1.         Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) (C 426bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (i)(ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Novembre 2006 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; Décembre 2011 : mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / ICOMOS  

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/426/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Ces dernières années, le Comité du patrimoine mondial a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations quant à l’impact négatif réel ou potentiel des constructions de grande hauteur sur le cadre du bien. Les missions de suivi réactif qui se sont rendues sur le bien en 2006 et 2011 se sont concentrées sur la nécessité de renforcer les systèmes visant la protection du cadre immédiat et plus large du bien, lequel n’a pas de zone tampon.

Les 29 octobre 2012 et 2 avril 2013, l’État partie a fourni des informations mises à jour sur les projets d’aménagement dans le voisinage du bien du patrimoine mondial, qui avaient été identifiés par la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS de décembre 2011 comme ayant un impact négatif potentiel sur la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien. Il s’agit du projet de réhabilitation de Nine Elms, de Vauxhall Island Site, de Heygate Estate et, en particulier, d’Elizabeth House.

En réponse à la demande du Comité concernant la définition du cadre du bien (décision 36 COM 7B.92), l’État partie a indiqué que des discussions sont en cours entre English Heritage, le maire, des autorités de planification locales concernées et des principales parties prenantes en vue de parvenir à un accord sur la manière de définir le cadre immédiat et plus large du bien par rapport à sa VUE.

L’État partie a signalé que les quatre projets d’aménagement mentionnés ci-dessus ont fait l’objet d’objections de la part d’English Heritage, le conseiller statutaire auprès de l’État partie. Malgré ces objections, trois projets sur quatre se sont déjà vu délivrer des autorisations de planification par les autorités locales respectives et, en dépit de l’avis d’English Heritage, le Secrétaire d'État en charge des communautés et de l'administration locale a décidé de ne pas les examiner au niveau national.

Elizabeth House

La mission de 2011 considérait que les constructions de grande hauteur incluses dans le projet de réaménagement d’Elizabeth House à la Waterloo Station étaient susceptibles, en fonction de leurs hauteurs absolues, d’avoir des impacts négatifs sur la toile de fond de la vue englobant le palais de Westminster et Big Ben. Alors que la zone du projet relève de la juridiction du Borough de Lambeth, la principale préoccupation concerne le Borough de Westminster.

Au moment de la 36e session du Comité, il avait été soumis un projet d’aménagement révisé pour Elizabeth House, qui proposait la construction d’une structure de tour avec une hauteur réduite à 29 étages.

L’État partie a indiqué qu’English Heritage avait soulevé de vives objections à l’encontre de la proposition au motif que son impact, du fait de sa conception et de sa taille, causerait un degré de dommage substantiel et inacceptable à la VUE, au cadre et aux vues depuis le bien. En outre, il a précisé qu’English Heritage a maintenu ses objections vis-à-vis des propositions relatives à Elizabeth House car la nouvelle construction, vue depuis l’intérieur des limites du bien, serait clairement visible dans l’espace vide séparant le Palais de Westminster de la Portcullis House, en se détachant au-dessus du County Hall sur la rive sud. Dans certaines perspectives, une partie de l’aménagement semblerait être visuellement rattachée à la façade nord de la Tour Queen Elisabeth (autrefois connue sous le nom de Tour St Stephen, qui abrite Big Ben).

Dans sa lettre du 2 avril 2013, l’État partie a fait savoir que, en raison des préoccupations d’English Heritage, la proposition a été soumise le 4 janvier 2013 au Secrétaire d’État pour qu’il décide s’il devait l’examiner au niveau national, à la suite d’une enquête publique. Le Secrétaire d’État a décidé de ne pas examiner cette proposition de projet mais de la renvoyer au London Borough de Lambeth. Il a considéré que l’aménagement proposé « n’impliquait pas un conflit avec des politiques nationales, n’avait pas d’effets significatifs au-delà de la localité immédiate, ne donnait pas lieu à une controverse importante transfrontalière ou nationale, ni ne soulevait d’importants problèmes de conception architecturale ou urbaine ». Suite à cette décision, une autorisation peut être accordée conformément à l’intention précédente Borough de Lambeth.

