelles innondations.

Par lettre du 16 février, le Centre a fait part de sa grande préoccupation à Monsieur le Ministre de la Culture et du Tourisme, en lui rappelant les dispositions de la Convention et des Orientations sur les travaux, les principes de restauration et le respect de l'authenticité, tout en proposant l'assistance d'un expert international. Par lettre du 5 mars, la Délégation permanente a fait savoir au Centre que le Ministre avait répondu que ces travaux étaient financés par des donateurs locaux, et que cette restauration se réalisait "sans déformation". Le Ministre a également accepté l'offre d'un expert.

Le Centre a proposé au Directeur de la mission archéologique canadienne au Yémen d'assister les autorités yéménites dans cette affaire.

Action requise

Le Bureau fait part aux autorités du Yémen de sa grande préoccupation quant aux travaux entrepris par des donateurs locaux dans la Grande Mosquée du site du patrimoine mondial de la ville historique de Zabid, qui paraissent gravement endommager l'authenticité et l'intégrité du monument.

Il leur rappelle les articles 4 et 5 de la Convention du patrimoine mondial en vertu desquels les Etats parties s'engagent à assurer la protection et la conservation de leur patrimoine, et que cette conservation doit s'effectuer selon les normes internationales, telle la Charte de Venise, propres à assurer le respect de l'authenticité. Il leur rappelle également l'article 24(b) des Orientations devant  guider la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine  mondial sur le respect de l'authenticité des biens inscrits et leur demande de bien vouloir se conformer à l'avenir aux articles 56 et 75 invitant les Etats parties à informer le Comité, par l'intermédiaire de son Secrétariat, de leur intention d'entreprendre ou d'autoriser, dans une zone protégée par la Convention, des restaurations importantes ou de nouvelles constructions.

Il rappelle enfin aux autorités du Yémen que le Comité est disposé à fournir les conseils d'experts internationaux avant tout travail de restauration et leur demande que les travaux ne soient poursuivis qu'après l'avis d'un tel expert.

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 1996

Le Bureau du patrimoine mondial, lors de sa vingtième session, avait été informé que des travaux de rénovation menaçant gravement l'authenticité et l'intégrité de la Grande Mosquée de Zabid avaient été entrepris par des autorités locales.

Par lettre du 16 février, le Centre avait fait part de sa préoccupation au Ministre de la Culture et du Tourisme, en lui rappelant les dispositions de la Convention et des Orientations sur les travaux, les principes de restauration et le respect de l'authenticité, tout en proposant l'assistance d'un expert international. Par lettre du 5 mars, la Délégation permanente a informé le Centre que le Ministre avait répondu que ces travaux étaient financés par des donateurs locaux et se réalisaient "sans déformation", tout en acceptant l'offre d'un expert.

Le Centre a transmis le 10 juillet aux autorités yéménites la préoccupation du Bureau sur ces travaux. Depuis lors, le Centre a reçu le rapport de son expert, soulignant qu'ils étaient à présent poursuivis d'une manière plus conforme aux techniques traditionnelles, mais qu'en revanche, un projet d'adduction d'eau programmé par le National Water and Sewerage Authority of Yemen et le Ministère allemand de la Coopération (BMZ), et financé par une agence allemande (KfW), risquait de faire peser un danger majeur sur la préservation des monuments de la ville. Si, comme il le semble, ce projet ne prévoit pas de système d'évacuation des eaux usées, en accroissant considérablement l'humidité permanente des sols, il fera courir un risque majeur d'effritement des murs des monuments historiques construits en brique.

A la suite d'une réunion de travail tenue le 16 juillet, le Délégué permanent du Yémen auprès de l'UNESCO a saisi son gouvernement et par lettres des 16 et 17 juillet, le Centre a écrit au responsable du projet au BMZ et à l'un des Délégués de l'Allemagne au Comité du patrimoine mondial, pour souligner la nécessité d'une évaluation approfondie des impacts négatifs possibles de ces travaux.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Compte tenu de l'importance de la question, le Bureau pourrait vouloir transmettre le rapport au Comité et lui recommander d'adopter le texte suivant :

"Après avoir été informé de la situation des monuments de la ville historique de Zabid, le Comité remercie les autorités yéménites d'avoir adopté des méthodes traditionnelles plus conformes au respect de l'authenticité pour les travaux de la Grande Mosquée de Zabid et leur recommande de consulter aussi souvent que nécessaire l'expert désigné par l'UNESCO. Il attire également leur attention sur les dangers potentiels pour la préservation des monuments du projet d'adduction d'eau programmé par le National Water and Sewerage Authority of Yemen, le Ministère allemand de la coopération (BMZ) et la KfW qui, s'il ne prévoyait pas de système d'évacuation des eaux usées, accroîtrait considérablement l'humidité des sols et conduirait à l'effritement des murs de brique de ce site du patrimoine mondial."

Copie de cette correspondance pourrait également être adressée à la Délégation permanente de l'Allemagne auprès de l'UNESCO.

Décision adoptée: 20 BUR IV.7

Le Bureau a fait part aux autorités du Yémen de sa grande préoccupation quant aux travaux entrepris par des donateurs locaux dans la Grande Mosquée du site du patrimoine mondial de la ville historique de Zabid, qui paraissent gravement endommager l'authenticité et l'intégrité du monument.

Il leur a rappelé les articles 4 et 5 de la Convention du patrimoine mondial en vertu desquels les Etats parties s'engagent à assurer la protection et la conservation de leur patrimoine, et que cette conservation doit s'effectuer selon les normes internationales, telle la Charte de Venise, propres à assurer le respect de l'authenticité. Il leur a également rappelé les articles 24 (b), 56 et 75 des Orientations devant guider la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine mondial.

Enfin, il a rappelé aux autorités du Yémen que le Comité est disposé à fournir les conseils d'experts internationaux avant tout travail de restauration.

Décision adoptée: 20 COM VII.D.71

VII.71 Ville historique de Zabid (Yémen)

Le Bureau du patrimoine mondial, lors de sa vingtième session, avait été informé que des travaux de rénovation menaçant gravement l'authenticité et l'intégrité de la Grande Mosquée de Zabid avaient été entrepris par les autorités locales.

Le Secrétariat a informé le Bureau à sa vingtième session extraordinaire que, depuis lors, il avait reçu le rapport de son expert signalant que les travaux étaient poursuivis d'une manière plus conforme aux techniques traditionnelles, mais qu'en revanche, un projet d'adduction d'eau programmé par la National Water and Sewerage Authority of Yemen et le Ministère allemand de la Coopération (BMZ) , et financé par une agence allemande (KfW), risquait de faire peser un danger majeur sur la préservation des monuments de la ville. A la suite de consultations avec les autorités yéménites et allemandes, le Secrétariat a été informé par la Délégation de l'Allemagne qu'un accord avait été conclu avec les autorités yéménites et que le projet d'adduction d'eau intégrera un système d'évacuation des eaux usées.

Le Bureau a remercié les autorités yéménites d'avoir adopté des méthodes traditionnelles plus conformes au respect de l'authenticité pour les travaux de la Grande Mosquée de Zabid et leur a recommandé de consulter aussi souvent que nécessaire l'expert désigné par l'UNESCO. Il a également complimenté les autorités yéménites et allemandes, la National Water and Sewerage Authority of Yemen, le Ministère allemand de la coopération (BMZ) et la KfW pour avoir décidé en août dernier de mettre en œuvre simultanément un système d'adduction d'eau et d'assainissement à Zabid et dans d'autres villes historiques afin d'éviter toute détérioration de leurs monuments culturels.