1.         Portovenere, Cinque Terre et les îles (Palmaria, Tino et Tinetto) (Italie) (C 826)

Année d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial  1997

Critères  (ii)(iv)(v)

Année(s) d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril  Néant

Décisions antérieures du Comité  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/826/documents/

Assistance internationale

Demandes approuvées : 0
Montant total approuvé : 0 dollars EU
Pour plus de détails, voir page http://whc.unesco.org/fr/list/826/assistance/

Fonds extrabudgétaires de l’UNESCO

Néant

Missions de suivi antérieures

Octobre 2012 : Mission conjointe consultative Centre du patrimoine mondial/ICOMOS

Facteurs affectant le bien identifiés dans les rapports précédents

Matériel d’illustration  voir page http://whc.unesco.org/fr/list/826/

Problèmes de conservation présentés au Comité du patrimoine mondial en 2013

Des rapports sur l’état de conservation du bien du patrimoine mondial « Portovenere, Cinque Terre et les îles (Palmaria, Tino et Tinetto) » ont été soumis par l’État partie en octobre 2012 et en février 2013. Du 8 au 11 octobre 2012, l’État partie a invité une mission consultative Centre du patrimoine mondial/ICOMOS afin qu’elle évalue l’état de conservation du bien et puisse fournir des conseils techniques sur les mesures de réparation et de préparation aux risques suite aux dégâts occasionnés par les graves inondations et les importants glissements de terrain d’octobre 2011. Le rapport de mission peut être consulté à l’adresse suivante :  http://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/documents

a)  Dégâts occasionnés par les inondations

La province de La Spezia a été très touchée par les inondations du 25 octobre 2011, en particulier les deux villages de Monterosso et de Vernazza, tous deux situés au sein des limites du bien. Les inondations et les glissements de terrain ont occasionné des dégâts sur les bâtiments, les infrastructures, les routes et les lignes de chemin de fer. Dans le paysage étendu du bien, divers vignobles en terrasses se sont effondrés ou sont devenus instables.

Les actions de première urgence ont été coordonnées avec efficacité par le Gouvernement de la région. Il est prévu que des projets d’amélioration à long terme soient mis en œuvre une fois la phase d’urgence achevée, tels que le détournement des eaux de débordement du Torrente Vernazzola par le tunnel de Vernazza avant de se jeter directement dans la mer.

La mission consultative a pris note des extraordinaires efforts accomplis conjointement par les autorités, les communautés locales, les individus et les associations pendant et après le désastre, efforts conjoints qui ont renforcé un sentiment de solidarité dans toute la région et ont permis le rétablissement rapide de la situation. La mission a confirmé que les mesures d’urgence ont été prises au bon moment et que les opérations de rétablissement de la situation d’origine ont été d’un haut niveau technique.

La mission a recommandé que des évaluations d’impact patrimonial soient demandées pour tous les grands projets de réhabilitation et d’amélioration concernant le bien. Elle a également souligné que ces travaux constituent une occasion unique d’amélioration des normes écologiques et de la qualité environnementale des infrastructures.

L’État partie a remis des informations sur un projet de réaménagement des espaces publics de Vernazza. Selon, les éléments fournis, le projet pourrait débuter en mars 2013.

b)  Principaux problèmes du bien et priorités de gestion

La mission a remarqué que la catastrophe naturelle avait révélé la vulnérabilité du bien et les menaces conséquentes sur sa valeur universelle exceptionnelle (VUE). Le lent processus de dégradation du paysage culturel est plus le résultat de pressions socio-économiques croissantes que celui de catastrophes naturelles. La mission considère que le principal défi à relever pour le bien est la gestion à long terme d’un paysage viticole toujours en activité.

La mission a souligné l’importance d’élaborer un plan de gestion entièrement revu, fondé sur une liste reconnue d’attributs porteurs de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Le plan doit comprendre des stratégies pour l’activité touristique, l’agriculture et les problèmes socio-économiques ainsi que pour la conservation des villes et des terrasses. L’État partie a précisé que les travaux de coordination pour la préparation du nouveau plan de gestion ont commencé en janvier 2013.

