1.         Budapest, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l’avenue Andrássy (Hongrie) (C 400bis)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1987

Critères  (ii)(iv)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Le montant total accordé à ce bien s’élève à 800 millions de HUF (env. 2,7 millions d’euros) au titre du soutien de l’UE au projet « Rue de culture ». 

Missions de suivi antérieures

Mars 2005 : mission consultative Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; novembre 2007 : mission consultative de l’ICOMOS. 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/400/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

L’État partie a soumis un rapport sur l’état de conservation du bien le 30 janvier 2013 comme demandé par la décision 35 COM 7B.95 duComité du patrimoine mondial. Une mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS a été invitée par l’État partie et a visité le bien du 25 février au 1er mars 2013. Le rapport de mission d’avril 2013, tout en concluant que l’état général de conservation du bien est satisfaisant et sa valeur préservée, ajoute des informations importantes au rapport de l’État partie ; ses principales recommandations portent sur la coordination institutionnelle et la réglementation en matière de protection. Le rapport de mission est disponible en ligne à l’adresse suivante : http://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/documents/. .

a)  Législation et gestion du bien

L’État partie rapporte que sa nouvelle législation sur le patrimoine mondial, la Loi LXXVII sur le patrimoine mondial, est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. Il rapporte également qu’un décret gouvernemental 315/2011 (XII.27), entré en vigueur le 1er janvier 2012, réglemente la préparation des plans de gestion du patrimoine mondial. La nouvelle loi exige la publication des plans de gestion comme décrets gouvernementaux garantissant leur statut légal.

Le rapport donne des informations détaillées sur la réorganisation des institutions concernées par la protection du patrimoine national hongrois. Au niveau national, trois ministères gouvernementaux (Intérieur, Ressources humaines et Administration publique et Justice) sont en charge de différents aspects des biens du patrimoine mondial, tandis qu’à Budapest la protection est régie par deux agences régionales supervisées par un mécanisme d’appel administré par la municipalité métropolitaine de Budapest. Le plan de gestion pour le bien est désormais en préparation et l’entité en charge de la gestion a été nommée.

Le rapport de mission note les innovations législatives et réglementaires de l’État partie mais conclut que, le temps que soient élaboré et mis en œuvre le plan de gestion et légalement approuvées les nouvelles réglementations, le système administratif en place pour l’octroi des permis de construire peut compromettre le tissu urbain de l’ensemble de la zone de patrimoine mondial. Il recommande les mesures urgentes suivantes : aucune nouvelle construction ne devrait être autorisée ni aucun permis délivré lors de cette période de transition ; et il conviendrait que soient instaurées des réglementations de restriction appropriées, des procédures et un suivi clairs et transparents pour application par les administrations locales du ‘décret gouvernemental 314/2012’ qui est entré en vigueur le 1er janvier 2013, et en particulier des règles de conclusion d’accords avec des partenaires (un plan de partenariat) avant de réaliser des projets en matière d’aménagement urbain ou de règlementation, afin d’empêcher toute détérioration grave de la cohérence architecturale et urbaine.

b)  Démolition et nouveaux aménagements

L’État partie rapporte qu’il n’y a eu aucune démolition ni permis délivré dans le ‘quartier juif’ durant la période considérée. Aucune construction significative n’a eu lieu mais deux projets importants sur la rue Dob ont fait l’objet d’une opposition importante. Au n°19, cela concerne la restauration de la façade sur rue, ainsi que l’élévation de la couverture de la cour intérieure et le remplacement de l’aile sur cour par un nouveau bâtiment de quatre étages affecté à des boutiques et appartements. Le permis a été confirmé en appel mais est désormais suspendu en vertu d’une révision judiciaire. Au n°21, un permis d’aménagement du bâtiment en ruine en une auberge de jeunesse complétée par des infrastructures commerciales et de divertissement a été délivré. Le permis n’a pas été confirmé en appel et fait également l’objet d’une révision judiciaire. Le travail de réhabilitation historique des deux édifices est en cours et les phases de démolition, recherche et fouilles seront officiellement supervisées.

Pour le n°21 de la rue Klauzal, un permis de réhabilitation a été délivré, avec construction d’un étage supplémentaire sur l’aile sur cour. La rénovation d’édifices dans Gozsdu-udvar et dans le centre d’Erzsebetvaros a été entreprise et plusieurs bâtiments historiques classés ont été convertis en cafés. Au n°10 de la rue Dohany et aux nos8-10 de la rue Sip, les démolitions autorisées ont eu lieu mais les façades sur rue ont été conservées. Après l’effondrement du dernier étage du n°10 de la rue Sip, les autorités ont imposé une obligation de reconstruction.

La démolition envisagée dans la rue Bécsi a initialement été réduite de cinq à trois bâtiments mais les permis pour ces trois derniers ont été refusés. Par conséquent, il n’y a pas de permis de démolition ni construction associé à ce projet d’aménagement.

