1.         Trinational de la Sangha (Cameroun,République centrafricaine,Congo) (N 1380rev)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2012

Critères  (ix)(x)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1380/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1380/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Montant total accordé: 250 000 euros de 2008 à 2013 par le biais de l’Initiative pour le patrimoine mondial forestier d’Afrique centrale, financée par la Commission européenne. 

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/1380/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Le 25 avril 2013, le Centre du patrimoine mondial a été informé par des organisations travaillant dans la région de la détérioration sécuritaire dans le Parc national de Dzanga-Ndoki, l’une des trois aires protégées qui constituent le bien, suite aux troubles politiques en République centrafricaine. Selon les informations reçues, un certain nombre d’hommes lourdement armés s’est installé à Nola, à 105 km de Bayanga où est situé le siège du Parc ; ces hommes mènent des opérations vers les villages et sites environnants, donnant lieu à rapines et pillages. Le siège du Parc a été attaqué trois fois, avec destruction et vol de matériels et d’équipement essentiels, dont des véhicules et du matériel de communication. Le gestionnaire du site, ainsi que le personnel international travaillant pour le WWF et les chercheurs internationaux travaillant dans le bien ont dû être évacués vers le Cameroun proche pour des raisons de sécurité. Les gardes du Parc auraient été désarmés mais sont restés sur place et tentent de surveiller les lieux importants du Parc. Il semble qu’il y ait eu du braconnage d’éléphants car de la viande d’éléphant est disponible sur les marchés locaux et dans les villages.

Face à cette situation alarmante, la Directrice générale de l’UNESCO a écrit une lettre au Premier Ministre le 2 mai 2013, pour lui faire part de sa préoccupation quant à cette situation et lui demander d’intervenir personnellement pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de sécuriser la région, d’assurer la protection du bien et la sécurité des communautés. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial et de l’UICN

Le Centre du patrimoine mondial et l’UICN font remarquer que le bien du patrimoine mondial du Trinational de la Sangha n’a été inscrit qu’à la 36e session du Comité du patrimoine mondial (Saint-Pétersbourg, 2012). Ils rappellent que des problèmes d’insécurité ont entraîné la quasi-disparition de la faune sauvage dans l’autre bien du patrimoine mondial de République centrafricaine, le Parc national du Manovo-Gounda St. Floris, actuellement inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ils rappellent aussi que le bien comprend l’une des dernières populations intactes d’éléphants de forêt de la région, qui jusqu’ici n’avait quasiment pas été affectée par la vague de braconnage d’éléphants qui affecte l’Afrique centrale. Ils recommandent donc que le Comité du patrimoine mondial exprime sa très vive préoccupation de la situation actuelle et prie instamment le gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité et assurer la protection du bien. Ils lancent aussi un appel aux États parties du Cameroun et du Congo pour qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du bien sur leur territoire respectif et empêcher une nouvelle augmentation du braconnage d’éléphants ou d’autres activités illégales.

Décision adoptée: 37 COM 7B.2

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B.Add,

2.  Rappelant la décision 36 COM 8B.8 adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Constate avec la plus vive inquiétude les récentes attaques sur la partie du bien située en République centrafricaine, entraînant la destruction et le vol de la plupart du matériel et des équipements essentiels – dont des véhicules et du matériel de communication – et l’évacuation du gestionnaire du site, du personnel international et des chercheurs internationaux travaillant dans le bien, et l’annonce d’une augmentation du braconnage d’éléphants à l’intérieur et aux alentours du bien ;

4.  Prie instamment l’État partie de la République centrafricaine de prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité dans la zone concernée et assurer la protection du bien ;

5.  Demande aux États parties du Cameroun et du Congo d’augmenter les activités de surveillance pour éviter l’insécurité et le braconnage qui affectent aussi les zones du bien situées sur leur territoire respectif ;

6.  Lance un appel aux États parties de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) pour qu’ils étudient la dimension sous-régionale des conséquences des crimes contre la faune sauvage auxquels est confronté le bien, afin de lutter durablement et efficacement contre le braconnage en Afrique centrale ;

7.  Demande également aux États parties de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport commun détaillé sur l’état de conservation du bien, en particulier sur les impacts des problèmes actuels de sécurité dans le bien, et des réponses apportées, pour étude par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014.