1.         Vallée du Haut-Rhin moyen (Allemagne) (C 1066)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2002

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Février 2008: Mission consultative conjointe Centre du patrimoine mondial / ICOMOS ; Décembre 2012 : Mission consultative ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1066/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 8 août 2012, l’État partie invitait une mission consultative de l’ICOMOS pour évaluer le fonctionnement d’un transport par câble dans la ville de Coblence, situé dans le bien du patrimoine mondial. Comme proposé par l’ICOMOS, le champ de la mission consultative a été élargi afin qu’elle traite d’autres problèmes d’aménagement relatifs au bien. Cette mission a eu lieu les 13 et 14 décembre 2012 et le rapport a été transmis à l’État partie le 6 février 2013.

Les 1er février 2013 et 7 mars 2013, en réponse à la décision 35 COM 7B.93 (UNESCO, 2011) et rappelant la décision 34 COM 7B.87 (Brasilia, 2010), l’État partie a soumis au Centre du patrimoine mondial son « Schéma directeur pour le patrimoine mondial – Défis et visions pour l’aménagement futur de la vallée du Haut-Rhin moyen (Masterplan Welterbe Oberes Mittelrheintal – Herausforderungen und Visionen für die zukünftige Entwicklung) », qui est vise à exposer comment le bien pourrait se développer d’une manière durable tout en préservant sa valeur universelle exceptionnelle (VUE).

Le 28 mars 2013, l’État partie a soumis en rapport sur l’état de conservation en réponse à la mission consultative de l’ICOMOS. Un bref rapport complémentaire traitant spécifiquement du document intitulé « Schéma directeur du patrimoine mondial » avait été préparé par la mission technique consultative le 26 février 2013. Ces rapports de la mission consultative sont disponibles en ligne à l’adresse internet suivante : https://whc.unesco.org/fr/list/1066/documents.

a)  Schéma directeur pour le bien

L’État partie décrit le document « Schéma directeur du patrimoine mondial » comme un plan informel et une déclaration d’intention politique, qui repose sur l’autorégulation et l’engagement volontaire des parties prenantes respectives. Dans ce plan, l’état actuel de la vallée du Haut-Rhin moyen et le bien du patrimoine mondial sont décrits et analysés, les points forts et les points faibles actuels précisés, les défis futurs identifiés et dix visions de l’avenir présentées. L’analyse spatiale mentionnée par le Comité du patrimoine mondial en 2011 lui est jointe. L’un des principaux objectifs du schéma est de « clarifier les perspectives de l’aménagement futur du paysage culturel unique entre Bingen am Rhein/Rüdesheim am Rhein et Coblence. »

Le schéma directeur n’est pas contraignant, mais l’État partie a indiqué que les participants ont pris l’engagement de transformer les objectifs identifiés conjointement en des spécifications ayant force obligatoire (loi formelle) et de mettre en œuvre d’une manière indépendante des projets et mesures appropriés. L’élaboration d’un projet de « concept de mise en œuvre » régional intégré du schéma directeur a été commandée le 21 janvier 2013. Sur la base de ce concept de mise en œuvre, il est prévu de parvenir à un consensus et un accord sur des projets à court, moyen et long terme conçus pour l’aménagement du bien du patrimoine mondial. L’État partie attire l’attention sur l’« impuissance » de la région fédérale (Land) en ce qui concerne la compétence en matière de planification qui est du ressort des autorités municipales intéressées.

La mission consultative a conclu à la nécessité de disposer d’un schéma, dans la mesure où le plan de gestion actuel s’est avéré inapproprié. Le processus d’élaboration du schéma directeur a été exemplaire, selon la mission : il a suivi une approche « bottom-up » largement participative. En outre, sa valeur première pourrait résider dans la démarche extrêmement démocratique qui a été adoptée.

