1.         Sanctuaire historique de Machu Picchu (Pérou) (C/N 274)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1983

Critères  (i)(iii)(vii)(ix)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 1986-2001)
Montant total approuvé : 166 625 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 15.000 dollars EU : Fonds-en-dépôt espagnol pour le patrimoine mondial pour l'atelier participatif demandé par le Comité (Décision 30 COM 7B.35).

Missions de suivi antérieures

Avril 2007 : mission de suivi réactif Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS ; janvier 2009 : mission de suivi renforcé Centre du patrimoine mondial / IUCN / ICOMOS ; février 2010 : mission technique d’urgence, Centre du patrimoine mondial; mai 2012 : mission consultative Centre du patrimoine mondial / UICN / ICOMOS 

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/274/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Un rapport sur l’état de conservation du bien a été soumis par l’État partie le 31 janvier 2013. Ce rapport comprend des informations sur les actions menées suite aux recommandations faites le Comité du patrimoine mondial ainsi que des annexes qui présentent des informations techniques complémentaires sur les études et les actions menées jusqu’à ce jour.

a)  Comité d’aide internationale

En 2010, le Comité du patrimoine mondial a recommandé à l’État partie de créer un Comité d’aide internationale destiné à fournir des conseils techniques et à soutenir l’État partie. Ce Comité a pour but de tenter de répondre aux préoccupations en matière de gouvernance et de résoudre les problèmes financiers durables que rencontre le bien, de guider efficacement l’implication des parties prenantes, de solliciter de l’aide pour la mise en œuvre du Plan d’action d’urgence de 2009, et, d’aborder tous les problèmes de gestion accumulés et irrésolus (décision 34 COM 7B.42).

Le Comité d’aide internationale n’a été établi qu’en mai 2012, pendant le déroulement de la mission consultative. La mission consultative de 2012 qui s’est rendue sur le territoire du bien a rédigé un rapport détaillé sur l’évaluation des conditions du bien et identifié un certain nombre de recommandations et d’actions prioritaires d’interventions qui, conformément au Plan d’action d’urgence de 2009, sont centrées sur les principaux aspects suivants : évaluation participative de l’efficacité de la gestion, gouvernance, projet pour l’accès ouest et gestion des risques.

L’État partie rapporte que plusieurs actions sont actuellement coordonnées afin de mettre en œuvre les recommandations faites par la mission consultative de 2012. Il s’agit de la mise à jour du Plan directeur, de la préparation d’un plan d’urgence, de l’adoption finale de la nouvelle réglementation concernant l’Unité de gestion, des améliorations apportées au point de contrôle de l’accès ouest au sanctuaire, de la finalisation du Plan de préparation aux risques ainsi que de l’amélioration de l’information du public en matière de risques dans le village de Machu Picchu et de la mise à jour et de l’adoption de réglementations touristiques. Le rapport ne fait cependant état ni d’un calendrier d’exécution, ni de dispositions budgétaires pour la mise en œuvre intégrale de ces actions.

b)  Plan d’action d’urgence

Le Plan d’action de 2009, recommandé par la mission de suivi renforcé de janvier 2009, a été accepté et sa mise en œuvre a été recommandée par la décision 33 COM 7B.42. Depuis 2010, l’État partie n’a fourni, dans le cadre de ses rapports sur l’état de conservation du bien, aucun rapport annoté sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan d’action de 2009. La mission consultative de 2012 a remarqué que trois problèmes principaux n’étaient pas suffisamment traités, à savoir, l’évaluation de l’efficacité de la gestion, le projet pour l’accès ouest et les réglementations en matière de tourisme. Les actions d’intervention prioritaires rapportées par la mission consultative de 2012 sont en cohérence avec celles dont la mise en œuvre a été jugée urgente en 2009.

c)  Utilisation publique et planification urbaine

L’État partie rapporte que l’élaboration des deux outils de planification est envisagée dans le cadre de la mise à jour du Plan de gestion dont les cahiers des charges ont été approuvés en septembre 2012. La procédure de mise à jour comprendra l’organisation de 5 tables rondes thématiques dont certaines consacrées à l’utilisation publique du bien, à la gestion des visiteurs et à la capacité d’accueil du Machu Picchu dans son ensemble. Les conclusions des ces tables rondes seront intégrées dans la mise à jour du Plan de gestion. La planification urbaine sera traitée conjointement avec la Municipalité du district du Machu Picchu.