Autres projets d’aménagement dans le voisinage du bien

Le projet de réhabilitation de Nine Elms Market Towers : l’État partie a indiqué que cette proposition d’aménagement consiste en la démolition des bâtiments et structures existants et en l’édification de deux nouvelles tours de 58 étages (s’élevant à 200 m au-dessus du sol) et de 43 étages (atteignant 161 m au-dessus du sol) faisant partie d’un aménagement polyvalent d’unités résidentielles, y compris de commodités et d’espaces publics ouverts. Le projet a été approuvé par l’autorité locale, contre l’avis d’English Heritage, et n’a pas fait l’objet d’un appel à examen de la part du Secrétaire d’État, de sorte qu’une autorisation peut être délivrée par le Conseil du Borough.

Vauxhall Island :l’État partie a mentionné que cette proposition concernait un aménagement pour une utilisation mixte sur « Vauxhall Island » près de la gare routière de Vauxhall, comprenant deux constructions de grande hauteur, l’une de 41 étages, approximativement 140 m, et l’autre de 32 étages, approximativement 115 m. Le projet a été approuvé par l’autorité locale, contre l’avis d’English Heritage, et n’a pas fait l’objet d’un appel à examen de la part du Secrétaire d’État, de sorte qu’il peut être approuvé par le Conseil du Borough.

Heygate Estate:L’État partie a fait savoir que cette proposition de réaménagement de Heygate Estate et ses environs a été soumise au London Borough de Southwark pour examen. Elle consiste en un schéma à usage mixte, articulé sous forme de blocs, comprenant neuf constructions de grande hauteur, s’élevant de 55 m à 104 m. English Heritage a insisté sur ses préoccupations quant à l’impact cumulatif potentiel de constructions de grande hauteur sur le bien. L’État partie a signalé que les demandeurs ont modifié la conception de l’une des constructions à la satisfaction d’English Heritage, mais pas la conception des autres et qu’il a donc écrit au Conseil de Southwark pour s’opposer à l’octroi d’une autorisation générale pour cette proposition.

Cadre de la politique de planification

L’État partie a exprimé son point de vue selon lequel les systèmes de planification en place au Royaume-Uni fournissent des processus solides basés sur la loi, l’orientation politique, et des plans d’aménagement, permettant d’évaluer l’impact potentiel de propositions sur des éléments du patrimoine et de traiter ces propositions d’une manière appropriée. En particulier, il a signalé l’existence du cadre de gestion révisé des vues de Londres (2010) (2010), des orientations supplémentaires de planification du maire intitulées Sites du patrimoine mondial de Londres – Orientations sur les cadres (mars 2012), et de politiques de protection des biens du patrimoine mondial inscrites dans le plan pour Londres du maire  et dans les plans locaux des divers boroughs. L’État partie a en outre souligné que le cadre de la politique de planification nationale énonce que les biens du Patrimoine mondial doivent être traités comme des éléments classés de la plus haute importance. Toutefois, Il a également admis que, parfois, des considérations autres que celles du patrimoine peuvent prévaloir, et que l’avis d’English Heritage, basé sur la prise en compte du patrimoine, sera être examiné mais pas toujours accepté en vue de parvenir à une conclusion équilibrée sur la question de savoir si un projet d’aménagement doit ou ne doit pas être autorisé.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Alors que la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ ICOMOS de 2011 avait reconnu les progrès accomplis pour renforcer les orientations visant à protéger le cadre vis-à-vis d’impacts négatifs sur des perspectives sur et depuis le bien, il convient de rappeler que la mission avait également considéré le projet d’aménagement d’Elizabeth House comme un cas déterminant pour tester l’efficacité du cadre politique renforcé par rapport à d’autres demandes de planification.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que la plupart des projets d’aménagement ont déjà été approuvés ou sont près de l’être, étant donné que le Secrétaire d’État a décidé de ne pas examiner les projets d’aménagement d’Elizabeth House, de Nine Elms et de Vauxhall Island en vue d’obtenir une décision au niveau national, et que ces autorisations peuvent être accordées en dépit des objections formulées par English Heritage.