La mission considère toutefois que le schéma directeur est rédigé en termes généraux, étant donné que seules deux « visions pour le futur » sur dix sont spécifiques au bien : le souhait de réduire le bruit provoqué par le chemin de fer ; et l’objectif de créer « un sentiment d’identité de la zone du patrimoine mondial de la vallée du Haut-Rhin moyen et un sens des responsabilités à son égard ». La mission a également noté la nécessité d’inclure dans le schéma directeur une procédure de révision future afin de clarifier les actions limitées dans le temps. En outre, elle a considéré impératif que le concept de mise en œuvre fasse partie du schéma directeur.

La mission a conclu qu’il était essentiel de définir clairement dans le schéma directeur l’importance du bien du patrimoine mondial et, surtout, la position de ce schéma quand il s’agit d’équilibrer les divers intérêts. De plus, il faut clarifier les procédures et définir l’autorité disposant du pouvoir décisionnel. Une clarification est également nécessaire en ce qui concerne les responsabilités mutuelles de deux Länder ; la relation entre le schéma directeur et les régions environnantes appliquant une planification ; l’ambigüité existant dans le schéma entre le bien du patrimoine mondial et l’entité géographique plus large de la valle du Haut-Rhin moyen, ainsi que la terminologie.

b)  Nouveau pont sur le Rhin

L’État partie confirmait le 1er février 2013 que le Land de Rhénanie-Palatinat avait décidé d’abandonner le projet de construction d’un pont sur le Rhin, dans le voisinage de St Goar et St Goarshausen, durant la période législative restant à courir, qui doit se terminer en 2016. Au lieu de ce projet, un service étendu de ferry est mis en place à titre d’essai jusqu’en 2016.

La mission a conclu que, alors qu’il a été arrêté, le projet de pont pourrait être réactivé en cas de changement de la constellation politique. Il est donc considéré approprié, avant la réapparition du problème dans quelques années, que le schéma directeur donne des conseils clairs en ce qui concerne une forme acceptable de traversée (ferry, tunnel, pont), sur la base de l’impact sur la VUE, l’authenticité et l’intégrité du bien.

c)  Système de transport par câble installé entre la ville de Coblence et la forteresse

L’État partie a déclaré que l’impact négatif présumé du système de transport par câble sur la VUE, l’authenticité et l’intégrité du bien d’une longueur de 65 km avait été démontré d’une manière non concluante, non cohérente et non appropriée. Il relève également que le Land de Rhénanie-Palatinat se réserve le droit de prolonger la mise en service du transport par câble pendant deux ans, jusqu’au 30 juin 2016. De plus, l’État partie a demandé que le système de transport par câble temporaire soit autorisé à rester en service jusqu’au 30 juin 2026, en cas d’approbation du Comité du patrimoine mondial, afin de permettre aux autorités de rechercher une solution à long terme pour créer un accès à la forteresse qui soit sans barrières et consomme peu d’énergie, avec un impact visuel réduit sur le paysage culturel.

La mission a conclu que le système de transport par câble construit sur le Rhin pour l’Exposition nationale des jardins de 2011 n’est pas compatible avec la VUE du bien et porte atteinte à son authenticité et intégrité. La mission a recommandé que le système de transport par câble soit démonté, comme promis par le Ministère de l’Éducation, des Sciences, de la Jeunesse et de la Culture dans sa lettre au directeur du Centre du patrimoine mondial datée du 3 avril 2008, et que ce démontage respecte les délais convenus ; c’est-à-dire commence à l’automne 2013 et se termine au printemps 2014.

d)  Bâtiments hôteliers de grande envergure envisagés sur le plateau de la Lorelei et piste de bobsleigh d’été

L’État partie a indiqué avoir demandé aux autorités de suspendre toutes les procédures concernant la construction prévue d’un hôtel sur le plateau de la Lorelei dans l’attente d’une décision du Comité du patrimoine mondial et a informé les autorités que le rapport de la mission consultative de l’ICOMOS servait de base pour tout réaménagement.