La mission consultative a noté que le Plan urbain de 2000 n’était pas mis en place et que le manque de mise en application des réglementations existantes avait permis à des aménagements urbains désordonnés de se perpétuer dans le village de Machu Picchu ce qui crée un contraste très marqué avec les valeurs naturelles du bien et de son cadre.

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives remarquent que la mise à jour du Plan de gestion du bien est mentionnée dans les rapports de 2011 et de 2012 en tant qu’action envisagée. Comme les années précédentes, aucune précision n’est donnée quant à la façon dont les différents outils seront articulés, quant à l’usage qui sera fait de l’évaluation proposée sur l’efficacité de la gestion du bien ou quant au calendrier effectif d’achèvement des diverses procédures nécessaires à la formulation complète des outils de planification proposés.

d)  Accès ouest au bien

L’État partie rapporte que des plans sont en cours d’élaboration afin de créer un véritable poste de contrôle pour l’accès des visiteurs et la circulation des habitants, ainsi que des équipements destinés aux visiteurs au kilomètre 122-Centrale hydroélectrique. L’État partie précise que ces projets sont destinés à accueillir les employés et les bureaux du service de contrôle des visiteurs et qu’ils offriront des services de base et seront équipés d’une technologie de communication de pointe. Le rapport précise par ailleurs que ces équipements devraient être opérationnels dans les mois à venir. En outre, le rapport fait état de l’implantation prévue d’un système amélioré de contrôle de l’accès par DRC-Cusco et SERNANP dans l’attente de l’élaboration et de la mise en application d’une stratégie globale de contrôle d’accès par le coté ouest au moyen d’un système combinant tickets électroniques et informations sur les risques potentiels du secteur. Enfin, trois tables rondes ont été organisées afin d’évaluer l’extension potentielle de la ligne de chemin de fer et la construction d’une gare et d’infrastructures pour les services aux visiteurs à l’extérieur des limites du bien.

La mission consultative a remarqué que le Comité du patrimoine mondial n’a pas été tenu informé des nouvelles concessions accordées pour les installations hydroélectriques, bien que celles-ci soient situées sur le territoire de la zone tampon, ce qui aura des conséquences pour le secteur qui jouxte le bien. Ce secteur est le plus touché par les glissements de terrain et souffre d’une circulation incontrôlée et d’accès non réglementés, des problèmes qui se sont accrus de façon alarmante dans cette zone. La mission a également remarqué que bien que l’accès ouest ait été ouvert de façon illégale en 2007, à ce jour, les autorités n’ont ni fermé la route, ni planifié ou réglementé son usage tant pour le tourisme que pour l’accès aux installations hydroélectriques. Les mesures mises en œuvre n’ont répondu qu’au cas par cas aux problèmes, en conséquence la situation actuelle est caractérisée par une grande désorganisation, résultant des utilisations incompatibles, et constitue toujours un danger potentiel pour les visiteurs du bien.