Ils estiment qu’il ne semble que des cadres définis ni des contraintes générales approuvées ne soient en place pour garantir que de nouvelles constructions de grande hauteur n’auront pas d’impact sur des vues importantes ou autres attributs du bien. Ils soulignent également que, en raison du stade avancé du processus de planification, la prise en compte de quelconques recommandations concernant les projets est plus difficile pour les autorités responsables.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent au Comité du patrimoine mondial de demander à l’État partie d’arrêter les projets d’aménagement d’Elizabeth House, de Nine Elms et de Vauxhall Island et de réviser ces projets conformément aux préoccupations exprimées par English Heritage. Ils voudraient également conseiller au Comité de demander à l’État partie d’envisager de renforcer ses dispositions juridiques et son cadre juridique de planification pour permettre aux autorités nationales d’assumer leurs responsabilités concernant la mise œuvre de la Convention au niveau national.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives voudraient également recommander au Comité du patrimoine mondial de demander, d’urgence, à l’État partie de définir le cadre immédiat et plus large du bien par rapport à sa VUE et d’intégrer ces définitions dans les politiques de toutes les autorités concernées par la planification, et aussi de définir des mesures spécifiques et de s’assurer de la mise en place de mécanismes appropriés pour protéger le bien et réduire sa vulnérabilité aux menaces potentielles pesant sur sa VUE.

Ils voudraient par ailleurs conseiller au Comité d’envisager d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2014, si les projets d’aménagement prévus devaient être approuvés tels qu’ils sont planifiés actuellement.

Décision adoptée: 37 COM 7B.90

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.92 , adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Exprime sa préoccupation quant aux aménagements proposés pour Elizabeth House, pour le projet de réhabilitation de Nine Elms et pour le site de Vauxhall Island et au sujet de leur impact négatif potentiel sur le cadre et les perspectives du bien et prie instamment l’État partie de s’assurer que ces propositions ne sont pas approuvées dans leur forme actuelle et qu’elles soient révisées conformément aux préoccupations exprimées English Heritage ;

4.  Demande à l’État partie de renforcer ses cadres de politique et de planification pour assurer une protection appropriée du cadre du bien en définissant le cadre immédiat et plus large et les vues en cônes du bien par rapport à sa valeur universelle exceptionnelle et en identifiant des mécanismes adéquats dans les politiques respectivement appliquées par toutes les autorités concernées par la planification  pour garantir que de nouvelles constructions n’auront pas d’impact sur les perspectives et autres attributs du bien ;

5.  Prie aussi instamment l’État partie de s’abstenir d’approuver tout projet d’aménagement de grande envergure dans le voisinage du bien jusqu’à la mise en place d’une protection appropriée de son cadre immédiat et plus large ;

6.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , unrapport sur l’état de conservation du bien mis à jour et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.

Décision adoptée: 37 COM 8B.7

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/8B,

2.  Approuve le changement de nom proposé du Palais de Westminster, l'abbaye de Westminster et l'église Sainte-Marguerite tel que proposé par les autorités anglaises. Le nom du bien devient Palace of Westminster and Westminster Abbey including Saint Margaret’s Church en anglais et Palais de Westminster et l'abbaye de Westminster incluant l'église Sainte-Marguerite en français. 

Décision adoptée: 37 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8E et WHC-13/37.COM/8E.Add,

2.  Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.  Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-13/37.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.  Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.  Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :

6.  Demande au Centre du patrimoine mondial d'harmoniser l'ensemble des sous-titres dans les Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle lorsque cela s’avère approprié et lorsque les ressources et le temps du personnel permettent d’effectuer ce travail ;

7.  Demande également aux États parties, aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial de s’assurer de l’utilisation d’un langage neutre à l’égard du genre dans les Déclarations proposées pour l’adoption par Comité du patrimoine mondial ;

8.  Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de s’assurer que les Déclarations adoptées sont conformes aux décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial concernant les modifications de noms des biens du patrimoine mondial et les refléter dans la totalité du texte des Déclarations concernées, en consultation avec les États parties et les Organisations consultatives ;

9.  Demande par ailleurs aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande finalement au Centre de les publier sur son site Internet.