La mission a conclu que le projet de construction de trois hôtels sur le plateau de la Lorelei n’était pas compatible avec la VUE du bien ; en particulier, l’hôtel six étoiles en raison de son implantation sur le bord du plateau et de ses dimensions. Il modifierait gravement le paysage culturel et nuirait à son authenticité et intégrité. La mission a recommandé d’arrêter toutes les mesures de planification publiques associées et d’informer l’investisseur privé que ce projet ne doit pas être mis en œuvre dans sa forme actuelle. Toutefois, la mission estime qu’un projet d’hôtel de moindre envergure pourrait être possible s’il se conformait au plan d’aménagement du plateau actuellement en cours de préparation, en particulier en ce qui concerne son emplacement, sa taille et sa qualité architecturale.

De même, la mission a conclu que la piste de bobsleigh d’été sur le plateau de la Lorelei n’était pas compatible avec la VUE du bien, étant donné qu’elle modifierait considérablement le paysage culturel et aurait un impact négatif sur son authenticité et intégrité. En conséquence, la mission a recommandé de refuser de donner l’autorisation finale pour la piste de bobsleigh, en s’assurant que les parties déjà installées seront démontées et du rétablissement du site dans son état précédent.

e)  Installations de production d’énergie alternative comme des éoliennes et des centrales d’accumulation par pompage

L’État partie a indiqué qu’un projet de mise à jour partielle du plan d’aménagement du Land relatif à l’énergie éolienne spécifie que les éoliennes ne seront pas autorisées à l’intérieur des limites du bien. Elles pourraient être autorisées dans la zone tampon ; toutefois, seulement dans les endroits où la VUE du bien ne serait pas compromise, sur la base d’une étude des lignes de visibilité devant être terminée en mai 2013. En attendant, il existe un moratoire. Selon le rapport de l’État partie, l’autorité responsable de la centrale hydroélectrique d’accumulation par pompage a été informée que les aspects du patrimoine mondial doivent être pris en compte et que le Land donnerait des informations au Centre du patrimoine mondial sur les aménagements.

La mission a conclu que, alors qu’aucun projet concret pour des installations de production d’énergie n’est en attente à l’intérieur du bien ou de sa zone tampon, de tels projets peuvent néanmoins connaître une évolution dynamique et doivent donc être suivis de près, et le Centre du patrimoine mondial doit être mis au courant si de tels projets sont proposés. La mission a également recommandé de terminer l’étude sur les lignes de visibilité, dans le but de s’assurer qu’aucune éolienne ne sera visible depuis le bien, et de la soumettre au Comité du patrimoine mondial pour examen.

f)  Bruit dû aux chemins de fer

La mission a confirmé que le bruit dû aux chemins de fer affecte fortement la qualité de vie des habitants et l’appréciation du bien par les visiteurs. La mission a recommandé d’intensifier les efforts pour réduire le bruit de la manière la plus efficace et la plus sensible. La mission a mis en garde contre des mesures sporadiques conduisant à des solutions disgracieuses telles que les murs anti-bruit. Elle a suggéré d’apporter des solutions à court terme – dont des améliorations de l’infrastructure technique, la réduction du bruit des wagons et autres mesures d’organisationelles - tout en élaborant également une solution à long terme comme un autre corridor de transport ferroviaire.