e)  Plans de réduction des risques et de sauvetage

L’État partie rapporte que des cours de formation à la planification opérationnelle des sites de gestion des risques et des catastrophes se sont déroulés en décembre 2012. Une évaluation des capacités opérationnelles actuelles a également été entreprise et les grandes lignes des bases d’un plan intégral de gestion des risques ont été définies. Un Plan d’urgence du Sanctuaire historique, élaboré en 2012 par le SERNANP, est annexé au rapport. Il prévoit également des dispositions en matière de protocoles d’actions pour les gardiens du Sanctuaire selon les types de risques identifiés dans divers secteurs avec l’objectif de garantir la sécurité des visiteurs et d’atténuer les risques potentiels en cas d’urgence. Comme les années précédentes, l’État partie fait part de la publication de brochures et d’affiches destinées aux résidents et aux visiteurs indiquant les zones de sécurité. Il a été demandé à la Municipalité de garantir que le système d’alerte précoce qui a été mis en œuvre en 2011 soit pleinement opérationnel, ce qui n’était pas le cas lors de la visite du bien par la mission consultative en 2012. Le rapport fait également état de la mise à jour d’études sur les risques géologiques qui serviront à établir un plan de suivi des zones à risques.

La mission consultative de 2012 a remarqué que la vulnérabilité du village de Machu Picchu s’est considérablement accrue au cours des vingt dernières années, en particulier à la faveur du nombre croissant de constructions dans des zones très exposées aux dangers naturels. La mission a estimé que malgré la diffusion d’informations sur les règles à appliquer en cas d’urgence, la plupart des itinéraires d’évacuation ne conduisent pas à des zones correctement préparées et que certains de ces itinéraires sont même situés dans des zones exposées aux glissements de terrain. Les itinéraires d’évacuation sont complexes et ne sont pas clairement indiqués, par ailleurs la plupart des zones de sécurité marquées au sol ne se recoupent pas avec celles indiquées sur les cartes fournies. La mission a également analysé les différents documents qui ont été publiés à ce jour et a souligné qu’en dépit de nombreux plans destinés à atténuer et à diminuer les menaces et à orienter les réponses à apporter en cas de risques de catastrophes, avec des conclusions différentes voire contradictoires pour chaque plan, la mise en œuvre sur le terrain est limitée, comme l’ont démontré les inondations et les glissements de terrain de 2010. Ceci confirme ce qui a été souligné en 2012 par le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives, à savoir, qu’à ce jour aucun plan de gestion des risques de catastrophes n’a été élaboré dans sa totalité ou n’est mis en application.

f)  Gouvernance, harmonisation des cadres législatifs et mise en vigueur des mesures réglementaires

L’État partie rapporte les actions menées afin de modifier et de rendre opérationnelle l’Unité de gestion du Machu Picchu (UGM) afin que le bien dispose d’un cadre réglementaire lisible d’harmonisation des activités et d’une structure efficace de prise de décisions. Il n’est pas précisé si les propositions de réglementation ont été adoptées et la date à laquelle l’UGM sera pleinement opérationnelle.

g)  Inventaire foncier et mesures de réglementation pour le zonage de l’utilisation des sols

En 2012, le cadastrage rural a été achevé et l’État partie rapporte que le nombre des installations illégales n’a pas augmenté et que l’agriculture de subsistance constitue toujours la principale activité pratiquée sur les terres ; l’extension de grandes installations dans le secteur de Huayllabamba a été contrôlée. Des actions sont envisagées afin de régler le problème des titres de propriété en instance pour que les zones critiques deviennent propriété de l’État.

h)  Études sur la capacité d’accueil et orientations pour le Plan d’utilisation publique

L’État partie rapporte que des études complémentaires sont nécessaires à la définition d’une capacité d’accueil claire et précise. Il déclare que le nombre de 2.500 visiteurs par jour est respecté tout en reconnaissant qu’à certaines dates particulières et pendant les vacances, ce chiffre est dépassé dans une proportion de 10 à 15%. Il convient de rappeler que la mission consultative de 2012 a eu accès aux statistiques sur le nombre de visiteurs et a rapporté que le chiffre de 2.500 visiteurs est souvent dépassé si l’on tient compte des visiteurs qui empruntent le Chemin des Incas et d’autres visites spéciales. Dans le cadre de la procédure de mise à jour du plan de gestion, il est prévu qu’une capacité d’accueil adaptée soit définie et respectée.