Par ailleurs, la mission a noté que la définition d’une zone tampon renforcerait l’intégrité du bien et autoriserait une approche de gestion plus globale, y compris en matière de protection environnementale et de possibilités de développements socio-économique et touristique.

c)  Réduction de l’impact de catastrophes naturelles potentielles

 

Malgré les travaux de réhabilitation, le bien reste très vulnérable aux catastrophes potentielles. L’élaboration d’une stratégie détaillée de gestion des risques est également une priorité pour le bien et devrait être intégrée au sein du la gestion. La première et la plus importante des étapes dans la prise en charge des catastrophes naturelles devrait être l’engagement et l’implication des citoyens, des hommes politiques et des techniciens, tant au niveau local que régional/national. La reconnaissance et la diffusion des savoirs sur l’utilisation traditionnelle des terres et sur les moyens ancestraux de lutte contre les catastrophes naturelles sont essentielles. 

Analyse et conclusions du Centre du patrimoine mondial, de l’ICOMOS et de l’ICCROM

La valeur universelle exceptionnelle du bien n’a pas eu à souffrir des récents glissements de terrain et inondations. La catastrophe naturelle a cependant révélé la vulnérabilité du bien en tant que paysage vivant. Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives estiment qu’il est urgent de mettre en place un système de gestion coordonné et équilibré qui mette l’accent sur la pérennité du paysage viticole en activité. Il est également urgent de revoir le plan de gestion, tout en développant en parallèle une stratégie de tourisme durable et une stratégie de gestion des risques, dans le but de renforcer la pérennité du paysage culturel.

 

Le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives reconnaissent que la catastrophe d’octobre 2011 pourrait être une excellente occasion de développer de grands projets d’amélioration du bien tels que celui prévu pour Vernazza ou les projets à grande échelle visant à réhabiliter le bien. Ils considèrent que de tels projets doivent faire l’objet d’une étude approfondie de leur impact sur la valeur universelle exceptionnelle au moyen d’évaluations d’impact patrimonial et d’examens des projets par les Organisations consultatives, avant que tout engagement ne soit pris. 

Décision adoptée: 37 COM 7B.78

Le Comité du patrimoine mondial,

1.  Ayant examiné le document WHC-13/37.COM/7B,

2.  Rappelant la décision 36 COM 7B.77 , adoptée à sa 36e session (Saint-Pétersbourg, 2012),

3.  Prend note de la réponse apportée en urgence par l’État partie et félicite les autorités pour les mesures prises afin de sauvegarder le bien ;

4.  Note qu’une mission conjointe consultative Centre du patrimoine mondial/ICOMOS s’est déroulée en octobre 2012, à l’invitation de l’État partie ;

5.  Demande à l’État partie de mettre en œuvre les recommandations de la mission et plus particulièrement :

a)  revoir le mécanisme de gestion de tout le bien en impliquant toutes les parties prenantes, y compris les communautés locales, et en mettant l’accent sur le besoin de faire face aux pressions socio-économiques croissantes, dans le cadre d’une approche propre à un paysage vivant qui reconnaisse et favorise les connaissances liées à l’utilisation traditionnelle des terres sur le territoire du bien,

b)  réviser le plan de gestion en y intégrant une stratégie de tourisme durable et une stratégie de gestion intégrée des risques,

c)  définir une zone tampon destinée à protéger de façon adéquate le paysage étendu du bien et soumettre officiellement la proposition au Centre du patrimoine mondial d’ici le 1er février 2015 , conformément aux paragraphes 163-165 des Orientations  ;

6.  Demande également à l’État partie de réaliser des évaluations d’impact patrimonial pour les principaux projets de réhabilitation et d’amélioration du bien, y compris pour la construction du tunnel et le projet d’amélioration des espaces publics dans la Municipalité de Vernazza, et soumettre celles-ci, avec les éléments détaillés des projets, au Centre du patrimoine mondial, pour examen par les Organisations consultatives, avant que tout engagement irréversible ne soit pris, conformément au paragraphe 172 des Orientations  ;

7.  Demande en outre à l’État partie de soumettre au Centre du patrimoine mondial, d’ici le 1er février 2015 , un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien et sur la mise en œuvre de ce qui précède.