S’agissant du bruit dû aux chemins de fer, l’État partie a indiqué que le Land de Rhénanie –Palatinat demande à l’UNESCO et à l’ICOMOS de continuer à soutenir ses efforts pour inciter le gouvernement fédéral et la compagnie nationale des chemins de fer à assumer leur responsabilité à l’égard du bien du patrimoine mondial et à l’intérieur de ce bien. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent les progrès accomplis par l’État partie dans l’élaboration du « Schéma directeur du patrimoine mondial » et, en particulier, le processus participatif exemplaire utilisé lors de son élaboration. Ils recommandent au Comité de demander à l’État partie d’affiner le schéma directeur de manière à définir clairement l’importance du bien du patrimoine mondial, et la position de ce schéma en matière d’équilibre des divers intérêts ; d’achever le “concept de mise en œuvre” ; d’inclure une procédure pour une future révision ; et de clarifier les procédures, autorités, responsabilités, ambigüités et la terminologie. En outre, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent au Comité de demander que le schéma directeur fournisse une définition claire de la forme de franchissement du fleuve qui soit acceptable (ferry, tunnel, pont), sur la base de l’impact sur la VUE, l’authenticité et l’intégrité du bien.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment que le système de transport par câble entre la ville de Coblence et la forteresse, les bâtiments hôteliers de grande envergure envisagés sur le plateau de la Lorelei, et la piste de bobsleigh d’été sur le plateau de la Lorelei ne sont pas compatibles avec la VUE du bien, et auraient un impact négatif sur son authenticité et intégrité. Ils soulignent également que le système de transport par câble et la piste de bobsleigh doivent être démontés, et que l’approbation doit être refusée aux bâtiments hôteliers de grande envergure. Ils suggèrent toutefois au Comité de recommander que des solutions viables envisageables pour un réaménagement du plateau de la Lorelei de moindre envergure soient discutées entre l’État partie, les Organisations consultatives et toutes les parties prenantes. Ils recommandent également au Comité de demander à l’État partie de suivre de près la situation concernant les installations de production d’énergie alternative comme les éoliennes et les centrales d’accumulation par pompage, et d’achever l’étude associée sur les lignes de visibilité et de la soumettre au Comité du patrimoine mondial ; et d’encourager l’État partie à intensifier ses efforts pour réduire le bruit dû aux chemins de fer de la manière la plus efficace et la plus sensible.

Décision adoptée: 37 COM 7B.75

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant les décisions 34 COM 7B.87, 35 COM 7B.93 et 35 COM 8E , adoptées respectivement à ses 34e (Brasilia, 2010) et 35e (UNESCO, 2011) sessions,

3.  Note la décision de l’État partie de ne pas poursuivre le projet de construction d’un pont sur le Rhin dans le voisinage de St Goar et St Goarshausen durant la période législative restant à courir, qui doit se terminer en 2016, et, en lieu et place, de mettre en œuvre un service de ferry étendu à titre d’essai jusqu’en 2016 ;

4.  Note également les recommandations de la mission consultative de l’ICOMOS ayant eu lieu sur le bien en décembre 2012 ;

5.  Accueille favorablement les progrès accomplis dans l’établissement du document « Schéma directeur du patrimoine mondial » et, en particulier, le processus participatif exemplaire utilisé lors de son élaboration, et demande à l’État partie d’affiner ce schéma directeur afin de :

a)  définir clairement l’importance du bien du patrimoine mondial, et la position du schéma directeur pour équilibrer les divers intérêts,

b)  finaliser le « concept de mise en œuvre » et inclure une procédure de révison future,

c)  clarifier les procédures, autorités, responsabilités et la terminologie, et

d)  fournir une définition claire de la forme acceptable de franchissement du fleuve (ferry, tunnel, pont), sur la base de l’impact sur la valeur universelle exceptionnelle du bien ;

6.  Recommande à l’État partie de :

a)  démonter le système de transport par câble entre la ville de Coblence et la forteresse d’Ehrenbreitstein d’ici le 30 juin 2026 au plus tard,

b)  refuser l’autorisation finale pour la piste de bobsleigh sur le plateau de la Lorelei, démonter la piste de bobsleigh et réhabiliter le site en le restaurant dans son état précédent,

c)  refuser l’approbation de bâtiments hôteliers de grande envergure envisagés sur le plateau de la Lorelei ;

7.  Encourage l’État partie à envisager des solutions viables pour un réaménagement à moindre échelle du plateau de la Lorelei en consultation avec les Organisations consultatives et l’ensemble des parties prenantes ;

8.  Demande également à l’État partie de suivre de près la situation concernant les installations de production d’énergie alternative, comme les éoliennes et les centrales d’accumulation par pompage, de terminer l’étude sur les lignes de visibilité, et de soumettre cette étude au Centre du patrimoine mondial pour examen par les Organisations consultatives ;

9.  Encourage également l’État partie à intensifier les efforts pour réduire le bruit dû aux chemins de fer de la manière la plus efficace et la plus sensible ;

10. Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015 , un rapport mis à jour sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre de ce qui précède, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.