Le rapport de mission conjointe rend compte de ce qui précède mais déclare qu’en dépit du retrait des projets de démolition dans la rue Bécsi, l’état de détérioration des bâtiments continue à susciter de profondes préoccupations. Il considère que le simple retrait des projets de démolition ne contribue guère à la protection de cette zone et suggère que la négligence des propriétaires est parfois un plan délibéré pour rendre l’effondrement, et donc, la réhabilitation, inévitables.

c)  Rue de Culture

Ce programme de conservation concernant la rue Kazinczy, soutenu par des fonds de l’Union européenne, a été mené à bien en 2012 et a porté sur la rénovation de la synagogue orthodoxe, du musée de la Technologie électrique et de deux autres bâtiments ainsi que de la façade de l’université Loránd Eötvös. Une amélioration et une réduction de la circulation au sein des espaces publics et du paysage urbain ont été entreprises.

d)  Autres développements au sein du bien du patrimoine mondial et de la zone tampon

Le rapport de l’État partie indique qu’un projet de parc pour le musée de Budapest bordant la place des Héros et le parc de la ville dans la zone tampon en est au stade de conception préliminaire et que des informations détaillées seront envoyées au Centre du patrimoine mondial dès que disponibles. Les détails sur quatre projets qui affectent le bien et qui ont été soumis au Centre du patrimoine mondial en août 2012, conformément au paragraphe 172 des Orientations, sont également joints au rapport. La restauration des pavillons du jardin du palais royal, le réaménagement de la place Kossuth afin de mieux refléter le concept architectural original et d’en améliorer l’accès, le stationnement et l’information, un nouveau parc du musée et la restructuration de la place Szechenyi dans l’optique de réduire la circulation et d’en améliorer l’accès serviront, comme le suggère l’État partie, à renforcer la valeur universelle exceptionnelle (VUE) du bien.

La mission recommande que des détails complémentaires soient envoyés au Centre du patrimoine mondial, incluant des évaluations d’impact sur le patrimoine, pour étayer le projet du jardin royal, et des études des sols, de la géologie et de l’hydrologie pour appuyer les projets de la place Kossuth et du centre d’information du Parlement. Par leur échelle, les projets sont susceptibles d’avoir un impact préjudiciable sur la VUE du bien s’ils ne sont pas soigneusement conçus ni évalués.

e)  Agrandissement et révision de la zone tampon du bien

L’État partie rapporte que l’agrandissement de la zone tampon devrait être envisagé lors du processus de préparation du plan de gestion.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

L’État partie a répondu à tous les points soulevés par le Comité du patrimoine mondial et a fournit des informations détaillées sur le nouveau cadre législatif et réglementaire pour la protection de ce bien et des sites du patrimoine mondial en Hongrie en général. Il est noté que des progrès sont désormais faits à l’égard du plan et de la structure de gestion et que c’est lors de leur traitement que le projet d’agrandissement de la zone tampon sera envisagé et soumis le moment venu. Le contrôle des aménagements inappropriés sur le territoire du bien et la zone tampon a conduit au retrait de diverses propositions, notamment celles de la rue Bécsi, et l’État partie a donné notification de projets de nouveaux développements comme demandé par le paragraphe 172 des Orientations.

 

La mission de suivi réactif a corroboré ce qui précède mais a recommandé que des mesures urgentes soient prises pour protéger le bien d’un développement inapproprié le temps que le plan de gestion et les procédures détaillées de réglementation et suivi soient mis en place. La mission reste préoccupée par l’état de détérioration de certains bâtiments historiques au sein du bien. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.76

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 35 COM 7B.95 , adoptée à sa 35e session (UNESCO, 2011),

3.  Note le récent retrait des projets de démolition et aménagement dans le quartier juif et la rue Bécsi mais note avec inquiétude l’état de détérioration des bâtiments historiques existants ;

4.  Accueille favorablement la nouvelle législation sur le patrimoine mondial entrée en vigueur le 1er janvier 2012 et le soutien réglementaire apporté aux plans de gestion du patrimoine mondial ;

5.  Note également la réorganisation et l’amélioration de l’administration de la protection des biens du patrimoine mondial aux niveaux national et municipal ;

6.  Encourage l’État partie à poursuivre le travail de préparation du plan et de la structure de gestion pour le bien et sa zone tampon, et le projet d’élargissement de la zone tampon ;

7.  Demande à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission de suivi réactif conjointe Centre du patrimoine mondial/ICOMOS en établissant des contrôles rigoureux sur les demandes d’aménagements nouveaux sur le territoire du bien et sa zone tampon ;

8.  Note également les détails des projets d’aménagement au sein du bien et demande également à l’État partie de transmettre au Centre du patrimoine mondial les détails du projet de jardin royal, des rapports des études des sols, de la géologie et de l’hydrologie étayant le projet de la place Kossuth, et du projet de nouveau parc du musée dès que le travail de conception sera achevé, avec évaluations d’impact sur le patrimoine, conformément au paragraphe 172 des Orientations ;

9.  Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015, un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015. 

Décision adoptée: 37 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8E et WHC-13/37.COM/8E.Add,

2.  Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.  Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-13/37.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.  Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.  Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :

6.  Demande au Centre du patrimoine mondial d'harmoniser l'ensemble des sous-titres dans les Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle lorsque cela s’avère approprié et lorsque les ressources et le temps du personnel permettent d’effectuer ce travail ;

7.  Demande également aux États parties, aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial de s’assurer de l’utilisation d’un langage neutre à l’égard du genre dans les Déclarations proposées pour l’adoption par Comité du patrimoine mondial ;

8.  Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de s’assurer que les Déclarations adoptées sont conformes aux décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial concernant les modifications de noms des biens du patrimoine mondial et les refléter dans la totalité du texte des Déclarations concernées, en consultation avec les États parties et les Organisations consultatives ;

9.  Demande par ailleurs aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande finalement au Centre de les publier sur son site Internet.