i)  Interventions liées à l’entretien et à la conservation de la Citadelle

Enfin, eu égard au Plan opérationnel institutionnel, l’État partie rapporte les activités d’entretien et de conservation mises en œuvre sur le territoire de la composante archéologique du bien. Un rapport détaillé a été remis. Il s’intéresse aux activités de recherche et de conservation sur le site de la Citadelle, y compris la recherche sur la bio-détérioration de la pierre, la consolidation des structures architecturales, l’entretien des routes incas sur le territoire du sanctuaire et un inventaire topographique en 3D des monuments archéologiques de la Citadelle destiné à la conservation. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et des Organisations consultatives

Depuis 1999, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives ont exprimé leurs préoccupations quant aux conditions qui constituent une menace pour la valeur universelle exceptionnelle du bien et qui, au cours des 14 dernières années, n’ont pas été traitées pour l’essentiel, avec de nombreux projets d’actions toujours au stade de la planification ou mis en œuvre seulement de façon partielle.

En 2009, le Comité du patrimoine mondial a reconnu ces menaces et a adopté le Plan d’action d’urgence. En 2010, le Comité a rappelé les principales menaces naturelles et structurelles auxquelles le bien était exposé et a recommandé que soit établi un Comité d’aide internationale. Il a estimé que ces deux mesures mettraient l’accent sur les actions nécessaires à la prise en compte des menaces sur la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives prennent note que ces deux mesures n’ont à ce jour pas réduit les menaces pesant sur le bien car seules quelques actions prévues par le Plan d’urgence ont été mises en œuvre au cours des six dernières années.

Les Organisations consultatives ont analysé les progrès globaux accomplis dans la mise en œuvre du Plan d’action de 2009, adopté comme une mesure essentielle dont les actions devaient être systématiquement mises en œuvre pour faire face à l’accumulation de problèmes urgents de conservation et de gestion. Il avait été prévu que le Plan d’action de 2009 serait mis en œuvre sur une période de trois ans afin de régler la situation globale du bien et de ses vulnérabilités qui étaient considérées dans leur ensemble comme constituant de considérables menaces susceptibles d’avoir un impact irréversible sur la valeur universelle exceptionnelle du bien et de mettre en péril la sécurité des visiteurs. Parmi les cinq principaux problèmes à traiter (Déclaration de valeur universelle exceptionnelle, efficacité de la gestion, accès ouest, gestion des risques et gouvernance), des progrès limités ont pu être observés mais uniquement en ce qui concerne la rédaction d’une Déclaration rétrospective de valeur universelle exceptionnelle et l’établissement de l’Unité de gestion du Machu Picchu (UGM) qui, comme précisé ci-dessus, n’est pas encore pleinement opérationnelle et ne bénéficie pas d’un cadre réglementaire adapté à une prise de décision efficace.

Les Organisations consultatives notent par ailleurs que, malgré les recommandations priorisées et chiffrées de la mission consultative de mai 2012 faites en conformité avec le Plan d’urgence de 2009, ni plan d’action précis, ni calendrier d’exécution, ni budget n’ont été soumis par l’État partie. L’amélioration des conditions actuelles ne peut donc pas être anticipée. Le Comité d’aide internationale était censé aider l’État partie dans le traitement des problèmes irrésolus. À ce jour, son action est cependant limitée et aucun élément n’est fourni qui permette de juger de l’efficacité du mécanisme de collaboration.

Les Organisations consultatives prennent également note de l’augmentation de certaines menaces depuis 2009, par exemple, le nombre croissant de constructions dans des zones très exposées aux risques naturels augmente considérablement le risque de glissements de terrain, et, les modèles d’érosion et de détérioration non naturelles des habitats remarquables pour lesquels le bien a été inscrit. Il en va de même pour le nombre croissant de visiteurs qui conduit à une situation qui n’est pas viable. Parmi les autres facteurs négatifs en augmentation, on note l’absence de mise en œuvre du Plan d’urbanisme de 2000, l’absence de mise en vigueur des réglementations existantes et sa conséquence, le développement désordonné du village de Machu Picchu.

