1.         Zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata (Italie) (C 829)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (iii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé : 183 487 dollars EU : Fond-en-dépôt italien

Missions de suivi antérieures

Décembre 2010 et Janvier 2011: Mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS ;  Janvier 2013: mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/829/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été remis par l’État partie en mars 2013 et une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a eu lieu du 7 au 10 janvier 2013. Le rapport de mission est disponible en ligne à l’adresse internet suivante : http://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/documents

La mission considère que des progrès ont été réalisés en ce qui concerne un certain nombre de recommandations de la mission consultative qui s’était rendue sur le bien en 2010, tant sur le plan du système de gestion que sur celui des problèmes de conservation. Toutefois, de nombreux aspects, spécifiés ci-dessous, nécessitent encore des efforts à fournir..

a)  Gestion

Le gouvernement italien a lancé une série d’initiatives visant à traiter les lacunes de gestion identifiées sur ce bien. Les activités principales dans le cadre du projet (Fonds-en-dépôt) « Vers un système de gouvernance pour coordonner la mise à jour et la mise en œuvre du plan de gestion pour les sites archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata », financé par les autorités italiennes et mis en œuvre par l’UNESCO, ont été réalisées avant mars 2013, avec l’implication de nombreuses parties prenantes. Les autorités italiennes ont indiqué que le nouveau plan de gestion sera terminé d’ici la fin décembre 2013.

L’un des problèmes abordés lors de la préparation du plan de gestion concerne l’extension de la zone tampon afin de s’assurer que non seulement les sites archéologiques actuellement inscrits sont eux-mêmes correctement sauvegardés, mais leur cadre l’est aussi. Les autorités italiennes vont se baser sur le plan paysager existant déjà pour les municipalités vésuviennes pour élaborer une proposition de zone tampon. La mission a recommandé qu’une modification mineure des limites du bien, concernant Herculanum, soit envisagée pour inclure la zone fouillée dans les années 1990, entre le site principal et la Villa dei Papiri, et garantir que le bien comprend effectivement les vestiges connus de la villa et du théâtre.

Un projet de déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle (VUE) a été soumis par l’État partie, comme demandé par la décision 35 COM 7B.96, et sera examiné par les Organisations consultatives.

b)  Restauration et entretien

La mission a constaté que d’importants progrès ont été réalisés concernant le programme d’entretien régulier et que du personnel professionnel supplémentaire été envoyé à Pompéi pour entamer les travaux préparatoires du « Grand projet Pompéi », financé par la Commission européenne. L’objectif est d’effectuer des interventions systématiques et intégrées qui traitent les problèmes d’entretien, de conservation et d’appréciation du public. Les travaux de restauration et de consolidation des structures ont déjà commencé, ainsi que des campagnes de reconnaissance et de documentation. Pour prévenir des infiltrations criminelles dans les travaux prévus, il a été établi un protocole fixant la légalité. En conséquence, le Ministère de l’Intérieur contrôlera d’une manière autonome les processus de passation des marchés.

Toutefois, un grand nombre de ces initiatives en sont toujours à un stade peu avancé et doivent encore fournir des résultats substantiels en termes d’amélioration de la conservation et d’accès à Pompéi. La mission est préoccupée par certains aspects du Grand projet Pompéi, en particulier la rapidité avec laquelle ces fonds devront être utilisés et l’impact potentiel de cet aspect sur la qualité du travail à faire. En conséquence, un suivi externe de la qualité des interventions serait souhaitable.

En outre, alors que la valeur universelle exceptionnelle du bien a été maintenue, la mission a identifié d’importantes détériorations persistantes et confirme que des parties du bien continuent d’être actuellement en péril, comme les nombreux effondrements survenus au fil des ans le montrent, et qu’il est urgent de mettre en place des mesures correctives. En outre, une grande partie des bâtiments du site est fermée au public. Le manque de gardiens et de techniciens pour assurer la gestion, la supervision et l’entretien de base du site est toujours un problème sur ce bien.

Par ailleurs, la mission note que, alors que le Grand projet Pompéi peut aboutir à d’importants résultats, un grand nombre de travaux seront encore en cours une fois le projet terminé. La durabilité à long-terme devrait être une priorité pour la gestion et la conservation futures du site.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La mission de suivi réactif considère que des parties du bien risquent actuellement de se détériorer et que les deux prochaines années seront cruciales pour démontrer l’efficacité des diverses initiatives en cours. Le non-aboutissement des initiatives pourrait s’avérer désastreux pour l’état de conservation du bien.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent donc, à présent, au Comité du patrimoine mondial de ne pas envisager la possibilité d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril, comme suggéré par le Comité dans sa décision 35 COM 7B.96.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent par conséquent au Comité de suivre de près l’état de conservation du bien, en demandant des rapports annuels sur l’état d’avancement.  Si, pour une raison quelconque, les initiatives en cours ne parvenaient pas à aboutir à des progrès substantiels dans les deux prochaines années,  le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent au Comité d’envisager la possibilité d’une inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2015. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.77

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant les décisions 35 COM 7B.96 et 36 COM 7C adoptées respectivement à ses 35e (UNESCO, 2011) et 36e (Saint-Pétersbourg, 2012) sessions,

3.  Prend note des nombreuses initiatives mises en place par l’État partie, y compris le “Grand projet Pompéi”, soutenu par la Commission européenne, et le projet “Vers un système de gouvernance” ;

4.  Note qu’une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est rendue sur le bien en janvier 2013 et demande à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission, en particulier :

a)  finaliser le nouveau plan de gestion, avec l’implication de toutes les autorités responsables aux différents niveaux, de diverses parties prenantes et de la communauté, et le soumettre au Centre du patrimoine mondial par examen par les Organisations consultatives d’ici le 1er février 2014 ,

b)  inclure dans le nouveau plan de gestion un plan d’utilisation par le public et un plan de gestion des risques, ainsi que des dispositions pour réglementer et contrôler les aménagements à proximité du bien,

c)  assurer, au travers du nouveau plan de gestion, que du personnel qualifié, des contractants et un financement appropriés sont affectés à la supervision et à l’entretien du site,

d)  présenter officiellement la proposition de nouvelle zone tampon au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2014 , conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations ,

e)  suivre étroitement la qualité du travail effectué lors des interventions menées dans le cadre du « Grand projet de Pompéi » et de l’entretien quotidien du site ;

5.  Demande également à l’État partie d’informer le Centre du patrimoine mondial régulièrement et en temps voulu de tout projet prévu conformément au paragraphe 172 des Orientations  ;

6.  Demande en outre à l’État partie d’inviter une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en 2014-2015, afin d’évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des mesures exposées ci-dessus ;

7.  Demande par ailleurs à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport sur l’état d’avancement et, d’ici le 1er février 2015 ,un rapport actualisé sur l'état de conservation du bien et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015, en vue de considérer, en l’absence de progrès substantiels, la possibilité de l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril .