1.         Églises de Chiloé (Chili) (C 971)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  2000

Critères  (ii)(iii)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0 (de 2002-2002)
Montant total approuvé : 50 000 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Néant

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/971/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

En février 2012, des informations ont été reçues par le Centre du patrimoine mondial sur la construction d’un centre commercial à proximité de l’église de Castro, l’une des composantes du bien inscrit en série. Conformément au paragraphe 172 des Orientations, des renseignements techniques ont été demandés à l’État partie le 8 mars 2012. Celui-ci a fourni la documentation requise le 12 février 2013. Elle inclut un rapport technique sur le centre commercial, ainsi que des exemplaires des instruments juridiques mentionnés dans le rapport et vingt-cinq plans détaillés de plans d’étages et sections du bâtiment du centre commercial.

D’autre part, le projet de Déclaration de valeur universelle exceptionnelle (VUE) a été finalisé par l’État partie.

a)  Antécédents du projet

L’État partie rend compte du règlement municipal applicable au cadre de l’église. La ville de Castro a un plan réglementaire communal qui comprend un plan de zonage. L’endroit où se situe le centre commercial de Castro correspond à la zone centrale de la ville. La règlementation en vigueur autorise une hauteur de construction de 10 mètres maximum. Le plan communal ne prévoit aucune disposition pour protéger le caractère de la ville, son patrimoine urbain et son cadre.

Le rapport technique fait une description des antécédents du projet de construction et de la procédure légale en vue de son approbation. Le permis de construire du centre commercial a été délivré en avril 2008. Le projet prévoit la construction d’un immeuble de cinq étages sur une surface de 24 137 mètres carrés et 149 places de stationnement. En novembre 2011, l’entreprise du bâtiment s’est vu infliger une amende par la Municipalité pour des constructions sans permis dans les lots adjacents. En février 2012, la suspension des travaux a été réclamée par la Municipalité du fait que la construction dépassait la surface autorisée et des modifications avaient été apportées concernant les limitations du permis initialement délivré. Malgré cette requête, les travaux ont continué et d’autres sanctions ont été imposées pour ne pas avoir suspendu les travaux. En avril 2012, la Municipalité de Castro et le propriétaire du centre commercial ont signé un contrat de transaction pour mettre fin aux processus illégaux et régulariser les permis de construire.

b)  Évaluation du projet

Le processus de construction a été évalué par le Contrôleur général de la République, dans sa décision N° 61211 du 3 octobre 2012, qui constate les failles juridiques et les irrégularités, en particulier dans le contrat de transaction. Aucune indication n’est donnée sur la date à laquelle un permis définitif pourrait être délivré, qui régulariserait tous les éléments déjà construits et approuverait de nouvelles constructions pour les aires de stationnement en un seul et unique projet.

Le Conseil des monuments nationaux a donné un avis négatif sur l’initiative de la Municipalité de Castro pour la construction de parkings souterrains et a demandé une information officielle à ce sujet, à soumettre au Centre du patrimoine mondial et aux Organisations consultatives. Toutefois, le Conseil des monuments nationaux a des mandats limités pour les projets d’aménagement et les nouvelles constructions en dehors des zones légalement reconnues comme patrimoine, de sorte que la préservation de la valeur universelle exceptionnelle du bien ne peut être garantie.

 

La dimension, l’échelle et l’emplacement du centre commercial (à la limite d’un plateau naturel sur la presqu’île) en font un élément dominant du paysage de Castro, compte tenu notamment des caractéristiques de ses constructions traditionnelles et de l’ampleur du cadre. Vu de la mer, le nouveau centre commercial constitue un élément prédominant de la ligne d’horizon de Castro qui vient concurrencer de manière transversale la composante inscrite au patrimoine, avec les silhouettes dominantes des tours de l’église de Castro et le cadre traditionnel.

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives notent que les zones tampons des composantes du bien se limitent à couvrir simplement les esplanades ou plazas adjacentes. De plus, il n’y a pas de dispositions légales ni de mesures réglementaires en place pour assurer la protection de la zone tampon et l’environnement de chacune des composantes inscrites. Il convient aussi de remarquer qu’il n’y a pas de dispositions légales exigeant une évaluation d’impact environnemental ou patrimonial pour ces types de constructions.

 

De plus, le mandat restreint du Conseil des monuments nationaux est insuffisant pour protéger la valeur universelle exceptionnelle du bien face aux projets de développement dans le cadre du bien. Cette absence de protection se reflète dans le processus qui a conduit à l’approbation de la construction du centre commercial à Castro, qui a un fort impact négatif sur les caractéristiques visuelles de la composante du bien inscrit et son contexte.

Décision adoptée: 37 COM 7B.94

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37COM/7B,

2.  Prend note des informations détaillées soumises par l’État partie mais regrette qu’elles aient été communiquées presqu’un an après avoir été demandées ;

3.  Regrette également que le centre commercial ait été construit, étant donné son impact sur le cadre et le panorama de Castro ;

4.  Demande à l’État partie d’inviter, dès que possible, une mission conjointe de suivi réactif Centre du patrimoine mondial/ICOMOS afin d’étudier les éléments suivants :

a)  la définition des caractéristiques des environs pour toutes les composantes, au regard de la valeur universelle exceptionnelle du bien, et la mise en place d’une protection adéquate, avec l’examen des zones tampons et des mesures réglementaires pour la protection du cadre des églises de Chiloé,

b)  l’examen des modalités actuelles de protection et de gestion du bien et les mesures requises pour améliorer le cadre juridique et les processus de délivrance de permis entre les types de préservation et les compétences institutionnelles,

c)  la tenue à jour et l’application des mesures législatives et réglementaires pour veiller à ce que les caractéristiques définies des environs soient convenablement protégées et que la nouvelle structure tienne compte des relations visuelles entre le bien inscrit et son environnement,

d)  les mesures d’atténuation de l’impact visuel du centre commercial de Castro sur la composante du bien ainsi que d’autres mesures pour mieux l’intégrer dans le cadre existant ;

5.  Demande également à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2014 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et la mise en œuvre des points qui précèdent, pour examen par le Comité du patrimoine mondial à sa 38e session en 2014. 

Décision adoptée: 37 COM 8E

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné les documents WHC-13/37.COM/8E et WHC-13/37.COM/8E.Add,

2.  Félicite les Etats Parties pour l’excellent travail accompli dans l’élaboration de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle pour les biens du patrimoine mondial dans leurs territoires ;

3.  Adopte les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle,  telles que présentées dans l’Annexe I du Document WHC-13/37.COM/8E, pour les biens du patrimoine mondial suivants :

4.  Décide que les déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle des biens du patrimoine mondial en péril seront passées en revue par les Organisations consultatives en priorité ;

5.  Décide également que, compte tenu du grand nombre de déclarations rétrospectives de valeur universelle exceptionnelle à examiner, l’ordre dans lequel elles seront passées en revue par les Organisations consultatives suivra le deuxième cycle de soumission de Rapports périodiques, tel que :

6.  Demande au Centre du patrimoine mondial d'harmoniser l'ensemble des sous-titres dans les Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle lorsque cela s’avère approprié et lorsque les ressources et le temps du personnel permettent d’effectuer ce travail ;

7.  Demande également aux États parties, aux Organisations consultatives et au Centre du patrimoine mondial de s’assurer de l’utilisation d’un langage neutre à l’égard du genre dans les Déclarations proposées pour l’adoption par Comité du patrimoine mondial ;

8.  Demande en outre au Centre du patrimoine mondial de s’assurer que les Déclarations adoptées sont conformes aux décisions ultérieures du Comité du patrimoine mondial concernant les modifications de noms des biens du patrimoine mondial et les refléter dans la totalité du texte des Déclarations concernées, en consultation avec les États parties et les Organisations consultatives ;

9.  Demande par ailleurs aux États parties de fournir un soutien au Centre du patrimoine mondial pour la traduction des Déclarations adoptées de valeur universelle exceptionnelle vers l’anglais ou le français selon les cas, et demande finalement au Centre de les publier sur son site Internet.