Les Organisations consultatives estiment que les actions décisives et marquantes nécessaires au traitement des menaces anciennes et persistantes pesant sur le bien, identifiées lors de l’élaboration du Plan d’urgence et de l’établissement du Comité d’aide internationale, restent à mettre en œuvre. Les impacts de ces facteurs ont conduit à la détérioration de l’environnement naturel et à la lente dégradation des conditions d’intégrité. Cela a également eu un impact sur la très ancienne harmonie et la remarquable relation d’un point de vue esthétique entre culture humaine et nature pour lesquelles le bien a été inscrit, sur la compréhension de l’ensemble visuel qui lie le site archéologique à son cadre et sur la planification de l’usage des terres qui prévalait à l’époque préhispanique. Tous ces facteurs réunis constituent un danger potentiel clairement identifié pour l’intégrité et la valeur universelle exceptionnelle du bien, conformément aux paragraphes 179 et 180 des Orientations.

Au vu des éléments ci-dessus exposés, les Organisations consultatives recommandent que le Comité du patrimoine mondial demande que la mise en œuvre des mesures identifiées se déroule selon le calendrier proposé. En l’absence de conformité avec cette demande selon le calendrier proposé, le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives recommandent que le Comité du patrimoine mondial inscrive le bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril à sa 38e session. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.35

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant les décisions 33 COM 7B.42 , 34 COM 7B.42 , 35 COM 7B.38 et 36 COM 7B.39, adoptées respectivement à ses 33e (Séville, 2009), 34e (Brasilia, 2010), 35e (UNESCO, 2011) et 36e (Saint-Pétersbourg, 2012) sessions,

3.  Exprime sa vive préoccupation quant à l’absence d’actions marquantes et décisives entreprises pour mettre en œuvre le Plan d’action d’urgence établi en 2009 ou Le Plan d’action révisé élaboré par la mission consultative de 2012, en tant que moyens de traitement des menaces pesant sur le bien, ces mêmes menaces ayant été soulignées depuis plus de dix ans et s’étant accrues depuis 2009 ;

4.  Prend note que le Comité d’aide internationale n’a pas eu d’impact dynamique en matière d’encouragement à une action de traitement des menaces reconnues pour le bien et prend également note de l’absence de soumission par l’État partie d’une proposition technique et financière destinée à poursuivre le soutien à la collaboration avec le Comité d’aide internationale ;

5.  Estime que les menaces très anciennes pesant sur le bien ayant leurs origines, entre autres, dans une utilisation publique du bien accrue, dans des déficiences dans la prise de décisions et les mécanismes de gouvernance, et, dans des aménagements incontrôlés dans le village de Machu Picchu, n’ont pas été intégralement traitées et que leurs effets ont été aggravés ;

6.  Prie instamment l’État partie de confirmer, d’ici le 30 juillet 2013 , que le Comité d’aide internationale assistera les autorités nationales dans le traitement urgent de l’ensemble des problèmes irrésolus, et demande que ladite confirmation inclut un calendrier d’actions détaillé de mise en œuvre des recommandations faites en 2012, assorti d’indications précises sur les ressources financières et techniques disponibles ;

7.  Demande également à l’État partie, conformément aux propositions faites dans le Plan d’action d’urgence de 2009, aux recommandations de la mission consultative de 2012 et aux précédentes décisions du Comité du patrimoine mondial, de mettre en œuvre les mesures suivantes dans le cadre du calendrier détaillé  ci-dessous:

a)  harmoniser les cadres législatifs et mettre en vigueur les mesures réglementaires ainsi que les sanctions prévues pour violation de ces mesures d’ici le 1er avril 2014 ,

b)  élaborer une stratégie globale pour l’accès ouest au bien d’ici le 1er avril 2014 ,

c)  entreprendre l’évaluation d’efficacité de la gestion dont les conclusions sont à inclure dans l’examen et la mise à jour du Plan de gestion du bien, d’ici le 1er avril 2014 ,

d)  achever et adopter le Plan d’utilisation publique, conformément aux dispositions du Plan de gestion du bien, comprenant, entre autres, la définition de la capacité d’accueil du Sanctuaire historique et du village de Machu Picchu et les mesures anticipées en matière de limites du nombre de visiteurs, d’ici le 1er avril 2014 ,

e)  achever les plans de réduction des risques et de sauvetage, y compris toutes les parties concernant le cycle de risques de catastrophes, sans se limiter à la réponse aux situations d’urgence, d’ici le 1er avril 2014 ,

f)   achever et adopter le Plan d’urbanisme du village de Machu Picchu définissant les mesures réglementaires, y compris les règles de construction et les procédures d’accord de permis de construire aux nouvelles constructions dans le village et les secteurs mitoyens du bien et de sa zone tampon, d’ici le 1er avril 2014  ;

8.  Estime également que si l’absence de mise en œuvre des actions ci-dessus mentionnées est constatée par la 39e session du Comité du patrimoine mondial en 2015, les effets cumulatifs des menaces identifiées et de longue date auraient un impact irréversible sur le bien, ce qui pourrait conduire à considérer l’inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015 ;

Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points ci-dessus mentionnés ainsi que le rapport final sur les mesures demandées d’ici le 1er avril 2014, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 39e session en 2015.

Décision adoptée: 37 COM 8D

Le Comité du patrimoine mondial,

1. Ayant examiné le Document WHC-13/37.COM/8D,

2. Rappelant la Décision 36 COM 8D, adoptée lors de sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3. Reconnaît l’excellent travail accompli par les Etats parties dans la clarification de la délimitation de leurs biens du patrimoine mondial et les remercie pour leurs efforts visant à améliorer la crédibilité de la Liste du patrimoine mondial ;

4. Rappelle que le Centre du patrimoine mondial ainsi que les organisations consultatives ne seront pas en mesure d’examiner des propositions de modifications mineures ou importantes des limites pour les biens du patrimoine mondial dont les limites à l’époque de l’inscription ne sont pas claires ;

5. Prend note des clarifications des limites et des superficies de biens fournies par les Etats parties suivants en réponse à l’Inventaire rétrospectif, telles que présentées dans les annexes du Document WHC-13/37.COM/8D :

6. Demande aux Etats parties n’ayant pas encore répondu aux questions soulevées dans le cadre de l’Inventaire rétrospectif de bien vouloir fournir toutes les clarifications ainsi que la documentation demandée le plus rapidement possible et d’ici le 1 décembre 2013 au plus tard.

Décision adoptée: 37 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8E et WHC-13/37.COM/8E.Add,

2.  Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.  Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-13/37.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.  Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.  Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :

6.  Demande au Centre du patrimoine mondial d'harmoniser l'ensemble des sous-titres dans les Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle lorsque cela s’avère approprié et lorsque les ressources et le temps du personnel permettent d’effectuer ce travail ;

7.  Demande également aux États parties, aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial de s’assurer de l’utilisation d’un langage neutre à l’égard du genre dans les Déclarations proposées pour l’adoption par Comité du patrimoine mondial ;

8.  Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de s’assurer que les Déclarations adoptées sont conformes aux décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial concernant les modifications de noms des biens du patrimoine mondial et les refléter dans la totalité du texte des Déclarations concernées, en consultation avec les États parties et les Organisations consultatives ;

9.  Demande par ailleurs aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande finalement au Centre de les publier sur son site Internet.